• 0231 Sous le ciel de Paris (partie 1 de 3).


    A l’approche de Paris, je découvre une banlieue au paysage monotone, grisâtre, peuplée de barres d’immeubles immenses et tristes, de tags plus ou moins heureux, de friches industrielles.
    Puis, alors que le train avance vers la ville intra-muros, la perspective se conforme peu à peu à l’image que je me fais de Paris. Le tout béton-goudron cède la place à la brique, à la pierre, à la grandeur.
    Le train s’arrête en gare de Montparnasse. C’est une gare immense, bien plus grande et imposante que celles de Toulouse ou Bordeaux. Ses espaces, quais, couloirs, halles, sont animés par un flux incessant de gens qui courent dans tous les sens. A Toulouse ou Bordeaux les gens courent aussi. Mais à Paris, ils semblent aller encore plus vite. D’autant plus que c’est la fin de journée et aussi la fin de la semaine.
    Dans toute cette pagaille, j’ai du mal à trouver ma direction, je suis désorienté. Et le flux incessant de la bogossitude ambiante défilant sous mes yeux ne m’aide pas vraiment à m’orienter.
    Un bobrun passe devant moi, puis un autre, puis un autre encore, puis un châtain, un blond, une casquette, une chaînette, un brillant à l’oreille, un t-shirt, une chemise, des shorts, des jeans.
    Un type au physique de basketteur me coupe le chemin sans même me voir et il trace sa route laissant derrière lui une trainée de parfum de mec qui contribue un peu plus à me perdre.
    A chaque fois, c’est comme si je me prenais une baffe inattendue et pleine figure. Ça surprend, ça décoiffé, ça laisse rêveur, ça enchante, ça ensorcèle. Et ça me fait hurler intérieurement : ah putain, qu’est-ce qu’il y a comme bogoss dans cette ville !
    Avec ce corollaire indissociable, indispensable, inévitable, cette sensation brûlante de baigner dans une immense voire infinie mer de sexytudes et de bogossitudes, une multitude de nuances telle qu’on a cette certitude qu’on ne pourra jamais tout capter, tout assimiler, tout percevoir, puisqu’à chaque seconde, chaque instant, une nuance chasse l’autre, la surpassant, la décuplant, avant de franchir un nouveau palier dans l’escalade de l’insoutenable l’instant suivant lorsqu’une nouvelle gifle nous assomme. Vertiges visuels, olfactifs, mentaux, à faire perdre la tête, presque insupportable tant l’esprit ne peut parvenir à se fixer et prendre le temps d’analyser, de profiter.
    Avant de m’engouffrer dans les entrailles de la terre, je ressens le besoin de sortir un instant à l’air libre et frôler le sol de la capitale. J’ai besoin de dire bonjour à Paris. Dès que je sors de la gare, la tour Montparnasse, imposante, se dresse fièrement devant moi. La façade en verre et métal de la gare fait également son effet. Mais pas autant que la foule qui gravite entre. Il y tant de monde qui grouille ici, tant de bogoss qui défilent, à ne plus savoir où donner de la tête. J’ai envie de capturer chaque éclat de bogossitude. J’ai aussi envie de visiter, de découvrir cette ville.
    Mais j’ai avant tout envie de retrouver mon Jérém. Pour mater du bogoss inconnu et pour visiter, j’ai tout un week-end à ma disposition. Mais je ne veux pas gaspiller une seule minute loin du gars que j’aime. Il est déjà 18 heures et mon bobrun m’a dit qu’il serait rentré à 18 heures. Chacune des minutes que je passe à traîner, est une minute volée à notre week-end.
    Je retourne alors à l’intérieur de la gare, et je m’enfonce dans le ventre souterrain de la capitale. Je tente de désactiver le radar à bogoss pour consacrer des ressources de système à la recherche d’un plan du métro qui m’indiquerait comment rejoindre enfin mon Jérém. J’ai vraiment du mal à m’orienter. J’ai l’idée de demander à un passant, mais tout le monde semble si pressé que je n’ose même pas.
    Je suis un peu perdu face à la frénésie du métro, à ses utilisateurs speedés, comme autant d’atomes excités par un courant mystérieux, comme un flux humain incessant qui circule dans les veines souterraines de la capitale.
    Je finis par trouver l’entrée du métro, puis le fameux plan du réseau. Je fixe le dédale de lignes multicolores pour définir la marche à suivre. C’est la première fois que je vois un truc aussi complexe. A Toulouse, il n’y a qu’une seule ligne. A Bordeaux, il n’y en a simplement pas. Je reste un petit moment planté devant ce plan, avant de réaliser que, pour me rapprocher de mon Jérém aux Buttes Chaumont, je dois emprunter la ligne 4, direction Porte de Clignancourt.
    Un brun, jeans et t-shirt blanc traverse mon champ de vision et manque de peu de me fait rater mon couloir de direction dans le métro.
    Je rejoins le quai, une rame arrive aussitôt. Une foule attend pour tenter sa chance. La rame est bondée. Une autre foule en sort, et pourtant la rame paraît toujours aussi bondée. Je me dis qu’il n’y a pas la place pour la plupart des gens qui attendent sur le quai. Et pourtant, ça commence à rentrer, ça se tasse à l’intérieur, et la plupart de ceux qui attendaient sont zippés à l’intérieur. Les portes se referment sans que j’aie pu tenter ma chance. Comment arrivent-ils à respirer ? Qu'est-ce qu'on est serré, au fond de cette boîte…
    Je regarde la rame repartir, disparaître dans le tunnel sombre, remplie de destins, de stress, de fatigue, des innombrables heures perdues par des hommes et des femmes qui se pressent chaque jour dans ce boyau de métal et de verre.
    La rame suivante arrive quelques minutes plus tard. Elle est presque tout autant bondée mais, avec une bonne dose de détermination, j’arrive enfin à m’y faufiler.
    Et je réalise très rapidement que dans ce lieu, ce monde à part, les rencontres avec la bogossitude y sont très nombreuses, tout aussi nombreuses que fugaces.
    Dans la rame, confronté à un renouvellement de paysage humain incessant au gré de arrêts aux stations, ma tête tourne dans tous les sens pour tenter de capter toutes les nuances d’une bogossitude si abondante, si variée et si éphémère que mon cerveau frôle la surchauffe.
    Il y a certains V de chemise ou de t-shirt qui donnent envie de plonger, plonger, plonger. Il y a des parfums qui m’hypnotisent. Des regards pleins de charmes qui m’assomment direct. Des petites gueules à pleurer. Des corps à la fois dissimulés et dévoilés par des vêtements, des corps qui font fantasmer. Des vies et des destins qui font fantasmer.
    Un bobrun assis juste à côté est en train de rigoler avec un pote. Son visage affiche un sourire tellement radieux et contagieux qu’il me donne envie de rigoler même si je n'entends pas ce que lui raconte son pote et qui l’amuse.
    Un peu plus loin, un mec qui est l’archétype du p’tit con avec une trop bonne p’tite gueule que tu as juste envie de gifler juste parce qu’il est sexy à un point que ça en est presque insoutenable. Il a les cheveux très courts autour de la tête, il porte une casquette à l’envers, une veste de jogging ouverte sur un t-shirt gris, un jean taille basse. Voilà un p’tit con qui doit inspirer d’innombrables désirs secrets partout où il passe.
    De l’autre côté de rame, un p’tit reubeu, la vingtaine, lui aussi sexy à mort. Ecouteurs sur les oreilles, jogging un peu satiné, sac à dos. Je ne sais pas ce qu’il écoute, mais ça a l’air de lui faire plaisir, car il affiche un petit sourire en coin très sexy, un petit sourire un peu arrogant, qui va avec la bonne petite arrogance de son attitude générale, avec cette façon de se tenir avec les jambes un peu écartées, les épaules légèrement penchées vers l’arrière, le front bien haut, fier de sa virilité.
    Et ce petit brun, que je n’avais pas remarqué auparavant parce qu’il n’est pas très grand et qu’il était caché par la foule, qui sort de la rame comme une fusée et qui court sur le quai : il va où ? Et cet autre assis contre une vitre, le regard perdu dans le vide, il pense à quoi, il rêve de quoi ?
    Et cet autre gars au profil charmant, les yeux rivés dans un bouquin, aperçu pendant un court instant sur la rame d'en face, lors d’un double arrêt en gare. C’est quoi sa vie ? Rencontre d’un instant, avant que nos deux rames repartent en directions opposées, éloignant à nouveau son destin du mien, et pour toujours, sans même que mon existence ne soit remontée à sa rétine et à sa conscience, sans même que le gars sache que, l’espace d’un instant, un mec venant de Bordeaux l’a trouvé tellement touchant.
    Je suis assommé par tant de nuances de mâlitude, par cette armée dispersée et pourtant impressionnante de détails virils, de brushing divers, de barbes sexy, de parfums, qui inspirent autant d’envies de douceur de plaisirs entre mecs.
    Je me demande combien de désirs, de regards furtifs, de bonjour, d'au revoir, d'adieux silencieux, et bien souvent à sens unique, se perdent chaque jour, chaque instant, dans couloirs, dans les gares, sur les quais, dans les rames, du métro parisien.
    Je suis impressionné par tous ces petits mâles lancés à toute allure vers des destins qui demeureront pour moi à jamais inconnus.
    Je descends à la gare de l’Est, et j’arrive enfin à me procurer un plan du métro. Mais je n’ai pas le réflexe de prendre une correspondance, d’autant plus que je suis toujours un peu perdu dans ce dédale de lignes multicolores. Je regagne la surface et l’air libre, j’ai envie de marcher. Une envie que je regrette un peu plus tard, lorsque je réalise que je suis bien plus loin de ma destination que je l’avais estimé sur le plan du métro.
    Une fois encore, j’ai du mal à trouver mon chemin dans cette ville inconnue. Je suis obligé de demander plusieurs fois à des passants pressés. Je me trompe, je suis obligé de revenir sur mes pas, je me trompe à nouveau, je fais des détours, je peste à cause du temps précieux que je suis en train de gaspiller.
    Puis, soudain, sans vraiment savoir comment, je tombe nez à nez avec le panneau portant le nom de rue indiqué par mon Jérém.
    La résidence où habite mon bobrun est un immeuble assez moderne, plutôt anonyme, avec une façade très minimaliste, sans balcons, peinte en un gris terne totalement quelconque. Et pourtant, cet immeuble brille à mes yeux de tous les feux, car il abrite la nouvelle tanière de l’homme que j’aime.
    Mon cœur bat la chamade lorsque je sonne à l’interphone qui porte une étiquette estampillée « Tommasi J. ».
    « Oui… ».
    Rien que d’entendre sa voix mâle filtrée par le mauvais son de l’interphone me fait vibrer. Putain de mec !
    « C’est moi… ».
    « Quelle surprise ! ».
    « T’es con ! ».
    « Prends l’ascenseur, c’est au 7ème étage, porte 717 ».
    Dans l’ascenseur, je me sens fébrile, j’ai tellement envie de lui. Après une montée qui me paraît interminable, les portes s’ouvrent enfin sur un couloir assez étroit et plutôt sombre.
    J’appuie sur un bouton lumineux et lis les numéros sur les portes. La première qui se présente à moi est la 711. Je n’ai même pas le temps de regarder dans quel sens est fichue la numérotation, lorsque j’entends un déclic de serrure suivi d’un :
    « Psssst ! Par ici ! ».
    Et là, en suivant le son de sa voix, ma tête pivote automatiquement sur ma droite. Et je vois mon bobrun passer sa belle gueule et le haut de son buste massif en biais dans l’encadrement.
    « Nico ! ».
    Dès que son image transperce ma rétine, je suis dans un état second. Mais lorsque j’avance vers sa porte, lorsque je peux apprécier sa présence en entier, je suis proche du KO.
    C’est fou la sexytude que dégage ce mec, avec sa bonne petite gueule sexy, son attitude de petit con ultime, l’épaule nonchalamment appuyée au montant de l’encadrement de la porte, la tête inclinée, elle aussi appuyée, son sourire charmeur et incendiaire.
    Et bien évidemment, sa tenue n’est pas en reste. Elle comporte une casquette rouge vissée à l’envers sur sa tête, avec une touffe de beaux cheveux bruns dépassant en vrac de l’espace au-dessus de la languette de réglage, un débardeur blanc à fines cotes, les bretelles dangereusement tendues sur ses épaules musclées et sur ses pecs saillants, un simple bout de tissu qui sait pourtant s’élever au rang de chef d’œuvre, tant il met bien en valeur le V et la puissance de son torse, ses biceps rebondis, la couleur mate de sa peau, ses tatouages sexy, les beaux poils noirs qui dépassent au-dessus de l’arrondi.
    « Salut » je lui lance, le souffle coupé par une overdose presque fatale de bogossitude et de désir brûlant.
    « Salut, toi » il me relance, en appuyant un peu plus sur son sourire, qui d’incendiaire devient ravageur canaille, coquin, absolument insoutenable. Un sourire agrémenté d'un petit haussement de sourcils qui fait griller mes derniers neurones.
    Car ce sourire, cette petite gueule, ce regard coquin, c'est un scandale absolu, un truc absolument insupportable. Car ce n’est juste pas NORMAL d'être aussi beau et charmant, pas normal et pas juste ! Car dans ce sourire il y a tout ce qui peut rendre un mec craquant, la sexytude, le charme, une bonne dose de coquinerie et de malice. Bref, tous les charmes de l’Homme sont dans ce sourire.
    Une tenue pareille, un sourire pareil, et je suis à lui sans conditions, il peut faire de moi ce qu’il veut.
    J’ai besoin d’un petit instant pour me remettre de ce sourire, si tant est que ce soit possible, et pour prendre une nouvelle claque, en remarquant que sa tenue est complétée par un short gris molletonné qui semble posé directement sur sa peau, sans rien dessous, mis à part sa queue déjà raide qui déforme insolemment le tissu souple.
    « Tu rentres pas ? » je l’entends me questionner, un brin moqueur, alors que je suis toujours figé à contempler sa bogossitude.
    « Si… c’est juste que » je bégaye, ivre de désir.
    « Juste que ? ».
    « C’est juste que tu es trop sexy ».
    Et là, pour toute réponse, le bogoss me lance un regard tellement chargé de sensualité que je dois me faire violence pour ne pas me jeter directement sur sa braguette.
    Car dans ce regard, je lis son désir à lui, parfaitement complémentaire au mien. Je sais qu’il a envie de moi, tout autant que j’ai envie de lui. Je sais qu’il a envie d’être en moi, tout autant que j’ai envie de l’avoir en moi. Je sais qu’il a tout autant envie de gicler en moi que moi j’ai envie de le sentir jouir en moi.
    Pendant un instant encore, nous nous faisons face sur le seuil de la porte, dont l’encadrement est bien occupé par sa silhouette mâle tout en muscles.
    Nos regards se mettent le feu l’un l’autre. Je ne suis plus qu’un être primaire guidé par l’instinct de plaisir. J’aime laisser ce moment suspendu se prolonger, j’aime attendre, sentir son désir, sentir que je vais lui donner du plaisir, j’aime cet instant où tout est possible mais rien n’est encore, cet instant où nos désirs s’entrechoquent, font des étincelles, cet instant pendant lequel l’excitation fait vibrer mon corps, coupe ma respiration. Pas de mots entre nous, mais tant de désir dans nos regards.
    « Allez, viens » je l’entends me lancer sur une voix basse, une invitation, une vibration, un ordre mâle auquel je ne saurais me soustraire.
    Puis, accompagnant le geste à la parole, Jérém pivote sur le côté, libérant un passage pour que je puisse pénétrer dans son appart. J’avance et je passe le seuil en sentant son regard proche et lourd sur moi, un regard qui me suit, qui me déshabille, qui me possède déjà. J’avance hypnotisé par le parfum entêtant de p’tit mâle fraîchement douché qui se dégage de son corps.
    J’ai tout juste le temps de jeter un regard dans le petit espace mansardé et de me faire la remarque que c’est tout aussi minuscule que chez moi à Bordeaux, lorsque je sens ses mains, à la fois douces et fermes, me libérer de mon sac de voyage, attraper mes épaules, me faire pivoter, me coller contre le mur.
    Ses lèvres se posent alors sur les miennes, et nous nous échangeons une longue série de baisers fougueux, au point que nous en oublions presque de reprendre notre souffle. Je suis enivré par sa proximité, son contact, le parfum frais et captivant, cette fragrance de p’tit mâle bien sexy qui se dégage de lui.
    « Ah, ça c’est de l’accueil ! » je me marre, lorsque j’arrive enfin à sortir de l’apnée causée par l’assaut de ses baisers incessants.
    « Tu m’as manqué ! » je l’entends me chuchoter.
    Ah putain, qu’est-ce que ça fait du bien de l’entendre dire ces simples mots ! A cet instant, toutes mes inquiétudes sont effacées par ce bonheur immense. Comment j’ai pu douter de lui, imaginer qu’il puisse aller voir ailleurs ? En tout cas, j’ai envie d’y croire.
    « Toi aussi tu m’as manqué, si tu savais ! ».
    Pour toute réponse, mon bobrun m’embrasse de plus en plus fougueusement, son torse chaud collé au mien, sa bosse raide collée à la mienne.
    Je n’en peux plus, j’ai trop envie de lui. Je le fais pivoter à mon tour, je le colle contre le mur. J’embrasse son cou, ses épaules, les poils dans l’arrondi du débardeur. Je glisse mes mains sous le coton tendu sur sa peau, j’effleure au passage les petits poils en dessous de son nombril, premier frisson. Puis, sa peau tiède et douce, deuxième frisson. Puis, le relief ferme de ses abdos, cette alternance de creux et de rebonds où les bouts de mes doigts lisent comme sur un texte en Braille le code de sa virilité puissante, un code que je ne me prive pas de parcourir plusieurs fois pour en apprécier pleinement le message. Tempête de frissons.
    Un instant plus tard, je me laisser glisser à genoux, je laisse mes lèvres caresser sa bosse chaude et saillante par-dessus le tissu molletonné, je presse mon visage contre, je hume les petites odeurs enivrantes de sa virilité palpitante. Du coin de l’œil, je vois le bogoss s’étirer, bomber son torse, plier ses bras, croiser ses mains derrière la nuque. Et je l’entends soupirer de bonheur et de d’impatience.
    Sans plus tarder, j’attrape le short de chaque côté de ses hanches et je le tire lentement vers le bas. Les poils bruns au-dessus de sa queue se dévoilent peu à peu à mes yeux. Je plonge mon nez dedans, ivre des petites odeurs qui se dégagent. Mais le tissu se tend, il oppose une résistance à mes projets. Le fait est qu’il est pris dans un « obstacle » qui lui empêche d’aller plus loin : il est retenu par sa queue raide.
    Je glisse alors ma main dedans, je saisis doucement son manche brûlant, je le dégage lentement de sa prison de tissu. Dès le premier contact de mes doigts, le bogoss pousse un grand soupir de bonheur. Sa queue se dresse désormais devant mes yeux, belle, fière, gonflée à bloc.
    Et lorsque mes lèvres et ma langue effleurent son gland, je le sens partir en extase, je me sens partir en extase. Je le pompe lentement, je veux faire durer nos excitations et nos plaisirs.
    Comme toujours, dès le premier contact avec la virilité de mon mâle, le premier besoin impérieux que réclament mon corps et mon désir est d’avoir sa queue dans ma bouche.
    Mais une fois assouvi le besoin de le sentir frémir de plaisir sous les assauts de ma bouche, les envies se bousculent en moi. J’ai envie de tout avec Jérém, sans jamais pouvoir faire un choix, sans arriver à me décider sur ce dont j’ai envie en premier. Si c’est d’avoir directement son jus dans ma bouche, de l’avaler, ou si je préfère juste une mise en bouche, au sens propre comme au sens figuré, avant de le sentir me limer, me posséder, avant de me laisser remplir les entrailles de son jus de mâle.
    En fait, j’ai envie de tout à la fois. Impossible pour moi de faire un choix. Comment choisir entre le plaisir et le plaisir ? Entre le bonheur et le bonheur ? Le choix le plus facile étant souvent de me laisser porter par les envies de mon beau mâle brun. Un choix qui a l’ailleurs davantage de me laisser surprendre et m’enchanter.
    Je ne le suce que depuis une petite minute, lorsque le bogoss sexy à mort dans son débardeur blanc et sa casquette à l’envers passe ses mains sous mes aisselles, me fait me relever, défait ma ceinture, puis ma braguette. Il me fait pivoter à nouveau, et je me retrouve face au mur à côté de la porte d’entrée. Sans plus attendre, il baisse mon froc et mon boxer, il les cale en bas de mes cuisses. Ses gestes sont fébriles, dictés par une envie on ne peut plus pressante. Une envie, la sienne, que je ressens dans le moindre de ses gestes et qui me met en confiance, car elle me rassure quant à sa fidélité pendant ces dix jours où nous avons été séparés.
    Quant à ses mains qui empoignent fermement mes fesses pour les écarter lentement, avant que sa langue s’insinue fougueusement à l’entrée de mon trou, voilà qui finit d’achever ma moindre réticence.
    Ainsi, lorsque je l’entends cracher dans sa main, lorsque je sens ses doigts humides badigeonner mon trou, je suis déjà complétement à lui. Et je le suis bien avant que son gland ne se presse contre mon trou, et qu’il gagne la résistance de mes muscles sans presque forcer, bien avant que sa queue s’enfonce lentement en moi, bien avant que mon mâle ne prenne réellement possession de mon corps.
    Et lorsque cela arrive, lorsque je l’entends frissonner de plaisir, c’est un bonheur sans commune mesure qui m’envahit. Sa queue enfoncée en moi jusqu’à garde, le bogoss me débarrasse de mon t-shirt, il colle son torse contre le dos. Le contact avec le coton doux de son débardeur est terriblement excitant.
    Le beau mec à casquette à l’envers pousse un dernier, profond soupir de bonheur avant de commencer à me limer. Son torse enveloppe mon dos, l’une de ses mains me branle, l’autre agace mes tétons avec fébrilité. Son parfum m’enivre et m’assomme de plaisir. Je jouis du cul à chacun de ses va-et-vient. Je jouis tellement que je ne peux m’empêcher de lui lancer, comme dans ivre :
    « Qu’est-ce que c’est bon, Jérém, qu’est-ce que c’est bon ! ».
    « Ah oui, c’est bon » je l’entends confirmer, la voix déformée par l’excitation.
    « Vas-y, défonce-moi bien ! ».
    Pour toute réponse, ses mains saisissent mes hanches, les empoignent d’une façon bien ferme, bien virile, me font sentir bien à lui. Ses va-et-vient deviennent plus rapides, plus puissants, ses couilles frappent lourdement les miennes, et c’est terriblement excitant.
    Mais déjà une minute plus tard à peine, la cadence de ses coups de boutoir ralentit presque d’un coup, sa queue s’immobilise au fond de moi. Et là, après un instant de flottement, j’entends Jérém me lancer, la voix étouffée par un frisson qui le dépasse :
    « Ok non… je viens déjà ».
    Ses coups de reins reprennent. Sa main saisit ma queue, recommence à la branler. Lorsque le bogoss lâche un premier râle de plaisir étouffé, je sais qu’il est en train de jouir en moi. Son souffle rapide excite ma peau, ses râles de plaisir ravissent mes oreilles. Les va-et-vient de sa main sur ma queue ne tardent pas à précipiter également mon orgasme à moi. Je jouis à mon tour, dans sa main.
    « Désolé » je l’entends me glisser, alors qu’il se déboîte lentement de moi.
    « Mais de quoi ? » je le questionne, après m’être retourné vers lui, l’avoir serré très fort dans mes bras et avoir posé quelques bisous fébriles dans son cou. J’ai toujours envie de le couvrir de bisous après qu’il m’a fait l’amour.
    « Je suis venu trop vite. Je n’ai pas pu me retenir ».
    Certes, j’aurais aimé que ça dure plus longtemps. Et pourtant, je suis aux anges. Non seulement, en dépit de la durée, j’ai bien pris mon pied. Mais en plus, son envie débordante et sa jouissance rapide me rassurent aussi quant à son abstinence pendant ces dix jours.
    « C’était trop bien, Jérém ».
    « J’avais trop envie ».
    « J’ai vu, et j’ai kiffé, tu peux même pas savoir combien j’ai kiffé ! ».
    « Tu veux boire quelque chose ? » il me demande, tout en se débarrassant enfin de sa casquette et de son débardeur sexy pour me mettre une énième claque en me dévoilant sa nudité. Le bogoss a l’air d’avoir bien chauffé pendant sa quête de l’orgasme.
    Sa nudité désormais totale me confirme ce que son débardeur m’avait largement annoncé. En dix jours de muscu et d’entraînements supplémentaires, le bogoss a encore pris du muscle et sa plastique est un bonheur absolu.
    « Ton jus de mec » je finis par répondre à sa question, ivre de lui.
    « Eh doucement, le coquin. T’inquiète, tu vas l’avoir mon jus, mais laisse-moi d’abord récupérer un peu ».
    « Je rigole ».
    « Tu veux quoi alors ? ».
    « Quelque chose de frais ».
    « Un jus d’orange ? ».
    « Très bien ».
    Je regarde mon bobrun promener sa nudité avec aisance dans la petite pièce, la queue toujours tendue. Je le regarde attraper deux verres dans un petit meuble suspendu et sortir une bouteille de jus d’orange d’un réfrigérateur tout aussi petit, encastré sous la plaque de cuisson.
    Je prends enfin le temps de jeter un regard un peu plus attentif à ce petit espace, une pièce unique où se côtoient une kitchenette minuscule, une table et deux chaises de Barbie, un lit et une porte qui doit donner sur des toilettes, une petite fenêtre qui est la seule source de lumière de la pièce.
    Le bogoss m’apporte un verre de jus orange et un bisou plein d’amour. Lui aussi il boit du jus d’orange. Je le regarde déglutir lentement, je regarde cette pomme d’Adam bien virile s’agiter nerveusement au gré de la descente du liquide dans son corps. Et je trouve cette image furieusement excitante.
    Un instant plus tard, le bogoss ouvre la petite fenêtre et allume sa cigarette inévitable après orgasme. Je suis content de voir qu’il se sert toujours du briquet que je lui ai offert à Campan, ce briquet que j’avais acheté dans la boutique de Martine et que je lui ai offert pour qu’il ne m’oublie pas.
    Je m’approche de lui, je le prends dans mes bras et je jette un premier regard curieux depuis cette fenêtre sans vis-à-vis, une fenêtre ouverte sur Paris. La butte de Montmartre se dresse au loin avec son église blanche reconnaissable entre mille.
    « C’est génial ici, la vue est magnifique et il n’y a même pas de vis-à-vis » je considère.
    « Oui, mais t’as vu comme c’est petit ? C’est même plus petit qu’à Toulouse ».
    « C’est ton petit chez toi, et moi j’aime bien ».
    Jérém termine sa cigarette et s’allonge sur le lit. Pendant un court instant, je suis happé par la vision de mon étalon allongé, et de ses pilosités. Mon mec à moi a du poil sur le visage, il a des poils tout doux sur les avant-bras, il a du poil bien sexy sur le torse, il a du poil bien viril sur les couilles. Mon mec est vraiment un magnifique jeune mâle.
    Je m’allonge à côté de lui, j’ai envie de le prendre dans mes bras. Mais avec l’agilité d’un félin, mon bobrun musclé se glisse sur moi, et il me couvre de bisous.
    « Je suis heureux d’être là » je lui lance.
    « Moi aussi je suis heureux que tu sois venu ».
    Jérém me serre très fort contre lui, je plonge le nez dans ses poils bruns. Je plonge dans un bonheur fait du goût de ses lèvres, du contact avec sa peau chaude et parfumée, de son amour. Dans ses draps, je suis heureux. Les draps d’un gars comme Jérém, et a fortiori lorsqu’il est amoureux, ce n’est rien d’autre que le Paradis sur Terre.
    Mon bobrun se laisse glisser le long de mon torse et me suce. C’est sacrément bon. Tellement bon que je dois me retenir pour ne pas venir trop vite. Et lorsque le bogoss arrête de me sucer et s’allonge sur le lit, les cuisses écartées, la queue raide comme un piquet, je sais ce qu’il attend de moi. J’avale sa queue, je la pompe comme si ma vie en dépendait, jusqu’à le faire copieusement gicler dans ma bouche.
    « Vas-y, pompe bien, comme ça… oui… tu vas l’avoir mon jus… » il me glisse, alors que ses giclées puissantes percutent mon palais.
    Ah putain, qu’est-ce que c’est bon son jus de mâle !
    Après avoir offert ce deuxième orgasme à mon bobrun, après avoir goûté à cette boisson divine qui me fait du bien, nous nous assoupissons l’un dans les bras de l’autre.

    Lorsque j’émerge, mon bobrun est en train de fumer une nouvelle cigarette. Le ciel s’est assombri, la nuit tombe, les bruits de la ville remontent comme amplifiés par la fenêtre ouverte.
    « Il est quelle heure ? » je lui demande.
    « Huit heures et demi passés ».
    Une nouvelle fois je m’approche de lui, je le serre contre moi. Nous nous échangeons des bisous, torse nu contre torse nu, alors que les lumières de la grande ville se déploient devant nos yeux. Jérém écrase son mégot et me lance :
    « Allez, on bouge ! J’ai faim ! ».
    « On va où ? ».
    « Là-bas il me répond, tout en m’indiquant un point bien lumineux au loin.
    « A Montmartre ? ».
    Oui, j’aime bien ce quartier, et il y a plein de petits restos ».
    Jérém part à la douche. A travers la porte laissée entrouverte, je peux constater que la salle de bain est à l’image de l’appart, vraiment minuscule, tout comme la cabine de douche, fermée par un simple rideau. Impossible de se glisser dedans à deux, les douches coquines ce ne sera pas ici.
    Puis, quelque chose attire mon attention, quelque chose nonchalamment abandonné sur le sol, à côté du lavabo, un objet qui semble émettre une vibration propre qui fait résonner bien de cordes sensibles en moi. Il s’agit, évidemment, de son sac de sport aux couleurs de son équipe. Un sac refermé quelques heures plus tôt à la fin de son entraînement et très certainement pas rouvert depuis… ah putain !
    Lorsque mon bobrun revient pour chercher ses fringues, à poil et très fraîchement douché, je n’ai qu’une envie, de refaire l’amour avec lui. Mais il se fait tard, il faut qu’on bouge, comme il l’a dit. Je pars illico à la salle de bain, je ferme la porte.
    Je fais couler l’eau pour faire diversion. Puis, je m’approche du précieux objet, je « décachète » lentement l’épaisse fermeture zip. Je ferme les yeux et je plonge mon nez entre les deux pans entrouverts. Et me voilà instantanément téléporté dans un monde fait d’un merveilleux bouquet de bonheurs olfactifs me donnant une description des plus précises et excitantes du Masculin. Transpiration, gel douche, déo, petites odeurs de mâle : voilà le mélange divin.
    Après quelques intenses secondes d’ivresse, je m’autorise à jeter un œil furtif dans le sac. J’y trouve un trésor constitué d’un boxer orange et d’un débardeur blanc, les deux humides de transpiration ; d’un flacon gel de douche, d’un déo spray ; d’un pantalon de jogging, de deux paires de chaussettes, d’une serviette humide elle aussi ; d’un tube de crème chauffante, et d’une bouteille d’eau entamée. Voilà la panoplie du petit rugbyman sexy.
    Je prends ma douche toujours enivré par les petites intenses odeurs de son sac de sport, je me fais achever par la fragrance de son gel douche.
    Mais lorsque je rejoins mon Jérém dans le séjour, une nouvelle bonne claque m’attend. Blouson d’étudiant américain blanc et vert, posé sur un simple t-shirt blanc à col rond mettant bien en valeur ses pecs rebondis, jeans et baskets blanches : mon Jérém m’a réservé l’une des tenues de bogoss les plus sexy qui soit.
    Nous quittons l’appart, nous empruntons l’ascenseur. Pendant la descente je dois me faire violence pour ne pas lui sauter dessus. Nous voilà dans la rue, lancés dans la nuit parisienne. Je suis si heureux de sortir avec lui ! Je n’arrive toujours pas à croire que cette bombasse de mec est le mien, que je fais l’amour avec lui et qu’il est amoureux de moi. Oui, je suis tellement heureux !
    Nous empruntons la ligne 7 jusqu’à Jaurès, puis la ligne 2. Mon bobrun fonce à coup sûr, il semble désormais bien connaître le réseau du métro, on dirait qu’il est en train de devenir un vrai petit parisien.
    A cette heure, il y a un peu moins de monde que lors de mon arrivée en ville.
    En attendant l’arrivée de la rame, je me fais la réflexion qu’avec son ambiance close, sa météo propre, faite des appels d’air à l’entrée et à la sortie des tunnels ; avec sa bande son propre, les sifflements des freins, les claquements des roues sur les rails, métal sur métal, les bruits d’air comprimé à l’ouverture et fermeture des portes, le métro est un véritable petit univers à part.
    Un univers au décor de ciment et de métal souvent déprimant dans lequel, à mes yeux, seule la concentration de bogossitude possède le pouvoir d’apporter un rayon de soleil.
    Et mon bobrun est d’emblée l’un des piliers, et pas des moindres, de cette bogossitude qui rend le métro supportable.
    Dans la rame, Jérém se fait mater par une nana, et même pas discrètement. Elle doit avoir trente ans au moins, mais le physique de rugbyman et la bonne gueule de mon mec semblent vraiment l’émoustiller. J’ai envie d’aller la gifler, même si je comprends son attirance.
    Elle ne quitte pas mon Jérém des yeux et lui lance de grands sourires. Mon bobrun s’en rend compte, et il détourne aussitôt son regard. Il me sourit. D’ailleurs, ce n’est pas la seule meuf par qui il se fait mater. J’ai l’impression que, plus ou moins discrètement, la plupart des nanas dans la rame matent ce petit Dieu vivant qui vient de me faire l’amour. Si elles savaient !
    J’ai même l’impression qu’il y a des mecs qui le matent, ce qui m’inquiète encore plus.
    Un gars embarque à l’un des arrêts. Il doit avoir à peine 2-3 ans de plus que nous, et c’est une bombasse absolue. Un brun incendiaire à la peau mate, avec l’une de ces bonnes petites gueules à faire jouir avec une urgence plus qu’absolue. Une urgence qui se dégage de ses très beaux traits, de ses yeux très noirs, d’un regard à la fois doux, touchant, mais terriblement coquin, malicieux, intrigant.
    Le gars doit faire la même taille que mon Jérém, mais avec un corps plus élancé, moins musclé, mais un corps de parfait petit con, une plastique mise en valeur par une chemisette à carreaux noirs et blancs et qui lui va comme un gant et dont les boutons ouverts en haut dévoilent une naissance de pecs des plus appétissantes. Ses lunettes à la monture noire assez épaisse lui donnent un coté intello hyper sexy qui finit de m’assommer. Le gars est typiquement le genre qui me rend dingue, car il dégage une sensualité de fou, et sa simple présence est un appel hurlant au sexe.
    « Eh, je t’ai vu » j’entends Jérém me glisser discrètement à l’oreille.
    « De quoi ? » je tente de me dérober, en me sachant pris avec « le regard sur le bogoss ».
    « Arrête de le mater » il précise son propos, sur un ton amusé.
    Je ne sais pas trop quoi lui répondre, je m’en veux qu’il puisse croire que je mate ce mec parce que je le trouve plus mignon que lui. Même si en même temps je me dis qu’il est normal de regarder un beau mec, surtout un si beau mec. Comment faire autrement ?
    « J’ai vu que tu as maté le mec avec les lunettes » il enchaîne.
    « Il faudrait être hétéro pour ne pas mater un mec comme toi et lui… ou bien aveugle ! Il y a les trois quarts de la rame qui vous matent ! ».
    Mon bobrun se contente alors de me lancer un sourire des plus canailles.
    « Et puis, si tu as vu que je le matais, c’est que toi aussi tu l’as remarqué ! » je lui lance à la cantonade, alors que nous venons de sortir de la rame et que nous remontons vers la surface.
    « C’est vrai qu’il n’était pas mal du tout ! ».
    C’est à la fois l’apanage et le drame des couples de même sexe de pouvoir tenir ce genre de conversation au sujet d’une même personne. Souvent, on comprend l’attirance de son partenaire pour l’autre, car cet autre suscite en nous exactement la même.
    Nous émergeons à Pigalle, et nous retrouvons Paris en sortant par un accès de métro en parfait style liberty. Nous débarquons non loin du Moulin Rouge, de sa façade rouge, de ses pales en rotation lente. Le Moulin Rouge, ce lieu fabuleux, dont le mythe a été récemment sublimé par le superbe film de Baz Luhrmann avec une Nicole Kidman étincelante et une Ewan McGregor plutôt charmant.
    Me voilà enfin à Paris ! Le vrai, celui qu’on imagine en pensant à cette ville.
    Nous prenons le funiculaire, nous traînons un peu dans le quartier. Avec ses petites rues pavées, ses petites places, sa végétation, son absence presque totale de voitures, son ambiance ressemble à celle d’un village, le quartier de Montmartre possède un charme particulier. On sait qu’on est entourés par la ville, mais l’illusion d’être ailleurs est presque parfaite. Montmartre accueillant, chaleureux et romantique, dont chaque coin dégage une sensation de calme et d’harmonie si propice aux amoureux.
    La terrasse devant le Sacré Cœur offre une vue splendide sur la ville. Depuis là-haut, on a l’impression d’avoir Paris à nos pieds. Ce soir, je suis heureux, heureux comme je ne le suis qu’en compagnie de mon homme. Ce soir, la ville et la vie me paraissent belles comme jamais.
    Au détour d’une rue déserte, mon bobrun m’attire soudainement contre lui et m’embrasse fougueusement. Ce soir il a ce côté joueur, ce côté chien foufou qui me fait craquer au plus haut point. Et il est si sexy dans sa tenue t-shirt blanc, blouson d’étudiant bicolore !
    Jérém a l’air si heureux de me retrouver, et moi je suis si heureux de constater que la magie Campan continue même à Paris ! Et moi qui me faisait tant de souci ! Je suis tellement rassuré par son attitude, mille fois plus rassuré qu’après toutes les discussions du monde. Je n’ai même plus envie de lui parler de fidélité, de protection, de l’avenir de notre relation. J’ai simplement envie d’y croire. Et à cet instant précis, je n’ai aucun mal à le faire.
    Nous croisons de nombreux couples, dont certains sont en train de s’embrasser. Je ressens un pincement au cœur en pensant que je voudrais pouvoir avoir la liberté d’aimer mon Jérém comme s’aiment ces couples, mais que je ne le peux pas. Non pas que je tienne particulièrement à m’afficher mon amour en public. Mais c’est précisément la conscience de ne pas pouvoir le faire qui me fait chier !
    D’autant plus que, même si je le pouvais, je ne suis pas certain que j’aimerais me laisser aller à des effusions publiques ostentatoires comme le font certains couples hétéros. Non pas que ce ne soit pas joli. Je me dis que tant d’étalage d’amour pourrait froisser certain qui « haïssent les couples qui leur rappellent qu’ils sont seuls ».
    Oui, Montmartre est l’endroit de l’amour. Et à l’image de l’amour, rien n’est plat à Montmartre, à chaque pas on monte ou on descend. Lorsque ça redevient plat, c’est que nous ne sommes plus à Montmartre.
    Dans une rue bien en pente, Jérém repère un petit resto à l’allure plutôt rustique et accueillante.
    « C’est un resto à fondue » il me lance, après avoir regardé la carte.
    « Ça te dit ? » il me presse, face à mon hésitation.
    « Si pour toi ça va, pour moi c’est ok ».
    Une fois la porte franchie, l’impression dégagée par la façade se confirme. Nous plongeons dans un petit local aux boiseries bien rustiques, avec des poutres apparentes, des tables et des bancs en bois, avec une ambiance taverne renforcée par une immense cheminée qui domine un mur entier de la petite salle et dans laquelle un beau feu est en train de réchauffer l’air et les esprits. Surtout le mien. Car cette cheminé m’en rappelle une autre, devant laquelle j’ai fait l’amour tant de fois avec mon Jérém.
    La petite salle compte une dizaine de tables, dont à peine la moitié sont occupées. Le propriétaire nous installe juste à côté du feu, sur une table pour quatre. Jérém commande direct une fondue pour deux et une bouteille de blanc sec.
    A côté du feu, Jérém a vite chaud. Il ôte alors son blouson sexy et fait péter son t-shirt blanc tout aussi sexy. Il s’agit d’un t-shirt de marque super bien coupé, tendu sur ses pecs, ses épaules, ses biceps qui semblent prêts à craquer les manchettes, un blanc tellement parfait qui, de la même façon que le débardeur de toute à l’heure, met superbement en valeur la couleur mate de sa peau et le dessin de ses tatouages. Il est tellement sexy, j’ai tellement envie de lui !
    Il ne manque qu’un détail au tableau, une chaînette sexy à son cou. Car son cou est nu depuis qu’il m’a donné la sienne au moment de nous quitter à Campan. Mais ce manque ne va pas tarder à être rattrapé, mon bobrun aura bientôt une belle chaînette de mec en cadeau d’anniversaire.
    « J’ai trop faim ! » il me lance, comme un gosse.
    J’ai faim aussi, le sexe ouvre l’appétit.
    L’hôte nous amène un apéritif maison pour nous faire patienter. C’est sucré, ça passe bien avec les petits feuilletés qui l’accompagnent. Je regarde le feu, je regarde mon Jérém, je suis tellement heureux !
    J’ai bu mon verre un peu vite, l’alcool sucré me monte à la tête, je me sens tout chaud, je me sens partir vers une ivresse où je perds pied, où j’ai juste envie de rigoler, de lui dire à quel point je suis fou de lui, à quel point je l’aime, et de lui faire des milliards de bisous.
    L’hôte arrive avec la marmite à fondue posée sur un réchaud lui-même posé sur une épaisse planche de bois, accompagnée d’une corbeille remplie de morceaux de pain. Jérém en enfourche aussitôt un et il le trempe dans le fromage fondu.
    « Bon appétit bogoss » il me lance discrètement, en retirant son bout de pain généreusement enveloppé dans le fromage doré.
    « C’est toi le bogoss » je lui relance, toujours ivre, le regard rivé sur ce t-shirt bien ajusté qui fait ressortir chacun des muscles de son torse de fou.
    « Bon appétit ! » je me rappelle de lui répondre, après un moment de flottement.
    La fondue, c’est bon, très bon. Mais la partager dans ce petit resto, à Montmartre, à côté du feu, avec le gars que j’aime, c’est absolument fabuleux. Oui, ce petit resto me rappelle l’intimité de la petite maison en pierre à Campan. Mais aussi la bonne franquette de la soirée passée avec les cavaliers de l’ABCR, devant un autre beau feu. Là aussi on avait mangé de la fondue, faite par les mains expertes de Martine. De beaux souvenirs, les premiers vraiment heureux avec mon bobrun.
    Jérém me ressert du blanc sec, ce qui entretien ma petite ivresse, ma sensation de planer sur mon bonheur absolu.
    Nous trempons nos bouts de pain dans le fromage fondu. La fondue est délicieuse, la compagnie de mon Jérém l’est encore plus. Il me parle de son intégration dans l’équipe, de ses nouveaux potes, d’Ulysse, en qui il a trouvé un nouveau pote, quelqu’un qui lui fait confiance et qui l’aide à progresser. Ulysse, un gars pour lequel Jérém semble avoir beaucoup d’admiration et d’estime. Ulysse, un prénom qui revient bien souvent dans la conversation.
    Mais il ressemble à quoi cet Ulysse ? J’aimerais bien le voir. Est-ce que ce week-end va m’en offrir l’occasion ?
    Vers la fin du repas, lorsque la partie la plus épaisse du fromage s’agglutine au fond du caquelon, nous retirons nos croutons en même temps. Ils ressortent reliés par de nombreux fils de fromage. Une image qui me fait sourire, car elle me fait repenser à la fameuse scène des spaghettis dans le dessin animé « La belle et le clochard ».
    Nos regards se croisent, Jérém se marre.
    « Pourquoi tu rigoles ? » je le questionne.
    « Ça ne te fait pas penser à quelque chose ? » fait le bobrun en indiquant nos morceaux de pain reliés par un épais fil de fromage.
    Notre complicité est parfaite, je suis tellement bien, je suis tellement heureux !
    « Si, un dessin animé ».
    Le bogoss me sourit. Son regard me fait fondre, son sourire me fait fondre, notre complicité me rend fou. J’ai tellement envie de lui faire des bisous, de le sentir contre moi, de faire l’amour avec lui.
    Au moment de l’addition, je propose de payer la note. Il refuse. Je lui propose alors de partager la note. Il refuse à nouveau, j’insiste. Comme d’hab, je n’aurai pas le dernier mot.
    « J’ai dit que je t’invite, alors je t’invite ».
    « Mais pourquoi ? ».
    « Parce que. Tu es venu à Paris et puis ça me fait plaisir ».
    De toute façon je suis toujours pompette, je n’ai pas le cran de lui tenir tête. Jérém m’offre un resto et du bonheur, beaucoup de bonheur.
    Dans la rue, la fraîcheur de l’air me secoue un peu de mon engourdissement. Nous marchons en direction de l’escalier pour aller reprendre le métro lorsque, sortant d’une fenêtre, j’entends s’échapper une musique familière. Je reconnais immédiatement l’air d’une chanson qui était dans la collection de 45 tours de maman. Une chanson au rythme entraînant, guilleret, qui inspire la joie, qui fait se sentir bien et que je ne me lassais pas d’écouter en boucle à l’époque.

    https://www.youtube.com/watch?v=u5pxPDMF6SE

    Noyés de bleu sous le ciel grec
    Un bateau, deux bateaux, trois bateaux s'en vont chantant
    Griffant le ciel à coups de bec
    Un oiseau, deux oiseaux, trois oiseaux font du beau temps
    (…)
    Mon dieu que j'aime ce port du bout du monde
    Que le soleil inonde de ses reflets dorés
    Mon dieu que j'aime sous leurs bonnets oranges
    Tous les visages d'anges des enfants du Pirée

    Soudain, je repense à Dalida, cette chanteuse à la carrière étincelante et au destin tragique, Dalida qui vivait, justement, à Montmartre. Soudain, l’ivresse complice, j’ai envie d’une petite folie. J’en fais part à Jérém, qui se moque de moi. Je fonce. Je ne connais pas le nom de la rue. Je demande à des passants, on me renseigne, mais j’ai du mal à trouver. A force de tourner, on finit par tomber sur la place portant le nom de Dalida ainsi qu’un buste de la chanteuse.
    « Nous ne devons pas être bien loin ».
    « T’es pas pd pour rien » me taquine Jérém.
    « Et toi t’es un pur hétéro ».
    « Pourquoi, t’en doutes ? » il fait, moqueur.
    Je finis par tomber sur un passant qui m’indique exactement la marche à suivre. Et au bout de quelques minutes, nous y sommes. La voilà, dans la petite et discrète rue d’Orchampt, la grande maison à plusieurs étages et à l’architecture si particulière où Dalida a vécu pendant tant d’années. Avant de se donner la mort, en un triste dimanche de mai, parce que la vie lui était devenue insupportable. Quel gâchis qu’elle en soit arrivée là, qu’elle ait été si malheureuse, elle qui a donné tant de joie et d’espoir à tant de gens et pendant trois décennies.
    « T’es heureux ? » se moque Jérém.
    « Tu dois me prendre pour un barj ! ».
    « Tu veux qu’on sonne pour demander si elle nous offre un café ? » il me taquine.
    « T’es con ! ».
    « Aaaaarrivaaaaa Gigi l’amorosooooooooooooo ! » je l’entends entonner.
    « Mais tais-toi, tu me fais la honte ! ».
    « On peut rentrer maintenant ? ».
    « Oui, on peut, oui. J’ai envie de toi ».
    « Moi aussi ».
    Nous descendons les marches de la butte. Là encore, nous croisons des couples qui ont l’air bien amoureux, qui se font des bisous. Là encore, je me fais violence pour ne pas enlacer mon bobrun et le couvrir de bisous à mon tour. Faute de mieux, je me dis que l’attente ne fait que faire monter l’excitation.
    Mais alors que je m’attends à rentrer directement à l’appart, mon bobrun me conduit vers une ligne de métro qui n’est pas du tout celle que nous avons empruntée pour venir à Montmartre.
    « Mais t’es sûr que c’est la bonne ligne ? » je l’interpelle.
    « Oui. Mais on ne va pas rentrer tout de suite. Je vais t’amener quelque part ».
    Je le suis, impatient de découvrir la surprise que me prépare mon bobrun.
    Lorsque nous émergeons à nouveau dans la ville réelle, nous sommes à proximité de la Tour Eiffel. Il est 22h55.
    « Dépêche, on va rater le spectacle » il me lance, après avoir regardé sa montre.
    « Quel spectacle ? ».
    « Tu vas voir ».
    Je continue de suivre mon bobrun qui avance presque au pas de course. Il s’arrête enfin aux pieds de la grande tour, à proximité d’un port de bateau mouche. Il regarde à nouveau l’heure.
    « Ça devrait arriver dans pas longtemps ».
    Le bogoss a tout juste le temps de terminer sa phrase, lorsque la robe de la dame de fer se met à clignoter de tous ses feux.
    J’avais entendu parler du scintillement de la tour au début de chaque heure. Mais le voir de si près, c’est magique. Et le voir en compagnie de Jérém, et parce que c’est lui qui m’y a amené, est juste incroyable. Dans un coin de ma tête, je me demande comment mon bobrun connaît ce coin permettant de bien voir le scintillement de la tour. Je me demande surtout qui lui a fait connaître, s’il est venu seul, ou avec qui il est venu ici auparavant. Mais je suis tellement bien à cet instant précis, que je choisis de ne pas penser à ça. Dans la nuit complice, mes doigts cherchent discrètement les siens, les trouvent, les enlacent.
    Puis, alors que le scintillement n’est même pas terminé, mon bobrun me regarde droit dans les yeux et me lance :
    « Ça te dit un tour de bateau sur la Seine ? ».
    « Oui, bien sûr ! ».
    Même s’il me tarde de rentrer pour refaire l’amour avec lui, cette petite balade parisienne nocturne me rend heureux comme jamais. J’ai envie que cette nuit ne se termine jamais. J’ai envie de l’embrasser. J’ai envie de tout avec lui. Ah, putain, qu’est-ce qu’il est craquant, Jérém, avec son blouson vert et blanc, complètement ouvert sur son t-shirt blanc collé à ses pecs !
    « Si on se dépêche on va arriver à attraper le dernier départ ».
    En effet, nous arrivons à embarquer juste avant que les portes ne se ferment derrière nous.
    La croisière démarre, le bateau tangue sur les eaux de la Seine. L’air du soir est frais, ça chatouille la peau et les yeux.  Nous nous éloignons de la Tour Eiffel pendant qu’une sono défaillante nous égraine les monuments que nous trouvons sur notre parcours. Les Invalides, le pont de l’Alma tristement connu depuis 5 ans, le Musée d’Orsay (que je veux visiter à tout prix, car j’adore les peintres impressionnistes), l’Ile de la Cité, la cathédrale de Notre Dame à la silhouette imposante, le pont Alexandre III, le pont Napoléon, la Conciergerie, l’Hôtel de Ville, la Concorde, le Musée du Louvre, le Grand Palais.
    Je regarde mon Jérém, lui aussi visiblement impressionné par ce petit aperçu de la grandeur de notre capitale.
    « Tu avais déjà fait un tour en bateau mouche ? » je le questionne.
    « Non, c’est la première fois. Ça fait des semaines que j’en ai envie. Mais j’attendais de le faire avec toi ».
    « Je t’aime, Jérém ! ».
    Le bobrun me sourit. Son sourire est beau comme l’amour et doux comme une caresse.
    Ce tour en bateau mouche est comme une petite mise en bouche de Paris, comme la bande annonce savamment orchestrée d’un film qui s’annonce particulièrement spectaculaire. Toulouse est une belle ville, et c’est ma ville de cœur, car c’est ma ville. Mais Paris, elle a l’élégance, la stature, le charme, la grandeur, l’allure, la prestance d’une capitale. A Paris, on a l’impression d’être au centre du monde.
    Après avoir fait le tour de l’Ile de la Cité, le bateau revient en sens inverse sur la Seine. Et quelques minutes plus tard, nous approchons à nouveau la Tour Eiffel, le début et la fin de notre petite croisière.
    Nous retrouvons la terre ferme, et je me retrouve à marcher sur les quais avec mon bobrun. Il allume une cigarette et par moments, l’odeur de la fumée arrive à mes narines. C’est une odeur qui m’émeut car elle parle de la présence de mon bobrun à mes côtés.
    Dans la nuit de la ville inconnue, je me sens en sécurité avec Jérém à mes côtés. J’ai l’impression de vivre dans un rêve.
    Jérém est en pleine phase de déconnade, il n’arrête pas de raconter des bêtises, il me taquine, il me chatouille. J’ai l’impression que la bouteille du restaurant qu’il s’est sifflé aux trois quarts n’a pas fini de faire ressentir ses effets. J’adore quand mon Jérém est comme ça. Quand il est un peu éméché sans être « rôti », quand il a l’alcool joyeux, qui s’accompagne souvent à l’« alcool baiseur ».
    Une demi-heure plus tard, je retrouve l’immeuble déjà si familier, je frissonne à l’idée de me renfermer dans ce petit terrier avec mon bobrun, de l’avoir tout pour moi, de pouvoir lui faire mille bisous, de me blottir contre lui, de faire l’amour avec lui.
    Dans l’ascenseur, nous nous tenons sagement. Mais une fois dans le petit appartement, Jérém me saute carrément dessus, il m’embrasse avec une ardeur que je lui ai rarement connue. Le bogoss se débarrasse de son blouson, il fait voler son t-shirt blanc. Puis, il s’attaque à mon blouson et à mon t-shirt à moi. Nous voilà torse contre torse, peau contre peau. Jérém me serre très fort contre lui. Son visage plonge dans le creux de mon épaule, il distille un chapelet infini de bisous. Ses mains caressent fébrilement mon dos, elles remontent ma colonne vertébrale jusqu’à s’enfoncer dans mes cheveux.
    Le bobrun semble prendre un plaisir certain à me sentir contre lui. Et lorsque ses mains quittent mon dos pour partir à l’assaut de mes tétons, lorsque je sens sa queue monter, j’entreprends illico de défaire sa braguette, tout en me penchant pour mordiller ses tétons. Ma main s’est déjà glissée dans son boxer pour saisir son manche raide et le caresser avec des va-et-vient lents qui lui font du bien, lorsque mon Jérém attrape ma tête pour m’embrasser encore et encore, fou de désir.
    Mais un instant plus tard, le bogoss n’en peut déjà plus. Ses envies de mâle le submergent. Il de débarrasse de son froc et de son boxer. Et là, nu et beau comme un Dieu, il pose une main lourde sur mon épaule pour m’inviter à me mettre à genoux. Jérém a envie de se faire sucer, il en a vraiment très envie.
    Sans plus tarder, je me jette sur sa queue, je m’applique à titiller son gland. Puis, je l’avale doucement, je la pompe doucement. Mais déjà sa main se pose sur ma nuque, et ses coups de reins donnent plus d’amplitude à mes va-et-vient.
    Très vite, les oscillations de son bassin se font de plus en plus puissantes, pendant que la prise de ses mains sur ma nuque devient de plus en plus ferme, de plus en plus serrée.
    « Vas-y pompe bien, je sais que tu kiffes ma queue. Elle est bonne hein ? Tu pompes bien, oui, oui, oui… vas-y comme ça, tu vas me faire jouir et tu vas bien avaler… je sais que tu as envie d’avaler parce que tu me kiffes grave… ».
    Toute expression verbale m’étant impossible dans cette situation, ma seule réponse pour entériner ses provocations viriles, est un redoublement d’intensité de mes va-et-vient, dans la tentative de dépasser celle de ses coups de reins qui, eux aussi, ne font qu’augmenter en puissance.
    Ah putain ! Qu’est-ce que j’aime quand il est comme ça, très mec, un bon peu macho, dominant.
    Bien sûr, j’adore le Jérém amoureux, câlin, adorable, qui se soucie de mon plaisir, qui assume le fait d’avoir même parfois envie d’être passif. Mais qu’est-ce que ça me rend dingue quand il est dans cet état, chaud comme la braise, bien décidé à prendre son pied de la façon dont il l’entend. J’aime ce côté queutard bien chaud.
    Est-ce que le vin y est pour quelque chose ? Est-ce que l’ivresse d’alcool a le pouvoir de réveiller son côté macho et de lui donner envie de ressentir une autre ivresse, celle de se sentir mâle dominant qui ne se préoccupe que de son seul plaisir ?
    Pendant un instant, j’ai l’impression d’être revenu dans l’appart de la rue de la Colombette à Toulouse, lorsque je n’étais que son vide couilles. Et je trouve ça sacrement excitant. Et j’adore me soumettre à sa fougue virile.
    « Allez, pompe bien, vas-y ! » il revient à la charge.
    Je tente de le contenter du mieux que je peux. Mais un instant plus tard déjà, ses mains saisissent mes épaules, me font pivoter. Je me retrouve la tête coincée entre le mur de l’appart et le mur de ses abdos, sa queue gonflée à bloc qui remplit ma bouche, son gland qui tape bien au fond de mon palais.
    « Tu le veux mon jus, hein ? ».
    Pour toute réponse, je pousse un grognement qui se veut affirmatif.
    Et un instant plus tard, je le sens frissonner, ahaner bruyamment. Je sens son orgasme venir. Je sens son jus arriver en pression et gonfler la partie inférieure de sa queue. Et alors que de nombreuses giclées, lourdes, chaudes et denses percutent ma langue, je l’entends lâcher des mots qui, sur le coup, resonnent de façon terriblement excitante :
    « Ahhh, je viens… vas-y, avale… avale… avale jusqu’à la dernière goutte… allez !... vas-y, avale… salope ! ».
    Une fois ses éjaculations terminées, le bogoss s’extirpe rapidement de moi. Il me tend aussitôt la main, il m’aide à me relever.
    « Ça va ? » il me questionne, le regard dans le vide, alors qu’il reprend son souffle.
    « Oh, oui, ça va, surtout depuis que je peux à nouveau respirer » je me moque.
    « Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m’a pris » il me lance, après avoir tiré une longue taffe sur la cigarette qu’il vient de s’allumer près de la fenêtre ouverte.
    « C’était terriblement excitant » je tente de le rassurer.
    « J’y ai été un peu fort, non ? ».
    « T’inquiètes, je kiffe ça aussi. ».
    « J’ai trop bu ».
    « Vraiment, il n’y a pas de mal, c’était vraiment excitant ».
    « Désolé de t’avoir traité de salo… ».
    « Je te rassure, je kiffe ça aussi quand on est en mode baise » je le coupe « Je kiffe faire l’amour avec toi, et je kiffe quand tu joues ton bon macho dominant. Il y a tellement de façons de se faire du bien ».
    « Coquin, va ! ».
    Après la cigarette, nous nous retrouvons au lit, dans les bras l’un de l’autre. Jérém caresse mon torse, pince mes tétons. Ses lèvres et sa langue titillent chaque millimètre de ma peau, et provoquent en moi d’infinis frissons. Je bande comme un fou.
    Quelques instants plus tard, sa langue glisse sur mes couilles, puis s’attarde sur mon gland. Le bobrun me suce. Puis, il me demande de lui faire l’amour. Pas avec des mots, juste avec des gestes. Il s’allonge sur le dos, il écarte ses cuisses, il me regarde droit dans les yeux, il attrape ma main, il m’attire contre lui.
    Lorsque mon gland gagne la résistance de ses muscles, lorsque je m’enfonce entre les cuisses terriblement fermes de mon beau rugbyman, j’ai l’impression de me téléporter dans une autre dimension, un monde extraordinaire où tout n’est que plaisir inouï, une sorte de Paradis pour garçons.
    Un orage éclate au loin, les éclairs flashent dans la petite pièce, le tonnerre fait trembler les murs. Je suis en train de limer mon bobrun, tout en écoutant chacun de ses ahanements, tout en me félicitant de chacun de ses frissons, tout en guettant chacune des expressions de plaisir qui balaient son beau visage de mec. La pluie commence à tomber, faisant résonner les plaques de zinc recouvrant le toit juste au-dessus de nos têtes, de nos ébats. Ce moment aussi me rappelle Campan, le jour où nous avons fait l’amour, avant d’aller annoncer à Charlène que Jérém partait pour Paris, le jour où New York a vécu l’épisode le plus sombre de son histoire.
    Je regarde mon Jérém, les bras et les mains abandonnés sur le matelas, loin de sa queue raide, de son gland luisant, je le regarde jouir du plaisir que ma queue sait lui offrir. Faire jouir un mec comme Jérém, de cette façon, le sentir souffler, gémir, prendre son pied, c’est tellement beau, tellement excitant et ça fait sacrément du bien à son propre égo !
    « Vas-y défonce moi, montre-moi que tu as des couilles ! » il me cherche.
    Je le lime de plus en plus vite, je laisse mes coups de boutoir se déchaîner. Je suis en nage, et je prends mon pied comme jamais.
    « Ah, oui, comme ça, c’est comme ça que c’est bon ! Allez, Nico, montre-moi qui est le mec cette nuit ! ».
    Et là, soudain, une idée traverse mon esprit vrillé par le plaisir. J’arrête mes va-et-vient, et je m’arrête bien au fond de son cul, je le possède de toute ma bite qui est d’ailleurs à deux doigts de jouir.
    « Tu la sens bien là ? » je le cherche.
    « Oh oui, je la sens bien, oui ! ».
    « Et tu la kiffes ? ».
    « Grave ! T’es un vrai petit mec ! ».
    Ses mots me galvanisent, me donnent de l’assurance.
    « Je te baise bien, hein ? » je poursuis dans mon délire. Un délire qui me semblait un peu artificiel au début, mais qui, au vu de la réaction de Jérém et de mon excitation, commence à prendre sens dans ma tête. Oui, je peux aussi jouer les petits machos pendant que je baise mon Jérém…
    « Tu fais ça comme un chef ».
    « T’as envie que je te gicle dans le cul ? » je me lâche.
    « Oh que oui ! ».
    « J’ai pas entendu… t’as envie que je te fourre le cul ? ».
    Je n’arrive même pas à croire que ces mots sortent de ma bouche à l’adresse du mec qui m’a dépucelé il y a tout juste quelques mois. Et pourtant, cette nuit c’est bien moi qui tiens le rôle que Jérém a tenu tant de fois avec moi.
    « Fais-toi plaisir, p’tit mec… » je l’entends me lancer.
    Sur ce, transporté par un instinct de plaisir capable de lui ôter toute pudeur, le bobrun écarte un peu plus encore ses cuisses musclées, il se donne à moi comme jamais.
    Et pendant que mes mains prennent appui tour à tour sur ses pecs saillants et poilus, sur ses biceps rebondis, sur ses épaules charpentées, les siennes agrippent mes biceps à moi, caressent mes pecs, agacent mes tétons, caressent mes joues. Ses doigts fébriles traduisent la fébrilité de son excitation.
    « T’es beau Nico » je l’entends me lancer.
    « Toi aussi tu es beau ».
    « Vas-y, prends ton pied ».
    « Tu peux pas savoir à quel point je le prends ».
    Ses doigts pincent mes tétons sans relâche et finissent par provoquer Le frisson qui déclenche l’étincelle de mon orgasme.
    Un nouvel éclair flashe dans la pièce, la pluie redouble d’intensité. Mon plaisir s’emballe et échappe à mon contrôle.
    « Je vais jouir » j’annonce à mon beau brun qui, depuis quelques instants, a recommencé à se branler.
    Et alors que je sens de nombreuses giclées partir de ma queue, je vois une, deux, trois, plusieurs trainées blanches et brillantes s’abattre sur ses abdos, entre ses pecs, sur ses poils.
    Gicler dans son beau cul musclé me parait tellement irréel que j’en perds toute raison. Voir mon Jérém jouir en même temps, c’est géant.
    Une nouvelle cigarette à la fenêtre, les corps toujours vibrants de plaisir, les esprits vibrant d’amour, de nouveaux câlins avec vue sur la nuit parisienne, la pluie en fond sonore : c’est le bonheur d’être ensemble, heureux à deux.
    Pendant la nuit, mon bobrun me fait l’amour une nouvelle fois. Il me prend par devant, position que j’adore parce que, en plus de me permettre de bien sentir ses coups de reins, cette position m’offre le bonheur de le voir prendre son pied, de voir ses abdos onduler au rythme de ses va-et-vient, de voir ses biceps et ses pecs saillants se contracter lorsque ses mains empoignent tour à tour mes hanches et mes cuisses pour mieux me pénétrer, m’envahir, me posséder.
    Voir mon mâle prendre son pied, sentir son pieu raide coulisser en moi alors que même pas une heure plus tôt j’ai lâché mon jus dans son cul, c’est juste divin.
    Ce qui est génial dans l’amour entre mecs, c’est de pouvoir se donner du plaisir dans tant de façons différentes. Au début de ma relation, j’ai cru que mon bobrun ferait définitivement de moi un homo passif. Je sais désormais qu’il est en train de faire découvrir toutes les facettes du plaisir entre mecs.
    Une fois de plus, après l’amour, je me retrouve blotti dans ses bras, réchauffé, réconforté, câliné par sa pilosité mâle.
    « Qu’est-ce qu’ils sont beaux tes poils ! » je ne peux m’empêcher de lui lancer.
    « Je ne sais pas si je vais les garder encore longtemps ».
    « Jamais plus tu coupes cette merveille ! Tu me l’as promis à Campan ! ».
    « Il va bien falloir… ».
    « Et pourquoi ? ».
    « Ils commencent à trop pousser, les gars se moquent de moi dans les vestiaires ».
    « Ils sont jaloux ! ».
    Jérém se marre sous la moustache.
    « Moi je les aime » j’insiste « je ne peux même pas te dire à quel point je les aime. Je te trouve tellement viril et sexy avec ces poils ! ».
    « Pourquoi, quand je me rasais je ressemblais à une gonzesse ? ».
    « Je n’ai pas dit ça… je dis juste que ces poils naturels ajoutent un côté très viril qui me rend fou… ».
    « Tu l’aimes bien ton mâle… ».
    « Oh que oui, tu es mon mâle… » je m’empresse de lui confirmer.
    « Sauf quand je te laisse me prendre… ».
    « C’est pas parce que tu me laisse te prendre que tu es moins mâle à mes yeux… au contraire, je pense qu’il faut des couilles pour assumer ses envies, et en particulier cette envie ».
    « Je me sens bien avec toi, Nico ».
    « Moi aussi je me sens bien avec toi, Jérém ».
    « Je t’aime, Jérém ».
    « Tu es mignon et tellement touchant » il finit par me chuchoter, après un instant de silence, tout en me couvrant de bisous.
    Une fois encore, je me demande si un jour mon Jérém arrivera à me dira « Je t’aime » à son tour.
    « Je suis fatigué, Nico. J’ai besoin de dormir » je l’entends m’annoncer pendant qu’il remonte la couette.
    « Tu n’as plus l’âge » je me moque.
    « Mais ta gueule ! Les entraînements me tuent, et demain il y a match ».
    « C’est dur de s’intégrer dans l’équipe ? ».
    « Tu peux pas savoir à quel point… les gars sont tous plus balèzes les uns que les autres. Si je veux me faire une place, je vais devoir bosser comme un malade ».
    « Mais tu vas y arriver ».
    « Je l’espère, mais rien n’est encore gagné ».
    « Je crois en toi, je sais que tu vas faire une grande carrière ».
    « Si tu le dis ! En attendant, j’ai du mal à suivre, aux entraînements ».
    « Et qu’est-ce qu’ils en disent tes co-équipiers ? ».
    « Rien, parce qu’on ne parle pas de ça entre nous. Si on se montre faibles, on devient vite la risée du vestiaire. Alors, on serre les dents et on prend sur nous. Même si on a mal. Ulysse est le seul qui m’encourage et qui me soutient toujours ».
    Ulysse, toujours Ulysse…
    « Il a vraiment l’air sympa ce gars ».
    « Il est génial, un vrai pote, un bon mec ».
    « Tu es la seule personne à qui j’ai parlé de ça »il enchaîne « même Maxime n’est pas au courant que je trime ».
    Ses doutes, ses craintes, sa façon de me les avouer rien qu’à moi, tour cela me touche profondément. Car cette petite faiblesse de mon Jérém le rend un peu plus humain encore.
    « Ulysse m’a dit que lui aussi il avait peur de ne pas y arriver au début. Il m’a dit qu’il faut tenir bon, ne pas se focaliser sur ses faiblesses, cultiver ses forces, et avancer chaque jour un peu plus ».
    « Il est de bon conseil ce gars ».
    « Oui, de très bon conseil ».
    « Au fait, je peux te faire assister au match si tu veux… enfin… si tu n’as pas envie de faire autre chose demain après-midi… ».
    « Il y a plein de choses à voir à Paris, mais rien qui ne puisse attendre, rien de plus important que de voir mon champion de mec jouer au rugby ».
    Et aussi de voir enfin la tête de ce sacré Ulysse, je me dis dans ma tête.
    « Doucement, avec le champion, il débute tout juste ! » il me lance, avec un petit sourire semblant trahir son plaisir de m’entendre l’appeler de cette façon. Mon bobrun a besoin d’être rassuré, et je me plais bien dans ce rôle.
    Jérém va avoir 20 ans et je n’ai jamais été aussi heureux avec lui. Cette nuit, je m’endors dans ses bras, heureux comme jamais. Cette nuit je me dis que, définitivement, la réaction de mon père face à mon coming out n’a pas de sens (1). Comment on peut ne pas comprendre ce bonheur ?


    (1)    Association « Le refuge ».

    Nico n’est pas dans un cas extrême de rejet par sa famille à cause de son homosexualité. Certes, son père vit mal cela, mais il a la chance d’avoir une mère qui le soutient, et il ne risque pas d’être mis à la porte et privé de ressources à cause de sa différence.
    Il n’en va pas de même pour tous les jeunes qui choisissent de faire leur coming out, ou qui sont « outés » malgré eux auprès de leurs familles.
    Même en 2020, certains sont encore mis à la porte, privés de ressources. D’autres sont victimes d’homophobie, de harcèlement.
    Pour tous les jeunes qui sont victimes d'homophobie et de transphobie, y compris dans le cadre de leur propre cellule familiale, il existe une association qui peut leur venir en aide.
    C’est le REFUGE.
    https://www.le-refuge.org/
    Le Refuge est une fondation française conventionnée par l'État dont la vocation est d'offrir un hébergement temporaire et un accompagnement social, médical, psychologique et juridique aux jeunes garçons et filles majeurs, victimes d'homophobie et de transphobie, y compris dans le cadre de leur propre cellule familiale.
    Fondée en 2003, l'association a son siège à Montpellier. Elle se compose de 18 délégations départementales opérationnelles. L'action du Refuge est symbolisée par un ruban bleu.


    Prochain épisode de J&N, vers le 10 juin.




  • Commentaires

    1
    Virginie-aux-accents
    Dimanche 24 Mai à 00:03

    Des retrouvailles à la fois tendres et chaudes entre nos deux amoureux. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que quelque chose cloche... 

      Merci Fabien pour cette merveilleuse histoire.

    2
    florentdenon
    Dimanche 24 Mai à 15:28
    Un recit tres cinematographique qui m a fait un tres bon moment.Mais je me demande ce qui attend Nico apres de tels sommets de felicite...La suite please...Et encore merci
    3
    Yann
    Dimanche 24 Mai à 18:05

    On ne se lasse devant la beauté d'un amour aussi pur.

    4
    Dimanche 24 Mai à 18:23

    C'est tellement vrai que pour arriver sur la Capitale on traverse d'abord une ceinture de béton sinistre. Quel dommage 

    Ulysse... c'est un prénom qui n'incite pas à la confiance dans la mythologie grecque. Ami, allié, rival ou peut être tentation. Apres tout, il a un peu de valeur ce Nico 

    5
    gebl
    Mardi 26 Mai à 01:13

    Ton écriture fait passer des scènes très hard en des moments voluptueux , jamais vulgaire, . ton récit est toujours aussi captivant. 

    tu voulais savoir si tu avais un talent d'écrivain , eh bien pour moi oui , et je trouve talentueux  d'y arriver dans le domaine du sexe, sans vulgarité outragère

    C'est en lisant tes récits que je suis passé "d'actif" à versatile. Tu as réveillé ma curiosité à connaitre ce que Jerem à découvert , le plaisir de recevoir . 

     merci

    un ancien hétéro , devenu bi versatile. 

    * Je n’aime pas les termes actif / passif,  on peut être sodomisé en étant le meneur de jeu et vice versa quand on pénètre.

      • Yann
        Mercredi 27 Mai à 08:08

        Je pense en effet qu'en matière de sexualité amoureuse il n'y a pas de hiérarchie entre les partenaires. Le pouvoir de chacun est le même car c'est le pouvoir de la jouissance. Avoir, donner, recevoir du plaisir. Celui que l'on procure à l'autre, qu'on lui refuse, qu'on lui vole parfois quel que soit le rôle que l'on se donne. On peut avoir le pouvoir tout en étant passif ou objet de l'autre, et dépendant alors qu'on croit mener le jeu.

        Yann

    6
    Fabien
    Mardi 26 Mai à 07:39
    Merci à vous tous pour ces beaux commentaires. Fabien
    7
    Etienne
    Samedi 30 Mai à 18:15

    Waouhhh !! Ca, c'est des retrouvailles !

    Qui font craindre la suite...

    8
    Lundi 1er Juin à 19:57

    Cette histoire me touche énormément, elle fait remonter en moi beaucoup de souvenirs qui étaient oubliés. 

    En fait, c’est la première fois que je lis une histoire d’amour gay. J’avais lu Maurice, un roman anglais de 1913, donc il était autant historique que Gay. 

    Peut être que de ne pas devoir passer par une histoire hétérosexuelle, me fait recevoir le récit directement, au premier degré, sans filtres. 

     

    J’avais oublié également, à quel point le Sida nous a marqué et bridé dans notre sexualité. J’avais 16 ans en 1982, donc je n’ai connu que ça, alors je comprends très bien les interrogations de Nico, ses craintes. Cette maladie nous a obligé à être responsable de nous même mais aussi des autres. Chacun fait selon qui il est. 

    Toutes les interrogations sur le passif et l’actif, le regard inquisiteur que l’on porte sur soi selon la catégorie ou on se trouve le mieux. Bien que Nico, soit assez cool sur le sujet, les questionnements sont présents. Je ne sais pas toujours si c’est le Nico de 2001 qui parle ou celui de 2020. Cela change un peu la donne. 

     

    Elle est marrante cette balade dans Paris. Je n’ai pas remarqué qu’il y avait tant de bogosses que ça dans le métro, je regarderai mieux la prochaine fois. De même que je n’ai jamais fait de balade en bateau mouche, ni attendu que la Tour s’illumine. 

    A la place de Nico, moi aussi je me serais rongé les sangs en cherchant à savoir avec qui Jérèm a découvert tout ça. 

     

    Il a beaucoup changé Jérèm. Je me surprends à espérer qu’il lui arrive une tuile au rugby et qu’il rentre à Toulouse, moins loin de Nico. C’est pas sympa de ma part, mais cet éloignement me semble compliquer à gérer. Nos trois amis, Jerem, Nico, Thibaut vont avoir du mal à se retrouver désormais. Le billet Bordeaux Paris n’est pas donné pour un étudiant. 

     

    En attendant de découvrir la suite, je me replonge dans les histoires passées et je me dis que Nico en a pris plein la gueule tellement longtemps. Son bonheur actuel n’en est pas moins sexy et ses galipettes tout aussi excitantes que quand il était la pute de Jérèm. 

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