• 43.1 – Halle aux Grains. Le garçon au labrador.

     

     

     

    Dans la nuit entre le samedi 30 juin et le dimanche 1er juillet 2001… dans le lit de Nico…

     

    La peau mate, douce, chaude du beau brun… sa plastique parfaite… le relief magique de ses pecs bombés… le parfum envoûtant, un mélange de déo, de gel douche et de transpiration légère qui se dégage de son torse… son regard de braise… son attitude de macho tout entier focalisé sur son propre plaisir pendant qu’il baise… son corps ondulant sous le mouvement de ses coups de reins… la raideur de sa queue coulissant entre ses fesses… les expressions incontrôlées de son visage affichant les vagues successives de son plaisir de mec…

    La peau à peine un peu moins mate de Thibault… sa plastique imaginée, inventée, devinée au travers des confidences visuelles dévoilées par ce gendre de vêtements plutôt « bavards » au sujet de la beauté masculine que sont les t-shirts un peu ajustés… (oui, les t-shirts, si éloquents au sujet de la beauté d’un torse masculin, bavards mais jamais assez… ou bien… juste assez, laissant place au plaisir de l’imagination)… son attitude de mec puissant mais doux qu’on lui imagine bien pendant l’amour… son corps ondulant sous le mouvement des coups de reins… la raideur de sa queue coulissant entre ses fesses… les expressions incontrôlées de son visage affichant les vagues successives de son plaisir de mec…

    La peau basanée, qu’on devine, qu’on sait d’une douceur extrême sur ce genre de gars bien typé… le fameux étalon pur sang arabe… sa plastique pas si difficile à détailler grâce à un t-shirt blanc bien trop moulant pour laisser beaucoup de place à l’imagination… cette plastique dont il reste quand même bien des choses à découvrir, la curiosité et le désir au paroxysme… le regard excessivement viril… son attitude de macho tout entier focalisé sur son propre plaisir pendant qu’il baise… une virilité imprégnée d’un coté sauvage et conquérant qui n’appartient qu’à ce genre de mec et qu’on devine débordante, inévitable… une virilité à laquelle, il le sait bien, il ne saurait pas s’opposer, une virilité à laquelle il n’aurait aucun mal à se soumettre… son corps ondulant sous le mouvement des coups de reins… la raideur de sa queue coulissant entre ses fesses… les expressions incontrôlées de son visage affichant les vagues successives de son plaisir de mec…

    Au final, cette nuit là dans le lit de Nico s’était révélée bien mouvementée… et qu’importe si son corps était seul sur son matelas 140 cm… son esprit ne l’était pas… à partir du moment où il avait éteint la lumière et qu’il s’était calé sous les draps, ces trois fantasmes avaient été appelé (in)volontairement à la rescousse pour pimenter une nouvelle branlette épique… ce plaisir solitaire qui, certes, ne remplace pas celui de mélanger son corps et son désir avec ceux d’un bogoss bien chaud, mais qui permet quand même de calmer l’esprit et de détendre le corps pour trouver plus rapidement le sommeil…

    Oui, pour Nico le sommeil était venu rapidement après la jouissance rapidement amenée par la présence à ses cotés des ces trois beaux fantasmes, de ces trois déclinaisons du charme masculin toutes plus sensuelle les unes que les autres… le sommeil était venu mais ce n’est pas pour autant que ces fantasmes étaient partis… ils étaient restés là à flotter autour de lui, comme des fantômes, pour hanter son sommeil au travers de la porte du rêve…

    Et voilà que, dans les rêves qui avaient peuplé sa nuit, les trois fantasmes, les trois étalons, les deux français et le pur sang arabe, étaient revenus à la charge, se présentant devant lui dans les meilleures dispositions qui soient, leurs corps se mêlant au sien et se mêlant entre eux suivant l’ordre et la logique qui devaient paraître les bons au Nico rêveur…

    Oui, Nico était seul dans son lit, mais pas du tout dans ses rêves… ce fut une nuit bien animée dans son lit, dans ses draps… des draps que le matin suivant se souviendront de bien des choses…

     

    Précédemment dans 50 nuances de la vie de Nico : une rencontre fortuite avec un labranoir et son maître après une épreuve du bac avait mis un peu de baume au cœur et amené un peu de tendresse dans la vie de Nico ; à la suite du débordement d’effusions de l’animal, un verre avait été proposé et accepté dans l’appartement d’un charmant Stéphane ; dans le quartier de la Halle au Grains, des câlins avaient été échangés… Nico avait vécu le premier orgasme de sa vie provoqué par la main d’un autre garçon… la fin du bac dans les chiottes du lycée avec une baise dégradante avec Jérém avait poussé Nico à s’isoler à Gruissan avec Elodie pendant plusieurs jours… pendant ce séjour Nico avait souvent pensé à ce garçon qui en une seule rencontre l’avait tant marqué, ce garçon qui l’avait touché mais qui, hélas, allait partir en Suisse dans très peu de temps…

    A la piscine Nakache, Stéphane avait fait son apparition de façon inattendue provoquant chez Jérémie une jalousie tout aussi inattendue…

    Le soir même, un sms avait été envoyé depuis le quartier St Michel pour proposer un rendez vous… rendez vous qui avait été confirmé depuis le quartier de la Halle aux Grains pour le lendemain soir…

    Mais voilà que le lendemain soir, une demie heure avant ce rendez vous, un sms impromptu de la part du beau brun « Vien au vestiaire rugby tout desuite » avait provoqué l’annulation du rendez vous de la Halle aux Grains…

    Une semaine s’était écoulée depuis, une semaine de belles surprises… Jérém embauché en tant que serveur rue de Metz, la découverte de Thibault et d’une amitié possible, l’impatience de retrouver le beau brun et le beau mécano lors de la soirée au KL le samedi soir…

    Une semaine pleine d’espoirs et terminée, hélas, avec une soirée pleine de mauvaises surprises, de déceptions, d’amertume…

    Une semaine bien remplie en somme, une semaine pendant laquelle Nico n’avait trouvé ni le temps ni le courage de relancer ce charmant Stéphane…

    Heureusement Elodie, en quittant Nico après la rude soirée au KL, avait trouvé le moyen de mettre les points sur les « i »…

    « Mon cousin, t’aurais pas par hasard un 06 en attente de rendez-vous ? Je sais pas… genre un mec à qui t’as posé un lapin en début de semaine et avec qui tu aurais envie de passer un bon moment pour te consoler ? ». 

     

    Lorsque je quitte Elodie après un nouveau câlin dans ses bras, ma montre indique 4h03. J’ouvre la porte de la voiture et… je manque de me la prendre dans la figure en retour… putain de vent d’autan qui sillonne toujours les rues de la ville rose… j’arrive quand même à m’extraire de l’habitacle et à souhaiter la bonne nuit à ma cousine.

    J’avance sur le trottoir, la tête saturée d’images, comme hébété, incapable de réfléchir. C’est tard et je tombe de fatigue. Les émotions de la soirée sont passées sur moi comme un rouleau compresseur. Je suis HS. Et rentrant chez moi, j’ai tout juste la force de me déshabiller et de me brosser les dents… je dois me faire un peu violence pour prendre une douche, mais cela s’impose… j’ai l’impression de puer partout l’odeur du tabac froid et j’ai horreur de ça… je mets mes habits au sale… je ne supporte même pas leur présence dans ma chambre… l’odeur de la boite est comme une cuite… on s’y plonge sans la voir venir, mais qu’est ce que c’est désagréable à posteriori…

    Une fois au lit, les images de la soirée remontent à mon esprit… c’est ainsi que je commence à me branler en repensant à ce reubeu qui m’a tant attiré et tant effrayé... l’image de son t-shirt si blanc se mélangeant à celle d’autres t-shirts, un orange, un autre gris… je me branle en imaginant, en fantasmant sur la nudité de ce beau reubeu, sur sa sexualité, sur ses envies, sur ses besoins, sur ses possibles attitudes au lit avec moi, sur ma soumission totale à sa virilité… sur le coté dominant que je lui imagine… ce qui ne m’empêche pas, au même temps, de repenser à l’image du beau et con Jérém en haut de l’estrade devant la piste de danse, à son attitude de mec conquérant, à son insupportable beauté, à son irrésistible effronterie, à son charme hors normes ; de repenser au physique musclé, à la gentillesse et au charme ravageur du beau Thibault… et de revivre le départ de la boite des « quatre fantastiques », d’imaginer les deux coéquipiers en train de baiser côte à côte, la nuit durant …

    Certes, les images excitantes ne manquent pas, elles sont si nombreuses qu’elles se bousculent dans ma tête… je suis tellement épuisé que je tombe comme une pierre un instant après avoir joui dans mes draps…

    Je m’endors vers 4h25 pour me réveiller un peu plus tard ce matin là, à l’aube de 10h15. Au fur et à mesure que mes sens et mon esprit sortent de l’engourdissement du sommeil, je retrouve les souvenirs de la nuit d’avant. Dans ma tête, tout est clair et confus à la fois… je vois clairement ce qui s’est passé… je retrouve mon humiliation devant les mots de Jérém « Vas donc te branler aux chiottes, ce soir je n’ai pas envie de te baiser », des mots qui résonnent, qui cognent dans ma tête et me torturent sans répit… la honte, cuisante, indélébile pour toutes les cochonneries que je me suis laissé aller à balancer dans son oreille croyant lui faire plaisir… la jalousie devant son double plan drague conduit sous mes yeux éberlués… une nouvelle humiliation lorsque j’avais croisé son regard pendant qu’il embrassait sa pouff… le sentiment de trahison de la part de Thibault prenant partie à ce plan à la con… le départ précipité de la boite, la peur de me faire agresser par un beau reubeu, une nouvelle humiliation, celle de devoir fuir devant mon désir…

    Je suis tellement mal que je n’ai vraiment pas envie de quitter les draps… j’ai envie de disparaître sous terre, de disparaître de la vue de tout le monde… de disparaître à jamais… je me cache entièrement sous ma couette, en boule, je cherche le noir…

    Je ne sais pas quelle va être la suite des événements… vais-je revoir Jérém ? Et Thibault ? Comment les retrouver après ce qui vient de se passer ? Ai-je seulement envie de les retrouver ? De toute façon il y a la question du départ de Jérém à la rentrée… ça de toute façon c’est réglé… maintenant ou dans deux mois, on sera à des centaines, voire à des milliers de bornes de distance l’un de l’autre...

    Alors, quoi faire de l’avis de ma cousine qui pense que je perds mon temps avec Jérém mais qui me conseille d’accepter malgré tout l’amitié de Thibault si je veux avoir une chance de prolonger un peu ma relation avec le beau brun… mais à quoi bon ? A quoi bon me donner tant de mal pour lui, à quoi bon tenter de garder une relation si c’est pour me faire traiter de cette façon ? « Vas donc te branler aux chiottes, ce soir je n’ai pas envie de te baiser »… qu’est-ce qu’ils brûlent au fond de moi ces mots… à chaque fois que j’y pense, c’est comme une blessure ouverte sur laquelle on jetterait du sel… et comme j’y pense en continu, ça brûle en continu… petit con de petit con, va… après m’avoir baisé comme un malade à la piscine et au vestiaire de rugby en début de semaine, après que je me sois dévoué à lui offrir un plaisir de plus en plus puissant, voilà comment je me fais traiter… jamais je ne comprendrai ce con de mec !

    Je suis tellement déçu et amer que j’ai envie de tout envoyer chier, de profiter de la fin du lycée et du début de ma nouvelle vie d’étudiant bordelais pour faire table rase de tout ça, pour tourner la page et essayer de vivre ma vie autrement… j’en ai marre de toute cette souffrance, de ces petits, immenses moments de bonheurs physique noyés dans tant de peine, d’humiliation et de frustration…

    Ce matin là j’ai envie de tout envoyer valser… plus rien ne me semble bon pour moi, à part, peut-être, la « question » Stéphane… oui… Stéphane… lorsque enfin je me détache de mes pensées douloureuses et que je songe à lui, c’est comme si un rayon de soleil venait illuminer une journée bien grise… lui, pour le coup, j’ai vraiment envie de le revoir… il y a juste un petit problème… comment reprendre contact après avoir annulé un rendez vous à la toute dernière minute et l’avoir laissé une semaine sans donner de mes nouvelles ? Certes, lui non plus il ne m’en a pas données… il doit m’en vouloir… et il aurait raison de m’en vouloir… ou alors il attend que je me manifeste… j’ai honte… j’aurais du le relancer pendant la semaine… quel goujat je fais… le rayon de soleil semble se cacher devant un nouveau nuage soudainement apparu dans mon ciel intérieur… je sens que je ne vais pas oser…

    J’attrape mon portable sur la table de nuit, j’ai envie de textoter un peu avec Elodie et lui demander conseil. Je sais qu’elle va se moquer de moi et qu’elle va me pondre une solution aussi simple qu’une évidence… « Appelle-le, espèce de con de cousin »… ou alors… « Envoie-lui un sms style J-ai-envie-de-te-voir… faut tout te dire, cousin, c’est désespérant »… j’ai l’impression de l’entendre d’ici…

    Mais contre toute attente, ce matin là je n’aurais pas besoin d’elle pour trouver réponse à ma question. L’écran de mon portable affiche l’icône d’un sms non lu. Le message date de la veille, à 20h26… mon portable étant resté à la maison pendant ma soirée et ignoré à mon retour dans la nuit, je n’y ai pas fait attention avant…

    « Je suis libre ce dimanche. Tu peux passer si ça te dit. ».

    Stéphane… ooohhh… je suis touché… il est trop gentil ce mec… alors il n’est pas fâché… et non seulement ce message me fait comprendre qu’il ne m’en veut pas, mais qu’il a carrément envie de me voir. Je suis soulagé. Je suis heureux. J’ai envie d’être avec lui, de passer un bon moment. De revoir Gabin. De me sentir bien chez lui, avec lui.

    « Et comment ! » ce sera ma réponse enjouée. 

    Lui : « ;-) 14h chez moi ? ». 

    Moi : « Parfait. Merci. A tout ». 

    Lui : « A tout ». 

    Oui, ce matin là j’ai enfin quelque chose de positif auquel m’accrocher, un rayon de soleil destiné à chasser de façon durable la chape de nuages jusqu’à là amoncelés dans mon ciel intérieur : je sais que cet après-midi là je vais revoir Stéphane… l’idée de ce rendez vous me calme, m’apaise, me rend tout guilleret… mon esprit est tellement occupé à imaginer ce bonheur proche, que j’arrête de penser à la déception de cette nuit, à cette humiliation si cuisante… je me lève en balançant mes draps et ma couette, je reprends une douche, je descends prendre un café et je remonte brancher mon casque pour écouter à fond les treize titres de pur bonheur que composent l’album Ray of light… je monte le son à fond, tout en surfant sur Internet à la recherche de photos et de commentaires sur les dernières date du Drowned World Tour… le 12 juillet approche et je m’impatiente…

    Assis devant mon ordi, je suis partagé entre deux envies, comme chaque fois que je suis confronté à quelque chose que j’attends avec impatience : un livre, un film, un événement que j’ai une irrésistible envie de lire, de voir, de vivre… le désir, l’attente sont tellement bons, aussi bons que l’événement lui-même que je suis à chaque fois partagé entre l’envie de lire, d’y aller, d’y être tout de suite et l’envie de faire durer le plaisir de l’attente, la surprise, de repousser la découverte le plus longtemps possible…  

    Hélas pour un concert je n’ai pas grand pouvoir de faire durer l’attente, car si Madonna a dit qu’elle est libre le 12, il faut y aller le même soir qu’elle de préférence… on ne pose pas un lapin à Madonna… elle ne saurait pas quoi en faire, elle est végétarienne… à contrario, si Madonna nous met deux heures de retard dans le pif en nous abandonnant à un DJ à la con qui ne passe même pas ses chansons, on ne lui en veut même pas… car l’attente c’est déjà du Madonna… non, cette attente n’est pas pénible, au contraire elle permet de savourer ce temps qui précède le moment où elle sera enfin au milieu de son public et à ne pas penser que ce moment sera trop court et que la fin du spectacle arrivera forcement trop vite…  

    To have and not to hold, Little star et Mer Girl s’enchaînent pour mon plus grand bonheur… la musique s’arrête… il est tout juste 11h40, il me faut occuper mon temps jusqu’au déjeuner… j’ai le temps d’écouter un autre cd… quelle grande invention ces mp3… même plus besoin d’attraper un cd pour changer de cd… j’ouvre un nouvel dossier et je balance l’album Music à toute puissance… la chanson Music et un pur bonheur, Impressive instant est mon coup de cœur… 

    J’ai du mal à tenir en place à l’approche de mon rendez vous… c’est un peu la même sensation que pour le concert de Madonna… ainsi, si le compte à rebours a commencé dans ma tête, si je suis tout excité à l’idée d’y être, à bien regarder les choses l’attente n’est pas pénible, au contraire elle permet de savourer ce temps qui précède le moment où je serai chez Stéphane, et à ne pas penser que ce moment sera trop court et que la fin de notre rencontre arrivera forcement trop vite…  

    L’heure du déjeuner arrive enfin et ma mère fait irruption dans ma chambre, après m’avoir visiblement appelé plusieurs fois en vain à cause de mon casque et du volume complètement délirant de la musique que mon ordi lui envoie… elle m’engueule sur les premières notes d’American Pie… cette magnifique reprise de Madonna qui n’a pour autant pas sa place sur un opus aussi à part que Music…  

    « J’arrive maman » je lui balance, bien décidé a arriver à la fin du bonheur sonore que constitue par ailleurs cette chanson… 

    Trois minutes plus tard je descends… un grand saladier avec des spaghettis à la sauce tomate trône au milieu de la table… je mange en vitesse, en essayant de jongler entre les questions typiques du dimanche midi… « T’es rentré à quelle heure ? », « Vous étiez ou ? », « T’as bu ? »… j’arrive quand même à placer l’info qui me tient à cœur, à savoir que l’après-midi même je vais sortir à nouveau… ce qui entraînera des réflexions de la part de ma mère sur mes sorties excessives… 

    Elle me saoule mais je me fous un peu de ses remontrances… oui, je sors beaucoup, mais en même temps j’ai le droit, le bac est fini… 

    Une demi heure plus tard je suis de retour dans ma chambre, mon terrier… je m’allonge sur le lit et j’essaie de respirer à fond pour me calmer… l’heure du rendez vous avec Stéphane approche et je suis un peu inquiet de comment vont se faire ces retrouvailles… j’ai envie de passer un bon moment, j’ai envie d’oublier tout ce qui s’est passé la veille… je ne veux surtout pas lui parler encore de Jérém, je veux plutôt en savoir un peu plus sur lui, j’ai envie de m’évader… 

    Je me demande de quoi on va parler… je me suis toujours trouvé inintéressant, et je n’ai jamais su de quoi causer aux gens, et encore moins aux garçons qui me plaisent… sous cet aspect, il faut admettre que Jérém m’était d’un grand secours… pas de discussions avec lui, que de la baise… 

    Mais Stéphane n’est pas du tout pareil… il aime discuter… il aime me faire parler… je sais que notre petite relation n’a pas d’avenir car il part à mille bornes dans quelques jours à peine… mais n’empêche, je n’ai pas pour autant envie de passer pour un grand couillon qui n’a pas de conversation mis à part ses peines de cœur ridicules… 

    Je me demande si en arrivant on va se faire des câlins direct, s’il va avoir envie de coucher tout de suite, s’il a envie et si j’ai envie d’aller plus loin que la première fois… 

    13h25… il faut m’habiller, me faire beau autant que cela se peut, il faut y aller… à 13h50 je suis dans la rue après avoir précisé à mes parents que j’allais voir Dimitri… tiens, je me demande bien où il est passé celui là après que je lui ai montré tout mon intérêt pour sa conversation en lui tournant carrément le dos au KL… je me demande ce qu’il a bien pu penser de moi, avant de se tirer sans un mot… je me demande s’il s’est rendu compte de mon manège, s’il s’est rendu compte de mon regard ravi et aimanté, perdu devant les agissements d’un super-mega-bogoss… mais peu importe, rien à cirer… tant pis si ça jase… je suis homo et un jour il faudra bien que cela se sache… de toute façon je vais partir à Bordeaux, je vais changer de vie… et d’amis… d’amis ou plutôt de connaissances… car ici à Toulouse, à part Elodie, je n’ai pas vraiment d’amis… 

    Le vent d’autan est toujours là, il commence à faire chier… je lui en veux pour ce qu’il m’a apporté la veille… ce que je ne sais pas à ce moment là, c’est qu’à l’avenir il aura encore beaucoup de choses à me dire, des plus enchanteresses aux plus déchirantes… mais cet après midi là, le vent d’autan ne semble avoir aucun message à me délivrer… j’avance tranquillement dans la rue direction le quartier de la Halle aux Grains, plutôt confiant d’aller passer un bon moment… 

    J’arrive devant la porte de l’immeuble et je sonne à l’interphone.  

    « Salut, c’est Nico… » j’annonce. 

    « Ah… » je l’entends plaisanter « je croyais que c’était Bono de U2… ». 

    Hummmm un beau message subliminal au passage je trouve…. 

    Je ne peux pas me retenir de sourire. Surtout lorsque j’entends en arrière plan sonore dans l’interphone les « waf waf » puissants de mon pote le labranoir. 

    « Gabin a mal aux oreilles à cause de tes bêtises… » je lui réponds. Je l’entends rigoler à son tour. Ça me fait drôlement plaisir d’entendre sa voix et son rire charmant. 

    « Avance, toutes les portes sont ouvertes… ». 

    En effet, la porte donnant sur la rue est ouverte, et la porte fenêtre de l’autre coté du vestibule l’est aussi… j’ai tout juste le temps de la refermer derrière moi que je vois débouler une masse noire remuant vigoureusement une queue bien touffue… Gabin m’accueille les pattes grandes ouvertes… 

    Je caresse le beau brun… un beau brun à quatre pattes… pour le coup il est debout sur deux pattes, les antérieurs posées sur mon t-shirt, le museau essayant d’aller le plus loin possible pour atteindre mes oreilles… il est comme moi, il adore les oreilles… je le caresse généreusement, son poil est trop doux, son affection trop touchante… 

    « Gabin, au pied… » j’entends Stéphane le réprimander. Trop tard. Mais qu’importe. C’est trop mignon l’affection d’un labra. 

    Je me suis parfois fait la réflexion que s’il me faut un mâle, il me faut carrément le mâle parfait… brun, musclé, puissant, fougueux, câlin, gentil, fidèle… à ce moment précis je me dis qu’en fait, ce n’est pas un mec qu’il me faut, c’est un labrador noir…

    Je finis par avancer vers le maître des lieux, malgré la fougue que Gabin met à accaparer mon attention.  

    « Bonjour… » je lui lance simplement. 

    « Salut » il me répond « Gabin a l’air content de te voir… » 

    Je lui souris. Il est beau. Simplement habillé avec une chemisette bleu foncé, d’un short marron de randonneur avec plein de poches d’où dépassent des jambes poilues et plutôt musclées ; d’une paire de baskets blanches ainsi que de son sourire charmant et bienveillant… je me fais la réflexion qu’il y a dans ce garçon quelque chose qui me renvoie à un autre gars pour qui j’avais un temps eu beaucoup d’estime et que jusqu’à la veille je trouvais charmant et attachant au delà du raisonnable… un certain Thibault…

    Dans le doute sur la tenue à avoir, je lui serre la main… je sens la prise ferme de la sienne et je vois son petit sourire s’ouvrir dans un grand sourire… un geste inattendu et rapide de son bras m’approche soudainement de lui, nos torses se frottent, nos visages se frôlent… il me claque la bise et il me chuchote à l’oreille : 

    « Il n’y a pas que Gabin qui est content de te voir… » 

    Je retrouve sa gentillesse. L’impression, la démonstration que ça lui fait plaisir de me revoir. Et toujours je retrouve avec bonheur l’accent chantant des toulousains, cet accent qui sent bon le sud, les briques chaudes des immeubles de Toulouse en plein été, le vent d’autan, le rugby. J’ai l’impression que ce gars est vraiment à l’image de sa ville… chaleureux, accueillant, solaire… l’impression qu’il est vraiment un enfant du pays… c’est mon ressenti, un ressenti qui, plus tard ce jour là, se révélera infondé, mais qu’importe…

    « Moi aussi je suis content d’être là… » je lui réponds. 

    « Ca a été laborieux… » il plaisante pendant qu’on franchit le seuil de l’apart. 

    « Après le bac je me suis fait embarquer à Gruissan par ma cousine et quand on est revenus sur Toulouse elle ne m’a pas lâché les baskets… » je tente d’expliquer ma dérobade pendant qu’il referme la porte derrière nous. 

    Je culpabilise quand même un max pour mon annulation du lundi.  

    « Désolé encore pour l'autre soir, je n’étais pas bien… » j’ajoute en m’enfonçant avec regret dans un mensonge hélas nécessaire. 

    « C'est pas grave… si tu as annulé, c’est que tu avais une bonne raison… et puis on n’est pas mariés… n’en parlons plus, l’important c’est que tu sois là maintenant… » rigole-t-il. 
    Il est adorable. Je me contente de sourire, touché par ses mots.

    « Tu veux boire un truc ? »

    « Une bière blanche ? » je me lance.

    « Je dois avoir ça… installe toi, j’arrive ».

    Pendant que Stéphane trifouille dans le frigo, je prends place dans le canapé devant la table basse. Gabin ne tarde pas à approcher, pour s’asseoir en chien porte journaux, le dos lourdement appuyé contre ma jambe… la tête se relève, son regard cherche le mien… il veut des câlins… je ne résiste pas à son regard gentil, alors je lui en fais des câlins, je lui en fais un max, mes mains ne se lassent pas du contact super agréable avec son pelage doux, mes yeux ne se cessent de s’attendrir devant sa demande inépuisable de câlins… je me dis que ce chien… on dirait moi, moi en permanence en demande de câlins… sauf que moi j’en ai que très rarement, presque jamais, et le peu qui viennent sont toujours payés au prix fort… ce que je ne sais pas encore, c’est que cet après midi là je vais en avoir des câlins, et bien au delà de mes espoirs…

    Stéphane revient avec deux bières blanches. Il s’installe sur le canapé à coté de moi.

    « Alors, t'as été à la mer ? »

    « Oui, une semaine avec ma cousine... »

    « C’est sympa Gruissan… »

    « J’adore ce coin » je lui confirme.

    « Ca a du te faire du bien après le stress du bac… » il relance, le regard illuminé d’un petit sourire bienveillant.

    « Oui, j'en avais plutôt besoin… » j’admets.

    Evidemment, je m'abstiens de lui dire que le plus grand stress dans ma vie de jeune homme n'était pas le bac, mais un certain brun qui me parait si loin à l'heure qu'il est…

    Pendant que je lui raconte quelques anecdotes politiquement correctes de mon séjour à Gruissan, pendant que je lui parle de ma cousine, de nos déconnades, de nos balades interminables sur la plage, Stéphane s’approche petit à petit de moi et sa main droite se faufile dans mon dos, sous mon t-shirt.

    Je suis surpris par le contact inattendu de sa main avec ma peau, surpris par son initiative, et pendant un instant mes mots marquent une pause… il me sourit, je lui souris, il continue ses caresses dans mon dos, je continue mon récit…

    Le contact de sa main dans le dos est super agréable… surtout lorsqu’elle finit par remonter dangereusement vers cette région hyper sensible et hyper sensuelle chez moi qu’est la zone comprise entre mes omoplates, la base de mon cou, l’arrière de mon cou et le coeur de cible, le bas de ma nuque… si sa main se pousse jusqu’à là, je ne vais plus être maître de mes actions… je sens la chaleur de sa main, la douceur de ses doigts, la caresse sur ma peau… je ressens des petits frissons picoter tout au long de ma colonne vertébrale… c’est super bon ça…

    J’ai du mal à réfléchir, à organiser mes mots, à les prononcer… je regarde vers la table basse, je suis perdu dans ce bonheur sensuel… sa main monte de plus en plus… je sens ses doigts franchir la frontière haute de mon dos, en direction de ma nuque où l’essai va se transformer en feu d’artifice… les frissons sont comme des étincelles qui crépitent partout sous ma peau… ma respiration se fait ample et profonde… c’est bizarre comme sensation cette caresse est si apaisante… si réconfortante… je me sens vraiment bien… j’ai presque envie de pleurer… je me tourne vers lui, je croise son regard, il est vraiment super charmant, sans compter le fait que ses doigts me font un de ces effets… j’ai de plus en plus de mal à parler alors j’écourte mon récit et je décide de le faire parler à ma place.

    « Et toi, t’as fait quoi ces deux dernières semaines ? »

    « Je n’ai rien fait de spécial… » sera sa réponse pendant qu’il pose son verre sur la table basse « … mais je sais ce que j’ai souvent eu envie de faire… »

    « C'est-à-dire ? »

    Il sourit, gentil, adorable.

    « C'est-à-dire… ça… »

    Et sans plus attendre, il récupère le verre de ma main, il le pose sur la table basse à coté du sien, il s’élance vers et il pose ses lèvres sur les miennes… une fois, deux fois, trois fois… tout doucement… mes lèvres s’ouvrent, elles vont à leur tour à la rencontre des siennes… il me serre contre lui et il commence à me couvrir de baisers… sur mon front, sur mes joues, sur mes yeux, dans le creux de mon cou… ses mains se baladent lentement mais fermement dans mon dos… ses paumes parcourent ma peau et leur passage me donne des frissons de dingue…

    Quelques instants plus tard, me voilà allongé sur le canapé… Stéphane me regarde avec des yeux doux, adorables… il se penche sur moi, il m’embrasse à nouveau, ses mains se portent des deux cotés de mon cou, de mon visage, elles me caressent les cheveux, les oreilles, reviennent à la base de ma nuque… je suis comblé de bonheur, j’ai envie de pleurer de bonheur devant ce mec encore presque inconnu qui m’offre tant de tendresse en quelques simples gestes, alors que j’en suis indigne, alors que pas plus tard que le lundi précèdent je lui ai posé un lapin pour aller me faire baiser par un mec qui en vaut vraiment pas la peine…

    Je suis comblé de tendresse et ce câlin me fait un bien de fou, je suis au bord des larmes, j’essaie de me retenir… je n’y arrive pas, elles coulent sur mes joues… je suis touché, ému… car cette tendresse… cette tendresse c’est tout ce que j’ai cherché depuis toujours sans jamais le trouver… c’est tout ce que j’ai cherché et c’est si bon… c’est si naturel et si bon… alors qu’on me l’a toujours refusée, me traitant presque de dingue, comme si je demandais un truc carrément impossible ou tout bonnement stupide…

    Je savais bien que j’avais besoin de cela… je savais bien que ça me ferait du bien… devant tant de bonheur, le malheur et la déception de m’être tant de fois fait jeter remonte en moi avec une virulence absolue… je pleure devant le bonheur que ce câlin m’apporte, je pleure pour le bonheur de me sentir bien, à ma place, de ne pas devoir culpabiliser d’avoir besoin de cela, de chaleur humaine, d’affection, de tendresse… je pleure, je me vide du malaise que j’ai cumulé jusqu’à là en prenant sur moi…

    Oui, sous la vibration déclenchée en moi par ce câlin, tout semble ressortir, mon cœur se vide de ce malaise pour se remplir de ce bonheur nouveau… le bonheur de me dire que j’ai le droit de recevoir cette tendresse, que je suis normal, que je ne demande pas la lune…

    Quelque chose lâche en moi, comme un barrage qui reteint des larmes trop longtemps stockées… les tensions se relâchent, ça sort enfin, ça fait mal et ça fait bien à la fois…

    Sous ses caresses, je ressens tous mes muscles se décrisper, je prends des respirations de plus en plus profondes… si seulement j’avais su que ça se passerait ainsi, lundi dernier je n’aurais jamais annulé… que vaut le sexe quand il n’est que baise, si jouissive soit-t-elle, comparé à ce bonheur simple, le bonheur de se trouver dans les bras d’un garçon qui n’a pas peur de ce qu’il ressent, un garçon devant lequel on a n’a pas besoin de faire semblant, un garçon avec qui on peut être entièrement nous même…

    « Excuse moi… » je finis par lui chuchoter.

    « Laisse toi aller… » ce seront ses seuls mots.

    Stéphane est un mec en or. Il me laisse pleurer en silence, sans me demander d’explications. Il sait que j’ai besoin de ça, de recevoir ses caresses, de me laisser aller. Que j’ai besoin de me détendre et d’être mis en confiance. Il finit par s’allonger à son tour sur le bord du canapé, par se blottir contre moi, par me serrer dans ses bras et poser un petit chapelet de bisous légers dans le cou… la chaleur de son corps et l’odeur de sa peau, de son gel douche, m’apaisent et me font sentir bien… sacré Stéphane… ça c’est un mec… un mec qui s’assume et qui me fait sentir bien !  

    Entre temps, un événement inattendu s’est produit : Gabin est monté sur le canapé et s’est installé entre nos jambes. Ce qui a le pouvoir de m’attendrir et de me faire rire. Sous l’effet du contact rassurant de l’étreinte des bras du maître et écrasé par le poids affectueux du labra, je finis par me calmer et par essuyer mes larmes…

    Stéphane se rends compte que ça va mieux et me relance avec une blague :

    « Je vais t’offrir un chiot labrador… ça c’est un véritable anti-dépresseur… ces chiens ce sont des clowns…»

    Je rigole à mon tour, faisant des câlins au noiraud.

    Stéphane se lève et j’en fais de même, obligeant le labra à descendre à son tour du canapé. Je me sens gêné pour ce qui vient de se passer… pleurer dans les bras d’un mec au deuxième rancard… ça fait pauvre mec, non ? Je ne sais pas quelle opinion il doit désormais avoir de moi… et j’ai peur de le découvrir… j’ai peur de l’avoir déçu, saoulé… j’ai peur d’avoir foiré cette belle journée… qui aurait envie d’aller plus loin avec un cas soc pareil ?

    Je cherche dans ma tête quelque chose de drôle à dire pour faire oublier mon moment de faiblesse, pour me tirer de l’embrasser de cet instant mais je ne trouve rien… heureusement pour moi, le charmant Stéphane se chargera de cela…

    « Dis… » me lance-t-il en me rendant mon verre de coca à peine entamé « ça te dirait une petite balade ? Il fait si beau cet après midi, il me semble qu’il faudrait en profiter... ».

    « Pourquoi pas… » je réponds trop heureux qu’il envisage de passer du temps avec moi, même si l’idée d’aller me balader quelque part où l’on croiserait forcement des gens, alors que mon visage doit encore être marqué par le passage de mes larmes, m’enchante moyen. De plus, je ressens une fatigue montante engourdir mes membres, une fatigue due au nombre d’heures de sommeil largement insuffisant de la nuit précédente ainsi qu’à cette brusque et intense montée d’émotions.

    Je viens tout juste de terminer ma réplique et déjà je me dis que j’aurais quand même pu me montrer un peu plus enthousiaste… d’autant plus que c’est vrai,il fait beau, et il n’y a rien de mieux que marcher un peu pour se changer les idées.

    « J'ai envie d'aller faire un tour au jardin des Plantes... » m’explique-t-il.

    J’ai un très bon souvenir de ce lieu, même si ça fait un bail que je n'y ai pas mis les pieds... dans mon souvenir d’enfant, ce lieu est un petit Paradis en plein milieu de la ville… je me souviens y être allé avec mes grands parents, plus rarement avec mes parents... je me souviens des canards flottant sur les plans d'eau, des paons en liberté appelant sans cesse Léon... je me souviens des grands arbres, des pelouses, des fleurs, de la musique joué par des musiciens de rue...

    A ce moment précis, je trouve que ce Stéphane est définitivement un garçon plein de bonnes idées.

    « Ca roule pour moi… » je consens, soudainement emballé par l’idée de cette petite balade « … ça me fera plaisir d'y retourner, depuis le temps… »

    « Gabin va être content de gambader... » rajoute Stéphane.

    Gabin en laisse, sagement au pied de son maître, nous voilà marchant dans la rue des Potiers direction le Grand Rond... car il est usage, pour accéder au Jardin des Plantes, de passer par le Grand Rond, ce grand espace vert posé au milieu de la ville, ce jardin comme tombé du ciel qui surprend le visiteur à chaque coup, comme un avant goût de ce jardin enchanteur que nous allons visiter.

    Oui, à l'entrée sud du centre ville de Toulouse, se trouve un énorme rond point rempli de verdure, clôturé par une enceinte en fer battu style XIX comme le domaine d'une grande demeure... c'est un oasis de verdure, de calme et de beauté protégé qui se retrouve aujourd’hui placée à l'intersection de quelques uns des axes principaux de la ville.

    Nous y arrivons par l'entrée nord, et nous nous engageons dans l'allée en passant entre les deux statues de Rouillard, posées en vis-à-vis, d'une part la chienne enchaînée avec ses chiots, en face, le loup avec un des chiots affolés qu'il vient de lui voler... sur notre gauche le kiosque à musique, en face, au milieu du jardin, le fameux jet d'eau du Grand Rond...

    A chaque fois qu’on en franchit les grilles, ça fait une drôle de sensation... on vient de traverser des passages piétons régis par des feux de ville, les voitures viennent de recommencer à circuler dans notre dos dès qu’on a atteint le trottoir d’en face…

    Et hop, on rentre dans le Grand Rond et on a l'impression de changer de dimension... à l’extérieur c’est la ville, le rush, la course contre la montre… alors que dans l'enceinte, c'est le calme, la détente... tout autour, au delà des grilles la ville gouille de sa circulation qui tourne tourne tourne autour de ce Grand Rond comme des abeilles autour d'une tête de tournesol, alors qu’à l'intérieur, même si le bruit des voitures arrive à se faufiler, on a l'impression que le temps tourne au ralenti, on a l’impression d'être en vacances...

    Il fait vraiment bon en ce dimanche de début d'été et c'est agréable de se balader avec Stéphane... car non seulement ce garçon est très charmant, mais en plus il est très intéressant, intarissable sur l'histoire de la ville, qu'il semble connaître par coeur... c'est ainsi que j'apprends que le Grand Rond est en effet un jardin public crée en plein milieu du XVIII siècle, que son surnom de Boulingrin vient de l'anglais Bowling-green en référence aux pelouses sur lesquelles les Toulousains venaient jouer au jeu de boules à l’époque… qu’après la Révolution, le lieu fut baptisé « Grand Rond » à la suite d’une course hippique...

    Vraiment ce Stéphane… plus je le regarde, plus je le côtoie, plus je dois admettre qu'il me fait vraiment envie... c'est un garçon tellement simple et nature, tellement radieux que j'ai l'impression que avec lui tout doit être simple et plaisant... je me surprends à le regarder avec une très forte envie de me retrouver dans ses bras, de nous échanger des câlins et de nous donner du plaisir...

    Notre balade se poursuit sous le soleil, j'ai l'impression que le vent d'autan s'est enfin un peu calmé.

    Gabin, quant à lui, est vraiment d'une sagesse irréprochable. Il ne bouge même pas une oreille lorsque on croise d'autres chiens. Bon, à part une petite « saloperie » de Jack Russel qui lui gueulera dessus sans raison, attaque auquel le labranoir ripostera avec un "boup", un seul, mais tellement puissant que le petit morveux n'osera pas surenchérir...

    On arrive devant l’accès de la passerelle métallique qui conduit au Jardin des Plantes en surplombant les trois voies qui tournent autour du Grand Rond... nous l’empruntons et je remarque que la circulation est plutôt calme en ce dimanche de début d’été... car si les habitants de la ville rose sont de sortie, il le sont davantage à pied qu'en bagnole...

    Nous voilà donc au Jardin des Plantes. C’est vraiment plaisant d’avoir en plein centre ville des lieux comme celui-ci, un poumon vert avec ses allées bordées de grands arbres superbes, pour certains plusieurs fois centenaires, capables d’offrir de l’ombre et de la fraîcheur aux allées sillonnées par les toulousains...

    Ce lieu est une vraie bulle au milieu de la ville, un véritable plaisir pour les yeux ; avec ses points d’eau où des canard colvert, des oies et des cygnes flottent sans prêter attention aux nombreux visiteurs, ni même aux cris des enfants... avec ses petits sentiers en terre battue pour se balader à l'ombre, ses petits ponts, une jolie cascade ; avec ses pelouses, de grandes surfaces vertes en plein soleil ou ombragées où les visiteurs se prélassent, discutent, picorent, rigolent, lisent, font la sieste, jouent de la musique, profitent, aussi bien seuls qu’en famille, en charmante compagnie ou entre amis, de cet avant goût de grandes vacances...

    Des vrais poneys pour de petites balades pour les enfants, des manéges pour occuper les plus jeunes tout en étant en contact avec la nature, un petit train, des musiciens de rue, un vendeur ambulant de glaces et de crêpes... un muséum, des serres, un resto sympa… et pile comme dans mon souvenir d’enfant, des paons évoluant en toute liberté que l'on entend de loin bien avant de les voir surgir de nulle part et se mettre soudainement à appeler le pote Léon… tout ça c’est le Jardin des Plantes à Toulouse… de quoi bien occuper un bel après midi de début d’été, surtout quand on est, comme je le suis, en charmante compagnie…

    Quand je repense à ce dimanche de calme et de détente, quand je revois dans mes souvenirs tous ces gens qui profitaient du petit bonheur de cet après-midi ensoleillé, je suis triste de me dire qu’ils étaient à des années lumière d’imaginer qu’à la fin de cet été là deux événements majeurs et inattendus, l’un très lointain mais avec un retentissement mondial, un autre à l’échelle bien plus locale, mais d’une gravité dévastatrice, allaient bousculer les vies de tout un chacun… qu’en l’espace de quelques heures, le monde que nous connaissions allait nous apparaître sous un tout nouveau jour.

    Hélas, la vie est ainsi faite… il faut profiter de chaque instant de bonheur, comme si c’était le dernier… il faut profiter, sans penser à demain… il faut vivre, vivre tant qu’il en est temps…

    On marche depuis un bon petit moment et on a presque fait le tour du Jardin.  

    « Mes parents m’amenaient souvent ici quand j’étais enfant… » me raconte Stéphane. 

    « Moi c’était mes grands-parents, mes parents ont toujours été très occupés par le taf… » 

    « Peut-être que l’on s’est déjà croisés ici, alors… » 

    « Peut-être bien… » 

    « On rentre ? » me propose Stéphane avec un sourire adorable. 

    « On rentre… » je lui confirme. 

    Un quart d’heure plus tard nous sommes à l’apart. Je passe la porte et j’avance doucement vers le séjour… je me sens attiré vers cette pièce accueillante… je ne sais pas trop comment l’expliquer mais je me sens bien dans son apart, je trouve que tout est plaisant, l’agencement des lieux, les couleurs, l’empreinte olfactive, ce léger parfum de cuisine qui flotte dans l’air, la présence d’un garçon doux et rassurant, les pas cadencés d’un labrador noir qui se précipite pour boire bruyamment dans sa gamelle d’eau; oui, à l’image de ses deux habitants, ce lieu est pour moi une oasis de bonheur qui me permet d’arrêter de penser à ce beau brun, Celui-dont-je-n-ai-même-plus-envie-de-prononcer-le-nom…  

    J’entends Stéphane fermer la porte d’entrée juste derrière nous. Je n’ai pas arrêté d’avancer et je suis presque arrivé dans le séjour… soudainement je sens les pas précipités non pas de Gabin mais de Stéphane dans mon dos. Je sais ce qui va se passer… je sais que Stéphane a des beaux projets pour la suite… j’ai hâte de les découvrir, mais une fois de plus je savoure également cette petite attente…  

    C’est sciemment que je choisis de ne pas me retourner, de continuer à avancer tout doucement en attendant de me faire rattraper… j’ai envie d’être surpris, j’ai envie qu’il me montre ce dont il a envie… 

    En un instant il m’a rejoint… je sens ses deux mains se poser délicatement sur mes épaules ; je sens sa bouche se poser sur mon cou, dans le creux de mon cou, ses lèvres caresser ma peau et y poser un petit chapelet de bisous légers… je sens ses mains descendre et soulever mon t-shirt… sans vraiment me rendre compte comment, je me retrouve torse nu… je sens ses mains se poser à nouveau sur mes épaules, amorcer un double geste coordonné destiné à me faire pivoter… 

    Je cède à son invitation silencieuse… on est face à face… nos regards se croisent… le sien est clair, gentil, ses yeux noisette sont doux, on dirait ceux de Gabin qui nous regarde assis sur ses pattes arrière, l’air intrigué… je me dis qu’un mec qui possède un labrador si mignon ne peut pas être mauvais… d’ailleurs, je crois que tout le monde devrait une fois dans sa vie faire l’expérience de côtoyer un labrador pour comprendre ce qu’est la tendresse, la douceur, et un regard aimant… 

    Je me sens vraiment bien avec ce garçon… je n’ai aucune crainte, je sens, je sais que je peux lui faire confiance, je sais que je vais passer un bon moment… je me sens à l’aise, je sais que je peux enfin être moi-même et que cela ne va pas me retomber dessus, que ça ne va pas se terminer dans un rejet et une humiliation… 

    Je le regarde, il me fait de plus en plus envie ce mec… plus je le découvre, plus je me sens violemment attiré par lui, je le trouve incroyablement, infiniment séduisant… c’est une attitude qui transpire de chacune de ses fibres, un ensemble de choses qui vont de son regard charmant à sa peau douce… séduisant c'est un détail, comme une barbe bien taillée… séduisant c’est le triangle de peau de deux boutons ouverts d'une chemise qui donne envie de découvrir davantage, d'aller plus loin avec les yeux, les lèvres, les doigts… 

    Quand je pense que la première fois que je l’avais vu je l’avais trouvé « joufflu »… définitivement, il est des beautés qui ne se révèlent pas entièrement au premier regard, des beautés qui ont besoin d’un petit laps de temps pour nous apprivoiser, pour faire que l’œil, enfin captivé, s’habitue et s’attache à ceux qu’on a d’abord pris pour des petits défauts et qui se révèlent au final être des détails charmants qui font qu’on est conquis petit à petit et inexorablement…

    Et là, devant ce garçon attentionné, me voilà conquis, vraiment conquis…

    Cette fois-ci c’est moi qui l’embrasse… mon cou avance tout seul et mes lèvres se collent aux siennes… nos langues se mélangent… ses mains se sont animées pour déboutonner sa chemise… mes mains s’animent à leur tour, j’ai envie de la lui défaire moi-même… dès que nos doigts se rencontrent, ses mains de retirent, laissent place aux miennes… sa chemisette est vite ouverte… et vite tombée…  

    Oui, ce gars est définitivement, terriblement séduisant… séduisant c’est aussi un torse finement mais régulièrement velu sur une peau légèrement mate, un torse doux et agréable au toucher, que ce soit au toucher de mes lèvres, de mes doigts ou de mon torse encore pratiquement imberbe… 

    Stéphane revient vers mes lèvres, nous sommes tous les deux torse nu, difficile, impossible de résister à la tentation de coller nos torses l’un contre l’autre… j’ai trop envie de le serrer contre moi, de sentir la chaleur de sa peau contre la mienne… dès que nos bras se mélangent dans nos dos pour serrer nos corps l’un contre l’autre, dès que nos peaux se touchent, dès que la chaleur de son corps irradie dans le mien, dès que la douceur du léger duvet de poils recouvrant son torse caresse le mien, dès que ses mains se baladent dans mon dos jusqu’à caresser mes cheveux à la base de la nuque, voilà, je me sens bien… très bien, trop bien, plus que bien… 

    Je suis soudainement projeté dans un univers de bien être physique et mental… c’est comme si tous mes muscles et mes tensions se relâchaient d’un coup… je sens un frisson puissant parcourir mon corps… c’est tellement géant, plus encore que tout à l’heure sur le canapé, que j’ai à nouveau envie de pleurer… cette fois ci je me retiens de justesse… 

    Il me serre très fort, alors que sa main n’a cesse de caresser la base de ma nuque… j’adore, ce contact me fait un de ses effets… je ne peux même pas l’exprimer… et ce qui me met dans cet état, ce qui m’enchante et me trouble à la fois, c’est de recevoir autant de tendresse d’un seul coup, me rendre compte que cela est normal et possible, alors que j’en ai terriblement langui jusque là… 

    J’ai à la fois envie de continuer à lui faire des câlins tout doux et de partir dans des caresser un peu plus sensuelles… j’ai envie de lui donner du plaisir, de lui donner tout en douceur… je cherche sa ceinture, je commence à lui défaire tout doucement… 

    « Viens, on va dans la chambre, on sera mieux… » me propose-t-il juste avant que je m’attaque à sa braguette. 

    « Allonge-toi » m’invite-t-il « j’ai envie de m’occuper de toi d’abord… ». 

    Je le vois défaire sa braguette, se débarrasser de son short mais garder son beau boxer DIM orange et blanc. C’est beau aussi un beau mec avec juste un beau boxer sur lui… 

    Il s’approche de moi… il vient m’embrasser à nouveau, longuement… lorsque ses lèvres quittent les miennes, c’est pour descendre sur mon torse, pour m’embrasser doucement un peu partout… ses doigts parcourent ma peau, sa langue agace mes tétons, ses caresses, ses baisers parcourent lentement mon torse vers le bas… il arrive à mon nombril… il est à la lisière de l’élastique de mon boxer qui dépasse légèrement de mon short sans ceinture… il commence à défaire la zip lentement… il ôte mon short… il laisse le boxer… il pose les lèvres sur le tissu fin… il commence à jouer avec mon gland gonflé à bloc, avec ma queue déjà raide et de plus en plus à l’étroit dans mon boxer…  

    C’est une scène qui me procure une étrange sensation de déjà vu, mais que je vis sous un autre angle que celui auquel je suis habitué… de l’autre coté non pas de la force (car que l’on soit actif ou passif, lorsqu’on couche avec un garçon, on est forcement « du bon coté de la force ») mais « de l’autre coté du bonheur », le bonheur masculin… car ce jour là je découvrirai avec bonheur quelque chose que j’avais déjà commencé à entrevoir lors de la première petite galipette avec Stéphane, à savoir qu’il existe tout un revers du plaisir auquel je suis habitué, celui ce faire jouir un beau garçon, et que ce revers est le plaisir de ce garçon, un plaisir que je vais le découvrir, je suis en mesure de prendre moi aussi… 

    Ce jour là je vais découvrir qu’il n’est écrit nulle part que je serai toujours un mec soumis à un mec dominant, un mec passif pour faire le bonheur d’un mec actif, que je peux prendre mon pied juste avec ma queue et ressentir un plaisir « de mec » en regardant un garçon s’occuper de moi, de ma queue… que je peux faire un peu mon… mon Jérém à moi, quoi… 

    Lorsque je regarde Stéphane poser ses lèvres sur mon gland au travers du tissu fin, je ne sais pas encore que ce ne sera pas la dernière fois cet après midi là que j’aurais cette sensation de déjà vu, mais « de l’autre coté du bonheur »… oui, cette après midi là, tout un nouveau monde de jouissance me sera dévoilé, avec une nouvelle conscience de la jouissance masculine, une conscience encore plus puissante, encore plus brûlante, car non plus seulement basée sur le fantasme et sur des réactions observées mais enfin étayée par l’expérience, une expérience vécue à la première personne… ce jour là je commencerai à vraiment comprendre comment Celui-dont-on-ne-doit-pas… jouit, ce qu’il ressent dans son corps, dans sa queue, dans sa tête… 

    Ce ne sera qu’un début, d’autres garçons par la suite m’apprendront sous différents angles ce qu’un alpha male ressent dans sa jouissance, dans sa fierté de male, devant un gars qui le fait jouir… l’expérience avec d’autres garçons m’apprendra bien de choses au sujet de l’évolution, ou plutôt de la dégradation des rapports entre le beau brun et moi… 

    Mais cela sera pour un autre jour… 

    Pour l’instant je suis avec Stéphane et il semble bien parti pour bien s’occuper de moi… il excite ma queue bien raide encore emprisonnée dans le tissu élastique de mon boxer pendant quelques instants… je sais qu’il veut me faire un truc que personne ne m’a jamais fait… je le sais car il le voulait déjà la dernière fois, si seulement je n’avais pas joui si vite dans sa main… il me tarde de savoir quelle sensation ça fait… à en croire au bonheur que cela semble procurer à mon beau brun, et si on se fie aux racontars des gars qui y ont goûté, ça doit être un truc de tonnerre… 

    Stéphane fait glisser mon boxer au long de mes cuisses jusqu’à mes chevilles… me voilà complètement nu, la queue bien droite, devant un mec qui va me tailler la première pipe de ma vie… ses lèvres se posent doucement sur mon gland… déjà ce simple contact me fait vibrer… et lorsque sa langue commence à y glisser dessus, à s’y enrouler, je ressens des frisson inconnus et puissant se propager dans mon ventre et dans tout mon corps… et lorsque mon gland disparaît à l’intérieur de sa bouche pendant que sa langue s’affaire à des choses bien plaisantes autour de mon sexe, j’ai l’impression de m’envoler… 

    Jusqu’à là je savais que j’adorais sucer un mec pour le voir prendre son pied… ce jour là je découvre que j’aime également me faire sucer… et pas qu’un peu… de plus, Stéphane est vachement attentif… dès notre première rencontre il a décelé la sensibilité extrême de mes tétons… et il ne l’a pas oubliée depuis ! Ses doigts les caressent avec la bonne pression, la bonne cadence, ce qui a le don de démultiplier mon plaisir sexuel… c’est tous simplement géant comme sensation… comme des feux d’artifice qui se croisent, se combinent, se donnent réciproquement de l’ampleur… ce n’est plus du plaisir, c’est proche de l’extase… 

    « C’est trop bon… » je laisse échapper. 

    « J’ai très envie de te faire plaisir… » me chuchote-t-il, sa main remplaçant momentanément sa bouche sur ma queue… il relève le torse et revient vers mes lèvres pour m’embrasser à nouveau ; et il ajoute « tu es vraiment beau garçon et en plus t’as une très jolie queue… ». 

    « Merci… ». Personne ne m’avait jusqu’à là fait tant de compliments. Et surtout pas Celui-dont-on-ne-doit-pas… 

    Et il continue « … t’as une belle queue faite pour prendre ton pied et pour faire plaisir au gars qui a la chance d’y goûter… t’es vraiment un bon petit mec qu’on a envie de faire jouir…». Là non plus on ne m’avait jamais présenté les choses de cette façon là. Il m’était arrivé de dire des choses dans ce ton à Celui-dont-on-ne-doit-pas…, certes… mais de les entendre à mon adresse, ça me fait tout drôle… mais il faut admettre que ça me flatte un bon peu… ça me met du baume au coeur d’être considéré « beau garçon », ou « un bon petit mec qu’on a envie de faire jouir »… j’ai l’impression de commencer à comprendre un peu ce que ressent Celui-dont-on-ne-doit-pas… quand je lui balance ce genre de mots… j’ai l’impression de voir les choses de son point de vue… 

    Oui, c’est la première fois qu’on me présente les choses de cette façon là… jusque là ma queue avait joué un rôle tout à fait secondaire dans l’expression de ma sexualité… et là, ce charmant Stéphane semble suggérer avec les mots et à me montrer avec les actes qu’on pourrait bien prendre du plaisir à me sucer comme un vrai mec… ça, rajouté au fait de me rendre compte que je prends du plaisir à ce que l’on s’occupe ainsi de moi, à ce qu’on s’occupe d’elle, ça en fait de découvertes plaisantes en une seule fois… 

    Un instant plus tard les lèvres de Stéphane s’attardent sur mon cou pour le couvrir de petits baisers sensuels… sa bouche redescend ensuite au long de mon torse, jusqu’à que sa langue arrive à hauteur de mes tétons… et pendant que sa main enserre délicatement ma queue et continue à la branler tout doucement, je ressens dans tout mon corps des sensations plaisantes à un point inimaginable… la stimulation simultanée de ma queue et de mes tétons me met dans un état d’excitation indescriptible…  

    J’ai l’impression que j’approche à grands pas de l’orgasme, l’impression que je vais jouir très vite… j’ai à la fois très envie d’aller au bout de ce plaisir inconnu qui s’annonce puissant, débordant et magique… j’ai à la fois envie de jouir et de faire durer l’attente, de laisser Stéphane me conduire, tel Virgile dans la Foret Obscure, dans la découverte de ce pays magique qu’est le véritable plaisir masculin… la découverte du plaisir intime, puissant et mystérieux de tous ces mecs qui me font fantasmer et que j’ai un jour rêvé de soulager, et par-dessous tous, le plaisir que ressent Celui-dont-on-ne-doit-pas… quand je le fais jouir… j’ai hâte de jouir, d’arriver au bout de la découverte du fait que j’ai le droit de jouir moi aussi, comme eux, avec ma queue… 

     

    [Cet épisode est dédié à tous les lecteurs qui suivent les « aventures » de Jérém et de Nico. Il l’est, comme tous les autres. Car c’est grâce à vous que cela existe. Sans votre support et sans l’intérêt que vous portez à cette histoire, je pense qu’elle ne serait pas allée aussi loin… je pense que je ne serais pas allé si loin (je parle aussi des nombreux épisodes à venir)]. 


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