• Cet épisode est dédié à la mémoire de tous les Zelim Bakaev du monde.


    14 février 2002.


    Aujourd’hui, c’est la Saint Valentin. On a beau se dire que c’est un jour comme tous les autres. On a beau être agacés par le bombardement médiatique dont cette « fête » fait l’objet. Ou bien s’insurger contre cette « obligation » de montrer qu’on aime, tout en attendant qu’on nous le montre en retour, comme s’il y avait besoin d’une date « consacrée » pour faire la démonstration de nos sentiments. On a beau se dire que c’est une fête commerciale avant tout.
    Et pourtant, lorsqu’on est séparé de l’être aimé, on ne peut s’empêcher d’attacher une signification à cette date, une importance. Car la Saint Valentin est un jour, ou du moins un soir, qu’on a envie de passer avec la personne qu’on aime. Et quand cela n’est pas possible, ça fait un bon gros pincement au cœur.
    Mais je sais que je ne suis pas à plaindre. Ma Saint Valentin, je l’ai eue au moins trois fois depuis Noël. La semaine passée à Campan, avec le premier « je t’aime » de Jérém à l’aube de la nouvelle année, sa nouvelle visite surprise à Bordeaux en janvier, et ce séjour récent à l’hôtel à Poitiers.
    Oui, il y a encore moins de 48 heures, j’étais avec mon Jérém. Définitivement, son attitude me touche et me bouleverse. J’ai longuement eu besoin d’être rassuré quant à ses sentiments, et tout ce que je viens de vivre depuis Noël prouve sans équivoque qu’ils sont bien réels.
    Et je suis d’autant plus touché que je suis conscient de l’effort que tout cela lui demande. Je pense à la route, au temps de repos auquel il renonce pour me voir. Mais je pense surtout et avant tout au conflit qui gronde en lui, à ses peurs, à ses angoisses. Au tiraillement entre l’envie de donner une chance à notre histoire et les peurs qui parasitent son élan vers moi.
    Je repense à mon réveil dans la nuit, je repense à Jérém en train de fumer un joint dans la pénombre. Je pense aussi au coup de fil qu’il a reçu lorsque la neige lui a fait rater un entraînement, à son malaise après s’être fait gronder par son entraîneur.
    J’ai l’impression qu’il marche en permanence sur des œufs, qu’il n’est pas complètement serein même lorsque nous ne sommes que tous les deux, comme s’il avait peur à chaque instant de faire un faux pas, de se trahir, de se faire repérer.
    « Tu peux pas imaginer ce que j’entends dans les vestiaires, Nico. Il y a tant de haine pour les gars comme nous, tu ne peux pas savoir. Si ça se sait, ma carrière est foutue. Il vaudrait encore mieux que je me casse une jambe… Il vaudrait encore mieux que je tue mon père et ma mère… Ulysse m’aide à garder les apparences… mais si la vérité se sait, il ne pourra rien pour moi… ».
    Je me rends compte de sa difficulté à s’assumer dans un environnement « hostile ». Et je mesure ma chance d’évoluer dans un milieu où je n’ai pas trop de difficultés à être moi-même, beaucoup moins contraignant que celui de Jérém, avec un entourage qui a intégré mon orientation sexuelle sans trop d’accrocs.
    Je suis entouré, Jérém l’est beaucoup moins. Certes, il pourrait parler à Charlène, à son frère Maxime, et il y a toute une bande de cavaliers qui le soutiendrait. Mais ils sont tous loin, et le contact téléphonique ne vaut pas une bonne discussion autour d’un verre avec une cousine, un pote, ou une présence bienveillante de l’autre côté de la cour, à quelques mètres de chez soi. Ulysse est dans la confidence, mais je ne pense pas non plus que Jérém se sente à l’aise de lui parler de notre relation, de ses doutes, de ses angoisses aussi ouvertement que je le fais avec Elodie, avec Julien, ou avec mes deux papis. D’autant plus que Jérém n’est pas quelqu’un qui s’ouvre facilement, mais il a tendance au contraire à garder tout pour lui. Notamment lorsqu’il se sent sous pression.
    Oui, aujourd’hui c’est la Saint Valentin et je voudrais être avec Jérém. Mais je n’ai pas à me plaindre, non. J’ai l’impression que si Jérém prend le temps et le risque de faire vivre notre histoire, c’est parce qu’il vient chercher du réconfort auprès de moi, et qu’il en trouve. Et même s’il n’est pas complètement serein, ça me rend heureux de pouvoir lui apporter du réconfort. Au fond, il n’y a qu’avec moi qu’il peut être complètement lui-même, sans faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Je veux qu’il se sente bien avec moi, je veux que nos rencontres soient pour lui un havre de paix et de bonheur.
    « Joyeuse Saint Valentin, mon amour », je lui envoie par sms.

    Les cours, les coups de fil de Jérém le soir, voilà mon quotidien des semaines suivantes. Jérém me manque, mais je sais que nous allons nous revoir bientôt. Du moins, je l’espère. C’est cet espoir qui m’aide à supporter l’absence, le manque. Une absence, un manque qui me hantent tout particulièrement le soir, au moment d’éteindre la télé et de chercher le sommeil. Pendant toutes ces nuits loin de Jérémie, je me refugie dans son t-shirt, dans son odeur, dans mes souvenirs avec lui.
    Mais mon quotidien est hélas fait aussi de ce compte à rebours commencé le soir où la capote de Benjamin a cassé. On s’habitue à tout, même à l’attente d’une réponse qui pourrait faire basculer notre vie tout entière. Mais lorsque la date du test, et surtout du résultat, approche, lorsque les mois glissent les uns sur les autres et qu’ils deviennent semaines, puis une semaine, des jours, puis 6 jours, 5 jours, 4, 3, 2, 1, l’angoisse reprend le dessus.
    J’ai fait le test hier, le 13 mars, et j’aurai mes résultats demain à 15 heures. Ces 48 heures d’attente sont les plus longues de toute ma vie. J’ai envie de savoir, j’ai envie que demain arrive le plus vite possible. J’ai envie qu’il n’arrive jamais. Je compte les heures, j’ai l’impression qu’elles passent à la fois au ralenti et trop vite. Je ne voulais pas parler à Jérém du test, pour ne pas le faire angoisser avec moi, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Il m’a demandé si j’avais fait le test le jour même où je me suis rendu à l’hôpital pour faire le prélèvement. Du coup, depuis 48 heures, il est tout aussi angoissé que moi. Je l’ai senti au téléphone. Il m’a dit de l’appeler dès que je sais que je suis négatif. A l’entendre, il n’y a que cette option, que je sois négatif. Il n’arrive même pas à envisager que ça puisse en être autrement. C’est sa façon de me soutenir, et de vouloir y croire en même temps. Il est vraiment adorable mon Jérém.

    Vendredi 15 mars 2002.

    L’heure de vérité approche, je sèche les derniers cours de l’après-midi pour me rendre au centre de dépistage. A chaque fois que je me rends à l’hôpital depuis l’ « accident », je ressens un malaise insistant. J’ai l’impression que tous et tout me jugent. Les hôtesses d’accueil, les infirmières, les médecins, les autres « testés », les couloirs, le mobilier. Et moi-même. Je me sens honteux. Dans la salle d’attente, nous sommes 5 gars à ne pas tenir en place sur les chaises en plastique. Une infirmière les appelle par leur prénom à tour de rôle, ils disparaissent derrière une porte, dans une pièce où leur vie peut basculer à tout jamais. Ils passent l’un après l’autre, mais ils ne réapparaissent pas, ils doivent sortir par un autre côté du bâtiment. D’autres arrivent après et passent avant moi. Tout ce va-et-vient me stresse, je commence vraiment à avoir peur. Seigneur, donne-moi une chance, s’il te plaît ! Ça n’est arrivé qu’une fois et ça a vraiment été un accident, je ne l’ai pas cherché ! Ça ne peut pas se passer comme ça !
    Et pourtant, si, bien sûr que ça peut se passer comme ça. Quelle va être ma vie si je suis séropositif ? Comment vais-je l’annoncer à ma famille, à mes proches ? A Jérém ? Que va devenir notre belle histoire ? Comment va-t-il appréhender cet état de choses ? Est-ce qu’il va pouvoir gérer ? Est-ce qu’il va culpabiliser ? Je lui ai dit et je lui redirais qu’il n’a pas à culpabiliser, car ce n’est pas lui qui a fabriqué la capote qui a cassé, et encore moins lui qui m’a poussé dans les bras de Benjamin. Mais est-ce qu’il va y arriver ? Est-ce qu’il va supporter de me voir prendre mon traitement au quotidien ? Est-ce qu’il va supporter de continuer à mettre la capote ? Est-ce que nous allons pouvoir un jour pouvoir arrêter la capote ? Est-ce que j’y arriverais un jour, même si un médecin m’y autorise ? Si je suis positif, la peur de l’infecter me hantera toute ma vie, capote ou pas. C’était déjà le cas depuis Noël, mais le doute faisait que je pouvais continuer à espérer, à me dire que les quelques petits risques que nous nous sommes accordés étaient minimes. Mais du moment où je saurai, la peur ne me lâchera plus. Même l’embrasser me fera peur. C’est idiot, certes. Je ne sais pas encore si je suis positif et je me sens déjà comme un pestiféré.
    Une infirmière appelle enfin mon nom et sa voix me fait sursauter. Du coup tout devient encore un peu plus réel. L’heure de vérité est arrivée. Ça y est, je vais savoir.
    Le médecin qui me reçoit doit avoir une soixantaine d’années, il est grand, maigre, grisonnant. Il a les sourcils en chapeau, les traits tendus et l’air pas commode. Il parcourt deux fois les feuilles de mes résultats sans m’adresser la parole. J’ai l’impression que soit il cherche à gagner du temps avant de m’annoncer une mauvaise nouvelle, soit qu’il prend du plaisir à me faire mijoter.
    J’ai l’impression que tout se bouille dans ma tête, que mon cœur tape dans ma gorge, dans mes tempes.
    « Dites-moi, s’il vous plaît, je m’entends lâcher, la voix basse, comme éteinte.
     — Vous avez de la chance Mr Sabathé, il m’annonce froidement un instant avant que mon cœur n’explose.
     — Ça veut dire que je suis…
     — Négatif, oui. »
    Le stress, l’angoisse, la peur accumulés depuis trois mois et oubliés d’une certaine façon par le quotidien remontent d’un coup. Et je pleure.
    « Vous n’êtes pas content ?
     — Si si, c’est juste que j’ai eu tellement peur.
     — Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »
    J’ai beau être soulagé, je me sens toujours honteux à raconter pour la énième fois les circonstances qui m’ont amené à ce test.
    « La capote a cassé pendant un rapport.
     — Anal ?
     — Oui.
     — Et vous étiez actif ou passif ? »
    Mais qu’est-ce que ça peut bien faire ? Que cherche-t-il à la fin ? Tout ça n’a plus d’importance désormais. Du coup, je trouve humiliant de devoir répondre à ce genre de question.
    « C’était un accident, je me contente de répondre, pressé de me sortir de là.
     — Ce genre d’accident arrive le plus souvent aux hommes comme vous.
     — Un accident c’est un accident, je lui lance sur un début d’agacement.
     — J’espère que cette mésaventure vous apprendra peut-être à faire davantage attention à ce que vous faites. Il n’y a pas toujours de deuxième chance… »
    Le ton et l’air accusateurs du médecin ne gâcheront pas ma joie d’être délivré de cette angoisse avec laquelle j’ai vécu depuis trois mois. Je le remercie, et je me tire de là au plus vite. Je m’empresse de quitter l’hôpital. Dès l’instant où je suis dans la rue, et où je sens l’air frais circuler dans mes sinus, emplir mes poumons, les rayons de soleil chauffer mon visage, j’ai l’impression de renaître. Je me sens léger, heureux, euphorique.
    Je prends quelques bonnes inspirations, je me retiens de pousser un grand cri de joie et j’appelle mon Jérém. Je tombe sur son répondeur, mais rien que le fait d’entendre sa voix enregistrée me fait du bien. Je lui laisse un long message décousu pour lui dire qu’il n’a plus à s’inquiéter. J’aimerais tant qu’il soit avec moi, le prendre dans mes bras, pleurer de joie dans son étreinte, le sentir contre moi, partager ce moment de joie et de sérénité retrouvées.
    En attendant, j’envoie un message à Julien pour le prévenir. Il me répond dans la seconde.
    « Je suis content pour toi, mon poto ! »
    Définitivement, Julien est un pote formidable.

    Jérém me rappelle une heure plus tard alors que je viens de rentrer chez moi et de faire part de la bonne nouvelle à mes deux adorables papis.
    « Je le savais ! Je le savais ! Putain, je le savais ! Ça ne pouvait pas être autrement ! ! ! »
    Je sens que mon beau brun est très heureux, mais aussi ému.
    « Tu peux pas savoir comment je suis content pour toi ! il ajoute, la voix vibrante d’émotion.
     — Merci mon amour…
     — Tu sais ce qui va t’arriver maintenant ? il enchaîne sans transition.
     — Non, qu’est-ce qui va m’arriver ?
     — Des bricoles ! ».
    Je commence à comprendre où il veut en venir et je sens instantanément mon excitation monter.
    « Quel genre de bricoles ? je le cherche.
     — Moi je pense que tu sais très bien ce que je veux dire.
     — Tu peux être plus clair ?
     — Tu verras quand je t’aurai chopé ! »
    Là, c’est ma queue que je sens monter.
    « Tu vas t’occuper de mon cas ?
     — Oh que oui ! Et tu vas prendre cher ! »
    J’ouvre mon pantalon, je glisse ma main dans mon boxer.
    « Ah bon ? Tu vas me faire l’amour ?
     — Je vais te défoncer ! »
    Ah, ça a le mérite d’être clair. Clairement bandant.
    « Mais encore ?
     — Je vais te… il lance, puis s’arrête net, il me fait languir, je suis suspendu à ses lèvres.
     — Tu vas… quoi ? »
    Je sais à quoi il pense, je pourrais y parier un million. Mais j’ai envie de l’entendre me le dire.
    « Je vais te… gicler dans le cul !
     — T’en as envie, hein ?
     — Et pas qu’un peu !
     — Moi aussi !
     — Je sais…je l’entends lâcher dans un chuchotement accompagné d’un ahanement que je reconnais sur le champ.
     — Tu te branles ?
     — Ouais…et toi ?
     — Aussi…j’ai tellement envie de toi !
     — Moi aussi !
     — J’ai envie de te sucer…
     — Quand je pourrai te coincer, je te baiserai direct !
     — Tu ne me laisseras pas te sucer un peu avant ?
     — Non ! »
    Soudain, le souvenir de Jérém qui me colle violemment contre le mur, et qui m’encule direct après le bac philo s’affiche dans ma tête. Au fond de moi, j’ai envie de ça. De beaucoup de tendresse, de mille autres choses, mais de ça aussi, de sentir sa fougue, sa force, son animalité, tout en même temps.
    « T’as autant envie de me gicler dans le cul ? » je le cherche. Cette perspective, ces simples mots, m’excitent au plus haut point.
    « Tu peux pas savoir…
     — T’as la queue bien dure ?
     — Tu vas pas être déçu !
     — T’as les couilles bien pleines ?
     — A ras-bord !
     — Il est bien chaud ton jus ?
     — Brûlant !
     — Et tu vas tout me l’offrir ?
     — Tu vas me supplier d’arrêter !
     — Ça, je ne crois pas, non !
     — C’est ce qu’on verra !
     — J’ai hâte de t’avoir en moi !
     — Et moi d’être en toi ! »
    L’image de Jérém tous pecs et abdos dehors en train de me tringler, en train de prendre son pied, de perdre pied, de lâcher son jus en moi s’affiche dans ma tête dans toute sa violence. C’est comme une gifle puissante.
    « Je viens… » je lâche, alors que mon premier jet atterrit sur l’un de mes tétons.
    Les ahanements vibrants et prolongés à l’autre bout de la ligne ne me laissent pas de doute quant au fait que le beau brun a également atteint son orgasme.
    « Quel dommage !  je lâche.
     — De quoi ?
     — Que tu n’aies pas pu me remplir, là.
     — C’est clair !
     — T’as giclé où ?
     — Sur mon torse ! »
    L’image de son torse musclé et de sa peau mate parsemés de giclées chaudes, denses et odorantes me rend dingue.
    « J’ai tellement envie de tout lécher !
     — Bientôt ! »

    Le lendemain, je suis d’humeur joyeuse. Je suis tellement bien que ça doit se voir.
    « Tu as l’air en forme, ce matin, ça fait plaisir à voir ! me lance Monica.
     — Eh, qu’est-ce qui t’arrive, tu as gagné au loto ? me taquine Fabien.
     — T’as tiré ton coup ? » me taquine Raph à son tour.
    Après la bonne nouvelle d’hier après-midi, mon horizon se rouvre enfin, comme après un orage. Je retrouve l’intérêt pour les cours que j’avais un peu perdu depuis quelques temps, et tout me paraît à nouveau possible. Et il y a quelque chose qui ajoute encore du bonheur à cet état de choses. Un mot prononcé par Jérém juste après notre petite gâterie en télécom, et qui ne cesse de tourner en boucle dans ma tête : « Bientôt ».
    Le beau brun a sous-entendu qu’il me ferait bientôt tout ce qui m’a promis. Ça voudrait dire que nous allons bientôt nous revoir, qu’il a peut-être même déjà une petite idée du quand et du comment. Hâte de savoir ce qu’il prévoit, hâte de le retrouver. Hâte de faire l’amour avec lui. Mais hâte avant tout de le serrer dans mes bras et de le sentir contre moi, sans cette distance, cette peur et cette culpabilité que l’attente du test a mises entre nous depuis Noël.
    Je rentre à l’appart, j’allume la télé, je me cale devant « On a tout essayé », cette émission que je suis depuis la rentrée et qui égaye mes fins d’après-midi. Une interview de Hugues Delatte demandant à une Nicoletta morte de rire si son titre « Mamy blue » est inspiré par la Grand-mère Schtroumpf, me fait également rire aux larmes.

    https://www.facebook.com/raphmezrahi/videos/231102304915987

    Je m’apprête à dîner, tout en pensant au coup de fil avec Jérém qui va tomber aux alentours de 20 heures, comme chaque soir, lorsque le bruit strident de l’interphone résonne dans la petite pièce. Au bout du combiné, le bonheur m’attend.
    « Oui ?
     — C’est moi… »
    Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Sa voix à l’interphone. Jérém est là. Ah, c’était donc ça « bientôt ». Vraiment « bientôt ». Je pensais que ce serait dans pas longtemps, mais en aucun cas je n’avais pas osé espérer imaginer que ce serait si vite.
    J’appuie sur le bouton, je me précipite à la porte de mon appart, je me rue dans la petite cour.
    Dès que l’image de mon beau brun traverse ma rétine, je suis KO. Pull à capuche gris, le zip ouvert sur un triangle de coton blanc au col arrondi, mon Jérém me fait craquer au premier regard.
    « Qu’est-ce qui se passe Nico ? » j’entends Denis me questionner en me voyant débouler comme un fou hors de chez moi. Depuis leur baie vitrée ils ne ratent par une miette de ce qui se passe dans l’entrée de l’immeuble.
    « Va voir, il y a peut-être le feu à l’appart ! j’entends Albert lui lancer.
     — Oui, il y a le feu…mais pas celui que tu crois ! » lui répond Denis qui a dû voir Jérém avancer dans le passage couvert.
    Je profite de la discrétion offerte par la configuration des lieux qui nous permet de n’être vus que par mes deux propriétaires, pour sauter au cou de Jérém.
    « Tu es là… »
    Sur le coup, le beau brun se raidit. Il regarde partout autour de lui, je ne le sens pas à l’aise vis-à-vis de mes effusions.
    « T’inquiète, personne ne peut nous voir ici, à part les propriétaires… »
    Et là, Jérém m’embrasse. Je prends ça pour un feu vert, je le prends dans mes bras, je le serre très fort contre moi, je l’embrasse comme un fou.
    « Je suis tellement heureux que tu sois là !
     — Je ne pouvais pas attendre…
     —  Jérém ! j’entends Albert lancer, ça fait plaisir de te revoir !
     — Bonjour monsieur ! »
    Sa façon de dire « monsieur » et le respect avec lequel il semble charger ce mot lui donnent un côté « petit garçon devant son prof » qui le rend craquant.
    « Venez prendre l’apéro, enchaîne Albert.
     — Mais laisse-les tranquilles, un peu ! fait Denis, ils ont d’autres chats à fouetter que de gâcher leur soirée avec deux vieux ! »
    Ça me fait sourire. Et ça fait sourire mon Jérém.
    « Viens ! » je lui lance tout bas, tout en saisissant sa main et en l’attirant vers moi, impatient de me retrouver seul avec lui.

    Une seconde plus tard, nous sommes dans le petit studio. Jérém me colle contre le mur, il prend mes lèvres comme s’il ne m’avait pas embrassé depuis des siècles. Il me serre très fort contre lui, il couvre mon cou de bisous. Je sens son souffle sur ma peau, je sens son bonheur d’être avec moi. Je sens qu’il est bien, là, avec moi. Qu’est-ce qu’il me touche ce petit gars !
    Son bassin collé contre le mien, je sens son érection monter à vitesse grand V. J’ai envie de le pomper, j’ai envie de l’avoir en moi. Mais en même temps, je n’ai pas envie de quitter cette étreinte qui me fait un bien fou et qui me montre à quel point je compte pour lui, plus que tous les mots du monde.
    Je ne sais pas me décider, alors je me laisse porter. De toute façon, tout va très vite. Le bobrun est chaud bouillant. Il a envie de câlins, mais il a aussi envie de prendre son pied. Pendant qu’il m’embrasse sans retenue, il ouvre le zip de son pull, il s’en débarrasse. Le coton molletonné glisse sur le coton de son t-shirt avec un petit crissement qui a la douceur d’une caresse. Je suis aveuglé par l’éclat du t-shirt blanc qui moule terriblement bien ses pecs et ses biceps. Mais le bogoss se débarrasse aussitôt de cette dernière couche de coton. Son torse en V à la peau mate s’offre à moi dans toute sa splendeur virile. Sans attendre, il défait sa ceinture – le cliquetis de la boucle qui s’ouvre est un son terriblement excitant à mes oreilles – puis sa braguette, puis ma ceinture, et ma braguette à moi. Les gestes sont secs, rapides, ils trahissent la délicieuse précipitation du désir.
    D’un coup rapide et puissant, il fait glisser mon pantalon à mi-cuisse. Il me fait alors me retourner face au mur. Définitivement, tout ça me rappelle le jour où je l’avais suivi chez lui après le bac philo, après l’avoir chauffé à bloc pendant l’épreuve. Ce jour-là, dès la porte claquée derrière nous, il m’avait plaqué contre le mur, il avait presque arraché ma ceinture et ma braguette, et il m’avait baisé direct, sans autre forme de procès. Il m’avait baisé avec une fougue presque bestiale, comme un animal en rut, tout en me traitant de sale pute. Il m’avait fait sentir à lui comme ce n’est pas permis, et il m’avait giclé dans le cul.
    Aujourd’hui, Jérém ne me traite plus de sale pute, mais il me fait toujours sentir autant à lui. Les gestes n’ont pas la brutalité de ceux du jour du bac philo, ils sont désormais empreints d’un mélange de douceur et de fermeté virile qui me fait délirer.
    Je sens le souffle chargé d’excitation de mon mâle glisser sur mon cou, sur ma nuque. Je suis aux aguets de ses ahanements empreints de désir. Jérém mordille nerveusement mon oreille, il passe ses mains sous mon t-shirt, agace mes tétons, me rend dingue d’excitation. Je sens sa queue chaude et raide tendre le tissu élastique de mon boxer, s’enfoncer dans ma raie. Je crève d’envie de lui.
    Tout comme le jour du bac philo, le beau brun attrape le bas de mon t-shirt, le pull en plus, le retourne, le fait glisser le long de mon torse. J’ai tout juste le temps de seconder son mouvement, et je me retrouve torse nu, mon dos enveloppé par sa présence virile.
    Et lorsque son bassin relâche enfin la pression, je n’en peux plus. Je charge mes mains de descendre mon boxer, comme une urgence, mais Jérém m’en empêche. C’est lui qui se charge de le descendre, doucement, lentement, sensuellement. Je me retrouve avec le boxer à mi-cuisse et la langue de Jérém qui lèche ma rondelle avec un entrain jouissif.
    Le beau brun cale son torse contre mon dos, sa queue raide dans ma raie humide et hypersensible, il frotte et tapote son gland contre ma rondelle. Jérém n’est pas encore venu en moi, et pourtant je me sens déjà dominé par sa virilité. Je n’en peux plus !
    « J’ai envie de toi ! je finis par lui lancer, fou de lui.
     — Je vais te défoncer !
     — C’est tout ce que je demande ! »
    Son bassin exerce une pression de plus en plus forte, lente et impitoyable, jusqu’à ce que je sente mes muscles humides céder, jusqu’à le sentir venir en moi lentement, mais inéluctablement. Sa pénétration est lente, puissante mais tout en douceur. Ses va et vient sont délicieux. Sa façon d’agripper tour à tour mes hanches, mes épaules ou mes biceps pour mieux me secouer me rend fou.
    Je sens son souffle dans mon dos, ses ahanements de plaisir, je perçois ses frissons, je ressens son envie.
    « Qu’est-ce que c’est bon ! je l’entends lâcher.
     — Mais grave ! »
    Et pourtant, quelques secondes plus tard à peine, il s’arrête net. Envahi par sa queue, je suis instantanément en manque de ses coups de reins.
    « Fais-moi l’amour Jérém !
     — Si je continue comme ça, je vais jouir de suite…
     — Fais-toi plaisir, beau mâle ! »
    Ses coups de reins reprennent, mais pas pour longtemps.
    « Je vais te remplir… » je l’entends souffler.
    Ses mains se crispent, ses doigts s’enfoncent dans ma chair. Un réflexe nerveux, lorsque son corps et son esprit perdent pied. Son souffle s’emballe, ses va-et-vient ralentissent jusqu’à se caler sur le rythme de ses éjaculations. Et son plaisir s’exprime par des râles puissants et étouffés.
    Ça y est, pour la première fois depuis des mois, mon beau brun vient de gicler en moi. Je suis tellement heureux de lui offrir ce plaisir, cet aboutissement sensuel qui avait l’air de tant lui manquer !
    Je suis tellement excité que je pourrais jouir sans même me toucher. Mais je me retiens, car j’ai envie de faire durer cet instant de bonheur le plus longtemps possible. La sensation, l’idée d’avoir son jus en moi me rendent dingue.
    « Je suis désolé…je l’entends me glisser, entre deux bisous posés sur mon cou alors qu’il est toujours en moi.
     — Désolé de quoi ?
     — Je suis venu trop vite…
     — Mais c’est pas grave du tout !
     — C’est meilleur quand ça dure…
     — C’était intense, il y avait le feu !
     — Un feu de paille…
     — Un feu de dingue !
     — T’as aimé, quand même ?
     — Et comment !
     — Moi aussi !!! Putain qu’est-ce que ça m’a manqué !
     — A moi aussi… »
    Le bogoss se déboîte lentement de moi. Il me fait me retourner, il se met à genou et il me pompe à bloc. Il ne faut pas longtemps pour me sentir perdre pied à mon tour.
    « Je vais jouir ! » je lui annonce.
    Jérém cesse de me pomper. Il empoigne ma queue et la branle vigoureusement. Un instant plus tard, je gicle sur son torse musclé et poilu, sur sa peau mate. Le beau brun avale une dernière fois ma queue, comme s’il ne pouvait pas résister à l’envie de goûter à mon sperme. Je suis surpris par cela. Et avant de revenir à moi et de me rappeler que je n’ai plus aucune raison de le faire, je me retiens de justesse de l’en empêcher. Lorsque la peur s’installe, c’est difficile de la faire repartir. Il faut du temps.
    Le bogoss passe son pull à capuche à même la peau, referme approximativement le zip et entrouvre la fenêtre pour griller une clope. Lorsqu’il revient au lit, il me prend dans ses bras. Le bonheur que ce gars sait m’offrir est un cadeau du ciel.

    Jérém a l’air plutôt fatigué, alors je lui propose de lui préparer à manger. Mais je n’ai pas grand-chose dans mon frigo. Alors, pendant que je le laisse se reposer à l’appart, je pars en expédition de survie à la superette du coin. J’achète de quoi lui faire une bolognaise maison, des escalopes milanaises. Je suis tellement content que Jérém soit là, et de pouvoir m’occuper de lui.
    En rentrant des courses, je retrouve le beau brun assoupi. Il est vraiment fatigué. Et il est touchant comme un enfant. Je baisse le son de la télé et je fais attention à ne pas faire trop de bruit en cuisinant. Je regarde ma bolo en train de mijoter et je ressens un tel bonheur ! C’est le bonheur des petites choses du quotidien qu’on a envie de partager avec l’homme de sa vie. J’ai un jour entendu quelqu’un dire que quand on aime, on cuisine. J’ai tellement envie de cuisiner pour Jérém !
    Un couvercle qui glisse et tape contre la poêle dans un grand bruit métallique fait revenir brutalement mon beau brun de sa petite sieste.
    « Putain, je me suis endormi…
     — Tu étais fatigué…
     — Ah oui… »
    Il est tellement mignon !
    « C’est prêt dans 5 minutes, je lui annonce.
     — Ça sent très bon tout ça, il considère en regardant en direction des fourneaux.
     — C’est rien…
     — Non, ce n’est pas rien. C’est beaucoup pour moi » je l’entends me glisser à l’oreille un instant plus tard.
     
    Pendant notre petit dîner improvisé et en amoureux, Jérém me parle de son quotidien, de ses entraînements, de sa progression sportive, de son intégration au sein de l’équipe. Je le sens enfin à nouveau épanoui, bien dans sa peau, confiant. Il me raconte comment, avec Ulysse, il a l’impression de retrouver le parfait tandem au rugby, comme avec Thib. Dans sa façon de me raconter ses nouveaux exploits dans l’équipe je retrouve le Jérém un brin frimeur que j’ai connu à Toulouse. Mais ce qui le rend encore plus craquant, c’est le fait que cette « assurance » retrouvée n’est pas dénuée de quelques craintes. Son assurance revient, mais j’ai l’impression qu’elle n’est plus si nette qu’avant. Comme si elle était toujours marquée par le choc inattendu avec cette nouvelle réalité dans laquelle il s’est senti d’abord rejeté, où il a dû lutter pour se faire accepter. Comme si sa sérénité était toujours entremêlée par l’incertitude du lendemain, parasitée par la pression qu’il doit supporter au quotidien.

    « Tu es retourné à Toulouse depuis Noël ? il me questionne au détour d’une conversation.
     — J’y suis retourné une fois en février, et je vais y retourner dans un mois pour le mariage de ma cousine. Je suis son témoin.
     — Ah, tu vas te faire tout beau ! Et tu vas encore te faire draguer !
     — N’importe quoi !
     — J’en suis sûr !
     — T’as qu’à venir pour me surveiller…
     — Je ne suis pas invité !
     — Si !
     — Quoi ?
     — Ma cousine m’a dit de te dire que tu es le bienvenu si tu veux venir.
     — Moi ?
     — Oui, toi !
     — Et pourquoi, moi ?
     — Parce que tu es le copain de son cousin préféré qui est aussi son témoin de mariage, banane ! »
    Jérém ne répond pas, il semble soudainement pensif.
    « Je ne suis pas prêt à jouer le parfait petit copain pédé, il finit par lâcher à mi-voix.
     — Tranquille, je ne te demande pas ça. Je n’ai pas besoin de te présenter autrement que comme un pote. Ce qu’il y a entre nous ne regarde que nous.
     — Je ne suis pas prêt pour ça… la famille, les repas, tout ça…
     — T’inquiète, je comprends. J’aimerais bien que tu viennes, bien sûr, mais je ne vais pas insister. Je te le dis juste parce qu’elle me l’a proposé. Elle voudrait juste te montrer que tu es le bienvenu dans ma vie et que dans ma famille tout le monde n’est pas comme mon père.
     — Ah, oui, ton père. Je n’ai vraiment pas envie de le croiser ! Et puis, de toute façon, je déteste les mariages…
     — Il n’y a pas de mal, vraiment.
     — C’est cool que tu aies eu un jour de repos, je change de sujet.
     — Mais je n’en ai pas eu !
     — Et comment tu as fait pour venir ?
     — J’ai dit que j’avais rendez- vous chez le dentiste.
     — T’es génial !
     — Mais demain matin je dois être impérativement aux entraînements à 9 heures…
     — Mais ça va te faire lever super tôt ! je considère.
     — Il va falloir que je prenne la route à 3 heures du mat’.
     — Mais tu ne vas jamais arriver à temps !
     — Neuf heures plus ou moins le quart d’heure toulousain, il plaisante.
     — Mais tu es fou !
     — J’avais trop envie de te voir…
     — Tu es adorable…
     — Et de te faire l’amour comme il se doit…
     —     »
    Mon beau brun a traversé la moitié de la France pour venir me faire l’amour, alors nous refaisons l’amour. Après le dîner, Jérém me fait m’allonger sur le dos et il vient en moi une nouvelle fois. Il me pilonne lentement, les ondulations de son bassin sont divines. La vision de son torse nu sculpté par le sport, de ses poils bruns, de ses tatouages, de sa belle gueule défaite par le plaisir sont autant d’images de bonheur. Cette fois-ci, mon beau brun prend son temps. Il me pilonne, il m’embrasse, il me lime, il me caresse, il me défonce, il me branle, et il me fait jouir. Mes jets chauds atterrissent sur mon torse au moment même où le corps et la petite gueule de mon beau brun se crispent dans l’expression de son nouvel orgasme, à l’instant même où il lâche de nouvelles bonnes giclées viriles en moi.

    Après son immanquable cigarette, Jérém m’annonce qu’il a besoin de dormir et il passe à la douche aussitôt. A travers l’encadrement de la porte laissée ouverte et des vitres translucides de la cabine, je regarde mon Jérém en train de se doucher. J’entrevois, j’entends l’eau tomber sur son corps musclé, je sens le parfum du gel douche se répandre dans la pièce. Je le regarde sortir de la cabine, les cheveux et la peau ruisselants d’eau, sa nudité spectaculaire, beau comme un Dieu. Je le regarde s’essuyer, les cheveux, le dos, les bras, les aisselles, l’entrejambe, les jambes, les pieds. Je le regarde faire disparaître sa virilité dans un boxer rouge à l’élastique blanc.
    Un petit passage devant le miroir pour dompter un minimum ses cheveux bruns en bataille et il revient dans la pièce principale, sans me quitter du regard.
    J'adore capter la fraîcheur qui se dégage de sa peau à la sortie de la douche. Qu’elle soit portée par les notes enivrantes d’un gel douche de petit con, ou bien par la douce sensualité d’un savon neutre qui laisse s’exprimer l’odeur naturelle de sa peau, cette fraîcheur de la peau qui vient d’être douchée me rend complètement dingue.
    Je lui demande de s’allonger à côté de moi et le bogoss s’exécute sans me quitter des yeux. Au fond des siens, une étincelle coquine qui me confirme ce que j’avais deviné. Nos envies se complètent.
    Le temps nous est compté, les quelques heures de sommeil devant nous sont précieuses. Surtout pour Jérém. Et pourtant, le beau brun est chaud comme une baraque à frites, et il ne compte pas vraiment se coucher avec les poules. Il préfère coucher avec son poulet toulousain.
    Il me caresse et il m’embrasse partout, tout en jouant délicatement avec ma queue déjà bien tendue. C’est entre la caresse et la branlette, et c’est juste divin. Excitant, frustrant, un truc de fou. Jérém me suce, longuement, amoureusement. Il enlève son boxer lentement, me regardant fixement dans les yeux. Sa queue tendue est magnifique. Je crève d’envie de le prendre en bouche, mais je sais que le beau brun a envie d’autre chose. Je le regarde s’allonger sur le lit, m’appeler silencieusement pour que je lui fasse l’amour à mon tour. Tu peux le faire, Nico, tu n’as plus rien à craindre.
    Alors je lui fais l’amour, je me laisse glisser entre ses fesses musclées de rugbyman. Je le pilonne en faisant bien attention à son plaisir, en prenant du plaisir à le voir frissonner au rythme de mes coups de reins. Me sentir coulisser en lui est une sensation incroyable. Et me sentir perdre pied, sentir mes giclées se répandre en lui, c’est juste délirant.
    Juste après l’amour, j’enserre Jérém très fort dans mes bras. Je suis tellement heureux. Et je le suis d’autant plus que mon beau brun a l’air lui aussi vraiment heureux. Une visite surprise, un dîner improvisé, et beaucoup d’amour. Et ce petit appart de 13 m² devient le plus beau des endroits sur Terre. Il est près de 22 heures, il faut dormir. J’éteins la lumière.
    Nos lèvres se cherchent dans le noir, se rencontrent, et ont du mal à se quitter.
    « C’est gentil de la part de ta cousine, quand même » je l’entends me glisser, la voix déjà pâteuse, juste avant de glisser dans le sommeil.

    Tu t'appelles Jérémie Tommasi mais tout le monde t'appelle Jérém ou Jéjé ou Jé. Aussi loin que tu te souviennes, tu te dis que tu n’as jamais été heureux. Dans ton enfance, tu vois tes parents se disputer sans cesse. A dix ans, ils divorcent et ta mère part refaire sa vie loin de toi. Très jeune tu comprends à quel point ça fait mal de se sentir abandonné. Ça te déchire le cœur et tu n’arrives pas à le réparer. Tu veux oublier cette souffrance, mais tu ne peux pas. Tu apprends à jouer au rugby, tu deviens un petit champion, tu te fais des potes, tu te tapes des meufs, mais tu n’arrives pas à oublier. Tu veux t'endurcir, mais tu n’arrives à t’endurcir que de l’extérieur. Car au plus profond de toi, les pleurs silencieux d’enfant résonnent toujours. Et les fantômes de ton enfance reviennent sans cesse te hanter.
    Tu finis par te convaincre que tu ne seras plus jamais heureux, parce que tu ne mérites peut- être pas d’être heureux. Parce que tu ne mérites pas d’être aimé. Et tu essaies de t’accommoder de cet état de choses. Tu te bâtis un personnage, et un monde dans lequel le faire graviter. Une sorte de réalité virtuelle, définie par les regards que tu arrives à attirer. Ton bonheur ne vient pas de ton cœur, mais du regard des autres. Tu n’arrives pas à aimer parce que tu ne veux pas que ton bonheur dépende des autres, mais tu as besoin du regard des autres pour te sentir heureux. Tu fais tout pour plaire, pour être admiré. Tu ne montres que ce que tu veux montrer et tu caches soigneusement cette partie de toi que tu as découverte bien assez tôt et qui te perturbe depuis. Tu essaies d’oublier ton attirance pour les mecs, mais tu n’y arrives pas.
    C’est difficile pour toi de penser à ce mot, gay, et surtout de l’imaginer s’appliquer à toi. Au fond de toi, tu sais que c’est le cas, mais tu veux croire que tu peux oublier. Les autres te rappellent sans cesse qu’être pédé n’est pas bien, alors tu apprends à faire semblant. Tu te dis que tu trouveras le moyen de garder les apparences. Tu fais ce que tu peux pour survivre, mais un sentiment de culpabilité t’envahit. Tu te sens comme une merde.
    Tu baises des meufs, mais tu n’oublies pas. Tu as envie d’aller vers les mecs, mais tu ne peux pas. Tu te caches, des autres, de toi-même. Tu te dis que tu ne peux pas être pédé, jamais. Tu vis dans la peur qu’un regard te trahisse. Tu finis par avoir des aventures avec quelques mecs. Tu prends ton pied mais tu culpabilises un max. Mais tu arrives à donner le change, à garder les apparences. Tout cela est bien fragile, mais tu arrives à tenir en t’aidant avec l’alcool et la fumette.
    Puis, un jour, tu croises le chemin d’un gars qui fait voler tout ça en éclat. Son regard rebat toutes les cartes. Tu as eu envie de lui, et tu as fini par assouvir cette envie. Ce que tu n’avais pas prévu, c’est de te sentir aimé, et ça t’a fait peur. Tu avais l’impression d’être libre quand tu couchais avec toutes les nanas que tu voulais – et parfois un mec, vite fait – et tu aurais voulu continuer ainsi. Tu n'as jamais eu l'intention de tomber amoureux, et encore moins d’un gars.
    Et pourtant, quand tu as croisé son chemin tu as ressenti quelque chose que tu n’avais jamais ressenti auparavant. Il t’a fallu un certain temps pour apprivoiser cet amour. Avant votre première révision, et malgré les apparences, tu étais en train de te noyer. La présence de Nico a donné un nouvel élan à ta vie. Grâce à lui, tu as pu enfin comprendre et accepter qui tu es.
    Tu te demandes ce qui se serait passé si tu n’avais pas croisé le chemin de Nico. Si tu n’avais pas connu le bonheur qu’il a su t’apporter.
    Oui, tu t’appelles Jérémie Tommasi et ce soir tu es heureux. Tu es heureux parce que tu as eu tellement peur pour Nico. Tu ne voulais pas croire qu’il ait pu être contaminé, tu ne pouvais pas. Et pourtant, tu avais peur. Tu y pensais chaque jour, chaque heure. Tu n’as vraiment pas envie qu’il arrive du malheur à ce petit gars. Parce que ce petit gars, tu l’aimes. Cette nuit, tu es tellement bien dans ses bras. Tu te sens en sécurité, tu te sens libre. Quand tu es avec lui, tu as l’impression de respirer enfin, à pleins poumons, comme après une trop longue apnée. Quand tu es avec lui, tu recharges ton moral, tu remontes ta jauge de bonheur. Penser à lui, te rend ton quotidien plus supportable. Le voir heureux, te rend heureux. C’est pour ça que tu aimes être avec lui.
    Oui, ce soir tu es heureux. Et si cet instant est si précieux pour toi, c’est parce que tu sais que dès que tu auras quitté cet appartement minuscule, dès que tu ne sentiras plus sa présence rassurante, tes fantômes vont revenir te hanter. Tu sais que dès demain matin 9 heures, tu seras à nouveau prisonnier d’un monde où tu devras faire semblant, où il ne te sera pas autorisé d’être toi-même. Alors tu profites de cet instant, de cette étreinte dans le noir, de ses bisous, de son amour.
    Tu aurais envie d’être avec lui plus souvent mais tu te dis aussi que tu ne peux pas prendre le risque. Tu ne veux pas tout gâcher maintenant que tout semble s’arranger pour toi, alors que tu es de mieux en mieux intégré dans l’équipe, alors que le coach semble enfin apprécier ton jeu, alors qu’il te montre enfin de l’estime, alors que tu retrouves enfin peu à peu les sensations et les regards que tu ressentais à Toulouse, celles et ceux qui t’ont tant manqué et que tu essaies désespérément de retrouver depuis 6 mois : la sensation d’être un bon joueur, la sensation d’être à ta place, les regards admiratifs, les regards bienveillants, les regards qui te portent, les regards qui te font rêver, parce qu’ils te montrent que toi, tu fais rêver. Tu as envie de briller, tu as envie de te sentir le meilleur, à nouveau. Tu ne veux plus jamais ressentir l’humiliation de te sentir scruté, jugé, exclu, regardé avec méfiance, avec défiance.
    Oui, être avec Nico te paraît difficile. Mais ça c’est uniquement parce que le monde n’est pas prêt à accepter votre amour. Mais dans l’absolu, tu sens qu’être heureux est à ta portée. Il suffirait de saisir sa main, tendue vers toi depuis votre première révision, et même depuis le premier jour du lycée. Et même si tu ne peux pas la saisir autant que tu veux, tu sais qu’il suffirait d’un geste pour la saisir. Et ça, ça te met du baume au cœur.

    Lorsque le réveil sonne, c’est comme un coup de fouet impitoyable. J’entrouvre les yeux et je regarde mon radio réveil. Il est 2h45. La seule note de douceur dans ce réveil brutal est la présence de Jérém contre moi, ses bras autour de ma taille. Mais cela ne dure pas. Mon beau brun me fait un bisou dans le cou et bondit hors du lit. Un instant plus tard, j’entends le jet dru tomber dans la cuvette, suivi par celui de la chasse d’eau. Jérém revient près de moi, il commence de s’habiller. Il passe son t-shirt blanc et sa queue mi-raide attire mon regard. Je suis dans le coltard, mais ma main part toute seule, elle ne peut résister à la tentation de la caresser. Le bogoss se retourne illico. Dans ses yeux, une étincelle lubrique qui m’enchante.
    Un instant plus tard, il se glisse sous les draps, il se glisse sur moi, il glisse entre mes fesses, il glisse en moi. Il me pilonne une dernière fois, il me refait l’amour, ses mains fébriles saisissent mes hanches, je l’entends souffler son plaisir de mec. Et il gicle une dernière fois en moi au petit matin.
    « Oh, putain, qu’est-ce que c’est bon… » je l’entends souffler, la voix basse, ralentie, comme assommé par son orgasme.
    Jérém se déboîte aussitôt et termine de s’habiller. Sa queue disparaît dans le boxer et le jeans, son t-shirt blanc sous le pull à capuche dont il referme la fermeture zip jusqu’en haut. Une minute, un dernier bisou et un « bon retour, fais attention sur la route, envoie-moi un message quand tu es arrivé. Je t’aime » plus tard, le beau rugbyman quitte mon appartement et repart dans sa vie loin de moi.

    Vendredi 29 mars 2002.

    Ce vendredi est un jour de grandes annonces. Déjà, le soir, en rentrant des cours, je trouve dans ma boîte aux lettres l’invitation officielle du mariage d’Elodie. Puis, le même soir, vers 21 heures, alors que je viens tout juste de raccrocher d’avec Jérém, la sonnerie de mon portable retentit à nouveau. Je regarde le petit écran et je vois « Thibault » s’afficher. Au fond de moi, je sais pourquoi il m’appelle. Je sens que je vais apprendre une bonne nouvelle.
    « Thibault, ça va ? je fais en décrochant.
     — On ne peut mieux. Nico… »
    Puis, après un petit moment de flottement, l’adorable pompier finit par lâcher la grande nouvelle :
    « Ça y est… je suis papa ! Nathalie a accouché cet après-midi. C’est un beau petit gars, Nico ! Il s’appelle Lucas ! »
    Sa voix est fébrile, transportée par l’émotion. Je le sens tellement heureux que j’en ai les larmes aux yeux.
    « Félicitations mon grand, félicitations ! Tout le monde va bien ?
     — Oui, le gosse, la maman, tout le monde va bien. Ça a été un peu long, mais tout s’est bien passé.
     — Et comment va le papa ?
     — Le papa a failli tomber dans les pommes, mais il se remet peu à peu de ses émotions !
     — Je suis vraiment, vraiment heureux pour toi, Thibault ! »
    Oui, je suis heureux pour Thibault. Même si j’ai encore du mal à imaginer ce petit mec de 20 ans avec un gosse, ce gars avec qui j’ai fait l’amour quelques mois plus tôt alors que sa copine était déjà enceinte – bien que nous l’ignorions encore à ce moment là – je suis certain qu’il fera un papa merveilleux.
    « Merci Nico, merci !
     — Et tu as annoncé la bonne nouvelle à Jérém ? je ne peux m’empêcher de le questionner.
     — Non, pas encore. Je vais le faire.
     — Ça lui fera plaisir, il sera heureux pour toi
     — Oui, je pense… »
    Je sens de l’hésitation dans sa voix. Comme s’il n’était pas à l’aise avec la perspective de contacter Jérém.
    « Ça fait un moment que nous ne nous sommes pas parlé, il finit par ajouter.
     — Tu sais, il me demande souvent de tes nouvelles. Ce sera l’occasion de lui en donner directement.
     — Je me demande ce qu’il va ressentir quand je vais lui annoncer que je viens d’avoir un petit gars…
     — Ça va le bouleverser, c’est sûr… mais il va être heureux pour toi.
     — Merci Nico.
     — Encore félicitations Thibault. Et félicitations à Nathalie. Et à Lucas. Il a de la chance d’avoir un papa comme toi.
     — J’espère que je vais être un bon père.
     — Je ne me fais pas de souci pour ça, vraiment pas.
     — Merci Nico. Il va falloir que tu passes faire sa connaissance quand tu viendras sur Toulouse.
     — Je n’y manquerai pas ! »

    L’occasion de tenir ma promesse se présente trois semaines plus tard, le week-end où je remonte sur Toulouse pour le mariage de ma cousine.
    J’arrive dans la Ville Rose le vendredi soir. Je fais un bisou à Maman, nous discutons un peu tant que nous ne sommes que tous les deux. Dès que Papa rentre à la maison, je me sens mal à l’aise et la belle complicité entre Maman et moi doit se faire discrète. Les mots doivent se prononcer à voix basse pour ne pas provoquer, les rires doivent s’étouffer pour ne pas heurter. Fait chier. La présence de mon père plombe l’ambiance. Le dîner est lugubre. Papa ne décroche pas un mot et Maman se charge de faire la conversation pour ne pas laisser le silence assourdissant s’installer. La discussion tourne essentiellement autour du mariage d’Elodie qui va avoir lieu le lendemain soir. J’essaie de lui donner le change, mais je ne suis vraiment pas à l’aise. J’ai l’impression que Papa juge chacun de mes mots comme étant dénué de tout intérêt, qu’il trouve ma voix pas assez virile, mes attitudes pas assez viriles, et ma présence dérangeante. Ce n’est peut-être que dans ma tête, mais j’ai l’impression d’étouffer et il me tarde de partir de là. Ça me fait chier pour Maman, parce que je voudrais passer plus de temps avec elle. D’ailleurs, je ne sais pas comment elle fait pour le supporter. Je ne veux pas que mes parents divorcent à cause de moi, pas du tout. Mais Papa se comporte vraiment comme un con. Maman doit vraiment beaucoup l’aimer, ou elle a dû vraiment beaucoup l’aimer, pour lui pardonner son attitude depuis mon coming out.

    Samedi 20 avril 2002, 8h17.

    Ce matin, je me réveille avec le moral en berne. A vrai dire, ça fait un petit moment que mon moral est chancelant. Et l’ambiance du dîner d’hier soir n’a rien arrangé.
    Ça fait désormais plus d’un mois que je n’ai pas revu Jérém. Il m’avait prévenu que pendant cette dernière ligne droite avant la fin du championnat ça allait être dur de se voir. Parce qu’il allait devoir être à fond dans le rugby, parce qu’il allait devoir tout donner.
    Et cela s’est confirmé au fil des dernières semaines, depuis que son équipe traverse une phase difficile.
    La dernière fois que Jérém était venu à Bordeaux, je l’avais senti confiant, vis-à-vis de sa place dans l’équipe. Il avait l’air de dire que tout se passait bien et que le plus dur était derrière lui.
    Hélas, dans le sport, non seulement on ne peut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir attrapé, mais même quand on l’a attrapé, il vaut mieux rester prudent car l’ours en question peut s’échapper à tout moment. Dans le sport, notamment le sport d’équipe, la réussite dépend d’une multitude d’acteurs, d’une infinité de paramètres, ainsi que d’un facteur chance. Autant de variables qu’on ne peut contrôler individuellement et dont la défaillance passagère, peut très vite faire tout basculer. Oui, dans le sport d’équipe, tout peut changer très vite. Un jour aux Anges, le suivant en Enfer, sans transition.
    Après un lot de matches en début d’année plutôt satisfaisants, depuis quelques semaines le Racing se fait régulièrement dominer. Au dire de Jérém, l’ambiance dans les vestiaires et aux entraînements est de plus en plus difficile. Je le sens de mauvaise humeurs, soucieux, distant. Je sens qu’il essaie de ne pas me faire subir tout ça, mais je ressens son malaise.
    J’essaie de l’encourager, de lui dire que les choses vont s’arranger, que son équipe a connu des temps meilleurs et qu’elle va en connaître d’autres. Mais entre le fait que je ne connais pas les tenants et les aboutissants des problèmes que traverse son équipe, et le fait que mes compétences en rugby sont d’un niveau plus bas que terre et mer, mes propos doivent sonner bien creux aux oreilles de mon beau brun, dénués de toute crédibilité. Ce qui fait que l’encouragement que je souhaite lui apporter doit tomber à plat.
    Preuve en est le fait que lors de nos derniers échanges téléphoniques, dès que j’essaie de lui demander des nouvelles, il se contente de répondre « ça va » et il change direct de sujet.
    Je sens qu’il est fatigué, physiquement, mentalement, moralement. Ces défaites multiples l’affectent beaucoup. Je sais, parce que ça lui a échappé un soir, qu’il se sent de plus en plus sur la sellette, qu’il commence à craindre de ne pas être reconduit pour la saison prochaine. Je sens que ces problèmes sont à nouveau en train de nous éloigner, mais je me fais surtout du souci pour lui. Je ne veux pas que son rêve se termine si tôt. Je ne veux pas qu’il soit malheureux. Je ne veux pas le voir partir en vrille, parce que je ne sais pas si j’aurais la force de l’en empêcher. En attendant, son inquiétude déteint sur moi.
    Il me manque, j’essaie de tenir bon. Mais ce n’est pas facile tous les jours. C’est de plus en plus dur pour moi de ne pas savoir quand je vais le revoir. La fin du championnat c’est dans plus d’un mois. Est-ce que je vais devoir attendre jusque-là ? Est-ce que notre relation va être ça, tout le temps ? Se voir de temps en temps, une fois par mois au plus, beaucoup moins quand il doit être à fond dans le rugby ?
    J’essaie de me réconforter en me disant qu’en dépit de la faible quantité de nos rencontres, leur qualité est excellente. Je repense à cette visite éclair de mon beau brun un mois plus tôt, après le résultat négatif de mon test HIV. Quand je pense à la façon dont il s’est tapé deux fois six heures de route pour venir me voir l’espace d’une soirée et d’une nuit écourtées, pour venir me faire l’amour comme il me l’a fait, pour me faire me sentir bien et aimé comme il a su le faire, je me dis que je suis un garçon chanceux.
    Quand j’ai su que j’aimais les garçons, j’ai toujours pensé au fond de moi que mon orientation sexuelle et sentimentale rendrait plus difficile la recherche de mon bonheur. Le peu d’œuvres, films, livres, chansons, traitant des histoires entre garçons que j’avais eu l’occasion de connaître, se terminaient rarement avec un final heureux. Moi, mon bonheur, je l’ai trouvé. Il arrive par petites touches, ou plutôt par grandes touches isolées, mais il est bien là. Et cette idée m’aide à tenir bon. Mais pas à faire taire le sentiment de manque et d’inquiétude. Que fait Jérém à Paris, entre deux entraînements, entre deux cours à la fac ?
    Le mariage de ma cousine a lieu dans quelques heures. Je vais faire la fête. C’est en pensant à cela que j’arrive à m’extirper de ma morosité.

    Samedi 20 avril 2002, 16h00.

    Le mariage a lieu à la mairie de Blagnac. La cérémonie est courte, mais solennelle. Je suis ému de voir ma cousine s’engager à partager sa vie avec un garçon. Ma cousine est toute en beauté dans sa robe blanche, très sobre et élégante, plutôt classe, tout à fait dans son style. Son Philippe est lui aussi tout en beauté dans son costume noir très bien taillé.
    Et je suis vraiment ému lorsque, après les vœux et l’échange des alliances, je me retrouve à signer les papiers du mariage avec la sœur de Philippe, qui est aussi son témoin. Je suis toujours autant touché qu’Elodie ait pensé à moi pour ce rôle.
    La fête se poursuit dans une salle des fêtes où le DJ chargé de l’animation de la soirée ne nous épargne absolument rien de la « beaufitude » légendaire des mariages. Déjà, il se fait remarquer par un choix musical sans originalité, par une voix très envahissante crachée dans un micro trop sonore, par des blagues grasses et souvent douteuses, par des animations grossières entraînant les invités dans des situations gênantes.
    J’aimerais m’extraire de ce carcan, partager davantage ce moment avec ma cousine, mais elle est occupée à faire le tour des invités. En attendant, je me fais chier. Et pour « soulager ma peine », je bois et je mate la faune masculine en présence. Il y a en effet quelques beaux spécimens, notamment dans la « garde rapprochée » des potes de Philippe. Mais the « bogoss » de la soirée est sans conteste mon cousin Cédric, celui qui a été à l’origine de mes premières et nombreuses branlettes solitaires dans mon adolescence. Il est toujours aussi canon, et chaque année il gravit une nouvelle marche dans l’ascension vers l’accomplissement de sa beauté virile. Ce soir, dans sa tenue chemise blanche, cravate, et costume sur différents tons de bleu, il est juste craquant.
    Sans que je cherche à lui parler, parce que je ne sais vraiment pas de quoi lui parler, parce que je n’ai pas envie de le sentir étaler sa vie parfaite, le déroulement de la soirée fait que nous finissons par tomber l’un sur l’autre et par échanger quelques mots. Il me parle de ses études en médecine et j’ai l’impression d’entendre le résumé d’un épisode de « Grey’s anatomy ». Ou plutôt d’« Urgences ». Je n’ai que peu l’occasion de lui parler de mes études à moi. Mais qu’importe, je l’écoute moins que je ne le regarde. Sa présence est magnétique, comme capiteuse.
    « Alors tu as une copine ou tu es toujours puceau ? il finit par lâcher au détour d’une conversation.
     — Non, j’ai pas de copine » je réponds, un brin agacé.
    Et là, l’alcool aidant, je décide d’aller au fond de mes pensées.
    « Mais j’ai un copain, j’ajoute aussitôt.
     — Ah…
     — Ça t’étonne ?
     — Pas vraiment…
     — Tu t’en doutais ?
     — J’ai toujours pensé que tu me kiffais…
     — Et c’était le cas… et c’est toujours le cas… »
    Le cousin semble soudainement mal à l’aise avec la franchise de mes mots. Il me regarde un brin interloqué, il cherche quelque chose à répondre.
    « Mais moi je ne suis pas…
     — T’inquiète, je le coupe, las de me faire prendre de haut par ce petit con. A une époque, je continue, si tu avais dit oui, je n’aurais pas dit non. Mais maintenant j’ai un copain canonissime et je ne fantasme plus sur toi ! »
    Cédric me regarde sans savoir quoi répondre, l’air un tantinet déstabilisé.
    Et bam ! Ça s’est dit… Cassé !!!! comme s’exclamera quelques années plus tard un célèbre philosophe niçois.

    C’est vers la fin de la soirée, ou plutôt de la nuit, que j’arrive enfin à approcher ma cousine. Elle est épuisée par les obligations mondaines, et elle est heureuse de prendre un dernier verre avec moi.
    «  Ça va mon Nico ?
     — Très bien et toi ?
     — Ta cousine est désormais une femme respectable, elle me balance en me montrant son alliance avec un geste excessivement théâtral qui me fait mourir de rire.
     — Je vois ça, oui…
     — Ton copain n’a pas pu venir, alors ? elle enchaîne.
     — Je lui ai proposé, mais il n’a pas voulu. Il n’est pas prêt pour ça.
     — Ne lui en veux pas…
     — Je ne lui en veux pas.
     — Ça se passe toujours bien entre vous deux ?
     — Ça fait plus d’un mois que nous ne nous sommes pas vus, mais je crois que oui.
     — Je suis certaine que ça va bien se passer. Dans votre histoire, il y aura des hauts et des bas, mais vous vous retrouverez toujours.
     — Je l’espère…
     — Ta cousine a quelque chose à t’annoncer, mon petit Nico, fait Elodie sans transition.
     — Ah bon ?
     — Tu vois cette robe blanche ?
     — Oui…
     — Elle est un tantinet… comment je dirais… abusive !
     — Pourquoi ça ?
     — Parce qu’il y a Polichinelle dans le tiroir !
     — Quoi ?
     — Je suis enceinte, gros couillon ! De plus de deux mois !
     — Tu es… tu …
     — Oui, j’attends un bébé. Tu es l’une des premières personnes à qui je le dis. Je ne l’ai même pas encore dit à Tata.
     — Elle m’en aurait parlé… félicitations ma cousine, je suis vraiment content pour toi ! »

    Je rentre de la fête au petit matin. Je n’ai pas eu de nouvelles de Jérém depuis jeudi soir. J’ai essayé de l’appeler après le passage en mairie, mais je n’ai pas pu l’avoir. Il me manque à en crever.
    Je me réveille plusieurs heures plus tard, en tout début d’après-midi. Je grignote un peu et pense à ma promesse faite à Thibault de passer voir son gosse. Aujourd’hui, c’est jour de match. Je ne veux pas le déranger, je lui envoie un message pour lui proposer de passer le voir dans la soirée, s’il est disponible.
    Je passe l’après-midi à comater, à penser à Jérém, à avoir envie de ne rien faire, à broyer du noir. La fatigue est un catalyseur de tristesse. Heureusement, un rayon de lumière vient illuminer la fin de journée. En même temps que les infos sportives à la télé annoncent que cet après-midi le Stade Toulousain a remporté la victoire haut la main contre Montferrand, je reçois un message de Thibault qui me propose de passer pour une soirée pizza.


    Zelim Bakaev
    23 avril 1992 - 8 août 2017

    0304 Un mariage et quelques entraînements.



    A cause de sa notoriété dans son pays et en Russie, Zelim est devenu le symbole des exactions infligées en Tchétchénie aux personnes LGBT au nom de la « purification du sang de la nation ». L’horreur aux portes de l’Europe.

    https://eurovision-quotidien.com/zelimkhan-bakaev-trois-ans-deja/

    Nous savons et nous n’oublierons pas ce qu’ils t’ont fait, comme à tant d’autres gars comme toi, ni pourquoi ils l’ont fait.

    Paix à ton âme.


    6 commentaires
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    C’est beau de voir un beau garçon en train de jouir… c’est beau le voir pousser un râle puissant et qu’il tente d’étouffer sans entièrement y parvenir… c’est beau aussi de le voir s’envoler seul vers les hauteurs de ce plaisir ultime… pendant qu’il jouit, c’est le mâle… c’est un moment d’aliénation où le mec oublie tout, ses sentiments, sa sensibilité, même qui il est… l’important c’est juste qu’après l’orgasme, il retrouve assez vite la mémoire de qui il est, de la personne avec qui il l’a atteint ou qui lui a offert, la conscience que cette personne est toujours une personne et non pas un mouchoir ou une capote à jeter… 

    Et Stéphane, cette mémoire et cette conscience il les retrouve très vite… oui, je trouve incroyablement beau de le voir me sourire tout en s’essuyant le front de la transpiration et en poussant un bon soupir signifiant qu’il fait chaud et qu’il est épuisé, deux gestes très sexy à mes yeux… je trouve très touchant de le voir se pencher pour m’embrasser une fois de plus… je trouve définitivement et irrésistiblement craquant de voir que l’effort de contenir le cri de sa jouissance a fini par lui donner le hoquet… et le fait de l’entendre rire des spasmes qui secouent son torse et le mien en contact avec le sien me remplit de bonheur… 

    Je suis tellement bien avec lui à ce moment là que je me dis qu’au fond, savoir que je ne suis ni son premier ni son dernier, n’a plus d’importance… qu’importe au fond… on a fait l’amour, on s’est ’aimés… et même si ce n’est que l’espace d’un après midi, ce qui rend par ailleurs ce moment particulièrement intense, rare et précieux et triste à la fois, cet après midi j’ai l’impression d’être important pour lui, je suis le seul qui compte pour lui… jamais je n’ai encore ressenti cela avec Jérém…

    Cet atterrissage après l’orgasme me mettra du baume au cœur… ça me changera un max par rapport à ce à quoi j’ai été si longuement habitué, me retrouver face à un gars silencieux, froid, distant, si ce n’est agacé ou même hostile, pressé de me voir me tirer juste après m’avoir tiré… 

    Stéphane restera un petit moment allongé sur moi en train de récupérer de l’effort… j’ai toujours adoré ça, ce moment d’abandon du mâle après la jouissance, cet instant d’abandon et de vulnérabilité, d’épuisement… cet instant si propice à la tendresse, une tendresse qu’on m’a toujours refusée… et j’adore d’autant plus que ce moment n’a pas l’air d’être pour Stéphane qu’un abandon purement physique… certes, le mec est épuisé… mais ce geste est aussi… tendresse… envie de tendresse, envie d’en recevoir, envie de m’en apporter… 

    Lorsque le hoquet finit par cesser, je le vois relever le torse, me regarder dans les yeux, me sourire, porter sa main autour de ma queue comme tout à l’heure et, tout en restant en moi, reprendre le truc avec le pouce dans le creux de mon gland en actionnant un peu plus vite les mouvements de branlette avec sa main… j’ai pris tellement mon pied lorsqu’il était en train de coulisser en moi que j’en ai carrément oublié mon plaisir à moi, celui de ma queue… il faut dire que je suis habitué à ce que le plaisir de ma queue ne soit qu’un détail dont on ne s’occupe pas… j’oublie qu’avec ce garçon les choses en vont tout autrement… la force de l’habitude est quelque chose contre laquelle on a du mal à lutter… 

    Oui, j’ai oublié de jouir, et même si la chose ne me dérange pas au fond, Stéphane ne l’a pas oubliée… il a joui, mais au lieu de se tirer pour aller fumer sa cigarette, il reste avec moi, en moi… il a joui mais il a envie de me faire jouir une fois de plus… 

    Je bande comme un âne et sous l’effet de sa main enroulée autour de ma queue et de son pouce procurant le plus exquis des plaisirs au creux de mon gland, je jouis vite… quatre ou cinq traînées de sperme vont s’abattre sur mon torse, jusqu’à mon cou…
    A ce moment là, je me sens le garçon le plus comblé et heureux de l’univers… je me dis que ce que je suis en train de vivre est beau à en pleurer… voir d’abord ce beau gars jouir en moi… le voir ensuite s’appliquer pour me faire jouir aussi puissamment… le sentir sortir de moi tout doucement pour venir me faire un câlin, m’embrasser …  

    On est tous les deux calés sur un flanc, visage contre visage, torse contre torse, il se colle contre moi sans se soucier que le mien est mouillé de mon jus… ses poils doux caressent ma peau imberbe, ses tétons frottent contre les miens, sa chaleur corporelle se mélange avec la mienne, nos bras, nos jambes, nos queues, nos envies de tendresse se mélangeant, se perdant les une avec les autres… oui, c’est beau à en pleurer… et dire que je l’ai toujours su… qu’est-ce que c’est au fond que le sexe sans un câlin juste derrière ? 

    Ah, que cela change par rapport à ce que j’ai pu connaître avec Celui-dont-on-ne-doit-plus… je finis par me dire qu’on a beau se taper le plus incroyable apollon de la terre… prendre un pied de fou rien qu’en le voyant jouir… hélas, lorsque la baise, si torride soit-elle, est passée, on se sent seuls, humiliés… car le sexe sans un peu de considération pendant l’acte et sans un minimum de chaleur humaine juste après, n’est rien… le sexe pur, le sexe pour la baise, n’est que mécanique, une bonne mécanique, certes, mais la solitude après coup est si dure à supporter… 

    Je finis par me dire qu’un mec comme Celui-dont-on-ne-doit-plus… un mec aussi parfaitement beau, à la morphologie si incroyable, avec ce charme puissant de mâle dominant qui sait ravir ceux et celles qui y sont sensibles, un mec si sûr de lui, à la sexualité si débordante… ce genre de mec est, certes, un pur régal pour les yeux et un pur bonheur au lit… pour une bonne baise… hélas, un mec dont le charme est aussi largement reconnu, inspire à la fois un désir incroyable et une crainte effroyable, celle de le perdre… car un gars aussi sollicité ne sera jamais l’homme d’une seule femme, ni d’un seul homme… avec ce genre de mec on ne se sentira jamais en sécurité… avec ce genre d’apollon on ne sera généralement jamais comblés affectivement… 

    Non, le qui fait qu’on se sente bien avec un garçon ne tiendra jamais qu’à son physique, qu’à sa beauté… non, le charme d’un mec n’est pas tout dans sa sexualité, si intense et débordante soit-elle… il est des choses qui vont au delà d’une belle gueule, d’un corps de rêve et d’une bite capable de jouir presque à la demande… des choses qui s’appellent tendresse, partage, gentillesse, attention pour l’autre, douceur… 

    Lorsqu’elles manquent, une relation est bien bancale…  

    On reste enlacés pendant un long moment… on reste en silence, je l’entends respirer contre moi, je suis tellement bien que je finis par m’assoupir pendant un instant… lorsque je reviens à moi, je me sent moite, collant, j’ai envie d’une bonne douche…  

    « Je crois que je devrais aller prendre une douche… » je suggère. 

    « Ouais.. » il me répond « il y a juste un petit blème… » 

    « T’as pas d’eau chaude… » je plaisante. 

    « Naaan… » il répond, ses lèvres effleurant mon oreille, sa voix caressant quelques unes des cordes les plus sensibles de mon être « le blème c’est que pour aller prendre la douche il va falloir que je te laisse partir… et ça… j’en en ai aucune envie… ». 

    Il est trop mignon. Je l’embrasse. 

    « Va pourtant falloir… » je relance « mais c’est promis, après la douche je reviens te faire un câlin et je ne te laisse plus… ». 

    « Ok » il me répond « … à ce compte là, ça me va… ». 

    Ses bras s’ouvrent… j’amorce le mouvement pour me relever, lorsque sa main saisit mon avant bras pour m’attirer à nouveau à lui… il m’embrasse encore…

    « Ca c’est pour la route, bogoss… » il rajoute devant mon air à la fois ravi et interloqué.

    Je lui souris et je pars à la douche. Je suis tellement heureux que je sifflote en faisant couler l’eau. Je me savonne vite, son gel douche sent trop bon… quand je dis que tout est agréable chez lui… oui, je me savonne vite, je ne veux pas m’attarder sous la douche… j’ai trop envie de retrouver Stéphane… il me manque déjà…

    Il ne va pas me manquer longtemps… car c’est lui qui vient me retrouver… sous la douche…

    Je suis encore en train de me savonner lorsque la porte vitrée s’ouvre m’offrant l’image du beau Stéphane en train de me regarder… et de me sourire…

    « Je peux ? » il me demande, timide, le regard fuyant.

    « Fais comme chez toi… » je trouve sympa de lui répondre. Ses yeux replongent illico dans les miens, il a l’air content de mon feu vert… j’adore… là aussi c’est la première fois que l’on me demande mon avis… avec un simple regard un peu timide, un peu fuyant, le regard d’un mec qui, bien qu’un peu plus âgé que moi parfois, il doute parfois et il cherche en moi (oui, en moi… en moi !!!) de quoi être rassuré… c’est touchant, mignon, craquant, les mots me manquent pour décrire l’immense tendresse que ce garçon m’inspire lorsqu’il semble soudainement perdre ses repères et me donner les commandes… c’est la première fois que l’on tient compte de moi, de mes envies… c’est un détail infime mais si puissant à mes yeux…

    Il rentre, il referme la porte derrière lui… nos peaux humides se frôlent… c’est sacrement excitant…

    « J’ai toujours pensé que cette cabine est trop grande pour prendre une douche tout seul… » me balance, coquin.

    Oui, sa cabine est bien grande pour prendre une douche tout seul… et surtout ce serait vraiment dommage de la prendre sans la compagnie du charmant maître des lieux… ce beau Stéphane qui, depuis qu’il m’ait fait l’amour de cette façon puissante, sensuelle et pleine de douceur, a franchi un nouveau stade dans l’échelle de mon désir, de mes sentiments…

    C’est bon de se caresser sous l’eau… c’est beau de s’embrasser sous l’eau… c’est très bon de s’aimer sous l’eau… c’est très beau de bander sous l’eau… c’est beau et c’est bon de se branler sous l’eau… et c’est bon et c’est beau d’unir nos queues dans la même poignée de main et de les exciter l’une en contact de l’autre… alors que c’est incroyablement beau et terriblement bon de jouir presque au même temps sous l’eau sous les allers venues de sa main tout en s’embrassant… c’est si beau et bon que j’ai presque envie de pleurer… au point que lorsqu’il me serre très fort tout contre lui, lorsque mon visage se perd dans le creux de son cou et ses baisers se posent sur mon oreille, je suis secoué par des sanglots que je n’arrive pas à contrôler, mes larmes jaillissent immédiatement emportées par l’eau qui coule toujours… il doit me prendre pour un dépressif, un pauvre mec… mais non, non, non, il ne me prend pas pour cas soc… il me comprend, et c’est magique… il me serre encore plus fort, il pose des bisous partout dans mon cou, sur la joue, sur ma bouche…

    C’est pas possible d’être aussi bien, pas possible d’être si heureux, je me sens revivre… c’est comme si un énorme poids s'envolait de mon cœur et de ma poitrine, le poids de tous ces interdits stupides, de la peur de déplaire, la peur de mal faire en voulant juste bien faire, la peur de me faire engueuler, la peur d'une réaction violente… je sens mes poumons respirer enfin profondément, libérés d’un joug qui les étouffait…
    Dans cette étreinte c'est comme si rien n'existait plus en dehors de ce bonheur qui bouleverse ma façon de voir les choses et qui libère mon esprit car il le rend fort du fait de se retrouver, de se reconnaître, de s’assumer, d'être tout simplement lui-même. Dans cette étreinte je me sens fort et je sais que rien ne peut m'arriver…
    Lorsque l’eau cesse de couler, lorsque notre étreinte se délie, je me sens un homme nouveau.

    J'ai enfin trouvé ce que je cherchais et j'ai vu que c'est bien pour moi... je ne laisserai plus jamais personne me faire croire que ce qui me fait tant de bien puisse être mal… même pas un Celui-dont-on-ne-doit-plus…, si toutefois un jour nos vies et nos queues devaient se recroiser, éventualité que je considère à ce moment là plutôt improbable et même pas souhaitable à vrai dire… même si un jour je devais en rencontrer un autre mec style Celui-dont-on-ne-doit-plus… 

    « Ca fait du bien une bonne douche » me lance-t-il comme une caresse pendant qu’il me passe une grande serviette verte, toute douce au toucher… quand je dis que tout est super agréable chez lui… mais pourquoi doit-il partir maintenant que je sais que je vais pouvoir l’aimer… maintenant que je commence à l’aimer ? 

    « C’est vrai, ça fait un bien fou… » je lui réponds, enfin calmé, serein. Heureux.

    C’est drôle comment dans la vie il est des moments et des sensations qui nous marquent et à auxquels on repense souvent. Ce moment là, tous les deux en train de se sécher après avoir joui sous la douche, cette grande serviette verte toute douce sur ma peau, est l’un des plus marquants de ma vie. Et j’y repenserai de nombreuses fois par la suite.

    Nous finissons de nous sécher, nous nous embrassons et nous revenons dans sa chambre pour nous rhabiller. Gabin nous suit de près, l’air un peu fâché qu’on l’ait foutu dehors tout à l’heure. Stéphane me propose un truc à boire et on revient vers le séjour. Gabin nous surveille toujours. Je lui demande un coca. J’ai envie d’un coca. Maintenant je n’ai plus honte de lui demander un coca. Je sais qu’avec lui ça passera. Qu’il ne me considérera pas juste comme « un demi mec » car je ne bois pas d’alcool…

    Pendant qu’il part à la cuisine chercher les canettes, mon regard est attiré par les nombreux dvd rangés sur une étagère à coté de la télé… en m’y approchant sous le regard attentif du labranoir, je remarque une collection impressionnante de films Disney… de Fantasia au Roi Lion, de Blanche Neige à Aladdin, de Pinocchio à Mulan, tout y est… décidemment, un mec qui possède un labra comme Gabin et une collection aussi complète de films Disney ne peut être qu’un bon gars…

    Par curiosité, j’attrape la jaquette cartonnée contenant le double dvd du Roi Lion, l’un de mes préfères…

    « Tu aimes les Disney? ». 

    Je ne l’ai pas entendu revenir avec les canettes et les verres… sa voix me surprend un peu… voilà, je me suis fait gauler. 

    « J’adore… » je lui réponds, en rangeant le coffret.
    « C’est lequel ton préfère? » il enchaîne.
    « Aladdin » je réponds sans hésiter. 

    « Aaaaaaaaahhhhhhhhh… » il fait, bien appuyant sur le « a », faisant mine comme d’être contrarié… 

    « T’aime pas ? » je me renseigne. 

    « Non, non, pas trop » me répond-t-il « je crois que j’au du le voir pas plus que deux ou trois… » 

    « Deux ou trois fois ? C’est tout ? Moi je l’ai vu plein de fois… » j’enchaîne, maladroitement, avant qu’il puisse finir sa phrase. 

    Il me regarde, il marque une pause, un petit sourire petit moqueur mais bon enfant s’ouvrant peu à peu sur son visage comme un lever de soleil ; j’ai soudainement l’impression qu’il se fout gentiment de moi ; et je ne me trompe pas « oui, j’ai du le voir pas plus que deux ou trois cents fois… ». 

    « C’est ton préféré aussi… » je notifie en me rendant compte de ma maladresse. 

    « Oui, mec, c’est mon préféré, depuis qu’il est sorti en 1992… j’étais déjà un peu grand pour ça, mais j’ai trouvé ça magique… c’est un peu grâce à ce film que je ne suis jamais vraiment sorti de la magie Disney… que j’ai gardé un peu mon âme d’enfant… depuis, je n’en rate pas un, ni en salle, ni en dvd…». 

    J’adore, il est trop mignon. Voilà ce que je n’arrivais pas à verbaliser à son sujet. Il y avait un truc dans sa façon d’être qui me le faisait apparaître si mignon, si gentil, malgré son allure bien mec… oui, une âme d’enfant dans un corps d’homme… un mec qui me fait l’amour de cette façon puissante et tendre, qui a un torse viril, un mec séduisant et sensuel au possible, mais également un mec qui collectionne les Disney et qui possède un labranoir… et ça, c’est incroyablement craquant… et ça, j’achète… 

    Deux petits trucs ont retenu mon attention et aiguisé ma curiosité au début de sa phrase… « … en 1992… j’étais déjà un peu grand… ». Je sais qu’il a quelques années de plus que moi, mais donc : 

    « Tu as quel âge au fait ? » je ne peux m’empêcher de lui demander. 

    « Tout juste 26, je viens de les fêter le mois dernier… ». 

    Huit ans de plus que moi. Aux yeux du Nico.18 un mec de 26 ans, c’est un homme. Je me sens tout petit face à lui, face à ce mec qui, je l’imagine, doit avoir tant plus d’expérience avec moi dans le domaine des mecs et dans la vie en général. Un mec que je sens tellement bien dans ses baskets alors que moi je me sens un petit mec perdu qui ne sait pas par où commencer pour trouver sa place dans le monde. 

    Du coup, lorsque son inévitable question tombe, j’ai un peu « honte » d’y répondre. 

    « Et toi, le bachelier… 18… 19 ? ». 

    « 19… bientôt… ». Oui, bientôt, dans quatre mois, mais peu importe. 

    Une minute plus tard, le dvd est en train de ronronner dans le lecteur. Les images et la musique de ce magnifique Disney commencent à s’enchaîner et à ravir mes yeux et mes oreilles…

    Aladdin… moi aussi j’ai toujours trouvé ça particulièrement magique… oui, Aladdin est mon Disney préféré, et il l’est depuis toujours, depuis sa sortie ; il l’est bien avant que, en ce jour du début de l’été 2001, un garçon nommé Stéphane me le fasse aimer encore plus en le regardant avec moi tout me tenant dans ses bras après m’avoir fait l’amour ; et il l’est bien avant que des années plus tard, un autre garçon, nommé Rayane Bensetti, me donne des raisons supplémentaires pour que Aladdin soit mon Disney préféré… sa danse d’anthologie dans une célèbre émission télé sur la musique du film, voilà une vidéo que j’ai du me repasser au moins autant de fois que le film même…

    On mate Aladdin l’un à coté de l’autre avec labra en boule à l’autre coté du canapé… je regarde Aladdin dans les bras d’un garçon très câlin avec un petit coté nounours tout doux… je regarde Aladdin et je me rends compte qu’il me regarde regarder Aladdin… je ressens tellement de tendresse et de bienveillance dans son regard que j’en ai presque la tête qui tourne… oui, je suis dans les bras d’un garçon juste adorable et je suis juste indiciblement heureux… 

    Tellement heureux que tant de bonheur inattendu ne tient plus dans mon petit cœur… tellement heureux que je me retrouve à pleurer en silence… j’ai besoin de ce câlin… j’ai eu tellement mal la nuit d’avant lorsque j’ai vu Celui-dont-on-ne-doit-plus… et son acolyte partir avec ces deux nanas… et là tout ça me parait si loin, sans importance… oui, j’ai besoin de ce câlin et de rien d’autre… Stéphane est là, je crois qu’il se rend compte que je pleure, il me serre un peu plus fort dans ses bras, sans un mot… 

    Oui, je suis si bien, ce que je vis est si puissant, mon corps tellement détendu mais épuisé par les multiples jouissances que je finis par m’assoupir devant mon Disney préféré… 

    Quand je me réveille, il est sept heures. Le contact que je ressens sur ma cuisse n’est pas la main de Stéphane mais le museau de Gabin. Stéphane est en train de ranger le dvd dans l’étagère.

    « J’ai dormi longtemps ? » j’essaie de me donner contenance.

    « Presque tout le film… heureusement que c’est ton préféré… » il me répond, taquin.

    « Je suis désolé… t’aurais du me réveiller… ».

    « Si tu t’es endormi c’est que tu en avais besoin… » il me répond tout gentil ; et puis il ajoute, comme pour m’achever « je t’ai regardé dormir… t’étais beau… ».

    « Merci… » je lui réponds timidement. Je suis touché, il est trop ce mec.

    Soudainement je réalise qu’il est l’heure du dîner chez moi. Mon portable a du sonner mais comme il est en mode sans sonnerie, sans vibreur, ça ne m’a pas perturbé.

    « Je crois que je devrais y aller, vu l’heure… » je trouve adapté d’enchaîner comme pour me secouer du trouble que ses mots ont apporté dans mon esprit.

    « Tu veux rester manger ? » il réagit du tac-au-tac. Je crois que c’est un coup prémédité. Sacré Stéphane. Ça me fait drôlement plaisir mais…

    « Je ne peux pas m’incruster comme ça… » je lui réponds, même si c’est davantage pour prendre du temps pour déguster mon bonheur que pour une réelle volonté de partir… et aussi bien pour l’entendre me dire des trucs du genre :

    « Non, ça me fait plaisir… ».

    Des mots, qu’il faut l’admettre, sont sacrement plaisants à entendre. Tout comme c’est sacrement plaisant de lui répondre :

    « A moi aussi ça me fait plaisir… ».

    Il me sourit. Je lui souris à mon tour.

    « Tu aimes le risotto ? » me demande-t-il.

    « J’adore » je lui réponds, ravi.

    « Alors va pour le risotto… » me relance-t-il.

    « Parfait… » je lui relance à mon tour ; et j’enchaîne « je peux t’aider à faire quelque chose ? »

    « Non, merci, j’ai tout prêt… je me suis un peu avancé pendant que tu… regardais Aladdin… » se moque-t-il, bon enfant, et il enchaîne « t’as qu’à t’occuper de Gabin, ça m’évitera de l’avoir dans les pieds… dès qu’il sent l’odeur de l’oignon qui commence à frémir, il devient fou… ».

    Le lecteur dvd éteint, c’est sur une fin de dimanche en compagnie de Drucker que la télé tombe… mais qu’importe ce qui passe à la télé… je suis bien , je suis heureux… et comment pourrait-t-il en être autrement ? L’odeur de l’oignon qui frémit dans une poêle et qui ravît mes narines, la truffe de Gabin qui frémit sur mon jean et qui me fait sourire au moins autant que ça m’attendrit, le garçon avec qui je me suis baladé la moitié de l’après midi, le garçon qui vient de me faire l'amour et avec qui je vais passer ma soirée est, en plus, en train de me faire a dîner…  

    Au fil des minutes qui s’écoulent, ça sent de plus en plus bon dans la maison… l’odeur des oignons se mélange à celui des champignons… mon estomac crie famine et mon cœur crie Stéphane… j’envoie un sms à maman pour l’avertir que je dîne chez Dimitri (si un jour elle rencontre sa mère, je suis mort, mais je m’en fous) et je me lève pour aller le rejoindre en cuisine… je m’approche tout doucement, suivi du Nero à quatre pattes… je m’arrête sur le seuil de la cuisine et je le regarde faire… il est en train de touiller le riz dans la poêle… je me fais la réflexion que c’est beau à regarder un beau et gentil garçon en train de cuisiner… d’autant plus qu’il est en train de cuisiner un peu pour moi aussi… et cela représente tellement de choses pour moi… personne n’a jamais fait ça pour moi… à part ma maman… 

    Ainsi ça peut-être ça aussi la vie avec un garçon, partager une balade en ville un dimanche après midi, regarder un film en se câlinant, partager un repas, faire l’amour sans que les câlins ne soient interdits, sans qu’un jeu de soumission/domination de chaque instant ne vienne figer une relation frustrante et douloureuse à la longue… oui, avec un garçon on peut partager autre chose que de la baise
    Oui, c’est beau de voir un garçon en train de cuisiner… c’est la même pensée qui doit traverser l’esprit de Gabin, assis à coté de moi en train de le regarder faire, aussi intéressé que je le suis…
    La table est mise, un plat de charcuterie avec quelques cornichons disposés ici et là trône en son centre… ça aussi c’est beau à voir, et ça donne faim…

    Stéphane finit par remarquer ma présence.

    « Je ne t’ai pas entendu… » dit-il, tout attentif à son ouvrage ; et il continue « je suis désolé, quand je cuisine, je suis dans ma bulle… ».

    Et là, comme en écho à ses mots de tout à l’heure au sujet de ma sieste pendant Aladdin, je trouve mignon de lui répondre :

    « Je te regardais faire… si tu étais si concentré c’est… que tu en avais besoin… je te regardais cuisiner… c’était beau… ».

    « Merci… » il me répond timidement.

    « Ca donne faim ce plat au milieu de la table… » je dévie pour chasser un peu de l’émotion de cet instant qui semble nous troubler tous les deux.

    « C’est de la charcuterie de mes parents, ils sont paysans en Aveyron… ». 

    « Je croyais que tu étais de Toulouse… » 

    « Non, je suis sur Toulouse que depuis mes études sup… je suis né dans un bled en Aveyron, pas loin de la Couvertoirade… tu connais ? ». 

    « De nom, j’ai vu quelques images dans une émission, je crois Des racines et des ailes… ça a l’air super beau… »… 

    « C’est un village des Templiers, c’est super bien conservé, on a l’impression de se plonger dans le passé… si on s’était rencontré plus tôt je t’y aurais amené… ». 

    Oui, si on s’était rencontrés plus tôt. Si seulement tu ne devais pas partir, beau Stéphane. Soupirs… 

    « Tu vas voir, il est drôlement bon leur jambon… » 

    « Miam miam » je lui réponds. 

    « Ca va bientôt  être prêt… » il m’annonce tout en continuant à remuer son risotto avec la cuillère en bois. 

    Je fais un petit détour par la salle de bain et lorsque je reviens un deuxième coca m’attend sur la table basse dans le séjour à coté de sa bière blanche et du plat de charcuterie de ferme aveyronnaise. Stéphane est dans la cuisine en train de finaliser son risotto. Je le rejoins car je ne trouve pas sympa de le laisser seul pendant qu’il cuisine. Il est en train de mettre la touche finale avec de la crème fraîche… je le félicite de son risotto qui a l’air on ne peut plus moelleux et appétissant… le petit cuistot qui sommeille en lui en a l’air touché et commence à m’expliquer comment on prépare tout cela… je bois ses mots et ce jour là j’apprends à faire le risotto, ce qui deviendra un jour ma seule et unique spécialité en cuisine… on discute pas plus d’une minute ou deux… jusqu’à que LE drame ne se profile à l’horizon… 

    Stéphane s’arrête net de parler. Son visage change d’expression et presque de couleur. L’inquiétude efface son charmant sourire. Je ne sais pas ce qui se passe mais je vais vite comprendre… 

    Ses mains ont brusquement lâché la poêle, je le vois se figer, me regarder et demander sur un ton hésitant et super angoissé « Gabin… il… est… où… Gabin… ? ». La réponse va vite tomber. Gabin n’est pas dans la cuisine… il est donc dans le séjour… avec la charcuterie posée sur un table pile à porté de truffe… 

    Stéphane s’élance vers le séjour presque d’un bond, mais c’est déjà trop tard… le drame est consommé… le beau plat de charcuterie de tout à l’heure exhibe effrontément la couleur blanche de son fond, à peine cassé par quelques taches vertes que sont les cornichons que la bête n’a pas estimés à son goût… juste à coté de la table basse, le museau encore tourné en direction du plat, le labra est assis en mode chien porte journaux, toujours en train de se lécher les babines… lorsqu’il voit son maître bondir comme un fou dans le séjour, il a un léger mouvement de recul… immédiatement suivi de ce regard « qu’est ce qu’il y a, papa ? mais je n’ai rien fait, moi… », cet air que les labradors maîtrisent parfaitement et qui fait que même si on a envie de les cuire au four, on n’en fera rien… 

    Après une petite déception pour le jambon que l’on ne mangera pas, on éclate de rire simultanément… c’est bon de rire après avoir fait l’amour, beaucoup mieux que de se faire la tronche… je me dis que ce sont des petits trucs de rien de ce genre, des petits bonheurs quotidiens que j’ai envie de vivre avec un garçon… manger un risotto ensemble, se caresser et discuter sans même prêter attention au gros navet du dimanche soir qui défile sur TF1… 

    Parler et regarder ses jambes dépassant de son short, des jambes poilues et plutôt musclées… me dire qu’il doit faire du sport… avoir envie de lui demande lequel… oser le faire et m’entendre répondre qu’il fait de la balade en montagne, qu’il fait du canyoning depuis plusieurs années sur les Pyrénées et qu’il va désormais en faire sur les Alpes, son rêve depuis toujours… l’entendre dire que quand j’irai le voir il en fera avec moi, pour me montrer la beauté du massif montagneux le plus haut d’Europe… avoir envie de croire à cette promesse, une promesse qui est sans doute faite avec le cœur mais qui parait si difficile à tenir… je pense à mes études à Bordeaux, à mes moyens financiers limités… je pense à son départ, je pense avec tristesse que malgré les promesses que l’on peut de faire, on va tous les deux vers une nouvelle vie et que la distance fera qu’on oubliera cet après midi d’amour et de tendresse.

    « Tu sais, Bâle est à un peu plus d’une heure d’avion de Toulouse et si tu t’y prends un peu à l’avance, le billet est vraiment accessible… » je l’entends dire, comme pour panser ma tristesse qu’il a du déceler dans mon silence.

    Le film du dimanche soir s’en va sur le générique de fin, tout comme ce dimanche soir s’en va tout  court, ce dimanche trop court… oui, l’heure tourne et il est temps pour moi de rentrer… pas envie de partir, par envie de quitter ses bras, suis trop bien, plus rien n’existe, plus rien m’inquiète quand je suis dans ses bras, rien vraiment…plus rien sauf le moment de les quitter… 

    Eh, oui, dur dur de le quitter, en sachant que je ne vais pas le revoir avant son départ car sa mère va venir s’installer chez lui quelques jours pour l’aider à préparer les cartons… pas facile de se quitter et de trouver les mots pour se quitter après un dimanche comme celui que l’on vient de vivre… 

    Alors on renonce aux mots, on laisse la place aux baisers, aux caresses, aux regards, aux câlins de tout genre… 

    « J’ai bien aimé cette journée… tout… » il finit par me balancer, tout mignon, lorsque je serai presque sur le seuil de sa porte. 

    « Et moi, plus que ça… » je trouve la force de lui retourner « dommage que tu… ». 

    « On se reverra Nico, je le sais, on se reverra… » me coupe-t-il devinant la suite de ma phrase « … je t’enverrai mon tel dès que je serai installé et tu viendra me voir… en attendant tu as mon mail… on se tient au courant, mec… ». 

    Je reste en silence, tentant si mal que bien de maîtriser mon émotion. 

    « Tu vas me manquer… » je me laisse échapper. 

    « Toi aussi tu vas me manquer… » il me chuchote à l’oreille en me serrant très fort contre lui ; et il continue, adorable « … tu es super mignon Nico, tu es touchant, tu es gentil, adorable… tu as le droit d’être heureux, de demander ce qui te rend heureux… surtout ne laisse jamais personne te dire et te faire croire le contraire… ». 

    Là je pleure. Ah bravo… t’es content, Steph, t’es content de me voir chialer comme une gonzesse ? 

    « Pardon… » je m’excuse car j’ai honte de pleurer, encore « … désolé, je ne suis pas un beau cadeau… ». 

    « Ne t’excuse pas Nico, surtout ne t’excuse pas d’être comme tu es… un garçon touchant, sensible, gentil, un mec en or… tu as le droit de pleurer, si ça te dit, et surtout, tu as le droit d’être heureux… tu as le droit à tout, ou presque… il y a une chose que tu n’as plus le droit de dire, plus jamais de ta vie… ne dis plus jamais « je ne suis pas un beau cadeau »... jamais… tu as le droit de rire, tu as le droit de pleurer, tu as le droit d’aimer et tu as le droit de te sentir aimé… tu as le droit d’être là… tu as le droit d’être heureux… Nico, tu es un très beau cadeau...  

    La vie fait peur, le solitude fait peur, à tout âge, mais à ton âge en particulier… tu es un jeune garçon qui se cherche et qui a par-dessus tout besoin d’amour, de tendresse… toutes tes hésitations, tes peurs, tes craintes, tes inquiétudes, ta fragilité ont l'air de venir d'un endroit ou tu te dis « je n'ai pas vraiment le droit d'être heureux »… prends confiance en toi… ça suffit… tu existes… tout va bien, tu vas y arriver, tu vas la trouver ta place… pour peu que tu croies en toi… 

    Il faut que tu croies que tu as le droit d'être heureux, avant que les autres puissent te reconnaître ce droit… sois toi même, ne te laisse pas les autres choisir pour toi… »… 

    [If you don't make the choice/And you don't use your voice/Someone else will speak for you instead 

    Si tu ne fais pas le choix/Et si tu ne fais pas entendre ta voix/Quelqu'un d'autre parlera pour toi, à la place].
    Ses mots sont si touchants, presque une révélation. J’ai encore plus envie de pleurer. Mais il a raison. J’ai le droit. Je sais qu’il a raison, il a raison sur tout, mais je n’arrive pas encore à réaliser à fond ce qu’il vient de me dire, j’ai l’impression que c’est trop, que je ne suis pas digne… 

    « Je ne sais pas si je suis aussi bien que tu le dis… » j’essaie de me dédouaner, comme un élève qui n’aurait pas encore bien intégré sa leçon. 

    « Si… crois-moi… tu es un sacré petit bout de mec… mais fais gaffe à toi, Nico… tu es un bon gars, même trop bon, trop gentil, fais attention que cela ne te joue pas de tours… fais attention aux gens que tu vas rencontrer, surtout dans le milieu, car il n’y a pas que des gentils… il y a un passage dans une chanson de Mylène qui m’a toujours touché de par sa vérité, une vérité amère, dure à entendre mais incontestable… « la mauvaise herbe nique souvent ce qui est trop bien cultivé…

    A ton age j’étais un peu comme toi… c’est pour cela aussi que tu me touches… j’étais aussi gentil et un peu naïf comme tu l’es… je ne me méfiais de personne et j’en ai fait les frais… j’ai souvent souffert, et parfois méchamment… fais donc gaffe à ne pas te perdre, même pas par amour… veille toujours à rester toi-même… à tout donner mais à ne pas tout accepter par amour… et si un jour tu as besoin de quelqu’un pour parler, je serais toujours là pour toi… toujours… ».

    C’est après l’avoir serré une dernière fois dans mes bras que j’arriverai à m’arracher de lui avec un simple « Merci »… je dois m’arracher de lui de façon presque violente, comme un sparadrap qu’on voudrait arracher plutôt que de le décoller lentement, je dois m’arracher pour abréger les souffrances, pour ne pas recommencer à pleurer, pour ne pas gâcher ce bon moment… je vois que lui aussi a l’air bien ému et je sais que je ne vais pas pouvoir me retenir… je n’ai pas envie de le voir pleurer… je suis déjà bien assez triste…

    C’est ainsi que quelques instants plus tard je me retrouve dans la rue en train de chialer à chaudes larmes… je suis heureux et triste à la fois… heureux de tout ce que j’ai vécu en l’espace d’un après-midi, l’impression d’avoir carrément vécu les premiers mouvements d’un toute nouvelle vie qui se profile à l’horizon… heureux de toutes les découvertes de jouissance masculine et de tendresse que ce charmant Stéphane a su m’amener avec une douceur incroyable… heureux mais triste que cela se termine ainsi, que cette rencontre qui aurait pu être la première d’une belle série, d’une relation stable, avec un bel avenir, ne soit au final qu’une magnifique découverte suivie d’un inexorable adieu…

    Je sors de l’appartement de la Halle aux Grains repu d'amour et de plaisir,  je me sens déterminé à renoncer à Jérémie… à ce moment là je me sens vraiment déterminé… mais qu’en sera-t-il de cette détermination lorsque Stéphane sera parti a mille bornes de Toulouse? 

    Pourquoi doit-il partir ? C’est si injuste… s’il restait, peut-être qu’avec lui à mes cotés pour me guider je pourrais vraiment oublier Jérémie… s’il restait, peut-être qu’il pourrait même prendre sa place dans mon cœur… j’ai envie de faire demi tour, d’aller le serrer encore dans mes bras… 

    Je suis à un moment difficile de ma vie, je vais bientôt partir, les personnes qui comptent pour moi vont partir elles aussi, cette vie d’aujourd’hui m’est comptée… je suis à la croisée des chemins, c’est le grand saut dans le vide, je me sens seul et penser au futur me rend profondément  triste… 

    Le soir dans mon lit je m’endors en repensant à tous les bons moments passée en compagnie de ce charmant Stéphane… j’ai vraiment l’impression d’avoir été plongé dans une autre vie, dans une autre dimension… avec lui j’ai découvert que je peux être désiré, que l’on peut vraiment avoir envie de moi en tant que garçon, et non pas uniquement en tant que vide couilles… que l’on peut raisonnablement avoir envie de me faire plaisir, car on peut me trouver attirant et désirable… j’ai senti tout cela dans le regard d’un garçon qui me plait vraiment… que les câlins ce n’est pas une maladie ou une tare et que je peux en donner et en recevoir sans me faire jeter pour cela… que mon besoin de tendresse peut être partagé et que l’on peut trouver cela touchant plutôt que soûlant… et, au final, que l’on pourrait même m’aimer pour ce que je suis… 

    J’ai l’impression qu’avec un mec comme Stéphane tout serait possible, que ma vie changerait du tout au tout, que je pourrais vivre un grand amour, vivre une véritable relation de couple, m’assumer, faire mon coming out… trouver tout simplement ma place…  

    Ce soir là je me sens triste mais j’ai l’impression d’être plus fort grâce à l'amour et à la tendresse que je viens de recevoir, grâce au fait d'être enfin en accord avec moi-même… cet après-midi là j’ai vécu une expérience tellement intense, une expérience qui fait que, quoi qu’il arrive dans l’avenir, je me sens déterminé à ne plus tout accepter par amour, fort de pouvoir désormais penser qu’il peut y avoir sur terre (et sur Toulouse) d'autres mecs que Jérém qui sauraient m’aimer d'une façon qui me correspond davantage… 

    Juste avant de trouver mon sommeil, mon cœur vibre toujours et encore au rythme de la mélodie du bonheur de cet après midi, je me dis que j’ai envie de le revoir coûte qui coûte avant son départ… je vais essayer de le revoir, je dois le revoir avant son départ… oh, putain, comment la vie est mal foutue parfois… oui, si on s’était rencontres plus tôt…

     

    I wish we had another time/ I wish we had another place/ But everything we have is stuck in the moment/ And there's nothing my heart can do (can do)/ To fight with time and space/ Cause I'm still stuck in the moment with you
    Je souhaite que nous ayons un autre moment/Je souhaite que nous ayons un autre endroit/Mais tout ce que nous avons est coincé dans l'instant/Et il n'y a rien que mon coeur puisse faire (puisse faire)/Pour se battre avec le temps et l'espace/Car je suis toujours coincé dans l'instant avec toi.


    Ah, ce charmant Stéphane, arrivé si soudainement dans ma vie, et reparti aussi tôt… il est parfois dans une vie des rencontres comme celle-ci, des rencontres fortuites, isolées, improbables, et pourtant marquantes. En deux rencontres, mais à bien regarder à partir du tout premier instant, Stéphane est devenu une rencontre marquante dans ma vie. Et il le sera pour longtemps. 

    Non, dorénavant je ne accepterai plus tout de lui, surtout lorsqu’il deviendra odieux vis-à-vis de moi, surtout que je serais désormais en possession d’un mètre étalon pour mesurer mon malheur avec lui et le comparer avec le bonheur que je pourrais trouver ailleurs… 

    Car j’ai le droit d’être heureux, d’être moi-même, il a raison, et une chanson de ma star préférée viendra me le rappeler bien d’années plus tard, dans l’ouverture de son mémorable Rebel Heart Tour, comme un programme de vie, comme un manifeste… 

     

    If you try and fuck it up again/Destiny will choose you in the end 

    Si vous voulez tout foutre en l'air à nouveau/Le destin choisira pour vous à la fin
    If you don't make the choice/And you don't use your voice/Someone else will speak for you instead 

    Si tu ne fais pas le choix/Et tu ne fais pas entendre ta voix/Quelqu'un d'autre parlera pour toi, à la place
    What you want is just within your reach/But you've got to practice what you preach/If you leave sweat and tears/And overcome your fears/Never let the fire inside you leave 

    Ce que tu veux est juste à ta portée/Mais tu dois faire ce que tu dis/Au delà des larmes et de la sueur/Et surmonter tes peurs/Ne laisse jamais le feu à l'intérieur te quitter
    I can, Icon, two letters apart/One step, away, of being lost in the dark/Just shine your light like a beautiful star/Show the world who you are/Who you are 

    Je peux, « icône », deux lettres d'intervalle/Un pas pour quitter l'obscurité/Laisses briller ta lumière comme une belle étoile/Montre au monde qui tu es/Qui tu es 

     

    Je ne le sais pas encore, mais c’est à ce moment précis que je sème dans mon esprit les graines de la révolte intérieure qui m’amènera au clash avec Jérém, cette révolte qui fera tant de dégâts dans ma vie et dans celle du beau brun… 

     

    Chères lectrices, chers lecteurs, 

     

    dans quelques jours ce sera Noël et, dans la foulée, la nouvelle année va pointer son nez. 

    C’est l’occasion pour moi de vous remercier pour votre fidélité à mes textes, pour vos commentaires, pour votre présence tout simplement, pour m’avoir accompagné depuis les premier épisode en août 2014.  

    Vous étés de plus en plus nombreux. Et ça fait chaud au cœur. 

    Je profite de cette occasion pour souhaiter à vous tous, ainsi qu’aux personnes qui comptent pour vous, les meilleurs vœux pour un joyeux Noël et pour un 2016 resplendissant… 

    Normalement, si j’arrive à finaliser les premières parties de l’épisode 44 à temps (un épisode complexe, aux multiples rebondissements), l’histoire de Nico et Jérém (et de Thibault et de Stéphane) ne va pas s’arrêter lors des fêtes de fin d’année… 

    Quoi qu’il en soit, de nombreux épisodes sont prévus au tableau. 

    En attendant, bonnes fêtes à vous tous 

    Fabien 

     

    Dans le prochain épisode.. 

     

    Une semaine plus tard… 

     

    … deux étalons se font face, deux beaux mâles musclés, deux couillus se défient farouchement du regard… deux queues bien tendues s’affrontent comme en duel à distance rapprochée, deux paires de couilles bien chaudes et bien pleines, deux fiertés, deux virilités de jeune mâle s’opposent, se chargent, se frottent violemment, la tension est si palpable que j’ai l’impression de ressentir des étincelles de testostérone en train de jaillir partout dans la pièce… 

    Le défi est tout en regards et dans l’attitude on ne peut plus masculine des deux protagonistes, mais c'est tellement puissant que je me sens mal à l'aise... deux fiertés de mâles sont en jeu dans cette crânerie virile et il y en a forcement une qui va se faire démolir...
    Aucun des deux mâles ne donnant signe de vouloir reculer et de s’incliner devant l’autre au sens propre comme au sens figuré, j'ai peur que ça puisse se régler a la baston... c’est souvent ce qui arrive dans la nature lorsque deux mâles en rut se font face pour établir qui des deux est le plus couillu... c’est également ce qui arrive parfois chez nous les humains « civilisés » lorsque deux mâles se cherchent pour définir lequel est le plus « mec »...
    … une minute plus tard le beau brun est allongé sur le lit en train de découvrir avec bonheur le plaisir de sentir une bonne queue en train de coulisser entre ses fesses, le plaisir exquis de se faire sauter par un beau mec...  

    Je me dis alors que c’est vraiment beau que de voir le beau brun en train de prendre son pied de cette façon là, une façon si différente de celle à laquelle il est habitué, un plaisir si différent de celui de « vrai mec » qu’il a toujours cru être le seul qu’il prendrait jamais…

    Oui, il y a quelque chose d’extrêmement excitant dans le fait de voir le beau brun découvrir le plaisir inattendu, un plaisir dans sa tête si longtemps méprisé, redouté, refoulé ; le plaisir d’abdiquer provisoirement de son statut de sa propre virilité, un plaisir qui se situe au delà du tabou suprême, celui de l’inviolabilité de son ti trou ; le plaisir de lâcher prise, de se laisser déborder par le plaisir inattendu d’offrir son corps au plaisir d’une autre mâle ; le plaisir de goûter à la virilité d’un autre mec, de se sentir possédé, de se sentir l’objet du plaisir d’un autre mec, de sentir en soi cette puissance débordante, la vigoureuse émotion sensuelle d’une sodomie passive…

    Et ce qui est d’autant plus excitant, c’est de voir ce mec jusqu’à là incorrigiblement actif, découvrir et aimer ce nouveau plaisir… d’abord timidement mais très rapidement, au fil des coups des reins qui secouent son intimité, de façon de plus en plus claire, avec de moins en moins de retenue…

    Non, jamais je n'aurais cru voir ce mec prendre son pied de cette façon, en se faisant mettre bien profondément, tout en gémissant, en suppliant, en quémandant ce nouveau plaisir qui secoue chacune de ses fibres… en réclamant avec insistance, presque en criant, qu’on le défonce plus fort, encore plus fort, sans retenue… le voir gémir sous les coups de reins d’un mec qui est à ce instant précis… plus « mec » que lui… le voir complètement soumis au plaisir, à la puissance de la queue qui le fait jouir du cul…  

    Oui, je trouve cela extrêmement excitant de voir le beau brun renoncer à son statut de mâle, jouir de voir sa virilité écrasée de cette façon absolue, céder avec bonheur à l’assaut d’une virilité plus puissante que la sienne…

    Ce qui ne m’empêche pas de me demander comment le beau brun va assumer cela après coup, lorsque l’excitation sera retombée, lorsque son « maître » d’un soir se sera vidé les couilles et lorsqu’il verra dans son regard le triomphe de sa virilité sur la sienne…

    J’ai mal dans ma chair de voir une fierté masculine si impitoyablement malmenée… et de deviner les dégâts que cela va engendrer après coup… hélas, comme il est suggéré dans une fable célèbre, « Le beau brun et le brun beau », il n'est point de loi que celle du plus viril...

     

    Il y eut un jour

    Une belle rencontre

    Celle d’un très beau brun

    Avec un brun vraiment très beau.

    Le premier coq lui démangea

    Il voulut se frotter à l’autre

    Lui montrer sa crête bien haute.

    Le deuxième coq était on os

    Chatouilleux et fier en diable.

    Et voilà de l’histoire,

    La seule morale.

    Duel de coq, duel sans sang

    Duel de bites très fort tendues.

    Le premier coq baissa sa crête,

    Et au même temps

    Il écarta ses cuisses.

    Car la raison du plus couillu

    Est toujours la meilleure…



     


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  • Soirée chat de jeudi 27 septembre 2018

    (encore un grand merci à tous ceux qui ont participé)

     

    Fabien de Toulouse: Bonsoir à tous ! 

    Gripsou22 a rejoint la discussion 

    Gripsou22: bonsoir 

    Fabien de Toulouse: salut gripsou 

    Fabien de Toulouse: tu vas bien? 

    Gripsou22: oui ça va bien et toi ? 

    Fabien de Toulouse: Pas mal, pas mal. Tu as passé un bon été? 

    Gripsou22: oui ça a été tranquillement 

    Fabien de Toulouse: Est ce que tu as lu les versions livre des premiers épisodes de Jérém&Nico? 

    Gripsou22: j'ai commencé mais pas tout lu....après disons que j'aimerais tout lire en "papier"... 

    Fabien de Toulouse: ah, ok, il faudra patienter jusqu'à décembre lol 

    Fabien de Toulouse: tu as lu quoi? 

    Gripsou22: les 4 premiers 

    Gripsou22: j'ai bien aimé on retrouve un peu des anciens mais des différences aussi 

    Fabien de Toulouse: quelles differences t'ont le plus marqué? 

    Gripsou22: le plus marqué je dirais c'est le préservatif ! 

    Fabien de Toulouse: ah, lol, ça change tout? 

    Gripsou22: non pas tout ça amène plus de "sérieux" au récit au sens de responsabilité 

    Fabien de Toulouse: et tu preferes quelle version? 

    Gripsou22: je dirais celle sans est plus excitante....mais rajouter une capote ça peut rendre plus crédible 

    Fabien de Toulouse: la capote ne va pas durer longtemps, lol... pas au dela de l'épisode 6 lol 

    Gripsou22: et du coup pourquoi as tu voulu la rajouter ? 

    Fabien de Toulouse: bonne question, peut etre pour montrer ce qu'il faut faire avec un mec qu'on ne connait pas. Nico est puceau, il est tiraillé entre le coté excitant de faire sans et la peur des mst. Jérém, c'est lui qui impose les regles du jeu, et c'est peut etre sa première sodo avec un mec 

    Fabien de Toulouse: mais jerem a certainement envie de faire sans, tout comme Nico 

    Gripsou22: d'ailleurs au tout début il a l'air de commencer sans ça fait plus responsable c vrai 

    Fabien de Toulouse: d'autres différences marquantes avec les premieres versions? 

    Gripsou22: le style je dirais il a évolué avec les années du coup il est un peu meilleur 

    Gripsou22: même s'il était déja très bien au départ   

    Fabien de Toulouse: oui, d'ailleurs dans le livre numerique que je vais envoyer demain par mail, je vais mettre en bonus la toute première version des trois premiers épisodes, sans aucune retouche : l'évolution du style est bien visible 

    Fabien de Toulouse: j'en reviens à la capote: cet element introduit aussi une petite frustration, pour les protagonistes et pour les lecteurs, ça crée l'attente de voir les faire sans 

    Gripsou22: une petite frustration comme pour les protagonistes 

    Fabien de Toulouse: quelles sont tes attentes pour la saison 2 

    Gripsou22: en fait j'ai beaucoup de mal à imaginer ce qui va ou peut se passer .... 

    Fabien de Toulouse: mais en partant des evenements de la fin de la saison 1, qu'est ce que tu voudrais qu'il se passe? 

    Gripsou22: en savoir plus sur Jerem 

    Gripsou22: disons sa vie ses souffrances ce qui explique son geste: Nico, Thibault mais aussi le reste 

    Fabien de Toulouse: le geste de quitter Nico 

    Fabien de Toulouse: ? 

    Gripsou22: pas son geste mais plutôt son etat d'esprit qui précède son accident 

    Fabien de Toulouse: je comprends 

    Fabien de Toulouse: le reste dont tu parles, c'est quoi exactement? 

    Gripsou22: sa vie familiale difficile 

    Fabien de Toulouse: Il faudrait des épisodes "dans la tete de" ou bien des flash back, si je comprends bien... 

    Gripsou22: oui c'est ça les flash back ça peut être bien aussi 

    Gripsou22: un truc que je me demande si c'est prévu c'est une rencontre élodie et jérémie ? 

    Fabien de Toulouse: est ce que tu as regardé la video trailer? 

    Fabien de Toulouse: de la ssison2? 

    Fabien de Toulouse: saison 

    Gripsou22: oui j'ai regardé 

    Fabien de Toulouse: tu as trouvé l'indice pour le developpement de la saison 2? 

    Gripsou22: je ne pense pas avoir trouvé non 

    Fabien de Toulouse: lol 

    Fabien de Toulouse: alors tu saura dans quelques épisodes lol 

    Gripsou22: oui je regarderai tt à l'heure à nouveau pour voir 

    Fabien de Toulouse: ok, d'accord 

    Fabien de Toulouse: pour le livre numerique, tu as une appli liseuse? 

    Gripsou22: non mais j'aurais d'ici la 

    titou a rejoint la discussion 

    titou: salut 

    Gripsou22: salut 

    Fabien de Toulouse: hey titou 

    Fabien de Toulouse: ok gripsou 

    titou: sa va 

    Fabien de Toulouse: oui, ça va, toi aussi? titou, tu as lu les nouvelles versions des premiers épisodes de Jerem&Nico? 

    titou: oui sa va super. oui j'ai commencer mais j'attends d'avoir la version pdf et livre 

    Fabien de Toulouse: demain alors, lol 

    Fabien de Toulouse: quelles differences avec les anciennes versions t'ont le plus marqué? 

    titou: oui vite j'attend que sa avec un colis je pense sa sera bien manquera plus mon homme pour voila quoi et sa sera parfait 

    Fabien de Toulouse: titou, tu attends quoi de la saison 2? 

    Fabien de Toulouse: gripsou reste avec nous, à 22 h, le premier épisode de la S2 va etre publié, lol 

    titou: a un mariage non je rigole 

    Gripsou22: ok je reste 7 min alors ^^1

    Fabien de Toulouse: je n'avais pas vu ta question pour elodie et jerem : ça te plairait comme situation? qu'elodie lui fasse bien la morale à ce petit con? 

    Gripsou22: oui un truc du genre lol ou sinon juste qu'elle lui parle pour le cerner depuis le temps qu'elle en entend parler ! 

    titou: d'apres ce que j'ai compris jerem a eut un grave accident mais j'aurais preferais que sa sois le contraire 

    Fabien de Toulouse: titou, c'est à dire le contraire? 

    titou: ben j'aurais preferais que sa sois nico qui est un accident ( comme sa surement jerem aurais pus realiser que il tien vraiment a nico 

    titou: genre un coma pour nico 

    Valer est entré(e) pour la première fois 

    Gripsou22: pour que jerem soit dévasté titou ? 

    Fabien de Toulouse: salut valer ! 

    Fabien de Toulouse: ah, ok titou, j'avais bien saisii 

    Valer: Salut 

    Gripsou22: salut 

    Fabien de Toulouse: en effet, ça aurait aussi fait un bon developpement; j'avoue que j'y avais pensé à un moment 

    titou: oui et qu'il ce rende compte que nico et important pour lui et que genre face un black out total de peur pour nico 

    Mat a rejoint la discussion 

    Fabien de Toulouse: mais j'ai preferé cette version; d'autant plus que Nico n'est pas le genre à chercher la bagarre; alors, il ne restait qu'une traversée de route sans regarder ou un kidnapping par les extraterrestres lol 

    Fabien de Toulouse: salut mat 

    Fabien de Toulouse: mat, tu es deja venu sur ce chat? 

    titou: j'aurais pus d'aider a faire un truc crédible 

    titou: sans dire que ce que tu fait et pas credible bien sur au contraire 

    Fabien de Toulouse: je te promets que ça va etre plus efficace dans ce sens, lol; tu verras à partir de l'épisode 2 et 3 

    Fabien de Toulouse: mat, tu es là? 

    titou: il sort quand le 1 er 

    Fabien de Toulouse: dans 5 minutes 

    Fabien de Toulouse: titou, tu attends un mariage, alors? rien de moins? 

    Fabien de Toulouse: allez, voici le lien du premier épisode : 

    Gripsou22: moi j'attends un mariage mais pour la saison 3 sinon pas de saison 3 s'il y a un mariage dans la saison 2 

    Fabien de Toulouse: http://www.jerem-nico.com/jerem-nico-sai... 

    Fabien de Toulouse: j'attends vos reactions... 

    titou: ben surtout qu'il ce rende compte que nico et vraiment improtant pour jerem et qu'il peut pas ce passer de lui 

    Valer a rejoint la discussion 

    titou: je le lit plus tard 

    Gripsou22: je lirai plus tard ausis 

    Fabien de Toulouse: ah mince, j'attendais ta reaction 

    Fabien de Toulouse: vos reactions 

    Fabien de Toulouse: il n'y a qu'un petit bout pour l'instant, deux minutes de lecture... 

    Fabien de Toulouse: allez, je publie le premier épisode dans son integralité : j'attends vos réactions ! 

    Fabien de Toulouse: bonsoir Elodie ou Lucas 

    Gripsou22: Thibault mort ???????!!!! 

    Fabien de Toulouse: continue à lire 

    Fabien de Toulouse: j'ai mis l'épisode entier 

    Julien a rejoint la discussion 

    Fabien de Toulouse: bonsoir Julien 

    Gripsou22: je vais devoir partir je me leve tot demain 

    Gripsou22: bonne soirée à tous 

    Fabien de Toulouse: bonne soirée gripsou : et merci d'etre venu sur le chat 

    Fabien de Toulouse: j'attends tes impressions sur ce nouvel épisode ! 

    Fabien de Toulouse: merci encore 

    Fabien de Toulouse: je vais rester encore 10 minutes pour voir si quelqu'un reagit, après je vais au lit, longue journée demain 

    Fabien de Toulouse: merci beaucoup, et j'espere que tu vas aimer la suite aussi 

    Fabien de Toulouse: bonne soirée à tous et bonne lecture ! Merci d'avoir participé au chat ! 

    titou: je vais me mettre a lire dsl j'etais au tel 

    Fabien de Toulouse: bonne soirée Titou et merci d'avoir participé 

    Fabien de Toulouse: j'attends tes impressions 

    Perock a rejoint la discussion 

    Fabien de Toulouse: bonne nuit 

    titou: bonne nuit 

    Fabien de Toulouse: et encore merci 

    titou: je te dis demain ce que j'en est pense 

    Fabien de Toulouse: il me tarde 

    titou: tkt pas 


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