• Dans la tête et dans le cœur de Thibault.

    Épisode BONUS Jérém&Nico Saison 1

    Je vous attends nombreux à :

    La soirée Bonjour à toutes et à tous ! le jeudi 31 mai à 21h00 en cliquant ICI



    Dimanche 26 aout 2001, 4h08.

    La nuit va bientôt se terminer et le vent d’Autan n’a rien perdu de sa vigueur : il souffle auprès de Nico, sur le balcon de l’appart de Martin, il caresse sa peau, s’engouffre dans ses cheveux, essuie ses larmes, encourage ses bonnes résolutions d’aller une dernière fois vers son Jérém, dès le lendemain.
    C’est le même vent d’Autan qui souffle sur une terrasse à l’autre bout de la ville, et qui caresse le torse dénudé de Thibault.
    Il est tard, mais le jeune mécano n’arrive pas à dormir : quelque chose le tracasse. Ça fait un certain temps qu’il a du mal à dormir : mais cette nuit, le sommeil ne veut vraiment pas venir.
    Ça fait plus d’une semaine que Thibault n’a pas vraiment de nouvelles de son pote Jéjé : et ça l’inquiète de plus en plus.
    Après la façon dont ils se sont « quittés » la dernière fois qu’ils se sont vus, il n’y a pas eu une heure, pas une minute où il n’ait pas pensé à son pote, loin de lui ; pas une minute où il n’ait pas ressenti en lui la déception de son pote face à son « exclusion » des poteaux du rugby toulousain ; pas une minute où il n’ait pas imaginé son Jéjé, malheureux, après cette bêtise de quitter Nico et de se priver ainsi de sa présence bénéfique ; pas un instant où il n’ait pas ressenti l’inquiétude que son Jéjé, désormais seul et désorienté, puisse se mettre en danger.
    Depuis plus d’une semaine, Thibault n’a pas vécu un instant sans que tout cela ne lui noue la gorge, ne lui vrille les tripes.
    Alors, non, cette nuit le jeune pompier n’arrive pas à trouver le sommeil : il cogite, il ressasse sans cesse ses inquiétudes, il se laisse envahir par la nostalgie de cette époque où son Jéjé et lui étaient comme des frères, où leur complicité était parfaite, sans zones d’ombre ; et il ressent une immense tristesse en pensant que cette époque est désormais bel et bien révolue.
    Seul sur sa terrasse, Thibault remonte le temps, de souvenir en souvenir, à la recherche d’un bonheur perdu : un voyage dans le passé qui l’amène jusqu’aux racines de cette amitié née dix ans plus tôt.
    Le premier souvenir de son Jéjé qui se présente à lui, c’est l’image d’un garçonnet effacé, complexé et malmené, qui souffrait en silence, à la récré, dans la cour du collège.
    Touché par ce petit bonhomme, Thibault lui avait offert son amitié ; et, presque dans la foulée, le rugby. Leur amitié était née.
    Thibault repense aux innombrables moments, aux souvenirs, aux rires partagés en dix ans d'amitié ; mais aussi aux embrouilles, aux prises de tête, à chaque fois réglées autour d’une bière, ou sur le terrain de rugby.
    Il repense au bonheur immense qu’il avait ressenti lors d’une soirée de confidences d’adolescents, une nuit où son Jéjé lui avait dit : « Tu es important pour moi… » ; des mots qui l’avaient touché comme aucun autre et auxquels il s’était empressé de répondre ce qu’il ressentait si fort au fond de lui : « Toi aussi tu es important pour moi… ».
    Il repense à la joie sans limites du jour où ils avaient gagné leur premier tournoi de rugby ; au bonheur de l’avoir gagné ensemble.
    Jour après jour, le garçonnet effacé s’était transformé en un très très beau garçon remarqué, admiré, convoité : en un souffle, presque du jour au lendemain.
    Thibault retrouve le souvenir, troublant, bouleversant, d’un vestiaire d’après match, vers l’âge de 12-13 ans : ce jour-là, en regardant son pote se doucher, il s’était attardé à le regarder. Et il l’avait trouvé beau.
    Match après match, vestiaire après vestiaire, douche après douche, Thibault n’avait jamais pu arrêter de regarder son pote ; il arrivait presque toujours à s’arranger pour se doucher en même temps que lui. Parfois, il lui était arrivé de croiser son regard, souvent accompagné d’un petit sourire, un sourire qu’il n’avait jamais su interpréter. Complice ? Amusé ? Flatté ?
    Au fil du temps, il avait même appris à garder un sujet de conversation à lancer sous la douche, astuce qui lui permettait de regarder son pote, de détailler son anatomie, toute son anatomie, sans que cela paraisse inapproprié.
    De plus en plus, Thibault avait « besoin » de regarder son pote : car, le regarder, le faisait sentir bien.
    Un jour, il avait fait exprès de chercher son pote, de le narguer, de provoquer une réaction physique de sa part ; un autre jour, il l’avait éclaboussé pendant qu’il prenait sa douche (ce jour-là, attirés par leur petite chamaillerie sous l’eau, d’autres gars étaient venus jouer avec eux sous les douches, tels des labradors voyant d’autres labradors nager dans une rivière ; au bout de quelques minutes, le sol du vestiaire était recouvert d’une épaisse couche d’eau et de mousse, bêtise qui leur avait valu un bon savon, sans jeux de mots, de la part de l’entraîneur).
    A chaque fois, Thibault avait été heureux que son pote fasse semblant de le bousculer, qu’il essaie de le maitriser, qu’il l’attrape par les bras, les épaules, par le cou, tout en rigolant : et à chaque fois, il avait été heureux de sentir le contact avec ce corps, avec cette peau mate et douce qui lui faisait de plus en plus envie.
    Et puis, il y avait eu cette nuit, sous une tente, en camping, l’été de leurs 13 ans : ce moment sensuel et Puis, très vite, son Jéjé avait été accaparé par les nanas. Et ils n’avaient jamais reparlé de cette nuit, comme si elle n’avait jamais existé.
    Ce qui n’avait pas empêché les échanges de regards avec son pote (dans les vestiaires, sous les douches) de continuer comme avant ; ce qui n’avait pas empêché les désirs du jeune pompier de continuer à le hanter.
    Parfois, lors des déplacements pour les matchs de rugby, Thibault s’était parfois retrouvé à dormir dans la même chambre, et parfois dans le même lit que son Jéjé.
    Délice et torture, de redécouvrir et devoir maîtriser à chaque fois la brûlante envie de retrouver cette complicité des esprits, des corps et des plaisirs qu’il avait ressenti cette fameuse nuit sous la tente.
    A chaque fois, l’envie était un peu plus violente, et la frustration un peu plus insupportable. Pourtant, le respect de leur amitié avait toujours freiné tout dérapage.
    Thibault considérait Jéjé comme son petit frère, il avait pour lui une affection infinie : leur complicité de potes et de coéquipiers était si importante à ses yeux que jamais il n’aurait pris le risque de laisser ses sentiments et ses désirs gâcher cette si belle amitié.
    Thibault avait fini par se dire que ce qui s’était passé sous la tente n’était qu’une bêtise d’ados, une bêtise qu’il fallait oublier, tout comme semblait l’avoir fait son pote.
    Pourtant, Thibault s’était parfois demandé si son Jéjé repensait parfois à cette nuit, et s’il lui arrivait d’avoir lui aussi envie de retrouver le bonheur de ce moment magique.
    Parfois, lors de ces fins de soirée très tardives, Jéjé avait parfois eu de gestes un peu ambigus à son égard, des gestes qu’ils lui avaient valu pas mal de frissons et pas mal de questions.
    C’était lors de ces moments où l’alcool, la fatigue et le joint rendent possibles certaines attitudes inconcevables « à jeun » ; des attitudes dans lesquelles on ne saura vraiment jamais quel rôle ont joué l’alcool ou le joint.
    Thibault repensait par exemple à ce geste qu’avait parfois son pote, après une discussion houleuse, celui de passer sa main sur ses cheveux, de le caresser, tout en rigolant : peut-être une façon de s’excuser pour la virulence de ses propos, peut-être une façon d’admettre qu’il avait tort
    Thibault repensait à cette autre habitude de son Jéjé, avant un match important, ou après une victoire, celle de le serrer contre lui et de glisser ses mains entre son t-shirt et son dos ; il repensait à sa façon de passer un bras autour de son cou, ou d’appuyer sa tête à son épaule lorsqu’ils n’étaient que tous les deux sur le canapé, devant un match de rugby.
    Des gestes, amicaux, certes, mais pleins de douceur, presque de tendresse, des gestes qui lui procuraient à la fois de doux frissons et une violente frustration.
    Fidèle à sa résolution de faire passer leur amitié avant tout le reste, , Thibault avait à chaque fois accepté ces gestes de son Jéjé, sans chercher à creuser plus loin, sans tenter d’aller plus loin.
    Pourtant, c’était de plus en plus difficile pour lui de faire semblant.
    « Est-ce que j’aime les mecs ? » s’était parfois demandé Thibault.
    Depuis son adolescence, Thibault avait toujours aimé fréquenter les nanas. Son genre à lui c’était les filles naturelles et douces, avec de la conversation ; et surtout pas les trop précieuses, les bimbos, les affriolantes, celles dont le maquillage pèse plus lourd que leur cerveau ; les « cagoles » comme les appelait son pote marseillais Thierry.
    Thibault n’avait pas eu beaucoup de nanas dans sa vie : deux histoires qui avaient duré quelques mois, plus quelques aventures d’un soir, mais pas très nombreuses. Il aurait pu en avoir plus, mais ça ne l’avait jamais vraiment intéressé de remplir un tableau de chasse.
    Malgré quelques déceptions, Thibault s’était toujours imaginé fonder une famille avec une femme et des enfants.
    Mais à côté de ça, il avait toujours aimé regarder un beau garçon : au rugby, sous les douches, dans les vestiaires, au KL, au garage, dans la rue, dans le bus.
    Pourtant, même si la présence d’un beau mec attirait son regard et lui apportait une sorte de sensation de bienêtre, jamais il ne s’était imaginé aller plus loin avec aucun gars.
    Thibault ne savait pas vraiment comment l’expliquer : avec son Jéjé, c’était différent, point. Il n’avait jamais ressenti ce truc pour un autre gars : cette envie de le faire rire, l’envie de l’aider quand il avait besoin de lui, l’envie de le rassurer, de le serrer dans ses bras quand il n’était pas bien ; l’envie de le protéger, de le caresser pour qu’il soit bien : cette empathie totale qui faisait que quand son pote Jéjé était bien, Thibault était bien lui aussi.
    Non, aucun gars ne lui avait jamais fait l’effet qui lui faisait son Jéjé ; pour aucun autre gars il avait ressenti ce « truc » qui lui vrillait les tripes lorsqu’il regardait son pote sous la douche.
    Car c’était bien là le « problème », cette foutue envie qui allait au-delà du simple lui « faire » plaisir : c’était l’envie, inavouable, de lui « offrir » du plaisir.
    Une envie que Thibault avait tout fait pour essayer de maîtriser, d’étouffer, d’oublier.
    Une envie qui lui était pourtant revenue à la figure comme un boomerang une nuit d’été, un an plus tôt, dans un camping à Gruissan, une nuit où son pote s’était éclipsé en prétextant une coucherie avec une nana ; cette même nuit où il avait vu son Jéjé sortir d’un mobil home, suivi d’un garçon inconnu, un garçon qui lui avait rapporté sa montre, et qui avait posé un bisou dans son cou.
    Cette nuit-là, le cœur de Thibault en avait pris un gros coup.
    Ça avait été très dur pour lui de réaliser que son pote avait les mêmes envies que lui, des envies qu’il n’avait pas su voir, malgré tout le temps passé ensemble ; ou bien « à cause » de tout le temps passé ensemble, « à cause » de leur amitié, cette amitié qui avait empêché leurs désirs similaires de se reconnaître et de se rencontrer.
    L’amitié, mais quelle amitié ?
    Parfois, Thibault se disait qu’il n’était pas vraiment honnête avec son pote, qu’il n’était pas l’ami qu’il prétendait être. Depuis longtemps, il lui cachait son attirance et ses sentiments ; et, désormais, il lui cachait également qu’il savait des choses sur lui qu’il était censé ignorer.
    S’il avait facilement oublié l’épisode du mobil home en voyant son pote revenir aux filles dès le retour sur Toulouse, un autre épisode était venu troubler le jeune mécano au cours de l’hiver qui avait suivi ; c’était l’« épisode Guillaume ».
    Pendant une période, le cousin de son Jéjé était sorti le week-end avec eux. Thibault avait ainsi eu l’occasion de remarquer comment ce Guillaume dévorait son cousin des yeux, le regard plein de désir.
    Et au fond de lui, il avait toujours pensé qu’il se passait des choses entre son pote et ce Guillaume, lorsque ce dernier restait dormir à l’appart rue de la Colombette.
    C’était pendant l’« épisode Guillaume », à l’automne 2000, que Thibault avait commencé à ressentir un sentiment inattendu poindre dans son esprit : ce sentiment, c’était la jalousie.
    Un sentiment qui s’était d’abord emparé de lui de façon sournoise, avant de lui éclater à la figure d’une façon extrêmement violente en une autre occasion, à la fin de cette même année.
    C’était arrivé un week-end de décembre, lors du dernier match avant la pause du tournoi pour les fêtes de fin d’année, un match qu’ils avaient remporté de justesse face à une Section Paloise plutôt aguerrie.
    Parmi les joueurs de l’équipe paloise, il y avait ce Patxi, le demi de mêlée originaire de Saint-Jean de Luz. Un demi de mêlée, tout comme lui, Thibault.
    Patxi n’était pas très grand, mais bien musclé ; il était brun, les cheveux assez courts et frisés, plutôt typé basque, avec des petits yeux très noirs, très vifs, un regard très brun, profond, pénétrant ; il portait un petit piercing à l’arcade sourcilière qui ajoutait un petit côté « soigné » à sa sexytude naturelle. Avec son sourire magnifique, tour à tour doux, fripon, charmant et charmeur ; avec son rire sonore, franc, spontanée, généreux, contagieux, avec un je-ne-sais-quoi d’enfantin ci et là, Patxi était le genre de garçon qui dégage une joie de vivre exubérante.
    Comme certains de ses co-équipiers, et malgré la défaite, le p’tit brun basco-béarnais était resté sur Toulouse pour faire la fête.
    Au cours de la soirée, Patxi avait très vite et très bien sympathisé avec lui, Thibault, et avec son Jéjé ; et ils avaient fini par se retrouver tous les trois, tard dans la nuit, à boire une dernière bière dans l’appart de la rue de la Colombette.
    C’est à ce moment là que Thibault avait ressenti ce sentiment étrange monter en lui, lui serrer la gorge et lui vriller les tripes. C’était lorsqu’il avait été frappé par la nette impression que ce Patxi s’employait à flatter l’égo de son Jéjé, qu’il tentait de l’impressionner, presque de le « draguer » ; et que son pote, porté par la progression de son degré d’ivresse, semblait de plus en plus admiratif de la personnalité de ce petit basque.
    Plus les minutes passaient, plus il avait l’impression que son pote Jéjé était conquis par les mots et par la présence de ce tchatcheur intarissable (mais, il fallait bien l’admettre, intéressant, sympathique, fûté et plutôt drôle) ; plus ça allait, plus il sentait que son pote buvait les mots de ce Patxi, qu’il posait sur lui ce regard attentif et admiratif qu’il ne lâchait pas si facilement ; ce regard dont lui, Thibault, avait été assez souvent l’objet par le passé.
    Comment ça lui manquait, ce regard, depuis quelques temps !
    Cette nuit-là, Thibault avait presque l’impression qu’en quelques heures, entre son pote et ce gars s’était créé une complicité aussi forte, voire plus forte encore, que celle qu’ils avaient tous les deux depuis tant d’années.
    « Là, j’ai du respect, mec ! » avait lâché Jéjé, lorsque le petit basco-béarnais avait sorti un joint de sa poche. Sa voix était chargée de cette allégresse fille d’ivresse, son regard dégageait ce sourire un peu « hébété » qu’il avait toujours trouvé adorables et touchants chez son pote lorsqu’il était saoul ou stone.
    Après avoir partagé le joint à tous les trois, Jéjé avait proposé à Patxi de rester dormir chez lui.
    « Si ça te fait pas peur de dormir avec un gars… » lui avait lancé ce dernier, taquin.
    « Si tu me touches, je te défonce… » lui avait retorqué Jéjé, en rigolant.
    « On se voit demain » avait alors pris congé Thibault, la mort dans l’âme en regardant son Jéjé et Patxi en train de se dessaper.
    Thibault était rentré chez lui le cœur lourd, très lourd : la jalousie le dévorait de l’intérieur comme un incendie de forêt en plein mois d’août.
    Il n’avait jamais su s’il s’était passé quelque chose entre son pote et le demi de mêlée palois. Pourtant, plus encore que l’« épisode Gruissan », plus encore que l’« épisode Guillaume », l’« épisode Patxi » avait fait prendre conscience à Thibault de l’existence et de l’importance de sa jalousie : car, contrairement à l’inconnu de Gruissan ou à Guillaume, Patxi était un gars « comme eux », un rugbyman, un mec qu’il n’aurait jamais pu imaginer être « de ceux qui s’intéressent à d’autres gars » ; pourtant, Patxi, « un gars comme eux », semblait vraiment s’intéresser à son pote.
    Pourtant, la plus grosse claque restait à venir. Elle avait percuté le jeune mécano de plein fouet quelques mois plus tard, assenée à son insu par un gars sorti de nulle part, un redoutable « outsider », le charmant et adorable Nico.
    Oui, ça avait été très dur pour Thibault de voir ce petit mec débarquer dans la vie de son Jéjé ; car, en plus d’être attiré par son pote, il était vraiment amoureux ; un petit gars qui, malgré ce que son pote voulait croire lui-même et faire croire, avait réussi l’exploit d’arriver à représenter quelque chose d’important à ses yeux.
    Thibault repense à ce jour où son pote Jéjé l’avait carrément foutu à la porte à l’heure de l’apéro parce qu’il devait « réviser » avec son camarade Nico : un comportement qui ne lui ressemblait tellement pas, et qui avait éveillé sa curiosité. En partant, il avait croisé Nico sur le palier. Et là, c’était flagrant : ce petit gars semblait si heureux de retrouver son camarade ! C’était beau à voir…
    Très vite, l’arrivée de ce petit Nico avait remué bien des choses : assez vite, son pote avait mis un coup de frein aux aventures avec les nanas ; puis, presque du jour au lendemain, Thibault avait été confronté à un Jéjé moins disponible, et surtout un Jéjé qui avait cessé de se confier à lui sur tout un pan de sa vie.
    Mais autre chose perturbait également le jeune pompier depuis l’arrivée de Nico dans la vie de son pote : si par le passé Thibault avait ressenti un pincement au cœur en imaginant son Jéjé en train de prendre son pied loin de lui, cela était resté supportable tant qu’il avait été persuadé que son pote ne faisait que coucher.
    Mais depuis l’arrivée de Nico, Thibault s’était retrouvé confronté à une situation d’un tout autre genre : son pote désormais « engagé » dans une sorte de relation suivie, même si conflictuelle, une relation qu’il n’avait jamais eue avec une nana ; avec la possibilité que son Jéjé pourrait tôt ou tard ressentir des sentiments à son tour.
    Sa frustration était devenue insupportable lorsqu’il avait réalisé que, malgré son penchant pour les garçons, son Jéjé ne s’intéresserait jamais pour autant à lui autrement que comme à son pote.
    Ainsi, cette nouvelle relation lui avait claqué brutalement et définitivement à la figure l’impossibilité d’envisager quoique ce soit avec son Jéjé, la douloureuse conscience de se heurter à tout jamais à la « barrière » de leur amitié.
    Thibault avait cru pouvoir faire un transfert de ce qu’il ressentait pour son pote en encourageant Nico à se confier à lui, en encourageant sincèrement cette relation, en le sachant heureux avec un autre, avec ce petit Nico qui lui inspirait confiance, car il trouvait sincère et touchant : il l’avait cru, il avait essayé de toutes ses forces ; mais il n’avait pas réussi, bien au contraire.
    Ainsi, les sentiments que Nico lui avait avoué ressentir pour son pote, avaient fait écho à ses propres sentiments, les rendant encore plus vifs et brûlants : en devenant le confident de Nico, Thibault s’était retrouvé témoin privilégié d’un bonheur qui lui était interdit.
    Aussi, en plus de devoir cacher à son Jéjé les sentiments qu’il avait pour lui, il s’était également retrouvé à devoir cacher ces sentiments à Nico, à proposer son amitié, pourtant sincère, au gars qui avait pris une place dans le cœur de son pote, cette place qu’il avait toujours rêvé d’avoir, lui.
    Une situation intenable pour le jeune mécano, une situation qui le faisait sentir de plus en plus dans cette position du « cul entre deux chaises » qui n’avait jamais été son genre, lui d’habitude si franc, si soucieux d’être droit et juste.
    Amour, désir, frustration, jalousie : voilà les ingrédients du cocktail explosif qui s’agitait dans la tête et dans le cœur de Thibault. Un cocktail qui était devenu de plus en plus instable au cours des dernières semaines, lorsque la sensualité s’était peu à peu invitée entre son pote et lui.
    Un soir, en boîte, son Jéjé lui avait proposé ce plan avec les deux nanas : sur le coup il avait été surpris et troublé par l’idée (à cause de la promiscuité que cela allait amener avec son pote et aux désirs qu’elle allait enflammer ; mais aussi à cause du questionnement qui lui trottait dans la tête, de savoir comment Nico, également présent ce soir-là dans la boîte, allait réagir en les voyant partir tous les quatre) ; le jeune mécano avait pourtant fini par accepter.
    Il l’avait fait pour faire plaisir à son pote ; mais aussi, et surtout, pour partager ce moment avec lui. Thibault s’était dit que, de toute façon, avec lui ou sans lui, son pote finirait sa soirée au pieu avec une nana ou deux ; et puis, si vraiment son pote allait partir à la rentrée, il n’aurait jamais d’autres occasions pour vivre ce genre d’expérience avec son pote.
    Sur la route vers l’appart rue de la Colombette, Thibault s’était dit ce soir-là, que son pote était vraiment génial d’avoir eu cette idée ; tous en se demandant si, en imaginant ce plan, il avait une idée derrière la tête, une idée qui ressemblerait à la sienne, celle de « partager » leur plaisir, l’envie de proximité, de promiscuité : avec la présence des deux nanas comme caution.
    Thibault avait adoré partager ce moment avec son pote ; les regards, les odeurs, les contacts d’épaule, les gestes et l’intense beauté de son corps vibrant au rythme de l’ivresse des sens, tendu vers la jouissance.
    Mais ce qu’il avait adoré par-dessus tout, c’étaient ces regards de plus en plus désinhibés entre son pote et lui échangés « dans le dos des nanas » ; c’était ce bras que son pote avait posé sur son épaule ; c’était cette main, cette caresse qu’il avait posées sur son cou, ce geste à la fois touchant et excitant et que le jeune mécano avait rendu à l’identique, geste qui avait précipité et synchronisé leurs orgasmes respectifs.
    Un moment sensuel qui non seulement lui avait laissé un petit goût de reviens-y, mais qui l’avait également laissé un peu sur sa faim : car, si Thibault avait bien trouvé dans ce plan une réponse à ses questions, c’était qu’il avait bien envie d’aller plus loin dans le partage du plaisir avec son pote.
    Alors, quand son Jéjé, quelques temps plus tard, lui avait proposé de passer nuit avec Nico et lui, la perspective de retrouver cette complicité sensuelle avec son pote l’avait poussé à accepter sans trop penser aux conséquences.
    Thibault s’était dit qu’entre mecs, il pourrait peut-être oser des choses avec son pote qu’il n’avait pas osé en présence des filles ; et qu’il en serait peut-être de même pour son Jéjé.
    Mais aussi, il était curieux de découvrir le plaisir entre garçons ; curieux de savoir ce que son pote aimait, et pourquoi il n’arrivait pas à l’assumer.
    Mais cette nuit-là, tout comme ça avait été le cas pour son pote, elle lui avait échappé des mains.
    Cette nuit-là Thibault avait retrouvé le bonheur de regarder son pote prendre son pied, d’approcher son intimité, sa virilité ; et il avait ressenti une promiscuité encore plus forte, encore plus intense.
    Cette nuit-là, Thibault avait aussi découvert un plaisir inattendu et délirant avec Nico, le même qu’il offrait à son pote ; cette nuit-là, Thibault avait découvert que le sexe entre garçons était génial. Tout ce qui s’était passé avec Nico, tout ce que lui avait fait découvrir Nico avait été génial : le plaisir, la douceur, la tendresse.
    Dans le feu de l’action, il aurait voulu aller encore plus loin, tout autant avec son Jéjé, qu’avec Nico ; cette nuit-là, Thibault avait eu envie de prendre son pote en bouche ; tout comme il avait eu envie de prendre Nico en bouche : mais il n’avait pas osé.
    Il y avait plein de choses qu’il n’avait pas osé cette nuit-là ; parce que c’était sa première fois avec des mecs, parce que certains de ses tabous l’avaient bridé ; et aussi, et surtout, parce que cette première expérience se déroulait avec ses deux meilleurs potes, deux potes qui n’étaient pas n’importe qui l’un pour l’autre, mais entre lesquels il y avait un truc bien plus fort que son Jéjé avait semblé vouloir lui faire croire en lui proposant de se joindre à eux.
    Thibault avait également ressenti un gros malaise vis-à-vis de l’attitude méprisante et irrespectueuse de son pote à l’égard de Nico ; et il s’en était voulu de ne pas avoir été plus ferme face à son comportement.
    Car cette nuit-là, Thibault avait ressenti plein de trucs pour ce petit Nico : l’envie de le protéger, de le rassurer, de le soutenir.
    C’était troublant, cette somme et l’amplitude de la gamme des sensations et des émotions que Thibault avait ressenties en une seule nuit.
    Cette nuit-là, Thibault avait ressenti l’amour que Nico portait à Jérém : cet amour qu’il connaissait de par ses confidences, mais qu’il avait désormais sous les yeux, vibrant, touchant ; et il avait aussi ressenti la jalousie de son pote Jéjé vis-à-vis de la façon dont le plaisir s’était échangé entre lui, Thibault, et Nico, cette jalousie qui était un peu sa façon d’aimer Nico : une façon inavouée, certes, mais bien présente.
    Oui, cette nuit-là avait remué bien de choses dans la tête et dans le cœur du jeune mécano.
    Le corps de Nico, le souvenir du plaisir partagé avec lui, sa douceur, sa tendresse, sa sensualité, le troublaient ; dans sa tête et dans son cœur, l’absence de Nico le hantait désormais tout autant que celle de son pote Jéjé.
    Après cette nuit, c’était devenu très très dur pour Thibault de côtoyer l’un et l’autre ; ses anciens désirs, ses anciens démons ne le quittaient plus, alors que des nouveaux étaient venu s’y ajouter.
    Après cette nuit, tout était parti en vrille.
    Il y avait eu d’abord cette branlette qu’il n’avait pas pu se retenir d’offrir à son pote Jéjé, blessé à l’épaule, une nuit dans la semaine avant la finale du tournoi de rugby ; une branlette qui avait failli aller bien plus loin, si Jéjé n’avait pas appuyé sur le bouton STOP, juste à temps.
    Puis, quelques jours plus tard, le soir après la finale du tournoi, ça avait à nouveau failli déraper entre son pote et lui : cette fois-là, c’était lui, Thibault, qui avait appuyé sur le bouton STOP, face à son Jéjé saoul à tomber lui réclamant carrément une gâterie, et le jetant méchamment devant son refus.
    Une autre fois, la nuit après l’appel du Racing, voulant empêcher son Jéjé de repartir de chez lui en pleine nuit suite à un accrochage – dont Nico était l’objet – Thibault s’était à nouveau retrouvé confronté à l’attirance, à la tension érotique vis-à-vis de son pote : leurs fronts, leurs nez s’étaient retrouvés collés, leurs désirs, confrontés ; cette nuit-là, il s’en était manqué de peu, de très peu, pour que leurs lèvres se rencontrent.
    Ainsi, après chaque incursion plus ou moins manquée dans l’intimité de son Jéjé, Thibault avait eu le cœur lourd, et s’était senti de plus en plus perdu : vis-à-vis de son pote, vis-à-vis de Nico ; et, surtout, de lui-même.
    Thibault n’arrivait plus à maîtriser ses sentiments, ses envies ; il avait l’impression que de plus en plus les choses lui échappaient des mains ; l’impression qu’en continuant sur cette pente, le risque qu’un accident se produise était dangereusement élevé.
    Thibault avait conscience qu’il jouait avec le feu. En tant que pompier, il savait que la meilleure façon de prévenir le feu est d’éloigner les éléments inflammables des sources de départ de feu potentielles. Le jeune pompier était réputé pour être redoutablement efficace lors des mises en sécurité des scènes d’accident, et notamment dans la maîtrise des risques. Pourtant, dans ce cas précis, face au risque potentiel, il se sentait incapable de prendre les décisions nécessaires pour annuler le risque.
    Thibault l’avait prévu, mais il n’avait pas pu l’éviter pour autant : et l’« accident » s’était produit la dernière fois qu’il avait vu son pote.
    Le vent d’Autan souffle sur la terrasse de l’appart des Minimes, caresse les bras, les épaules, le torse nu du futur joueur du Stade Toulousain.
    Depuis des années, Thibault avait parfois eu le cœur lourd : c’était à cause de ce dont il avait envie avec son pote, à cause de ce qui ne s’était pas passé, si ce n’est s’en approcher parfois, en rendant sa frustration d’autant plus insupportable.
    Mais si depuis quelques jours le cœur de Thibault est 10, 100, 1000 fois plus lourd encore, c’est à cause de ce qui s’est passé avec son pote, la dernière fois qu’il a dormi chez lui.
    Et si depuis dix jours, le cœur de Thibault est très lourd, il s’est chargé un peu plus quelques heures plus tôt, lorsque Nico est venu lui parler.
    Le bomécano ressent un nouveau malaise depuis cette rencontre, le malaise d’avoir menti à Nico ; ou du moins de ne pas lui avoir tout dit, comme c’était le cas déjà l’avant dernière fois qu’ils s’étaient vus.
    Depuis quelques temps, Thibault ne se reconnaît plus. Ne pas oser dire les choses, ne pas oser regarder la réalité en face, de ne pas savoir l’affronter : tout ça, ce n’est tellement pas lui !
    Et même si son intention n’était que de préserver, de ne pas faire souffrir, il culpabilise d’avoir caché des choses à Nico, des choses qui n’auraient jamais dû se produire.
    Car Thibault ressent une profonde tendresse pour ce petit Nico, cet adorable Nico qui a su chambouler la vie de son Jéjé, lui apporter quelque chose dont il avait besoin, quelque chose que personne d’autre n’a su lui apporter jusque-là.
    Thibault repense à la façon dont le regard de Nico s’illumine quand il parle de son Jérém : c’est le genre de regard qui te fait sentir « important » pour quelqu’un, vraiment important.
    Thibault a le sentiment qu’il n’y aurait rien de plus doux que de sentir ce regard sur soi ; il se dit qu’il serait heureux, qu’il aurait de la chance si un jour, une nana, ou même un garçon, pouvait poser sur lui le regard plein d’admiration et d’amour que Nico porte sur son pote Jéjé.
    Thibault comprend désormais comment sa douceur, son côté attachant ont pu toucher son pote Jéjé ; car, à cette douceur et à ce côté attachant, il y est sensible lui aussi. Nico est un garçon spontané, à fleur de peau, il est touchant, très touchant ; c’est un garçon qu’on a envie de protéger, de câliner, d’aimer. Sans compter que c’est aussi un garçon très sensuel ; et qu’au lit, c’est un feu d’artifice.
    Thibault sait désormais que le cœur de son pote est pris : car, même s’il se comporte mal avec Nico, c’est bien lui qu’il aime, et il l’aime vraiment ; s’il souffre de partir à Paris, c’est parce qu’il souffre de s’éloigner de lui ; s’il souffre, c’est de ne pas être capable de l’aimer.
    Thibault est confiant quant au fait qu’un jour ses deux potes vont se retrouver ; et il ne veut plus être un obstacle entre eux, un obstacle pour leur bonheur.
    Et il ne veut plus continuer à souffrir non plus.
    Jusque-là, Thibault a essayé d’oublier ses envies et ses besoins à lui, de pousser ses deux potes l’un dans les bras de l’autre : ça lui a pris toute son énergie et il a échoué.
    Depuis longtemps, il s’est toujours dit qu’à force, il finirait par y arriver. Mais il n’y arrive pas, il n’y arrive plus : il n’arrive plus à prendre sur lui, il a trop mal.
    Thibault n’en peut plus de se battre contre lui-même : il a besoin de décrocher ; il a besoin de prendre de la distance pour oublier tout ça, pour tourner la page.
    Thibault se dit que finalement le départ de son pote Jéjé à Paris est une bonne chose ; c’est l’occasion de prendre de la distance de tout « ça » ; l’occasion pour oublier, comme si ça n’avait jamais existé.
    D’ailleurs, il se dit que tout irait mieux s’il n’avait jamais ressenti ce « truc » pour son pote Jéjé.
    Mais « ça », ça ne se commande pas. Lorsque l’amour nous tombe dessus, c’est par surprise, toujours par surprise ; il débarque de nulle part et il bouleverse l’horizon de notre cœur. Il est imprévisible, insaisissable, incontrôlable : et c’est justement ça qui en fait sa beauté unique, cette beauté simple et intense qui est l’essence même du bonheur.
    Mais face à cet amour impossible, Thibaut n’a plus la force de se battre : alors, cette nuit Thibault dépose ses armes. Il a besoin de toutes ses énergies pour se consacrer corps et âme dans son projet sportif. Il a besoin de jouer pour oublier. Et il a besoin d’oublier pour jouer.
    Cette nuit, sur sa terrasse, Thibault est en train de lâcher prise. Cette nuit, le jeune pompier « dépose les armes ».
    En lâchant prise, tout devient plus clair dans sa tête.
    Peut-être qu’« Aimer » c’est aussi arriver à souhaiter le bonheur de l’autre, même si de ce bonheur nous n’en faisons plus partie… peut- être qu’« Aimer » c’est aussi accepter qu’il puisse être heureux sans nous…
    « Cher Nico, tu m’as « pris » mon Jéjé mais je ne t’en veux pas : un garçon amoureux, ça se respecte. Alors, prends bien soin de lui : mon plus grand souhait, c’est qu’il retrouve ce sourire, cette joie de vivre, ce bonheur intense et beau qu’il a eu parfois grâce à notre amitié.
    Je serais heureux de le savoir bien avec toi, même si parfois il me manquera. Son amitié me manque déjà. Notre complicité me manque.
    Mais ça me rassurerait vraiment, maintenant que mon Jéjé s’est éloigné de moi, de le savoir heureux dans tes bras. Garde un œil sur lui, comme je l’ai fait jusque-là, comme je ne pourrais plus le faire, garde le pour moi…
    Je te fais confiance Nico, parce que tu es sincèrement amoureux, et je sais que tu ferais tout ce que tu peux pour le rendre heureux… ».
    « Quant à toi, mon Jéjé : vas-y, mon pote, mon grand, prends ton envol, va vivre ta vie à l’autre bout du pays : fais tes preuves, amuse-toi, et vis ce que tu as à vivre.
    Vas-y, mon pote, va chercher ailleurs ce « tu-ne-sais-pas-quoi », ce « tu-ne-sais-pas-où », ce « tu-ne-sais-même-pas-si-cela-existe » qui t’apportera ce bonheur que tu n'as pas en toi ; va donc chercher ailleurs, ce calme de l’esprit que je te souhaite de trouver mais que tu ne pourras garder en toi tant que ton cœur pleurera les blessures anciennes qui te hantent toujours ».
    « Peut-être qu’un jour tu arriveras à oublier ta colère pour ne pas avoir été retenu par le rugby toulousain ; de toute façon, j’en suis sûr, tu vas très vite te révéler en tant qu’immense joueur ; tu vas prendre ta revanche sur la vie et ses injustices.
    Et peut-être qu’un jour tu auras envie de revenir me voir.
    Nous nous retrouverons un jour, qui sait… ».
    Mais avant cela, Thibault se sent prêt et déterminé à rappeler son Jéjé, dès le lendemain, à trouver les bons mots pour désamorcer sa colère, son mal-être, ses pulsions autodestructrices ; les mots justes pour tout arranger, les bons mots pour apaiser son pote, pour lui dire au revoir. Avant de le « confier » à Nico.
    La nuit va bientôt se terminer et le vent d’Autan n’a rien perdu de sa vigueur ; il caresse le torse dénudé de Thibault, fait écho à sa tristesse, ravive sa nostalgie, appuie sur ses remords, tout en encourageant ses résolutions, si dures à assumer ; c’est le même vent d’Autan qui souffle auprès de Nico sur le balcon de l’appart de Martin, qui s’engouffre dans ses cheveux, essuie ses larmes, encourage ses bonnes résolutions à lui.
    C’est encore le vent d’Autan qui balaie la place du Capitole, la place Wilson, le boulevard Carnot, la rue de la Colombette, jusqu’à cette rue du centre-ville où une petite foule s’est amassée autour d’un gars à terre, inconscient, à la suite d’une bagarre entre mecs bourrés.
    C’est le même vent d’Autan qui caresse la peau du jeune pompier, toujours réveillé, se retournant sans cesse dans son lit, cherchant sans cesse dans ses draps l’odeur persistante de son Jéjé.

    Dimanche 26 août 2001, 5h41

    En apprenant au petit matin, par un coup de fil d’un collègue pompier, que son pote Jéjé avait été secouru, inconscient, à la suite d'une bagarre, Thibault avait ressenti une terrible souffrance s'emparer de lui.
    Depuis un bon moment, il savait que son pote n’allait pas bien ; et il avait pressenti le risque que quelque chose puisse lui arriver. Et quelque chose de grave venait de lui arriver.
    Alors, ce matin, Thibault s’en veut de ne pas avoir pu, de ne pas avoir su l’empêcher : il s'en veut à mort.
    Le jeune pompier est tenaillé par les regrets de ne pas avoir été capable de soutenir son meilleur pote dans ce moment délicat, de ne pas avoir su lui rester proche ; mais aussi par les remords de ce qu’il a laissé s’immiscer dans leur amitié, et qui a fini par en miner les fondements.
    Thibault avait tant rêvé d'avoir un avenir dans le rugby professionnel ; mais il n'aurait jamais imaginé que le prix à payer ce serait de blesser son pote de toujours.
    Pourtant, au fond de lui, il sait bien que si son recrutement au Stade Toulousain a joué un rôle, d'autres raisons sont à la base de l'éloignement de son pote.
    Et dans ces raisons, il a le sentiment d'être le seul fautif.
    En roulant vers les urgences de l’hôpital de Purpan, les yeux embués de larmes, il repense à la dernière fois que son pote est passé chez lui, dix jours plus tôt ; il repense à sa détresse, à ses idées noires ; et il repense à cette faiblesse, sa propre faiblesse, à cette maudite erreur qui a définitivement éloigné son pote de lui.
    Oui, au petit matin de ce dernier dimanche d’août, Thibault a le cœur lourd, très lourd…

    10 jours plus tôt, le mercredi 15 août 2001, 23h49, chez Thibault.

    En mode « torse nu et boxer », en attendant la fraîcheur de la nuit pour se décider à aller au lit, le bomécano est installé devant la télé, sur le clic clac du salon : ce clic clac qu’il n’a pas fermé, même si depuis plusieurs nuits son pote a découché.
    Lorsqu’il entend la porte s’ouvrir, et qu’il voit son pote débarquer, Thibault est soulagé. Et heureux.
    Depuis presque une semaine, il n’a presque pas eu de ses nouvelles : et il commençait à s’inquiéter.
    Depuis presque une semaine, il n’a pas vu son pote : et il commençait à lui manquer.
    « Alors, c’était bien Paris ? » il l’interroge.
    « Je n’ai pas été à Paris… ».
    « Mais tu m’as pas dit que… ».
    « Je n’y ai pas été… » le coupe sèchement son Jéjé.
    Thibault n’était pas vraiment étonné de cela : il avait de suite trouvé bien bizarre ce départ précipité pour Paris, à la veille d’un week-end, départ dont il lui avait parlé uniquement par le biais de quelques sms très secs.
    Tout comme, très secs, lui paraissent à présent les mots et le ton de la voix de son pote.
    Thibault a l’impression que son pote est pas mal torché, qu’il est énervé, mais aussi abattu.
    « Et t’étais passé où ? T’as pas dormi à la Bodega ? » fait le jeune mécano pour tenter de détendre l’ambiance.
    « J’étais à Toulouse… ».
    « Mais où ? »
    « Ça n’a pas d’importance… ».
    « Bah, c’est sympa… je commençais à m’inquiéter… ».
    « J’avais besoin de prendre l’air… ».
    « C’est quoi ce bleu ? » fait Thibault, en découvrant la trace du coup que son pote porte sur son visage.
    « C’est rien, t’inquiète… ».
    « Tu t’s encore battu ? ».
    « C’est rien, je te dis… » s’agace Jérém, en levant sensiblement le ton de la voix et en partant très vite vers la terrasse, tout en s’allumant une cigarette.
    « Mais qu’est ce qui va pas Jé ? » fait Thibault, sur un ton ferme et bienveillant, tout en passant un t-shirt, avant de rejoindre son pote en terrasse, et de lui taxer une cigarette qui se trouve être la dernière.
    « Tout va bien, très bien… » fait Jérém, amer.
    « On ne dirait pas… » fait le bomécano, tout en allumant sa cigarette et en tirant une première taffe, avant de continuer : « mais putain… tu as une touche avec le Racing, tu devrais être heureux… ».
    « Fait chier que le Stade n’ait pas voulu de moi… » lâche sèchement son Jéjé.
    « Je sais, je sais… mais il ne faut pas regarder ce que tu n’as pas eu, il faut regarder ce que tu as eu… il y a plein de gars qui seraient heureux à ta place… tu as la possibilité de montrer ton talent à tout le monde du rugby… tu vas tout donner et dans un an le Racing sera dans le Championnat… grâce à toi, il sera plus fort que le ST… dans un an, tout le monde va te manger dans la main ! ».
    « Je n’ai pas envie d’aller à Paris… ».
    « Ne dis pas de bêtises… »
    « Je rigole pas… ».
    « Tu en as parlé à Nico ? »
    « Je m’en fiche de Nico ! Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ? ».
    Thibault regarde son pote en train de fumer en silence : il a l’air si nerveux, et si triste. Ça lui serre le cœur de le voir comme ça.
    « C’est ça qui te prend la tête ? ».
    « De quoi tu parles ? ».
    « Je te parle du fait de laisser Nico à Toulouse… ».
    « Tu me saoules, tu dis n’importe quoi ! ».
    « Je ne crois pas… ».
    « De toute façon c’est fini… je l’ai largué… ».
    « Mais pourquoi ça ? » s’étonne Thibault.
    « Parce que ça ne rime avec rien… rien du tout ! Parce que c’était une connerie et j’aurais dû arrêter tout ça bien plus tôt… ça n’aurait même jamais dû commencer ! ».
    « Pourquoi tu dis ça, Jé ? Nico a besoin de toi, mais toi aussi tu as besoin de lui… ».
    « De toute façon, je n’ai rien à lui offrir… je ne pourrais jamais être le genre de gars qu’il lui faut… et puis, je vais avoir une nouvelle vie à Paris… je vais tout recommencer à zéro… je veux redevenir le mec que j’étais avant… à Paris, il n’y aura que des meufs dans mon pieu ! ».
    « Tu tiens à lui quand même… et lui, lui est fou de toi… ».
    Jérém se tait, le regard dans le vide.
    Les deux potes fument côte à côté, appuyés à la rambarde de la terrasse, en silence. Thibault ferme les yeux et écoute les bruits légers de la nuit, la respiration de son pote, ses inspirations, ses expirations. Le parfum de son déo mélangé à l’odeur de cigarette arrive à ses narines et provoque une petite tempête dans son cerveau.
    Il a horriblement envie de le prendre dans ses bras et de le rassurer. Il cherche les bons mots pour lui redonner le moral, tout en essayant de résister à cette tendresse infinie qui l’aimante vers lui.
    « Je ne sais pas ce qui m'arrive… » fait Jérém de but en blanc, la voix cassée par les larmes, tout en se tournant légèrement vers Thibault.
    Immédiatement, le jeune pompier jette sa cigarette fumée tout juste à moitié et le serre fort contre lui.
    Dans ses bras, les tensions se relâchent, et des sanglots silencieux résonnent dans la nuit.
    Ça fait bien longtemps que Thibault n’a pas vu son pote pleurer. Et ça lui déchire les tripes.
    « Je ne veux pas devenir pd… ».
    « Dis pas ça, dis pas ça ! Tu es un vrai mec, un sacré bonhomme, et rien ne pourra changer ça… ».
    « Je ne suis rien… ».
    « Si, tu es mon pote, mon plus grand pote… et quoi qu’il arrive, tu seras toujours mon pote Jéjé… ».
    Thibault le serre encore un peu plus fort contre lui ; le jeune pompier est ému ; mais aussi troublé.
    Troublé par le contact du visage de son pote dans le creux de son épaule ; par l’odeur de sa peau, par le contact de son torse contre le sien ; par la proximité de son cou, de cette oreille qui semblent appeler le contact avec sa bouche ; par la proximité avec ses cheveux qui semblent implorer la caresse de sa main.
    « Si tu savais comment c’est dur… » fait Jérém, en sanglotant nerveusement.
    Thibault le serre très fort contre lui.
    « Il ne faut pas se prendre la tête comme ça… laisse-toi aller, Jé, arrête de te faire du mal… arrête de te punir… ».
    « Ça me dégoute… je me dégoute… parfois j'ai envie de me foutre en l'air… ».
    « Regarde-moi, Jé… » fait Thibault en repoussant immédiatement et fermement son pote.
    « Regarde-moi, je te dis ! » insiste le jeune pompier jusqu’à capter le regard de son pote : « ne dis pas ça, ne le dis même pas pour rigoler… tu es un sacré mec… tu as tout pour toi… tu as toute la vie devant toi… tu peux tout faire, tout réussir… tu es beau, intelligent, adroit, malin, tu as un talent fou pour le rugby et pour tout un tas d’autres choses… tu peux tout faire…
    Et en plus tu as la chance d’avoir un mec qui est dingue de toi et ce, malgré ton caractère de cochon… et ça, putain, c’est beau et précieux… ne gâche pas ça… ».
    Jérém se tait, la respiration saccadée, fébrile.
    « Et puis, n’oublie pas que tu m’as, moi ! Tu comprends, Jé ? Tu m’as, moi ! Quoi qu’il arrive, je serai toujours là… tu es comme mon frère et je te soutiendrai toujours.
    Mais, ne fais jamais la connerie de vouloir partir trop tôt… ce serait un gâchis sans nom… tu as tellement de belles choses à accomplir, tellement à offrir à la personne qui partagera ta vie…
    Ne fais jamais ça, Jé… tu ne serais plus là pour le voir, mais je serais malade tout le reste de ma vie ! Je serais mort à l’intérieur, en me demandant pourquoi je n’ai pas su t’empêcher de te foutre en l’air… ».
    « Tu es vraiment un pote en or, Thib ».
    « Toi aussi tu es un pote en or, Jé ».
    Jérém met fin à leur étreinte et il rentre dans l’appart ; épuisé, il s’allonge sur le clic clac.
    Thibault s’allonge à côté de lui et le serre dans ses bras.
    La détresse de son pote le touche, sa proximité le bouleverse.
    Rester là, juste l’un contre l’autre, le corps chaud et musclé de son pote contre le sien, le bonheur de cette douceur familière et apaisante qui se dégage de sa peau, de sa présence de mec, de la douceur de ses cheveux bruns : rester là, en silence, en laissant la tendresse exprimer ce que dix-mille mots ne sauraient mieux formuler.
    Peu à peu, sa respiration s’apaise, ses muscles se détendent : moment de bonheur tellement intense à appeler ses larmes.
    Un bonheur qui ressemble à une petite ivresse, une ivresse dans laquelle Thibault se sent perdre pied.
    Ses lèvres frémissent, hésitent ; avant de céder à l’émotion.
    Un bisou léger, puis deux, puis dix, se posent sur le cou de son pote.
    C’est tellement bon, qu’il ne peut plus s’arrêter ; d’autant plus que son Jéjé semble accepter cette marque de tendresse et d’affection.
    Pourtant, au bout d’un moment, si court et si long à la fois, Jéjé se retourne brusquement.
    « Je suis désolé… » tente de se justifier le jeune mécano, surpris, le cœur tapant à tout rompre dans sa poitrine.
    Son pote se tait, le regarde droit dans les yeux. Et, contrairement à ce qu’il avait craint, ce qu’il voit dans la pénombre, le rassure.
    Le regard de son Jéjé n’est pas fâché : c’est un regard doux, touchant, un regard qui accroche le sien et qui le fait fondre.
    Les deux garçons se fixent pendant un long instant, en silence. Et puis c’est comme une évidence : Jéjé avance son visage vers le sien ; les fronts se rencontrent, les nez se retrouvent, à nouveau.
    Puis, à l’initiative de Jéjé, les lèvres s’effleurent.
    Le mouvement marque une pause : Thibault hésite. Jérém revient à la charge.
    « On ne peut pas faire ça, Jé… » chuchote ce dernier, se faisant violence pour résister aux flots impétueux du désir et de l’amour.
    « J’ai envie » fait Jérém, alors que sa main se faufile déjà sous le t-shirt de Thibault.
    « T’es vraiment sûr ? » fait Thibault, sur le point d’être emporté par la tempête des sens.
    « T’as pas envie ? ».
    « Oh si… » souffle Thibault, à bout de sa capacité à se contrôler.
    « Moi aussi… » chuchote son pote, tout en posant des bisous tout doux dans son cou.
    Thibault se sent définitivement perdre pied face à la puissance ravageuse de son désir.
    Les lèvres se pressent les unes contre les autres, d’abord timidement ; puis, très vite, se cherchent avec une fougue dévorante.
    Les baisers, les caresses ; les uns et les autres, sont doux, puis sensuels.
    La nuit avance et les corps musclés s’enlacent, s’aiment, s’offrent mutuellement douceur, tendresse, plaisir ; et les jouissances des deux jeunes mâles se mélangent dans un feu d’artifice sensuel intense et émouvant.

    Lorsque Thibault ouvre les yeux, le jour pointe déjà son nez. Il regarde sa montre. Il n’est que 6h30. Mais son pote Jéjé est déjà parti.
    Quelques heures plus tard, le jeune mécano sera contacté par le Stade Toulousain.
    Excellente nouvelle, pourtant si difficile à annoncer à son pote.
    Un court et sec échange d’sms sera le dernier contact entre Thibault et son Jéjé, avant la bagarre que, dix jour plus tard, viendra changer bien de choses dans la vie de chacun.

     


    Bonjour à vous tous,
     

    les amis de Jérém&Nico,
    l'équipe Jérém&Nico,

    (Merci Yann pour être un si fidèle lecteur, pour la richesse de tes commentaires, si justes et touchants ; et pour ton amitié. Je sais que tu ne m'en veux pas, mais désolé de t'avoir oublié dans la vidéo)

    les tipeurs de Jérém&Nico,
    les 100 de la mailing list de Jérém&Nico,
    tous les lecteurs de Jérém&Nico,

    Merci à vous tous pour avoir rendu cette aventure possible : de par votre aide précieuse, votre contribution financière nécessaire, votre présence et votre fidélité.
    J’espère que vous avez apprécié ces derniers épisodes de la saison 1.
    Avant d’entreprendre l’écriture de la Saison 2, j’aimerais avoir votre ressenti sur les derniers épisodes, sur la final de la saison 1, savoir comment vous l’avez perçu, et aussi avoir vos impressions sur la saison 1 dans son ensemble.
    Quelques lignes seulement seront les bienvenues, vraiment bienvenues.
    Merci d’avance !
    Vous pouvez vous exprimer via mon mail, fabien75fabien@yahoo.fr, ou bien prendre partie à

     

    La soirée Bonjour à toutes et à tous ! le jeudi 31 mai à 21h00 en cliquant ICI



    Après 4 années d’écriture très intense, je vais prendre quelques mois de pause : pour souffler un peu, tout en travaillant à l’édition papier/epub de Jérém&Nico et à l’écriture de la Saison 2.

    Le premier livre de Jérém&Nico va paraître en juillet 2018.

     

    Dans la tête et dans le cœur de Thibault.



    Si vous voulez aider le projet Jérém&Nico, vous pouvez précommander votre copie livre ou epub (merci à ceux qui l'ont déjà fait) ou choisir des tips mensuels sur la TOUTE nouvelle page tipeee :

    www.tipeee.com/jerem-nico-s1

    Merci d’avance !

    RENDEZ VOUS pour la SAISON 2 de JEREM & NICO en septembre 2018 !

    Plus de détails (et peut-être quelques surprises) pendant l'été, sur ce site :

    jerem-nico.com

    Passez un excellent été et prenez soin de vous !

    Fabien

     


  • Commentaires

    1
    pedro
    Mardi 29 Mai à 09:14
    Wawwwwww
      • Mardi 29 Mai à 09:43

        tu peux en dire un peu plus? lol

    2
    yann
    Mercredi 30 Mai à 11:53

    J'ai adoré cet épisode.

    Fabien tu as dessiné au fil de cette saison trois personnages avec des psychologies différentes mais qui se sont révélées à nous au fil des épisodes.

    -        D'abord Nico gentil petit mec attachant à qui on voudrait souhaiter tout le bonheur du monde. Il a rencontré son premier amour qui n'a pas été simple avec Jerem et il vit douloureusement sa première rupture.

    -        Jerem  avec une personnalité qu'on a d'abord perçue comme détachée de tout sentiment amoureux avec les nanas comme avec Nico. Cette relation avec Nico il l'a d'abord prise comme une expérience nouvelle dont il rend Nico responsable en le traitant mal. Mais au fur et à mesure qu'il avance dans cette relation son détachement faiblit et son mal être augmente au point d'en arriver à la rupture qui en fuyant Nico le fait se fuir lui-même. On découvre là une tout autre personnalité ; si au début on avait envie de la haïr, là au contraire on voudrait l'aider.

    -        Thibault le pote mais dont on découvre là encore une personnalité sous jacente dans ce dernier épisode. Le Pote effacé devant la relation de Jerem et Nico qui au fur et à mesure  que ses deux potes s'engagent découvre que son sentiment de joie de les savoir heureux se transforme en souffrance. Il découvre qu'il y a passé une frontière entre son amitié sincère pour son pote et quelque chose de plus intime qui lui était encore jusque là inconnu : l'amour.

    Dommage que dans ce dernier épisode on ne sache pas comment Thibault a trouvé Jerem à l'hôpital et s'ils se sont parlés.

    Bravo, bises

    Yann

    3
    Yann
    Jeudi 31 Mai à 10:43

    Dans mon com qui précède j'ai oublié le plus important. Ce sont ces quelques mots de Jerem en larmes dans les bras de Thibault: "Je ne veux pas devenir PD". Ca m'a bouleversé car c'est révélateur de la détresse morale de Jerem. Il pense qu'au fur et à mesure que sa relation avec Nico prenait de l'importance ça le faisait devenir PD d'où son attitude parfois agressive. Mais on ne le devient pas, on l'est ou on ne l'est pas mais tout simplement c'est à l'occasion d'une expérience avec un garçon qu'on en prend conscience et si on est bi c'est aussi par la comparaison que l'on sait si on est plus attiré par les nanas que par les mecs. Depuis le début jerem rend Nico responsable de ce qui se révèle à lui et en lui sur ses préférences comme si c'était contagieux. Il découvre sa vraie nature. En quittant Nico pour le lit d'une Nana il pensait éteindre tout cela et au contraire ça n'a fait que raviver le manque qui s'est installé en lui après sa rupture avec Nico. Si cette détresse de Jerem est si poignante c'est parce qu'elle est bien racontée. Quelque part cela me renvoie à mon vécu et je pense à tout les jeunes lecteurs qui comme Jerem vivent mal la révélation qu'ils sont homos. Il y a aujourd'hui des associations qui aident les jeunes à passer cette étape lorsqu'elle est difficile à vivre.

    Yann

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