• 18 Incandescent. Jérémie, le joint et moi

     

    Le lundi après cette nuit en discothèque terminée dans la voiture de Jérémie avec sa queue giclant copieusement dans ma bouche, je le retrouvai en cours. Mes sens en éveil après cette petite gâterie si excitante, je fus très déçu de voir que le beau brun n’envisageait pas de révisions ce jour là. Le mardi non plus.

    Ce ne fut que le mercredi matin qu’il manifesta son intention de me retrouver aux chiottes du troisième étage entre midi et deux … sa chambre d’étudiant étant inaccessible, son frère squattait une semaine chez lui. Je m’y rendis juste après la fin des cours de la matinée et il me rejoignit discrètement peu après.

    Dans la même cabine que la dernière fois, il me fit mettre à genoux, il ouvrit rapidement la braguette, pressé et inquiet d’être découvert comme un mec qui se dit hétéro et qui se fait sucer par un pd en cachette; il en sortit un sexe déjà bien avancé sur la route de l’érection et le posa sur mes lèvres. Celles-ci s’ouvrirent avec un bonheur non dissimulé et un instant après son gland touchait au fond de mon palais. Et comment aurait-t-il en être autrement avec ce mec, avec ce physique insoutenablement beau, ce torse aux proportions parfaites sur qui, une nouvelle fois, un t-shirt blanc avec un col en V plutôt ample se moulait avec une précision, avec un panache et un éclat à brûler les yeux ?

    Je le suçais avec un bonheur extrême, les images de samedi dernier dans la voiture se superposant à l’image en direct avec pour résultat celui d’en découpler la puissance érotique. Je me fis un honneur de bien astiquer son gland, le titillant d’abord avec le bout de ma langue, enroulant ensuite cette dernière bien autour de ce bout de sexe magique, léchant ce gland turgescent dans tous les sens, avec des appuis tour à tour plus légers et extrêmement marqués; je modulais ainsi la montée de son plaisir masculin et je le sentais frissonner successivement d’excitation et de frustration.

    Putain, quel bonheur de commencer à ressentir une telle compétence dans la maîtrise du plaisir d’un jeune mâle de ce genre… et cette entente tacite qui s’établissait entre nous… ses mains qui se faufilent à travers le col de mon t-shirt et se glissent sous le coton jusqu’à atteindre mes tétons… ma fellation qui prend alors une nouvelle dimension… son sursaut alors que le mouvement de ma bouche s’accélère… mes mains qui lui rendent la pareille autour de ses tétons, le faisant sursauter à nouveau et l’approchant dangereusement de l’éjaculation… une escalade excessivement plaisante vers des sommets de plaisir, une action parfaitement menée, un travail d’équipe rodée, une harmonie extrême, au point que, devinant qu’il allait arriver trop tôt à transformer l’essai, je mis alors un grand coup de frein sur l’action de jeu : je retirais mes mains de son torse, je délaissais sa queue pour me consacrer à un retour en terre (presque) inconnue, cet endroit magique, j’ai nommé ce petit creux entre la naissance de la queue et celle des bourses dont j’avais il y a peu découvert l’existence, cet endroit si généreux d’effluves qui ne sont pas sans donner une certaine idée du bonheur absolu.

    Oh combien furent-t-elles chargées d’émotions les retrouvailles avec ce petit coin de Paradis caché au milieu du sexe d’un beau garçon… je restais un bon petit moment à humer ce petit bout de peau, tout en continuant à branler sa queue pour le faire patienter vis-à-vis de l’absence de ma bouche et de ma langue autour de son sexe. Je savais qu’il n’aimait pas trop que je délaisse son gourdin pour partir dans ce genre de trip… mais putain, là était précisément mon pied et je comptais bien en prendre un peu, à ma façon…

    J’étais tellement enivré par toutes ces odeurs délicates que mes paupières tombèrent toutes seules, l’esprit ravi et transporté si loin… attiré comme un aimant par cet endroit caché et mystérieux, je finis par y approcher mon visage au point que le bout de mon nez en effleura la peau douce et chaude. Et quel bonheur, quel bonheur de déceler un petit frisson parcourant son corps à ce moment là, un petit décrochage de sa respiration, par ailleurs de plus en plus courte et bruyante, indiquant qu’il appréciait ce contact…

    Putain de mec… ce corps divinement beau semblait vraiment conçu dans le but exclusif de faire l’amour… de prendre et de donner du plaisir… son allure, son attitude virile, sa sexualité débordante, son regard, tout en lui puait littéralement le sexe… Faut vraiment admettre que j'adorais son odeur corporelle: c’était un truc à me faire craquer direct dès que je m’approchais de sa peau, c'était comme si son corps tout entier sentait l'amour. Et enfin, cette sensibilité de tout son épiderme, dans les moindres recoins, à des caresses, à des contacts inattendus…

    Ce mec semblait vraiment aimer tout ce que je lui faisais… dans les limites qu’il avait fixées dès notre première révision évidemment… cette limite étant la célébration de la supériorité de sa virilité, célébration dans laquelle je m’engouffrais chaque jour un peu plus avec un bonheur qui ôtait toute raison à mon esprit, dans un abandon total à l’ivresse provoquée en moi par ce garçon.

    Plus tard dans ma vie je rencontrerai d’autres mecs : certains se révéleront très chatouilleux à certains endroits ou alors pas très sensibles à d’autres… Jérém pour sa part, c’était le bonheur absolu de ce coté là… le bonheur de découvrir jour après jour que chaque centimètre de sa peau était sensible au plaisir… aucun endroit de son corps ne m’était interdit et toute expérience tactile était envisageable et lui procurait du plaisir, de l’excitation. La jeune salope que j’étais s’en donnait à cœur joie, et nageait en plein bonheur à chaque fois qu’elle découvrait un endroit inédit, un frisson inconnu par son amant.

    Jamais après lui, je ne trouverai une telle complicité d’envies, d’attitudes, de plaisirs avec un garçon. Que ce soit cette entente parfaite à niveau sexuel qui était notre seul relationnel à cette époque ou la relation qui viendra plus tard entre nous, beaucoup plus complexe et dans laquelle le sexe ne sera plus le seul ingrédient (tout en demeurant un élément excessivement important) je n’ai retrouvé à ce jour cette perfection, cette plénitude.

    Très ému de lui avoir fait découvrir cette nouvelle sensation, je sentis que ma langue avait envie de s’octroyer elle aussi sa part de bonheur. Elle sortit de ma bouche et alla lécher ce petit endroit magique, d’abord tout doucement, ensuite avec plus de vigueur pour finir avec des passages amples et bien mouillés étalées généreusement tout autour de ses couilles et le bas de son mat.

    Le mec sembla retirer un plaisir inattendu du travail inédit de ma langue autour de ses bijoux de famille, travail associé à celui jamais interrompu de ma main faisant des va-et-vient sur sa queue ; un plaisir tellement intense que je ne tardai pas à sentir son bas ventre se contracter dans le mouvement typique annonçant l’arrivée de l’orgasme. Une venue qui fut si soudaine, ses gémissements tellement contenus, que je n’eus que le temps de relever ma tête pour voir le premier jet s’échapper du bout de son gland et retomber dans le dos de mon t-shirt. Le deuxième arriva et s’abattit entre ma joue et la commissure de mes lèvres; j’arrivai à enfourner sa queue pour recueillir les suivants sur ma langue avant de les faire glisser lentement dans ma gorge.

    Pendant que je finissais de le faire jouir, je sentais son jus dégouliner lentement sur ma joue et me chatouiller la peau. Une fois son dernier jet expulsé, il retira sa queue de ma bouche ; il appuya ensuite son gland sur ma joue et, s’en servant comme d'un pinceau, il ramena vers mes lèvres la giclée abondante et épaisse que j’avais ratée un peu plus tôt. Je levais les yeux pour le regarder faire… putain de mec tellement viril, se deux mains dirigeant sa queue tendue pour me faire avaler son jus, s’y reprenant à plusieurs reprises, jusqu’à me faire profiter de la toute dernière goutte. Docile et soumis, je nettoyais avec ma langue ce jus à fur et à mesure que sa queue le ramenait à mes lèvres. Je terminai par astiquer sa queue de fond en comble, me poussant à aller chercher dans le tissu de son boxer les quelques traces de jus que mon manque de réactivité m’avait fait rater. Et là encore, putain, quelle envie de me perdre là dedans, le nez dans le lycra de son sous-vêtement, ma tête entre ses jambes, ses bourses frôlant mes cheveux.

    Ce fut à Jérémie d’y mettre un terme, bien trop tôt à mon goût, à ce moment d’extase. Il recula son bassin, l’éloignant ainsi de mon visage, il remonta son caleçon pour y ranger sa queue, ce qui n’était pas une mince affaire puisque elle n’avait toujours pas débandé ; il reboutonna le jean et sortit de la cabine en premier, me laissant là à genoux, sans un mot, sans un regard, la joue encore souillé par des traces humides de son jus de mâle, la bouche copieusement tapissée de ce goût si fort, si agréable de jeune mec.

    Qu'est ce qu'elles étaient bonnes ces pipes inattendues… certes mon ti cul frémissait de désir et d'envie... mais alors, quel bonheur d’avaler son jus de mec… un bonheur, une envie grandissants, insoutenables… j’avais constamment envie de le prendre dans ma bouche, de le sucer, de le sentir prendre son pied, de sentir ses jets chauds percuter mon palais… sentir et garder son goût dans la bouche pendant le plus longtemps possible… comme l’après midi de ce mercredi là, quand il me fut impossible de me concentrer sur mes cours tellement son goût persistait dans ma bouche, la trique dans mon caleçon, mes yeux rivés sur lui assis juste devant moi, pensant à sa queue, à sa façon de me remplir la bouche, à sa queue qui nettoie ma joue, hummmm, une envie déchirante de lui sauter dessus et de le faire jouir encore et encore…

    Hélas, mon envie ne pouvait s’exprimer que si le beau brun en disposait. Je vous le donne en mille, voilà que le lendemain le beau brun choisit de ne pas en disposer. Sexy comme toujours, la chaleur du mois de juin aidant, poussant le vice jusqu’à arriver en cours avec un débardeur noir d’une beauté à me donner des palpitations assorti à un short qui découvrait ses mollets et le bas de ses jambes légèrement poilu mais si puissants et harmonieux à la fois… sans parler de ces putain de lunettes noires de bogoss qu’il chaussait dès qu’il sortait dans la cour, lunettes portées au dessus de sa coiffure aux cheveux courts le restant du temps… putain de mannequin à claques… je pense que si Lagarfeld t’avait connu à cette époque, tu aurais été sa muse à la place de cette tête de nœuds de Baptiste…

     

    Et si le jeudi ce fut jour de disette, le vendredi ce fut à nouveau jour de révisions. Chez lui. Le frangin était enfin parti. Dommage… j’aurai bien voulu le voir le frérot de mon bel amant… est ce qu’il serait si beau, sexy et con que Jérém ? Est-ce qu’il baiserait aussi les mecs, en plus des nanas, comme son grand frère ? Si depuis le samedi, quand Jérém m’avait annoncé qu’il dormait dans son apart, mes fantasmes avaient eu bon train, je savais bien que ce jour là je n’aurai pas la réponse à mon questionnement.

    Maintenant qu’il était parti, je pouvais retrouver le beau brun sur son lit. Lorsqu’il ouvrit la porte, il était déjà torse nu. Quand je dis que ce mec aimait le risque, c’est à ça que je fais allusion. On tape à ta porte, alors que t’es gaulé comme un Dieu (du Stade). Je ne sais pas moi… moi à sa place je prendrais des précautions. Prend une assurance vie, passe un t-shirt. On ne sait jamais… tu pourrais te trouver en face de quelqu’un faible de coeur… là c’est la crise cardiaque assurée… ou alors en face d’une nana en rut… là, c’est le viol assuré… ou alors devant un pd, et là, c’est juste un regard admiratif, subjugué, hypnotisé, conquis, plein d’envies et de bonnes intentions : oui, j’aime à croire que le pd est la seule créature sur terre à pouvoir pleinement apprécier la beauté surnaturelle de ce genre de mec.

    Sa peau mate sculptée sur un relief d’abdos indescriptible dégageait une tornade d’effluves masculins et de deo de mec… un mélange explosif qui envahit mes narines au même instant que l’image se grava dans ma pupille incrédule. Putain de mec. Quand je dis que son corps tout entier sentait l'amour…

    Il ne se passa pas plus que trois secondes entre l’instant où ma main quitta la poigné de la porte pour saisir la poignée bien raide de Jérém. Faut dire que le coquin, semblant plutôt impatient de prendre son pied, m’avait bien avancé le travail ; la porte n’était pas encore refermée derrière moi que déjà il était dos au mur, la ceinture était défaite, la braguette ouverte, son jean et boxer blanc descendus à mi cuisse; mes genoux touchaient tout juste terre quand cette queue à la forme pétante, dressée dans toute sa splendeur au beau milieu de ce corps parfait, se présentait devant mes lèvres, gonflée de puissance et de virilité, suscitant en moi un désir devant lequel je capitulais sans résistance.

    Me voilà devant ce manche puissant dressé devant ses tablettes de chocolat odieusement sexy, prêt et impatient d’apprécier au plus juste le plaisir exquis, le bonheur immense, le privilège sans pareil d'avoir sa queue frémissante, frétillante et bien tendue dans ma bouche.

    J’ouvre mes lèvres et j’avale lentement son sexe au plus profond de ma gorge, millimètre après millimètre, mes lèvres serrant bien sur son passage, ma langue titillant d’abord le gland et le bas de la queue en suivant. Je reste ainsi un instant, mon palais envahi par son sexe tendu, par sa virilité puissante. Sa main glisse sur ma nuque, imprimant une pression assez vigoureuse qui a pour effet d’enfoncer sa queue encore un peu plus profond dans ma gorge… je suis à la limite du haut le cœur, mais je tiens bon, son bassin commence ensuite des petits mouvements de va-et-vient, ses deux mains désormais fermement posées sur ma nuque. Je l’entend lancer, la voix étranglé par l’émoustillement :

    Putain de gorge profonde, tu l'as presque toute avalée…

    Ses mots crus résonnant comme de la pure poésie à mes oreilles. Ajoutant le geste à la parole, Jérém fait un truc de dingue : il sort sa queue de ma bouche, il me repousse l’épaule, il se décolle du mur et me fait signe de prendre sa place. Me voilà loti comme notre toute première fois, la nuque prise en étau entre le mur et sa queue qui s’enfonce lentement dans ma bouche, qui glisse jusqu’à la garde sous l’avancement sensuel de son bassin; après un instant de répit, son bassin commence à pilonner ma bouche avec une force et une rage que je ne lui avais jamais connues.

    A cet instant, je ne gère plus rien… je ne suis qu’un trou dans lequel un beau male dominateur prend tout son pied. Son rythme change ensuite, devenant au fil de l’enchaînement de ses coups de reins de plus en plus appuyé, Jérém serrant progressivement ses doigts autour de mes cheveux, imposant le rythme infernal d’une pipe sauvage… il saisit mes cheveux si fermement qu’il ne se rend pas compte que ses doigts attrapent aussi mon oreille ; ses mains, ses bras attirent ma tête et ma bouche sur son sexe, le tout coordonné avec ses coups de reins, dans une frénésie de baise dont le coté excitant n’avait d’égal que dans ma difficulté de plus en plus insurmontable à reprendre le souffle, à différer cet instant de répit qui m’aurait permis de retrouver mes esprits…

    A un moment je n’en peux plus, je manque d’air, je le repousse violemment. Instinct de survie. Il revient illico, je le repousse encore, j’ai besoin de reprendre mon souffle.

    Attend… ! – je lui crie tout bas. Je baisse à peine ma tête, le souffle court, en train de reprendre mes esprits. Les odeurs de mec qui se dégageaient de son bassin donnaient l’assaut à mes narines et me firent bientôt retrouver l’envie de l’avoir dans ma bouche. Je n’eus qu’à relever à peine ma nuque pour que le signe fut interprété comme un feu vert. J’entrouvrît à peine mes lèvres et sa queue s’y glissa illico, recommençant ses allées et venues si puissants et violents.

    Sans un mot, ses envies devenaient mes envies. Plus rien d’autre existait pour moi que son plaisir à lui. Sans un mot, tout passant par son attitude, par des gestes d’une virilité insoutenable, une autorité plus forte que s’il s’était adressé à moi dans les termes classiques:

    Prends la bien au fond...

    Jérém semblait pris dans une telle tempête des sens que rien autour de lui n’avait plus de valeur… ce n’était qu’un bête enragée dont le seul but était de jouir, le plaisir montant le rendant complètement déconnecté de toute empathie et de toute conscience vis-à-vis de ses agissements. Fallait-t-il imaginer,  comme j’aimais le faire, que c’était la tempête des sens qui le rendait si sauvage et si brutal ? Ou bien, admettre qu’il prenait du plaisir à me traiter ainsi? Sa raison s’éclipsait-t-elle devant l’éruption du plaisir ou alors était-t-elle au service d’un érotisme débridé teinté d’une nuance de sadisme? Sa brutalité était-t-elle une conséquence de son état d’excitation ou une volonté délibérée ?

    Quoi qu’il en soit, ce soir là Jérém était plutôt en forme, plutôt surexcité… je ne l’avais jamais vu dans cet état là, même pas quand il avait un peu bu… on aurait dit que ça faisait une éternité qu’il n’avait pas baisé… peut être depuis la gâterie dans les toilettes du troisième ? Plus de 48 heures ? Aurait-t-il même oublié de se branler pendant cette insoutenable période d’abstinence? J’avais du mal à le concevoir, mais essayer d’y croire augmentait encore mon excitation et m’aidait à supporter les assauts de plus en plus violents portés par sa queue dans ma bouche.

    Au bout d’un long moment de fellation de plus en plus sauvage et brutale, le mec se retira soudainement de mes lèvres. Je le vis se positionner face au mur juste à coté de moi, y appuyer ses mains, incliner son buste et cambrer ses reins… sa rondelle offerte ne laissait aucun doute quant à ses envies… quand la question est si clairement posée, la réponse ne peut être que précise et exhaustive. Je m’apprêtais à m’engouffrer dans cette partie de l’intimité du beau mâle quand un autre détail anatomique capta mon attention.

    La position du bassin telle que Jérémie l’avait posée, faisait que ses bourses pendaient bien nettes dans son entrejambes, mettant en évidence le galbe délicat, émouvant et parfumé de ses testicules. La tentation était trop forte. Je décidai alors de le surprendre, quitte à me faire jeter. Ma langue se pose alors juste en dessus de ces bourses bien remplies et si invitantes, elle se met à lécher la raie du milieu, jouant avec ces couilles si douces et si lourdes, massant tour à tour l’une et l’autre, s’engouffrant entre elles, les faisant monter, redescendre, jouant littéralement avec, pendant que mon nez respirait à plein régime les odeurs masculines s’y dégageant.

    Je guettais la réaction de mon jeune et fougueux amant vis-à-vis de ce changement de programme inattendu… mes craintes se dissipèrent aussi tôt, lorsque je sentis sa respiration se faire plus profonde et irrégulière, signe évident d’une montée de plaisir assez conséquente. Je poussais mon effronterie jusqu’à en gober une et de la garder un instant bien au chaud sur ma langue… et comme là encore j’eus l’impression que mon initiative avait passé le crash test, je n’aurais pas supporté de ne pas réserver le même traitement à sa sœur jumelle… faut être juste et cohérent dans la vie. Aller au bout des choses.

    Une fois de plus, j’étais arrivé à le surprendre, me voilà fier comme Artaban. Preuve en est que sa main gauche avait glissé sur sa queue pour entreprendre de la branler tout doucement. Je prenais vraiment du plaisir à jouer ainsi avec ses coucougnettes et j’avais envie de m‘y attarder longtemps ; hélas, j’étais en face d’un garçon qui avait les idées plutôt claires quant à ses envies… alors, quand il avait un truc derrière la queue, il ne l’avait pas ailleurs… le mec voulait que je m’occupe de sa rondelle et un mouvement d’avancement de son bassin plutôt soudain sonna la fin de la recréation, cette récréation que je m’étais octroyée de façon unilatérale et qu’il devait estimer avoir bien assez longtemps tolérée, la fin de ce moment de pur bonheur passée à jouer avec ces jolies boules, ces boules que j’aimais tant car elles n’étaient pas moins que le cœur même de sa virilité.

    Il me commanda ainsi, sans un mot, rien qu’avec une communication corporelle qui ne laissait guère place aux interprétations, de bien lui lécher la rondelle, chose que je fis pendant un long moment et avec un entrain qui semblait le ravir au delà de toute espérance. Décidemment, Jérém avait l’air survolté ce soir là… Plus tard je me rendis compte que dans la pièce planait une odeur qui ne m’était pas vraiment inconnue, une odeur que je me souvenais avoir sentie la nuit du plan avec son cousin, une odeur que, associée à une cigarette grossièrement roulée, mi consumée et abandonnée sur la table de nuit, me fit comprendre qu’il s’agissait de cannabis. Ce qui donnait à mes yeux des nouveaux éléments d’explication concernant l’attitude déchaînée et limite brutale du jeune homme.

    Ma langue s’affairait sur et dans son petit trou, goûtant à la peau fine et chaude de sa rondelle, se poussant de plus en plus loin dans son intimité la plus inviolée.

    Putain, c'est terrible, vas y, continue, c'est trop bon !

    Jérém était presque dans un état second. Décidemment la parole serait restée une denrée rare ce soir là. Sans prévenir, il éloigna ses fesses de ma bouche ; il se retourna et me présenta à nouveau ma queue devant ma bouche. Le mec qui n’avait jamais cessé de faire coulisser ses doigts sur son sexe était visiblement au bord de la jouissance. Il m’avait dit « Prend ma queue, je vais jouir dans ta bouche, tu vas tout avaler » ça n’aurait pas été plus clair.

    Au lieu de quoi, sans un mot, il avança son bassin, il appuya son gland sur mes lèvres tout juste ouvertes et un jet épais en jaillit ; il laissa glisser sa queue entre mes lèvres mettant quelques coups de reins plutôt vigoureux au terme desquels il finit d’éjaculer le reste de sa semence dans ma bouche.

    Putain, quel bonheur de se faire d’abord défoncer par un petit con sexy pareil! Un petit con qui jouit dans ma bouche, qui range ensuite sa queue dans son boxer, remonte son pantalon sans même se préoccuper d’agrafer sa ceinture ou de passer un t-shirt, sans m’adresser le moindre regard, pour aller fumer en terrasse le reste de cette « cigarette » qu’il avait attrapée au passage sur sa table de nuit.

    Il en revint cinq minutes plus tard. Ceci explique pourquoi six minutes plus tard j’étais allongé sur le dos, un coussin sous mes fesses, le pieu de Jérém bien enfoncé dans mon fion, ses coups de reins me labourant de fond en comble et me procurant un bonheur sans égal. Voir le mâle en train de baiser dans toute sa splendeur, voilà l’extase. Etre sa femelle, l’élue de sa queue, voilà le statut que j’ambitionnais par dessus tout en ces moments d’excitation. Je le regardais là, dressé devant moi, son bassin s’agitant autour de mon trou de balle, sa queue complètement enfouie en moi, ravi du contraste extrême auquel j’assistais, le contraste qui décrit au même temps la complémentarité parfaite de nos sexualités, le contraste entre le plaisir excessivement masculin que ce mec était en train de prendre et mon plaisir à moi, un plaisir plus passif mais également intense, un plaisir qu’à priori n’a rien de masculin mais qui était bel et bien le mien, ce mouvement de lime et de bien être que sa queue procurait par ses passages répétés, par ses frottements réitérés sur les parois de mon anus, les coups mis au plus profond des entrailles sollicitées à bloc. Le plaisir de voir ce mec prendre son plaisir. Le mec aimait baiser et moi j’aimais me faire baiser. C’était bon et c’était beau, c’était le nirvana. Je m’entendis gémir de plaisir. Comme une petite chienne en chaleur.

    Vas y, couine comme une vraie petite pute…

    C’est bon, Jérém… je chuchotai…

    Plus fort…

    C’est trop bon ça, c’est le pied…

    Vas y, plus fort encore, dis le que tu adore te faire défoncer par un mec qui a une bonne queue…

    Ah oui, putain, ta queue est fabuleuse… elle me donne un pied de ouf…

    T’as envie d’en prendre plein le cul…

    Oh, oui, vas y prend ton pied, autant que tu vois, et remplis moi…

    Je vais te remplir, oui, je vais te fourrer ta chatte de petite pute…

    J’adorais le voir en train de me baiser tout en m’insultant, me traitant de salope; je fondais en matant les mouvements de sa petite chaîne sur la peau douce de ses pectoraux, je jouissais en regardant l’image du plaisir se projeter sur l’écran de son visage, dans sa respiration ; et son odeur, son parfum, tout un univers de sensations olfactives qui me shootait comme le plus puissant des joints…

    Ses coups de reins étaient de plus en plus amples et rapides, le plaisir que je retirais du passage déchaîné de sa queue était tel que je faillis jouir sans me toucher. Mon corps tout entier était secoué par la violence de ses assauts puissants et sans retenue.

    Je vais te remplir… tu vas avoir le cul qui déborde avec tout ce que je vais te mettre…

    Je sentais, je voyais qu’il allait jouir. Ah, cet instant incroyable, si intense, si beau, si attendu, si excitant et si passager, qui nous happe quand on se rend compte qu’un beau garçon va se vider en nous… c’est toute la beauté du monde qui se presse dans nos yeux à ce moment là, tout le bonheur possible pour notre esprit. Et quand on voit les spasmes traverser son corps, quand l’orgasme fait évaporer son esprit, là on s’accroche pour ne pas défaillir. Oui, je faillis tomber dans les pommes quand, en lisant entre des signes révélateurs – ses paupières qui tombent, les lèvres qui s’ouvrent dans un râle incontrôlé – je vis littéralement passer sur son visage les giclées qu'il était en train d'injecter en moi.

    Il s’affala alors sur moi, épuisé, ventre contre ventre, sa peau sur le coton de mon t-shirt, son visage dans mon cou… Je sentais une telle chaleur, une telle plénitude générée par la présence de sa queue dans mon trou, par le bien être de sentir tout le poids de son corps sur moi, alors, quand je crus deviner les prémices des mouvements qui l’auraient rapidement mené à sortir de moi, je ne pus m’empêcher de lui lancer :

    S’il te plait, reste encore un peu en moi…

    Je n’avais pas fini de parler qu’il se relevait déjà, me dominant de tout son torse et toute sa masculinité. Sa queue était toujours en moi.

    Vas y, branle toi !

    Programme inédit et surprenant qu’il m’annonçait le lascar. J’entrepris alors d’exécuter son souhait. Et alors, quel plaisir inattendu, quelle excitation extrême que de me branler, le fion envahi par la présence débordante de sa queue, rempli et fourré de son jus de mâle… comble du comble du bonheur et de l’excitation, j’avais même la sensation que Jérém éprouvait un certain plaisir à me regarder me branler ; encore mieux, j’eus à plusieurs reprise l’impression, pendant que je travaillais mon manche, qu’il continuait à mettre des coups de reins légers entre mes fesses… je giclai ainsi rapidement sur le bas de mon t-shirt, mon orgasme décuplé par la présence de Jérémie, ce fantasme sur pattes, cette virilité insoutenable et par la présence de sa queue en moi, mon anus se contractant autour de son sexe lors des éjaculations, me renvoyant ainsi une surprenante sensation d’invasion, d’occupation de mon intimité qui faillit me faire partir en plein délire de gémissements.

    J’avais joui, je m’étais vidé dans un orgasme plutôt intense et copieux ; qu’à cela ne tienne, ses coups de reins n’avaient guère cessé, au contraire, ils reprenaient de l’ampleur… putain, il était à nouveau en train de me tringler, sans même avoir déculé… quelques minutes à peine après avoir joui… putain de mec !

    Sa queue, lubrifiée par sa précédente éjaculation, glissait avec une facilité extrême entre mes fesses… il souleva mes jambes avec ses bras puissants, mes pieds posés sur ses épaules, me pilonnant avec une vigueur inédite et compétemment déroutante, quand on pense que le jeune étalon était à sa troisième galipette en quelques minutes à peine…

    Ses gestes étaient puissants, précis, virils. La queue bien au chaud dans mon intimité, il allait me féconder à nouveau… sa respiration était profonde, il soufflait comme un petit taureau en rut.

    Il commença assez gentiment, mais ses va-et-vient prirent rapidement une ampleur et un déchaînement sans précédents… au bout d’un moment, j’avais le cul endolori, presque en feu… mon excitation retombée après mon éjaculation toute récente, l’émoustillement de le voir prendre son pied en moi ne suffisait plus à couvrir la douleur que gagnait de plus en plus mon bas ventre et mon ti trou… pour la première fois je me retrouvais à espérer que sa jouissance arrive vite pour que cesse le supplice… j’avais de plus en plus mal, mais je n’osais pas lui demander d’arrêter… malgré ma volonté de le laisser aller au bout, mon visage devait montrer ma peine, car à un moment Jérém me lança d’une voix rageuse :

    T’en as déjà assez que je te démonte le cul… n’est ce pas… tu vas me supplier d’arrêter…

    Je ne répondis pas.

    Vas y, espèce de pute, t’as envie de te faire défoncer mais tu ne tiens pas le coup, c’est ça ? Vas y, dis le que t’as envie de crier que t’as le cul cassé et que tu me supplies d’arrêter..

    Nouveau silence gêné et troublé de ma part.

    Vas y, putain…

    Devant son insistance, je décidai enfin de le contenter.

    Oui, ta queue est tellement puissante, t’es tellement un vrai mec que j’ai le cul en feu, arrête s’il te plait…

    Espèce de salope…

    J’en peux plus, tu es trop, tu m’as épuisé… tu m’as eu…

    Tu vais attendre encore un peu, ça va venir, je vais encore te fourrer comme tu le mérites…

    Je ne pouvais pas lui faire ça, lui empêcher de jouir une dernière fois.

    Vas y, mec, vide toi encore dans mon ti cul…

    Et il jouit. Encore. En moi.

    Tiens, prend ça, prend ça, encore, tu vas en avoir plein le…

    Sans qu’il puisse terminer sa phrase, je le vis s’envoler à nouveau dans un grand râle de plaisir qui marquait également l’effort physique produit pour atteindre ce nouvel orgasme, comme en témoignaient également l’état de son front et celui de son torse, désormais dégoulinants de sueur…

    … plein le cul… - arriva-t-il à articuler dans un dernier effort, les mots se perdant au fond de sa gorge privé de souffle, juste avant de dégager presque violemment mes chevilles de ses épaules et de s’affaler à nouveau sur moi, complètement épuisé et privé de ses forces, appuyé ventre contre ventre, son visage dans le creux de mon cou, tourné vers mon épaule, sa queue toujours en moi…

    Le mec ne bougeait plus, pesant de tout son corps sur le mien, sa poitrine bougeant au rythme de sa respiration accélérée, son souffle chaud sur mon épaule… les battements de son cœur rapides, puissants, se mélangeant, se superposant aux miens… ce n’était plus sa puissance sexuelle que ce mec me communiquait ma sa puissance de vie toute entière.

    Je crois que là il va rester un moment… surtout si je ne lui demande rien… il a l’air tellement épuisé qu’il va récupérer un instant avant de se relever… putain, putain, putain… il est tombé comme un lapin après le coït… il est là sur moi, son corps chaud et tout moite de sueur contre le mien, vulnérable, si beau qu’on ne peut pas le décrire… son corps vidé momentanément de toute sa virilité, privé de toute volonté, dans un état d’épuisement et d’absence total, sa puissance sexuelle évaporé dans la jouissance que mon corps avait collecté dans tous les endroits où il avait bien voulu l’exprimer. L’odeur de sa masculinité planait autour de lui, m’enveloppait et se répandait dans toute la pièce.

    Mes sens étaient encore enchantés dans un tourbillon de sensations qui les accaparaient totalement, ravis par des sensations visuelles, tactiles, d’odorat, de goût, d’ouie qui me rendaient dingue.

    Mais là, à ce moment précis, ce mec abandonné sur moi de tout son poids était une sensation qui balayait d’un coup toutes les autres : cet abandon, cette petite mort qui suit l’orgasme rendait à mes yeux ce mec attendrissant à un point que je ne peux même pas l’expliquer. Sur mon ventre je n’avais plus un étalon en rut, mais un garçon fragile à qui j’avais une envie folle de faire des câlins, de le serrer dans mes bras… et son cou à porté de ma bouche, cette tentation… trop envie de lui faire un bisou. De la folie.

    Je passai ainsi un bon petit moment sans bouger, un moment qui s’étira au point que je commençais à penser que Jérém s’était assoupi dans cette position. Sa respiration et son souffle étant les seuls éléments de vie dans la pièce plongée par ailleurs dans un silence complet. Et si c’était le cas, je commençais à en éprouver un bonheur sans précèdent, Jérém qui s’abandonne sur moi, la tête dans le creux de mon épaule juste après m’avoir fait l’amour…juste après m’avoir baisé, quoi…

    Je n’y tenais plus… face à son immobilité prolongée, me convainquant qu’il devait vraiment être assoupi, je ne peux m’empêcher de remonter mon bras libre pour lui caresser le bas de la nuque, là où ses cheveux son coupés si courts et où ils ont l’air si doux…

    Ahhh, comble du bonheur, ma sensation était fondée… Sa peau et ses cheveux sont si doux à cet endroit que me doigts en sont surpris, mon coeur subjugué, ému, j’ai envie de pleurer tellement c’est bon de le caresser, de sentir cette douceur tiède sous mes doigts… je sens mon cœur s’emballer, une larme monte à mes yeux… ma poitrine a un sursaut léger qui ne trompe pas… je ne vais pas pouvoir me retenir… l’émotion est trop forte alors que ma raison me dit « faut pas Nico, faut pas, faut pas qu’il te voit chialer… ». Hélas, à ce moment là la raison n’avait plus d’armes pour lutter contre le trop plein d’émotions qui débordait de mon cœur… pendant que je m’attardais dans ses cheveux le temps de deux ou trois passages légers de mes doigts,  une larme perla de chaque coté de mes tempes… … Toujours pas de mouvement de sa part. Malgré une envie irrésistible de le câliner et de le serrer dans mes bras, je ne m’attarde pas davantage dans cette caresse du bout des doigts, j’ai trop peur de le réveiller et de le contrarier… De plus, j’ai besoin de me calmer, de faire retomber mes émotions et laisser sécher mes larmes avant qu’il ne se relève, je ne veux pas qu’il me voie dans cet état.

    Pourtant, la cessation du contact avec cette région inexplorée de son corps, comme les premières secondes après la fin d’une symphonie de Mozart dont on dit que c’est encore du Mozart, ne fit pas cesser mon émotion et provoqua en moi un sursaut de tendresse irrésistible. Le souvenir du contact de mes doigts avec cette région de son anatomie, que je savais être hautement érogène et apaisant à la fois, par le correspondant sur ma propre anatomie, me procura une telle sensation de bonheur, un tel transport envers ce jeune homme abandonné sur moi que mon cœur fut à nouveau débordé d’émotions, pris d’une envie définitivement inéluctable de poser mes lèvres sur la peau mate de son cou.

    Avec un petit mouvement de la tête, je ne résiste pas à la tentation… j’effleure à peine son épiderme que Jérém se relève de moi dans un regain de forces soudain et presque brutal. Il descend du lit, se poste devant moi, la queue à peine moins tendue, il me toise, l’air mauvais, sans me lâcher du regard. Je baisse les yeux, attendant que l’orage tombe. Je remarque alors des traces brillantes sur les abdominaux du beau garçon. Après sa dernière jouissance, il s’est affalé sur moi, il est carrément tombé sur moi, et au contact de mon t-shirt trempé de mon jus il s’en est souillé. Putain, s’il le remarque ça va encore me tomber dessus… L’orage va se transformer en tempête…

    Au bout d’un instant qui me parut durer une éternité, il me lance, froid et limite hostile :

    Ne recommence plus jamais ça…

    Je ne m’étais pas trompé le soir après le départ de Guillaume, Jérém n’est vraiment pas prêt pour ça. Plus tôt ce jour là, en jouant avec ma langue sur ses castagnettes, je m’étais fait la réflexion qu’aucun endroit de sa peau ne m’était interdit dans la course vers son plaisir… hélas, fallait bien admettre qu’il y en avait bien certains qui l’étaient et que la mise à disposition de son corps à mon profit pour lui donner du plaisir s’arrêtait à la base de son cou. Ce dernier, ainsi que ses cheveux, son visage, sa bouche, sa langue, voilà autant d’endroits magiques dont l’accès m’était fermement interdit.

    Il saisit alors de son jean, qu’il passa à vitesse grand V; il ramasse son paquet de cigarettes tombé par terre à coté du lit et il repart fumer en terrasse.

    Pendant qu’il taffe, appuyé au parapet le regard perdu en contrebas vers la rue, je me motive à prendre une douche. Sans lui demander. Il n’avait pas bronché la fois que son cousin s’y était aventuré, je ne voyais pas parce que il en serait autrement avec moi.

    Le passage sous l’eau chaude me fait un grand bien, je me sens revigoré et la douleur que je sens monter dans mon bas ventre, cette douleur que je sais par expérience va me tourmenter tout le week-end et me suivre pendant une bonne partie de la semaine suivante, s’apaise provisoirement sous les bienfaits de cette tiédeur relaxante. En me baissant pour savonner mes jambes, je remarque dans le bac des traces rouges… du sang… je comprends de suite… la violence de ses assauts a fini par blesser mon ti trou. Je me disais bien qu’un jour cela devait arriver… Je me dis que ça ne doit pas être aussi grave et je continue à me doucher malgré la brûlure que je ressens à cet endroit. Je laisse couler l’eau assez longtemps, elle a un effet apaisant sur mon esprit également, comme si elle avait le pouvoir de nettoyer mon cœur que je sentais sali après la violence des assauts de Jérém…

    Putain, j’ai vraiment eu mal… pourquoi je lui ai laissé faire ça… ? Pourquoi cette rage de sa part ? Etait-elle vraiment due qu’au shit qu’il avait fumé avant et pendant notre partie de jambes en l’air ? Cette douleur est elle supportable et légitime pour célébrer sa virilité ? Jusqu’à où suis je prêt à aller pour lui faire plaisir sexuellement ?

    Je sors de la salle de bain quand Jérém passe la porte fenêtre. Il s’arrête net et me laisse passer, sans un mot, sans me regarder. Je me rhabille à toute vitesse, sans trouver le moyen qui me paraisse opportun pour casser ce silence assourdissant.

    Putain de mec, sexy et insupportable… appuyé au mur juste à coté de la porte fenêtre, torse nu, son regard à nouveau perdu dans la rue, il a l’air si triste, si vidé qu’il en est touchant. Je suis déchiré entre l’envie de le frapper pour avoir été si violent avec moi et le désir fou de m’approcher de lui et de le serrer dans mes bras, malgré la violence qu’il a fait subir à mon corps et qui pulsait de façon de plus en plus insistante dans mon fondement… j’avais vraiment une envie déchirante de le prendre dans mes bras qui passait par dessus tout le reste… je me faisais violence pour me retenir, mon seul frein étant l’insupportable certitude qu’il me repousserait, violemment qui plus est…

    Avoir tant de tendresse à donner, s’imaginer le bien qu’elle pourrait faire à celui à qui elle est destinée autant qu’à celui qui la dispense ; avoir en soi cette tendresse et la voir refusée, méprisée… quel gâchis et quelle tristesse ! Tant de tendresse à donner et un besoin si fort et déchirant d’en recevoir, ce ne serait qu’un tout petit geste qui me ferait me sentir autre chose que son trou, son vide couilles… j’avais mal dans mon corps et mal dans mon cœur, j’avais envie de pleurer, j’avais besoin d’un tout petit signe de sa part, une main sur l’épaule, un sourire, même une poignée de main, un « au revoir » sans fuir mon regard… tout sauf cette froideur, cette absence qu’il m’envoyait à la figure après m’avoir utilisé pour se soulager…

    J’avais à un point le cœur lourd que je ne pus me résoudre à partir sans tenter un dernier truc :

    Jérém…

    Quoi ? – répondit-t-il, tout continuant à fumer sa deuxième cigarette, sans quitter la rue des yeux.

    J’ai envie de te prendre dans mes bras…

    Tu devrais y aller…

    On t’a jamais fait un câlin ?

    Je baise, je fais pas de câlins…

    Il sortit en terrasse et retourna s’appuyer penché sur le rebord de la rambarde. La dernière image que j’emporterai de cet après midi là était ce torse nu spectaculaire vu de dos penché en avant, se bras appuyés sur le rebord, ses beaux cheveux bruns dont mes doigts conservaient le souvenir tendre et ému, son jean scandaleusement bien taillé autour de ses fesses, le tatouage autour de son bras et cette chaînette sexy qui pendait à la verticale au dessus de son cou. Jérém s’allumant une nouvelle cigarette. Tous simplement beau. Con, con comme un hétéro, mais si beau que ce n’est insupportable.

    En quittant sa chambre sans autre échange, je me dis que cette fois ci c’en était fini pour de bon. Que jamais je n’aurai osé franchir à nouveau la porte de cette chambre. Ca faisait trop mal… trop mal de me tirer ainsi, sans un regard, sans un mot pour revenir me faire défoncer dès qu’il claquait les doigts… L’amour physique était génial, un feu d’artifice, mais comme le chuchotait Gainsbourg :

    oh mon amour... l'amour physique est sans issue.
    Avec cette dernière image de Jérémie dans les yeux, ce sentiment de point de non retour, de solitude, de rupture définitive, son goût persistant dans la bouche, mon ti trou meurtri et de plus en plus douloureux, suintant lentement son jus dans mon caleçon, je me réfugiai sous la couette en serrant à moi cette chemise qu’il ne m’avait jamais réclamée et dans laquelle je retrouvais dans les larmes tout son odeur, tour son souvenir.

     


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