• 42.4 Soirée au KL. Jérém et moi.

     

    Après une manœuvre périlleuse mais totalement réussie, car le beau brun n’a pas quitté son sommeil et il ne s’est apparemment rendu compte de rien, il a enfin pu se dégager de cette position gravement compromettante…

    Le voilà rassuré. Il peut à son tour retrouver sa respiration, et accessoirement essayer de comprendre ce qui s’est passé pendant son sommeil… mais comment ça avait pu se produire ?  

    Oui, en y repensant à tête froide, une fois l’enchevêtrement de leurs corps dénoué et la panique évacuée, il devait admettre qu’il avait adoré ressentir contre lui la chaleur de son corps, ainsi que le contact avec ce bon paquet de muscles qui constituait son torse…

    Mais ce qu’il avait aimé par-dessus tout, même au delà de son nouveau parfum dont la nouveauté éveillait toujours son odorat, c’était la sensation apaisante et enivrante de sentir le contact de la peau d’un autre garçon contre la sienne, d’en sentir l’odeur ; cette petite odeur qui, lorsque l’attraction physique est là, possède quelque chose de familier et de rassurant qui nous fait sentir bien, a notre place, en accord avec les besoins de tendresse de notre être profond... c’est une sensation de bien être absolu qui relève d’un besoin de contact et de partage avec l’intimité d’un corps et d’un esprit qui ressemblent au sien…

    C’est en se faisant ce genre de réflexion, en regrettant déjà ce contact à la fois si agréable et si inquiétant, qu’il arrivera à retrouver le sommeil… pourvu que Jérém ne se soit rendu compte de rien… 

     

    Plus tôt ce soir là…

     

    Thibault est parti en direction de l’endroit de la piste que Jérém semblait lui indiquer pour y retrouver un type avec qui, à en juger de leurs échanges, animés et tactiles, il doit être très bon pote également…

    Jérém s’assoit à coté de moi sur le tabouret devant le comptoir du bar du KL à la place de son pote qui vient de partir.

    « Salut » me balance-t-il en se penchant vers moi. Je sens son souffle dans mon oreille, un souffle qui commence à être chargé de relents d’alcool. Je sens que je vais craquer. Je ne suis pas encore remis de mes émotions… Thibault m’a presque tiré les larmes. Et Jérém me fait presque bander… la première chose qui me frappe chez lui, après sa beauté… c’est le fait qu’il a changé de parfum… et là, rien de tel pour exciter mes sens…

    « Salut » je lui réponds en approchant mes lèvres de son oreille, une oreille qui commence à être chargée pour moi d’un désir insoutenable…

    Je relève mon buste. On est face à face. Nos regards se croisent. Deux regards si différents. Le mien, celui d’un mec amoureux, attendri, triste et ému. Le sien, un regard charmeur. Oui, Jérém est un charmeur naturel… un magnifique, insupportable charmeur de serpents…

    « Tiens donc… tu sors maintenant… » il me balance.

    Il a l'air surpris, Thibault n'a pas du lui dire que je risquais d’être là, alors que c’est lui qui m’a aiguillé sur leurs mouvements.

    J’ai envie de lui dire « t’inquiète, je ne te piste pas », mais ce serait un mensonge, car c’est justement le fait que Thibault m’ait dit en début de semaine qu’ils y seraient qui m’a poussé à y traîner Elodie… évidemment dans le but de l’y croiser, évidemment dans l’espoir de rentrer une de fois de plus avec lui rue de la Colombette. Je n’ai pas envie de lui mentir, je ne me sens pas le courage de lui balancer la vérité non plus, alors je change de sujet.

    « Alors, ça se passe bien ton taf ? »

    « C’est fatiguant de bosser le soir… j’ai fini il y a une demi-heure à peine, Thibault est venu me chercher direct au boulot… j’ai tout juste eu le temps de me changer… »

    « Il faut se dire que c’est juste provisoire… » je laisse échapper.

    « Comment ça ? » il s’étonne.

    C’est là que je me rends compte de ma bourde… je ne suis pas censé trop en savoir sur sa vie. Pourtant je continue de m’enfoncer :

    « Il parait que tu vas avoir un autre taf à la rentrée, loin de Toulouse… »…

    « D’où tu tiens ça ? » il me balance, sèchement.

    Je suis pris au dépourvu car j’ai l’impression que ça le dérange que je sois au courant de ça. Comme si c’était un secret militaire. Il fait chier ce mec à être toujours si mystérieux. Au même temps, je dois bien admettre que cela fait partie de son charme. Je décide de lui dire la vérité, après tout, je me dis, c’est pas comme si j’avais appris qu’il dealait de l’exta…

    « Thibault… »

    « Il est bavard celui là » plaisante-t-il en se décrispant soudainement.

    Son petit sourire est un plaisir pour les yeux, pour mon ti cœur, pour tout mon être. J’ai envie de me jeter sur lui et de l’embrasser. Surtout avec la réserve de tendresse que je traîne avec moi depuis que Thibault m’a parlé de ses blessures d’enfance…

    C’est fou comment ce mec peut passer d’une gamme d’émotions à une autre complètement opposée en un clin d’œil… un instant plus tôt le croyais vexé, et là il lâche ce petit smile qui me fait fondre…

    « Il parait que tu te tires à Bordeaux… » il me surprend à son tour…

    Il balance ça de façon apparemment détachée, alors que j’ai l’impression que le sujet l’intrigue.

    « Comment tu sais ça ? » je demande sans réfléchir.

    Avant de répondre, il me balance un petit sourire malicieux [Je sens que je ne vais pas tenir longtemps, je vais lui sauter dessus, je dois lui sauter dessus !!!]. Puis, sur un ton moqueur, il admet :

    « Bah… Thibault… »

    « T’as raison, il est vraiment bavard ton pote… » je rigole.

    Non, il n’est pas bavard, il est juste adorable, une fois de plus. Grâce à lui, on se parle.

    « Tu vas faire quoi comme études ? ».

    Je me rends compte que cela est encore un truc qui nous éloigne. Moi je vais faire des études. Comme une nénette ou comme un intello. Alors que lui il va bosser, comme un mec. Ok, le message est compris, on n’appartient pas au même monde.

    « Je vais faire des études en Sciences de la Terre et de l’Environnement… »

    Pendant que j’énonce le titre de ma filière, je le trouve pompeux et creux. Là, c’est sur, j’ai creusé le fossé entre nous.

    « Si j’avais une tronche comme la tienne, je ferais moi aussi des études… » il commente ; et il continue « mais moi j’ai pas envie de bosser sur des bouquins… alors que toi, ça te réussit bien… ».

    Un autre compliment. Il se compare à moi. Il me trouve meilleur que lui dans un domaine précis. Il est touchant. Il est en train de me dire que quelque part je suis plus « doué » que lui. Mais son compliment est à double tranchant… je n’aime pas qu’il se dévalorise ainsi… ça m’attriste, car sa phrase semble encore nous éloigner… j’essaie alors de me dédouaner :

    « C’est juste une question de vouloir… toi, les études ça ne t’intéresse pas, mais si tu voulais, tu pourrais réussir dans n’importe quelle filière… » pour une fois je suis assez content de ma réplique. Je le serai moins de sa réponse.

    « Oui, en couchant avec la prof » il rigole « il n’y a que comme ça que j’ai réussi à avoir la moyenne en anglais… »

    Ainsi la légende qui circulait en classe était bien basée sur la réalité. Sacré petit con…

    « Non, il faudrait juste que ça t’intéresse… »

    « Tu sais, à part le rugby, les potes et la baise, il n’y a pas grand-chose qui m’intéresse… »

    Bon, évidemment je ne suis pas dans le panier. Sympa. A moins, que dans sa tête je fasse partie du vaste lot « baise »…

    « Je suis sur que tu pourrais faire des études brillantes… »

    « Naaaan, je ne crois pas… j’ai déjà redoublé, tu sais… et je ne sais même pas si j’ai le bac… »…

    Il est touchant. Je reste persuadé qu’il est bien assez doué pour faire des études, que ce n’est que la motivation qui lui manque… de plus je sais qu’il est excessivement pressé de gagner sa vie, en sacrifiant des études qui lui permettraient de prétendre à un avenir meilleur… je me dis qu’il va peut être le regretter un jour… j’ai envie de le relancer dans ce sens mais son haleine déjà bien chargée en alcool me rappelle que ce n’est pas le moment de faire la morale ni de sortir des réflexions sur l’avenir… alors je n’insiste pas, il n’est pas prêt à l’entendre et à l’admettre… et puis, je me dis, en fin de compte il n’a que 19 ans, il a le temps de reprendre ses études.

    De toute façon, je ne sais pas trop comment présenter les choses, tiraillé entre le désir de dire des choses qui flatteraient Jérém et qui lui plairaient, tout en lui disant ce que je ressens, sans le vexer… exercice toujours périlleux et a double tranchant… surtout avec ce genre de mec…

    Sacré Jérém… en balançant la question sur mes études de la rentrée, il a dévié le sujet de son taf à venir. Je décide d’y revenir. Je dois savoir.

    « Alors, tu vas partir loin à la rentrée ? »

    « Je ne sais pas, c’est pas fait encore… » il esquive.

    Son regard est fuyant… et pendant qu’il vise ailleurs, j’en profite pour bien m’imprégner de son image… je le regarde assis là, beau comme un camion, en mélangeant deux émotions explosives… l’image esthétique et sensuelle de son charme ravageur et celle émouvante provoquée par les révélations de Thibault qui refont surface dans mon esprit avec une force débordante… à nouveau, je ressens « ce truc » remonter dans mon ventre, et je le ressens avec une puissance nouvelle… une émotion si forte me mettant dans cet état de sensibilité extrême ou j’aurais du mal à tenir mes larmes…

    J’ai l’impressions de ressentir derrière les mots de cette simple conversation tout le poids des non-dits et des silences entre Jérém et moi… j’ai l’impression que Jérém aussi a envie de me dire quelque chose, mais je sais qu’il n’y parviendra évidemment pas… dans sa tête, encore trop de barrieres infranchissables 

    Oui, rien que le fait de voir Jérém, de penser à sa souffrance d’enfant, de savoir que ce taf loin de tout n’est qu’une tentative maladroite de fuir et de faire taire une souffrance toujours présente depuis tout ce temps… de savoir que je ne pourrais jamais partager ça avec lui, que je ne pourrai jamais essayer de l’apaiser, toutes ces idées me mettent dans tous mes états… et quand je pense qu’à tous les coups dans deux mois on sera à des centaines, voir des milliers de bornes l’un de l’autre, là j’avoue que j’ai envie de pleurer…

    Alors que je suis à deux doigts de me mettre à chialer et de lui sauter dessus, le prendre dans mes bras et lui faire le plus tendre des câlins… j’essaie tant bien que mal de me maîtriser… c’est l’histoire de ma vie… me maîtriser… le contrôle, toujours le contrôle, c’est mon lot quotidien, parfois, souvent mon malheur…. inutile de dire que dans THE série télé que j’aimerai bien des années plus tard, mon personnage préférée sera Bree Vandekamp…

    « Et sinon tu vais faire quoi de ton été ? » il me balance après s’être allumé une clope. Il a une façon d’allumer sa clope, un je ne sais pas quoi dans sa façon de sortir le paquet de sa poche, d’en extraire une, de la glisser entre ses lèvres, de l’allumer et de tirer la première taffe, un regard intense qui le rend encore plus… mec…

    Le bogoss qui fume a une « classe » quand ils fume, un cote « sophistique », un truc « élégant », « racé », un truc sexy quoi… j’arrive presque à être jaloux de ce plaisir solitaire qu’il prend devant mes yeux, comme s’il se branlait… j’en suis jaloux car je suis là et je n’ai qu’une envie, celle de le soulager… et lui il préfère fumer pour évacuer ses tensions, alors qu’il y a bien d’autres moyens sacrement plus efficaces pour détendre un beau corps comme le sien…

    « Glander, je pense » j’essaie de lui répondre de façon désinvolte. L’odeur de sa cigarette me prend à la gorge. Son attitude de fumeur nonchalant, me trouble.

    « Tu le mérites, toi t’as bossé au lycée, t’es une tronche, toi » il me balance.

    Oui, faute d’être un bogoss, faute d’avoir des potes, faute de faire partie d’une « meute », je suis une tronche. Je ne sais pas si je dois me réjouir de ce petit compliment, un compliment qui semblerait montrer à la fois une forme d’admiration qu’il me porterait et une distance définitivement infranchissable entre son monde, un monde de mecs bien vigoureux et mon monde à moi, un monde d’intellos…

    « Toi tu vas pas prendre des vacances ? » j’essaie de changer de sujet.

    « Avec le taf ça va être hard… je vais avoir quelques jours par-ci ou par-là, on verra… »

    Je me rends compte que c’est la première fois que j’ai une conversation aussi longue avec Jérém. On parle comme… comme deux potes… ça me fait drôlement plaisir… je ne sais pas si Jérém ressent la même chose ou s’il s’en fout éperdument de taper la discute avec moi… il faut dire que c’est lui qui est venu s’asseoir à coté de moi…

    Dans tous les cas, tout ce que je me dis à ce moment précis c’est… merci Thibault… merci de prendre les infos d’un coté et de les transférer de l’autre et vice-versa… merci d’être aussi « bavard »… merci de nous permettre de communiquer… à croire que c’est fait exprès… il faut que je pense à le lui dire, à le remercier de visu…

    Pendant nos échanges, au fil des allées et venues de mon visage vers son oreille et de son visage vers la mienne, j’ai été shooté aux notes de son nouveau parfum… parfum ou déo, je ne saurais dire… tout ce que je sais, c’est que cette nouvelle fragrance me perturbe… une fragrance encore plus poivrée que le précédent… et au même temps, une sensation de fraîcheur extrême… oui, tout changement chez la personne aimée nous trouble… je suis dans un état second…
    Oui, il va bien falloir que je sois dans un état second pour lui balancer à brûle-pourpoint :

    « Tu sens trop bon… »

    Il rigole dans son coin, amusé. Je n’ai que l’image, pas le son. Le boucan dans la salle est insoutenable. Il a l’air de se moquer de moi. Ça doit sonner con ce que je viens de dire. Alors j’essaie de me rattraper.

    « T’as changé de parfum ? » hélas, c’est encore plus con. C’est même navrant…

    « Ouais » il finit par répondre, l’air de se foutre carrément de ma gueule.

    Oui, je m’enfonce. Il va falloir que je trouve un truc pour sauver la face. La bière, la deuxième de la soirée, associée aux relents envoûtants de son nouveau parfum, commence à altérer ma conscience et à rendre possible des choses qui ne le sont pas à jeun… je ressens une sorte de fatigue planante, un plaisant début d’ivresse…

    Je remarque que Jérém semble afficher un petit sourire coquin. J’ai envie de lui, je n’y peux rien. Je me lance :

    « Ton parfum… ça donne des idées… »

    Il y aurait mieux comme sujet pour sauver la face. Mais bon, Jérém est là, et je ne suis plus complètement maître de moi-même…

    « Ah, oui… » il fait mine de s’étonner, visiblement flatté.

    « Oh, que oui… des idées et des… envies… » je surenchéris.

    Là, Nico, tu t’es piégé tout seul.

    « T’as envie de quoi ? »

    Le piège se referme. Bravo, Nico, bien joué, en tout juste deux répliques t’as atteint le point de non retour. Autant y aller franco alors…

    « De te faire des trucs… »…

    « Quels trucs? »

    « Tu sais… »

    Faut assumer Nico, faut assumer…

    « Non, je sais pas… »

     « Allez Jérém… »

    Faut assumer Nico, faut assumer…

    « Je veux te l’entendre dire »

    J’hésite. Au milieu du boucan de la boite de nuit, je ne me sens pas vraiment à l’aise pour lui chuchoter des cochonneries à l’oreille. De plus, je sais que ça va me faire monter la trique, et ce n’est pas le bon endroit, pas le bon moment. Pourtant, je vois bien que c’est ça qu’il veut.

    Et puis je commets l’irréparable. Je laisse traîner mon regard et je finis par croiser ses yeux bruns. Lorsque je les rencontre, je sais que je ne suis plus maître de mes actions. Je suis comme un ordi dont on a pris le contrôle à distance, je réagis malgré moi… dès que le contact est établi, c’est lui qui a tout pouvoir sur moi, c’est le maître du jeu… je suis sa poupée…

     

    Pull the string and I'll wink at you, I'm your puppet/Tire la ficelle et je clignerai des yeux pour toi, Je suis ta marionnette

    I'll do funny things if you want me to, I'm your puppet/Je te ferai quelques tours amusants si tu le désires, Je suis ta marionnette

    I'll be yours to have and to hold/Je serai à toi, tu pourras me posséder et me tenir

    Darling you've got full control of your puppet/Chéri, c'est toi qui a le contrôle de ta marionnette

    Pull another string and I'll kiss your lips, I'm your puppet/Tire une autre ficelle, et j'embrasserai tes lèvres

    Snap your finger and I'll turn you some flips, I'm your puppet/Claque des doigts et je ferai des pirouettes pour toi

    Your every wish is my command/Tous tes désirs sont mes ordres

    All you gotta do is wiggle your little hand/Il suffit d'agiter ta petite main

    I'm your puppet, I'm your puppet/Je suis ta marionnette, Je suis ta marionnette

     

    Son regard… chaud comme la braise, non, comme le cœur du volcan… puissant comme la lumière du soleil du mois de juillet… charmant au delà de l’imaginable… je connais ce regard lubrique où, l’alcool et le joint faisant tomber toute inhibition, tout se dévoile… c’est un regard transperçant, un regard devant lequel je suis transparent, sans défense… un regard qui semble s’enfoncer dans mon âme et la damner… un regard qui me baise, qui me possède… un regard lubrique dans lequel j’arrive à entrevoir ses pulsions les plus libidineuses… quand il est dans cet état là, il m’excite et il me fait un peu peur à la fois… quand il est comme ça, Jérém peut se révéler mauvais, mauvais et très sexy… je sais que dans ces moments là il est capable du meilleur dans son lit comme du pire dans son comportement… je sais que quand il est dans cet état là, le sexe va être puissant, sauvage, au point de me faire disjoncter… mais je sais également que son humeur peut être très changeante et que un rien peut le faire partir en vrille et le rendre très très mauvais…

    Et lorsqu’il est dans cet état de conscience altérée, quand sa personnalité plane sous l’effet de différentes ivresses, quand son esprit délesté de toutes ses inhibitions, ce beau jeune garçon n’est plus qu’une somme d’envies de plaisirs à satisfaire d’urgence, celui de la boisson, celui de la fumette et, par-dessus tous, le plaisir sexuel… à cet instant précis, je suis carrément fou de lui… dans ces moments là, plus que jamais, j’ai envie de lui, j’ai terriblement envie de lui, mes mains et mes lèvres réclament le contact avec sa peau, tous mes trous réclament la présence de sa bite…

    Devant son regard de mâle en rut, je ne peux rien lui refuser. Il attend que je lui dise en détail ce que j’ai envie de lui faire, je sais qu’il a envie d’entendre ça de ma bouche pour me rendre un peu plus son soumis, sa salope.

    C’est dingue comme l’effet de l’alcool, d’un parfum, de sa sexytude, a le pouvoir de faire basculer mon état d’esprit… un instant plus tôt j’avais envie de le câliner pour le consoler de la souffrance de son passé… un instant plus tard je n’ai qu’une envie, c’est de tout faire pour lui donner envie de me baiser…

    Oui, devant son regard, toutes mes réticences tombent. Et je finis par capituler avec un bonheur entier. Je finis par capituler en me disant que le fait d’accéder à sa demande, va bien lui donner envie de s’occuper de moi…

    « Jérém… » j’avance, pas du tout rassuré… j’ai envie de lui balancer des trucs très chauds, mais j’ai peur d’être ridicule… ça m’est déjà arrivé de lui dire des trucs coquins, mais c’était toujours pendant des révisions… l’excitation aidant à mettre en musique ce genre de partition… mais là, hors contexte, « à sec »… je ne sais pas comment ça va être…

    De plus, la salle est bondée, il y a un monde fou… et même si je sais que personne ne peut m’entendre, ça me gêne, ça me bloque… j’ai l'impression que tout le monde me regarde et que si je démarre, ils vont s’apercevoir de mon malaise… ils vont lire sur mon visage ce que je suis en train de balancer à l’oreille de Jérém… ils vont comprendre que je suis carrément en train de tailler une pipe verbale a mon beau brun… j’ai l’impression d’être nu et à genoux devant sa queue…

    Bon, de toute façon je n’ai plus le choix… il faut y aller… alors j’y vais…

    « Vas-y, dis-le… » il me presse.

    « J’ai envie de te sucer… » je finis par lâcher à mi voix, un peu honteux…

    « T’as envie de quoi ? J’ai pas bien entendu… » il me dit coquin. Coquin et vicieux. Je suis sur qu’il a très bien compris… là il veut juste que je lui répète… pour en jouir encore plus…

    « J’ai envie de te sucer… » je répète en élevant un peu la voix, en balançant ces mots avec un effort encore plus grand que la première fois…

    Je croise à nouveau son regard… erreur fatale… un regard qui m’invite, qui m’ordonne de continuer et… d’y aller franco.

    « Tu peux faire mieux » il finit par lâcher…

    Il sait que je peux faire mieux, et c’est ce qu’il attend de moi. Alors c’est décidé, j’y vais.

    « J’ai envie de bien te lécher les couilles… elles sont tellement douces et chaudes et puis elles sont pleines de ton jus de mec… »

    Il ne répond rien. Je sais qu’il attend que je continue. Petit goret, va…

     « J’ai envie de te prendre en bouche, jusqu’au fond de ma gorge… »

    J’ai vraiment du mal à me laisser aller… je m’étonne moi-même de mon langage, de mes mots crus, du son de ma voix que je trouve dissonant, faux… j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui parle… pourtant je finis par y aller… par m’enfoncer dans une situation sans savoir où elle va me mener…

    « J’ai envie de te pomper jusqu’à te faire jouir dans ma bouche » je deviens trivial mais ça m’est égal « j’ai envie d’avaler jusqu’à la dernière goutte de ton jus… »

    Son regard en biais m’invite, m’oblige à avancer. Il aime ça. Et il a tout pouvoir sur moi.

    « J’ai envie de goûter à ton jus de mec… j’adore le goût de ton sperme... ça me rend dingue... j’ai tout le temps envie de te sucer et d’avaler ton jus... »

    Maintenant que j’ai commencé à me lâcher, je prends un plaisir grandissant à lui chuchoter à l’oreille ces mots coquins, limite grossiers… je me rends vite compte que je peux aller loin comme ça, très loin, que je peux développer à l’infini mon adoration pour sa queue, que je prends un plaisir, et pas des moindres, à lui avouer ce que je ressens devant sa virilité…

    Je suis parti, et je ne peux plus m’arrêter… j’ai envie d’aller de plus en plus loin, car rien n’est à mes yeux assez puissant pour lui montrer à quel point sa puissance masculine m’impressionne, à quel point je suis fous de lui, de son corps, de sa queue… non, une fois atteint ce stade, je n’ai plus le pouvoir, et encore moins la volonté, de m’arrêter… là où j’ai encore le pouvoir, c’est de doser tout ça, de trouver le sens de la formule pour que mes mots aient le plus d’impact possible sur sa fierté de jeune coq… alors, transporté par l’excitation montante, je ne me prive pas…

    Depuis que mes lèvres débitent sans répit des mots osés à son oreille, j’ai perdu le contact avec son regard, un regard que je serais incapable de soutenir… ce qui me met à l’aise pour y aller de plus en plus franco… depuis ma position, je le vois de profil, son épaule dessinée sous le coton orange de son t-shirt moulant son biceps ; sa mâchoire virile portant une barbe de trois jours ; la tête légèrement penchée à l’avant, des pattes taillées très nettes, donnant une allure propre, jeune, soignée, sexy ; la chaînette du meilleur goût : tout simplement beau, tout simplement mec…

    Mon visage à quelques centimètres de son oreille, j’ai envie de lui lécher, mordiller tellement c’est beau et sexy…

    Pendant que mes mots grivois lui donnent toute l’ampleur de ma soumission à son rôle de mâle dominant, je vois parfois ses sourcils se soulever instantanément, comme sous l’effet d’une excitation soudaine… parfois son visage se tourne légèrement, parfois il m’est arrivé de croiser un regard en biais, un regard limite incrédule…

    J’ai l’impression que mes mots le rendent dingue… alors je sens mes dernières barrières tomber… mes fantasmes forcent les derniers remparts de ma dignité et ma langue se délie…

    « J’ai tout le temps envie de te sucer… parce que tu es vraiment trop bien monté… ta queue est tellement puissante… c’est une vraie queue de mec, bien raide, avec des vraies couilles de mec, bien chaudes et bien pleines… et puis… putain… qu’est ce que tu es viril comme gars… ta queue me rend dingue… rien que de l’avoir en bouche je jouis… »

    Je sens que je suis en train de l’exciter… son attitude semble se faire encore plus sensuelle, plus chaude… j’ai presque peur… disons entre peur et envie… presque envie… carrément trop envie qu’il me saute dessus là tout de suite… je suis impatient… je m’attends à que, d’une minute à l’autre, il m’entraîne dans les chiottes, qu’il ouvre la braguette de son beau jean, qu’il descende son boxer et qu’il me baise la bouche ou le cul sans autre forme de ménagement…

    Je sens qu’il est en train de monter en pression, alors je m’amuse à jeter de l’huile sur le feu… son regard de fou que je viens de croiser pendant une petite pause me rend dingue…

    « J’ai aussi très envie de sentir ta queue s’enfoncer dans mon trou… j’ai envie de te sentir bien au fond en moi, de me sentir rempli de ta queue… j’adore quand tu es bien au fond, quand tes couilles s’écrasent contre mes fesses… j’ai envie de me faire défoncer… j’ai envie de te voir prendre ton pied comme un malade, j’ai envie de te voir jouir comme l’autre soir devant la table de massage, j’ai envie de me sentir fourré par ton jus… »

    Je suis comme fou, je ne peux plus m’arrêter… j’ai envie de lui parler aussi de ce jet chaud qu’il a lâché sur mon torse, mais quelque chose me dit qu’il ne faut pas… je n’ai pas envie de dire le mot de trop qui pourrait couper la magie sensuelle de ce moment…

    « Et quand tu aura fini de jouir » je finis par lui balancer comme l’estocade finale pour le faire capituler « je veux bien me mettre à genoux devant toi et bien goûter à ta queue moite de ton jus »

    Je crois que je ne peux par aller plus loin. Je lui ai dit tout ce que j’avais à lui dire. J’éloigne ma bouche de son oreille et je redresse mon buste, tout en essayant de retrouver une position à l’aise sur mon tabouret… mais comment me sentir à l’aise après tout ce que je viens de lui balancer à l’oreille ? Comment avoir le courage de retrouver son regard, après ça ? Surtout que, pendant toute ma tirade, il n’a pas dit un mot… certes, il y a eu des réactions sur son visage… mais pas un mot… et là, le silence qui s’installe après mon envolée lyrique, est vraiment l’un des plus gênants que je n’ai jamais connu entre nous… pourtant, dieu sait qu’il y en a eu d’autres bien fracassants… mais celui là, je crois qu’il mérite le pompon… les enceintes de la baffe dégueulent une musique monotone à toute puissance… ça casse les oreilles… pourtant j’ai l’impression d’entendre le silence entre nous… lourd, étouffant, écrasant…

    Je regrette déjà de lui avoir cédé une fois de plus… quelques minutes plus tôt j’avais envie de le prendre dans mes bras, une minute plus tôt encore j’avais envie de le prendre dans ma bouche… et là j’ai juste envie de le gifler… c’est dingue le pouvoir de ce mec de susciter des sentiments de signe opposé, de le faire avec une rapidité sidérante, des sentiments opposés mais toujours avec un intensité aussi forte…

    Je bois la dernière gorgée de ma bière, comme un dernier rempart pour cacher ma dignité perdue, un rempart prêt à me lâcher… le pire c’est que, en plus, le fait de lui balancer tous ces trucs ça m’a mis dans un état… je suis en nage, le visage en feu, ma respiration est rapide et profonde… pendant que je lui chuchotais des cochonneries à l’oreille, j’ai souvent senti mon gland frotter contre le tissu de mon boxer… je bande, j’ai même l’impression d’avoir mouillé… je ressens des frissons partout sur ma peau, je ressens le coton de mon t-shirt frotter sur mes tétons devenus hypersensibles…

    Et il ne m’a rien fait… il ne m’a même pas effleuré, je ne l’ai même pas vu à poil… pourtant, je suis si excité que j’ai l’impression d’avoir carrément baisé avec lui… quand je dis que ce mec est capable de me baiser rien qu’avec le regard… ou avec sa langue… là on franchit une nouvelle étape… depuis cette nuit, ce mec est capable de me baiser rien qu’en me forçant à lui avouer mes fantasmes… si c’est pas puissant, ça…

    Oui, je bande comme un âne… mais il y a encore mieux… c’est le fait de savoir que lui aussi il bande, je le vois à la bosse rebondie qui tend sa braguette à boutonnière… ce qui, à mon sens, laisse bien espérer pour la suite des événements… des événements qui, hélas, tardent à venir, me plongeant dans un malaise grandissant, me mettant dans une position de plus en plus difficile à assumer…

    Je sais que je ne vais pas tenir longtemps… je sais qu’après ma bière il ne me restera plus aucun truc derrière lequel cacher ma honte… j’ai soudainement envie de disparaître sous le sol… ce sol où mon regard s’est posé depuis un long moment déjà, me ramenant le lui uniquement l’image du fond de son jean retombant sur ses chaussures rouges à semelle blanche que je trouve si craquantes…

    Je regarde le sol mais je sens son regard sur moi, un regard triomphant, fier, macho. Alors que le silence entre nous s’étire de façon de plus en plus insupportable, je le sens approcher de mon oreille.

    « T’es vraiment une salope… » il finit par me balancer en appuyant bien sur chaque lettre, comme si je venais de battre le record du monde dans la catégorie salope.

    Je me disais bien qu’un truc comme ça n’allait pas tarder à venir. Presque réconforté, j’enchaîne.

    Je reviens à la charge :

    « Oui, je suis ta salope… j’ai trop envie de toi… j’ai envie que tu me jouisses partout… j’ai envie que tu me baises… comme tu en as envie, autant que tu en as envie… et… » 

    « Et ??? » me fait-il en écho.

    « …et… là où tu en as envie… » je finis par lui balancer avec un geste de la tête en direction de l’entrée des chiottes du KL.

    Un sourire coquin et arrogant s’affiche sur son visage. Je sais qu’il se prépare à me balancer un truc puissant… ce que je ne sais pas, c’est quelle polarité va avoir cette puissance… au point d’excitation où il est, il peut aussi bien avoir envie de me faire ce que je viens de lui chuchoter à l’oreille… ou, à l’inverse, il peut avoir envie de me jeter…

    « J’ai envie de goûter à ton jus… j’ai tout le temps envie de goûter à ton jus… » je tente de faire pencher la balance de son choix.

    « C'est pour ça que l'autre soir t'as recraché ? » je m’entends demander.
    Coquin de petit voyou qui prend son pied en me voyant avaler son jus... comme si tu n’avais pas compris que t’a failli m’étouffer avec ta queue, ce
    magnifique engin, ce poison délicieux et magique capable de donner le plaisir le plus exquis et d’infliger la douleur la plus insupportable…

    « C’est passé de travers… » je mens.

    Il avale une gorgée de son whisky, il allume une clope de plus, il commence à tirer des taffes lentement. C’est le genre de cigarette qui va durer longtemps… malgré tout ce que je viens de lui balancer pour l’exciter, bien que j’aie accédé à sa demande de m’humilier en lui avouant toutes mes envies de sa sexualité, le gars ne semble pas pressé de concrétiser… pire, il ne semble même pas partant… j’ai du mal à le croire… j’avais vraiment eu l’impression que mes mots lui avaient fait de l’effet… et là on dirait qu’il s’en fout net…

    « On fait quoi ? » je m’impatiente devant son calme et son immobilité…

    Je sais bien que je n’ai pas le pouvoir de le contraindre, ni même de lui demander quoi que ce soit en ce qui est de nos rapports sexuels… lorsque par le passé je me suis avancé à lui demander de lui faire plaisir, lorsque c’est venu de moi, je me suis presque toujours fait jeter… et là non plus ça ne ratera pas…

    « T’en a pas eu assez de tout ce que je t’ai mis cette semaine ? T’as pas mal au cul à force de te le faire défoncer ? »

    L’alcool le rend trivial. Je suis pris au dépourvu, je ne sais pas quoi répondre. Ce qui lui laissera tout le loisir de bien enfoncer le clou, faute de mieux :

    « Vas donc te branler dans les chiottes, ce soir j’ai pas envie de te baiser… »

    Quand je dis qu’il y a des gros paquets de baffes et de fessées qui se perdent… à ce moment là je suis partagé entre deux envies impérieuses, celle de lui attraper le bras, de l’arracher de son tabouret, de tenter de le traîner aux chiottes pour le faire jouir (ce qui est peut-être ce qu’il attendait de moi à ce moment précis) et celle de lui mettre un grand pain dans la figure et de le faire tomber à la renverse… je pense que l’une autant que l’autre auraient pu me soulager… au lieu de quoi, déçu, humilié, je me contenterai de me lever et de lui balancer un :

    « Espèce de… espèce de con ! »

    Avant de me tirer pour aller chercher ma cousine, j’ai droit à croiser son sourire arrogant et provocateur… putain de tête à claques…

    Là, à cet instant précis, je suis vraiment en pétard contre lui… pourquoi me faire mettre à nu devant lui, pourquoi me demander de lui avouer tous mes fantasmes, si c’est pour me jeter comme une merde ? « T’en a pas eu assez de tout ce que je t’ai mis cette semaine ? T’as pas mal au cul à force de te le faire défoncer ? »

    « Vas donc te branler dans les chiottes, ce soir je n’ai pas envie de te baiser… »… petit con, va… gros con macho, insupportablement arrogant, merdeux… connard !!!! tu ne mériterais presque pas le plaisir que je t’ai donné depuis des mois…

    J’ai juste envie de me tirer de là, avant de faire une connerie… j’ai trop envie de revenir sur mes pas pour lui mettre mon poing dans la figure… mais il y a trop de monde autour… et quand bien même… je suis incapable de violence, je ne supporte pas l’affrontement… et par-dessus tout je suis incapable d’imaginer un seul instant qu’on puisse cogner un mec aussi beau, aussi con soit-il…

    J’avance d’un pas déterminé et rapide pour aller retrouver Elodie dans la salle disco, lorsque sur mon chemin je tombe sur quelqu’un que je connais. Mon élan est stoppé net. C’est mon ancien pote Dimitri. Ce Dimitri que je ne vois plus depuis des années, ce Dimitri qui a été l’« excuse » que j’ai pondu à maman pour justifier le fait d’avoir découché la nuit après l’Esmé…

    C’est la dernière personne que je m’attends à rencontrer… on a été potes pendant l’enfance, mais depuis le lycée, puisqu’on ne fréquente pas le même, nos chemins se sont un tantinet séparés… dans d’autres circonstances ça m’aurait fait plaisir de passer un moment avec lui, mais là je n’ai pas la tête à taper la discute pour rattraper le temps pendant lequel on ne s’est pas vus… à ce moment précis j’ai juste envie de me tirer loin de cette boite où je me suis encore fait traiter comme une merde par l’homme que j’aime… c’est si dur à encaisser ça… doublement dur… de se faire traiter comme une merde… et subir ça par les mots et les actes de la personne que l’on aime le plus au monde…

    Pourtant, je reste… je suis un gentil garçon… un brave garçon… un beta, quoi… je suis en train de bouillir à l’intérieur, j’ai envie de partir le plus vite possible, mais comme d’hab je prends sur moi… pauvre con, si je m’écoutais un peu plus souvent… ce soir là j’aurais du m’écouter, j’aurais du partir sans me laisser ralentir par Dimitri… j’étais humilié, énervé, mais au moins je n’aurais pas assisté à la scène incroyable et bouleversante qui allait se dérouler sous mes yeux ébahis… une scène tellement surréaliste que si on me l’avait juste racontée, si je n'y avais pas assisté avec mes propres yeux, j’aurais eu du mal à la croire… pourtant…

    Dimitri est toujours en train de me causer sans se rendre compte que je n’écoute pas un traître mot de ce qu’il raconte… en effet, toute mon attention est polarisée par ce gros con de Jérém… je me sens vraiment pathétique à m’humilier de cette façon devant lui… mais j’ai trop envie de… lui… je n’aurais jamais du lui parler de son parfum… jamais provoquer ce mec, à chaque fois ça me revient dans la figure… le pire c’est que lui aussi il en avait envie… je suis certain qu’il bandait dans son beau jean…

    Je crois que le problème c’est que mes demandes de sexe le mettent mal à l’aise… j’ai remarqué que lorsque l’initiative vient de moi, ça ne lui plait pas (sauf exception, comme à la piscine)… l’initiative doit venir de lui… dans sa tête, la baise qui vient de son chef est domination, soulagement de ses envies de mâle… alors que céder aux avances d’un pd c’est faiblesse…

    Dimitri est intarissable… on dirait qu’il est en train de me raconter sa vie de fond en comble… il me saoule… j’ai envie de lui balancer « Ta gueule, Dimi, suis occupé à mater mon beau brun… »… au lieu de quoi je fais mine d’écouter…

    De l’endroit où je me trouve, caché dans la pénombre d’un grand pilier délimitant la piste de danse, je peux observer mon odieux brun sans être vu… évidemment, malgré ce qui vient de se passer, je ne m’en prive pas… oui, j’aurais du partir de suite, mais maintenant que je suis là, je suis curieux de voir ce qu’il va faire après m’avoir jeté… je suis curieux de savoir comment il va finir sa soirée…

    Je ne vais pas tarder à le savoir… je ne vais pas être déçu… mais pour l’instant il est toujours assis à son tabouret, seul, en train de siroter son fond de whisky et de fumer sa clope…

    Et puis, l’espace d’un instant, tout s’emballe… Thibault s’approche de lui… ils échangent quelques mots dans l’oreille l’un de l’autre… à nouveau je vois Jérém indiquer quelque chose ou quelqu’un vers la piste de danse… Thibault suit son regard… Jérém lui sourit… Thibault lui sourit à son tour, j’ai m’impression qu’il est un peu mal à l’aise… Jérém lui parle encore à l’oreille… Thibault semble un peu rassuré… je ne comprends rien à leur manége… t’inquiètes, Nico, tu vas vite piger…

    Thibault s’éloigne et disparaît quelque part dans la salle… un instant plus tard, Jérém se lève de son tabouret, il boit cul sec le fond de whisky, il abandonne son verre sur le comptoir… il s’éloigne du bar, le pas lent et assuré… là je suis intrigué… où est-ce qu’il va ainsi, avec ce regard outre mesure ténébreux, avec cette attitude de mâle en chasse ? Je sens que je vais assister à quelque chose de mémorable…

    Toute mon attention est captée par les agissements de Jérém… Dimitri n’existe plus pour moi… je me suis carrément tourné pour suivre les mouvement de mon beau brun et je lui tourne le dos… mais je m’en fous… il n’y a que Jérém qui compte à ce moment là…

    Mais où est-ce qu’il va ? On dirait qu’il se dirige vers la piste de danse… bizarre… je n’ai jamais vu Jérém poser ne serait-ce qu’un orteil là dedans… et en effet, s’il approche de la piste de danse, c’est pour se poster en hauteur sur la petite estrade à l’opposée du cagibi du DJ…

    Voilà Jérém installé devant la rambarde, surplombant la piste, les aplombs bien plantés sur le sol, les jambes un peu écartées, les mains dans les poches de son jean, le torse droit mais légèrement cambré, le t-shirt orange col en V épousant avec une précision diabolique son anatomie masculine, moulant ses épaules et ses biceps, dessinant le relief de ses pectoraux saillants... et cette chaînette, si virile, posée à l'extérieur... le regard fixé vers la piste, ce regard détaché, excessivement brun, puissant, toisant de haut en bas, chargé de ce truc de magnétique qui lui appartenait, ce truc indéfinissable mais épouvantablement efficace, son charme de fou…

    C’est un mélange explosif, un plat épicé, qui ravit tous les sens… un met si bien présenté et si hors de portée qui met l’eau à la bouche… bien sur, je préfère quand Jérém met autre chose que de l’eau dans ma bouche… sa langue, sa queue, son jus…

    Mate moi un peu ce petit con de chez petit con d’allumeur… mate moi comment qu’il se la pète, avec quelle assurance il balance son regard de chasseur… Comme d’hab, Jérém fait du Jérém pur jus, une recette qui a fait ses preuves et dont les ingrédients principaux sont son charme naturel, relevé d’une bonne dose de cette attitude insolente et conquérante, frimée et assurée, culottée et assumée a la fois qu’il porte comme un chef, sans douter un instant de lui… 19 ans seulement et déjà si… mâle dominant

    Et comment il sait utiliser la puissance du regard… comment il sait se la jouer jeune mâle sur de lui, fort de cette assurance illusoire mais puissante de cet age où l’on ne connaît absolument rien à la vie, où l’on ne se rend pas compte que la jeunesse et la beauté ne durent qu'un temps et que ces cadeaux du ciel ne sont pas forcement donnés pour affirmer sa supériorité et sa domination virile vis à vis de l’autre…

    Je ne sais pas encore ce qui va se passer, mais je devine que la scène qui ne va pas tarder à se dérouler sous mes yeux va être une scène épique…

     

    Plus tard cette nuit là…

     

    Jérém se sent bien dans cette étreinte… il sent son corps détendu, une sensation de bien-être irradiant de son bas ventre… soudainement, il est saisi d’un doute… sa main se faufile à l’intérieur de son boxer… et l’information que les doigts lui rapportent, confirme bien son doute… dans le sommeil, le beau brun a joui dans son boxer…

    Que s’est-t-il passé ? Comment a-t-il pu jouir sans se rendre compte de rien ? Est-ce qu’il s’est touché ? Est-ce qu’il l’a touché ? Est-ce c’est venu tout seul ? Est-ce que c’est venu à cause du simple contact avec son corps à lui, à cause de sa main posée sur ses pecs, le bout des doigts abandonnés sur l’un de ses tétons ? Ou bien c’est venu à cause du contact de son bassin, de son boxer contre ses fesses, à cause de son visage dans son cou, ses lèvres posées à la lisière de ses cheveux, cet endroit qu’il lui file les frissons les plus intenses ? 

    Ou alors, est-ce que c’est arrivé à cause de ce rêve qu’il vient de faire… c’est bien qu’il soir resté dormir, Nico… qu’est-ce que ça lui fait de l’effet ce contact avec sa peau… oui, Jérém se sens vraiment bien dans cette étreinte…

     


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