• Le jour où le Vent d’Autant a soufflé sur ma vie

    (Mai 2001).

    Je m’appelle Nicolas, Nico pour presque tout le monde. J’ai dix-huit ans et je vais bientôt passer le bac dans un lycée de la plus belle ville au monde. Laquelle ? Toulouse, bien évidemment, ma ville à moi.
    En cet après-midi très ensoleillé du mois de mai, je marche dans les allées, je marche en direction de l’appart de Jérém, le bogoss sur lequel je fantasme depuis le premier jour du lycée.

    C’est le début de cette histoire, de mon histoire.

    C'était le printemps, c’était la première année du nouveau millénaire. Mais c’était surtout et avant tout l’année de mes dix-huit ans.
    Ce jour-là, le vent d’Autan soufflait très fort dans les rues de la ville Rose. Puissant, insistant, il caressait ma peau, chatouillait mes oreilles, me parlait du printemps, un printemps qui se manifestait partout, dans les arbres des allées au feuillage triomphant, dans les massifs fleuris du Grand Rond, dans les t-shirts qui mettaient en valeur la plastique des garçons.
    J’ai le net souvenir de la sensation de ce vent dans le dos, accompagnant mes pas, encourageant ma démarche, comme pour faire taire mon hésitation.
    Tant d’années plus tard, lorsque je me pose devant ce clavier pour rassembler mes souvenirs, pour partir en quête de moi-même, après la tornade sentimentale qui a tout balayé dans ma vie, j’ai presque l’impression que le vent d’Autan semblait ce jour-là souffler dans mon dos comme pour me pousser à la rencontre de mon destin.
    Tant de fois, dans la suite de cette histoire, il sera question de vent d’Autan, ce vent qui est à Toulouse une institution au même titre que le Stade Toulousain, le cassoulet, le TFC, le foie gras.
    Et à chaque moment clef de cette histoire, et jusqu’au dernier chapitre, il sera là, glissant sur ma peau, semblant parfois me pousser, parfois me retenir. Comme s’il voulait me parler, me conseiller.
    C’est drôle la signification qu’on a parfois envie d’accorder à certains signes.
    Ce jour-là, le vent d’Autan me poussait à aller au bout de mon trajet, à franchir la distance entre la maison de mes parents, dans le quartier St Michel, et l’appart de Jérém, rue de la Colombette. Il me poussait à marcher tout droit vers la première révision de maths avec mon camarade, vers la première révision de ma vie sentimentale, et de ma vie d’adulte.
    Je n’ai jamais oublié la puissance du vent d’Autan, ce jour-là. Tout comme je n’ai jamais pu oublier mon Jérém. Bien que depuis tant de temps déjà, nos vies ne marchent plus ensemble.


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