• 49.2 Dans ma tête, dans mon cœur, dans ma chair

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    Mais d'abord, petite vidéo et quelques annonces...

     

     

    Ce commentaire est dit par moi-même… vous comprenez donc ma lucidité lorsque je lance l’appel suivant :
    Auteur d'histoire érotiques toulousain cherche voix masculine pour réaliser des enregistrements audio des premiers épisodes de Jérém&Nico.


    Le même auteur cherche également un illustrateur pour tenter de mettre en images les premiers épisodes de Jérém&Nico.

    49.2 Dans ma tête, dans mon cœur, dans ma chair



    Jérém s’installe sur le lit, le bassin presque au bord du matelas, les genoux pliés, les pieds au sol, les jambes écartées, le buste maintenu par la position accoudée de ses bras… perspective qui m’offre une vue panoramique sur sa queue tendue, ses abdos saillants, ses pecs bombés, sa chainette négligemment abandonnée entre ses tétons épais…
    Dans ses yeux, un regard magnétique, intense, chargé d’érotisme, un regard plus explicite que mille mots… dans ce regard il y a tout, un tout qui se résume à un message très simple mais inéluctable…
    « Suce ! »…
    Un bogoss montre sa nudité et j’accours… réflexe pavlovien… j’accours, esclave d’un amour complétement fou, prisonnier d’un désir violent… ce mec est dans ma tête, dans mon cœur, dans ma chair, dans mon ventre… ce mec est mon petit dieu vivant…
    Je suis à genoux, position qui me permet d’apprécier dans les moindres détails les ondulations de ses abdos sous l’effet de sa respiration… mon regard est happé par son chemin du bonheur et par les petites odeurs qui s’en dégagent…
    Je le pompe goulument pendant que l’orage gronde dehors, pendant que la pluie se déchaine sur la ville… je crois que de toutes les fois que je l’ai sucé jusqu’à ce jour, j’ai rarement pris autant mon pied… je voudrais le sucer sans jamais arrêter, le faire vibrer de plaisir à le rendre fou… à le rendre complètement accroc à mon tour…

    Depuis mon retour de Londres, vendredi midi, je n’ai pas cessé de me demander quand je reverrai mon beau brun et dans quelle dispositions il sera à mon égard.
    Difficile en effet de deviner comment je vais le retrouver, après cette folle nuit avec le beau Romain, après le malaise qui était le sien lorsqu’il avait préféré laisser le beau barbu venir en moi plutôt qu’assumer sa jalousie à mon égard…
    Et, surtout, après la dernière galipette dans le noir, galipette qui m’avait laissé entrevoir un Jérém si doux, si câlin, si adorable…
    Bien sûr, si je m’arrête à cette scène finale, sorte de feu d’artifice magique, le « film » aurait tout d’un happy end… hélas, il faut compter avec le réalisateur-scénariste Tommasi, jamais à court de rebondissements inattendus…
    D’une part, il y avait eu le lendemain matin, son départ avant mon réveil… scène interminable, sans dialogues, sans voix off, sans le moindre sous-titre… on dirait presque du Kubrick… ensuite, il y avait eu la petite cata à l’occasion du match de rugby de l’après-midi… Jérém à côté de ses baskets, incapable d’assurer le jeu pendant la demi-finale… Jérém qui tombe et se blesse à l’épaule…
    Une situation qui m’inquiète profondément… et ce, malgré les mots bienveillants du beau pompier et de ma cousine… l’un comme l’autre ont eu beau tenter, chacun à sa manière, de m’affranchir de toute responsabilité à ce sujet… je ne m’en sens pas moins coupable…
    Je me dis que Jérém doit bien m’en vouloir d’une façon ou d’une autre… que ce soit pour l’avoir provoqué lors du retour du KL, l’entrainant par ricochet dans une longue nuit de sexe la veille d’un match important… que ce soit pour avoir baisé avec le beau barbu, et ce malgré que l’idée soit venue de lui… ou bien qu’il regrette de s’être laissé aller à un peu de tendresse au petit matin…
    Son silence après mon sms de lundi, sms dans lequel je lui demandais des nouvelles de sa blessure, me laisse imaginer son état d’esprit à mon égard…
    Et si je suis inquiet qu’il m’en veuille pour ce qui s’est passé dimanche dernier, je suis carrément effrayé à l’idée qu’il puisse me détester si jamais ce dimanche il ne pouvait pas jouer… et si cela entrainait la défaite de son équipe…
    Depuis mon retour de Londres, vendredi midi, je n’ai cessé d’essayer de trouver un moyen de l’approcher… dans l’avion, l’idée d’aller le voir pour lui offrir le maillot me semblait une excellente initiative… une fois à Toulouse, je me dis que ça ne l’est pas…
    Mes pensées oscillant entre le souvenir de la magie du concerte de la veille et mes questionnements sans réponse, l’après-midi finit par me glisser entre les doigts… et le soir, après une séquence de nuits londoniennes à la durée de sommeil aléatoire, le lit m’appelle de bonne heure.
    Dans mes draps, dans le noir, je porte à mon nez tour à tour ce t-shirt et ce boxer que j’ai subtilisé de sa salle de bain dimanche dernier… je ferme les yeux, et les odeurs qui se dégagent des tissus qui ont caressé sa peau et recueilli ses odeurs de mâle, m’apportent sa présence… j’ai envie de lui… chaque cellule de mon corps a envie de lui… je me prends à rêver qu’il puisse m’envoyer un sms genre : « viens, depeche, on baise »…
    Rien que d’y penser, je bande instantanément… sans même me toucher… je me shoote à l’odeur de bogoss et je sens un frémissement intense dans mon ventre… je laisse ma queue languir… d’une main je presse le boxer sur mon nez et de l’autre j’agace mes tétons… ma queue se raidit un peu plus… je sens le contact de mon gland contre les draps… je le sens hypersensible…
    J’humidifie mes doigts, je caresse mes tétons tour à tour, alors que ma queue réclame son dû de façon de plus en plus insistante… je m’excite de cette petite frustration, je repousse l’instant où je commencerai les grandes manœuvres pour trouver ce plaisir si apaisant…
    La frustration aidant, l’excitation devient vite insoutenable…
    Et lorsque mes doigts se posent sur ma queue, nombre d’images toutes plus érotiques les unes que les autres, s’entrechoquent dans ma tête, comme dans une tempête…
    J’ai envie de l’avoir en bouche, de le voir déchainé, de l’avaler jusqu’à la garde, de sentir son manche coulisser entre mes lèvres, son gland taper au fond de mon palais... envie de le sucer avec le beau maillot que je lui ai acheté… envie de sentir son râle de plaisir, de sentir ses jets denses et chauds s’abattre lourdement à l’entrée de ma gorge… j’ai envie de son goût de mec…
    Envie de ça et de bien autre chose…
    J’ai envie de le sentir en moi… envie qu’il me prenne devant le miroir, sur le lit, par derrière, par devant… envie de le sentir venir en moi avec puissance, autorité, sans me laisser le choix… envie de m’offrir à lui comme jamais… je veux me sentir objet de son plaisir, un plaisir qu’il prendra comme il le voudra, autant qu’il le voudra…
    Envie de couiner et de lui montrer le plaisir qu’il me donne en me baisant… j’ai envie de lui montrer comme jamais à quel point sa puissance sexuelle m’impressionne et le rend unique à mes yeux… j’ai envie de le voir jouir, envie de savoir qu’il a lâché son jus en moi…
    J’ai envie de le prendre en bouche après qu’il m’ait rempli… et de le sucer tellement comme un malade qu’il aurait encore envie de jouir… j’ai envie de me sentir rempli de lui dans tous mes trous…
    Et j’ai envie de le voir repu juste après, de voir le mâle qui se détend après avoir pris son pied…
    J’ai vraiment envie de tout… tout ce qu’il me demanderait, je me sens prêt à le lui offrir… du moins…
    jusqu’à ce qu’il jouisse…
    Du moins… jusqu’à ce que je jouisse dans ma main, sur mon torse…
    Dès lors, mes fantasmes perdent très vite d’intensité, jusqu’à disparaître… dès lors, c’est moins de sa queue que de sa présence toute entière, moins d’une baise épique que d’une étreinte dans le noir, dont je ressens le besoin… son torse dans mes bras, mon nez dans ses cheveux… ou, mieux encore… ses bras autour de mon torse, son visage dans le creux de mon épaule…
    Qu’est-ce que j’ai envie de le sentir près de moi…
    Je ne peux pas te serrer contre moi, Jérém… mais je peux serrer ton t-shirt… mon doudou sexy…
    La branlette a un pouvoir apaisant, et lorsqu’on est apaisé, on arrive à mieux appréhender les choses… alors, porté par cet état de bien être post-coïtal, je décide de lui envoyer un nouveau sms…
    « Salut, Jérém, comment vas ton épaule ? ».
    Simple, sans fioritures. N’importe quel pote aurait pu lui poser ce genre de question. Et j’imagine que, venant de n’importe quel pote, ça lui ferait plaisir et qu’il y répondrait, même brièvement.
    Je sens mon corps s’engourdir… c’est dingue le pouvoir d’une simple branlette de mettre KO un garçon…
    Plus tard dans ma vie, je découvrirai qu’en italien, branlette se dit « sega »… la « sega », c’est la scie… sans doute une association d’idées venant du fait que pour scier et se branler, c’est le même mouvement alterné et répété qui conduit au résultat final…
    D’où le dicton italien… les mecs sont comme les arbres… il suffit d’une « sega » pour les terrasser…
    Blagues à part, je m’endors en espérant trouver demain matin une réponse, même minime et bourrée de fautes d’ortho, de sa part…
    Hélas, sa seule réponse, ce sera une fois de plus le mutisme… écran vide, voilà ce que je découvrirai à mon réveil… petite déception… qui amorce mal la journée…
    Je vais courir sur le canal pour me changer les idées… l’album « Music » à fond dans mes oreilles… ça me donne la pèche… et ça me rend déjà nostalgique… je n’arrive toujours pas à croire que 36 heures plus tôt j’étais à Londres en train d’écouter Madonna chanter … c’est fou… 36 heures déjà… bientôt ça fera une semaine, puis un mois, puis une année… mais je sais que je ne perdrai jamais ce souvenir… je ressens le besoin de le garder vif en moi… il y a une boutique au sous-sol du métro Jean Jaurès… ils ont toujours des cd qu’on ne trouve nulle part ailleurs… peut être qu’ils auront le live du concert… il faut que je me le procure à tout prix…
    Midi arrive, je rentre à la maison… l’écran de mon portable est toujours muet… il fait chier le bogoss… il m’énerve à bouder de cette façon à la con…
    Le fait est que, plus son silence s’étire, plus je me sens inquiet… j’ai besoin d’en savoir plus… est ce qu’il pourra jouer demain ?
    Demain après-midi, je serai au match, c’est sur…
    Mais, an attendant, j’ai besoin de savoir… au risque d’être déçu et attristé par ce que je vais apprendre…
    J’ai envie de l’appeler… j’affiche son numéro dans le répertoire… et puis je me dis que s’il n’a pas répondu à mes sms, je doute fort qu’il apprécierait que je l’appelle…
    Je n’ose pas non plus renvoyer de message à Thibault, après qu’il m’ait suggéré de prendre directement des nouvelles de Jérém…
    La bonne blague, mon Thibault… si Jérém s’entête à ne pas répondre, ça va être simple…
    C’est à table, en dégustant les lasagnes de maman, que je me dis que s’il ne répond pas à mes sms, je peux toujours passer le voir…
    Bien sûr, c’est encore moins discret que de l’appeler… mais au moins j’aurais une réponse à mes inquiétudes, rien qu’en le voyant… et puis… j’ai grave envie de le voir… grave envie de lui… si je vais le voir… peut-être que je pourrais au moins lui faire une petite gâterie…
    Je traversé le pont St Michel et je m’engouffre dans les allées qui m’amèneront à traverser le Grand Rond fleuri, et à me retrouver quelques minutes plus tard dans cette rue qui représente à mes yeux non seulement l’artère la plus importante de Toulouse, mais le centre même de l’univers… c’est mon univers à moi, si cher à mon cœur, mon « Du côté de chez… Jérém… »…
    C’est une belle journée, le vent d’Autan est fidèle au poste… il souffle très fort, il souffle le chaud et le froid, suivant les moments, les endroits, au gré des passages de nuages qui éclipsent ou laissent percer le soleil… le vent d’Autant caresse ma peau, traverse mon t-shirt, fait frotter le coton sur mes tétons… au fil de mes pas, ça éveille mes sens et me remplit d’envies de plus en plus débordantes…
    Pendant que je marche, je cherche à imaginer une occasion pour lui donner le fameux maillot... c’est sciemment que je ne l’ai pas pris avec moi cet après-midi… je ne sais pas dans quel état d’esprit je vais le trouver et je n’ai pas envie de me le voir balancer dans la gueule, le joli maillot…
    Lorsque j’arrive devant la porte en bois… lorsque mes yeux lisent le mot « Tommasi » sur l’interphone, mon cœur bat très fort la chamade… j’entends mon cerveau reptilien crier un « FAIS DEMI-TOUR ! » de pure survie…
    Je fais violence à mon bras pour qu’il amène mon doigt jusqu’au bouton…
    Les secondes se suivent, s’accumulent, sans qu’il y ait une réponse. Je sonne une deuxième fois… un peu plus longuement… je regarde ma montre… une minute plus tard, toujours pas de réponse…
    J’en déduis que le bogoss ne doit pas être là… ou alors, il fait la sieste… ou bien, il est tellement en pétard qu’il ne répond pas à l’interphone… l’inter est en panne, c’est ça… non, il été kidnappé par des extraterrestres éblouis pas sa sexytude… ou, mieux que tout… il est peut-être remis de sa blessure et il est à l’entrainement…
    Bref, il pourrait être n’importe où… s’il le faut il est coincé entre les cuisses d’une nana… mais qu’importe… l’important c’est qu’il aille mieux, et qu’il puisse jouer demain… le fait de ne pas le trouver chez lui, ce qui constitue en soi une déception, finit par me remonter le moral…
    Dans tous les cas, ce n’est pas aujourd’hui que je verrai mon Jérém de près… et que mon corps assouvira son envie d’être rempli de lui…
    Il ne me reste qu’à faire demi-tour… en partant, je lève les yeux vers la terrasse… le parapet où je l’ai tant de fois vu appuyé, en train de fumer, après avoir joui, est si triste sans sa présence…
    Je décide de rentrer en longeant le canal… je suis le chemin entre le bord de l’eau et l’alignement de platanes… en arrivant à hauteur de la Halle aux Grains, je ne peux m’empêcher de faire un crochet passer devant la porte où j’ai connu un garçon nommé Stéphane et un labranoir nommé Gabin… je n’ai pas de nouvelles de lui… je n’en ai pas pris non plus… il faut absolument que je pense à lui envoyer un sms en rentrant…
    Soudainement, je réalise que, quitte à être à la Halle aux Grains… je peux continuer dans la rue de Metz… je rentrerai chez moi en traversant le pont Neuf… tellement plus classe que le pont St Michel…
    Bon, ok, le choix du standing du pont demeure bien secondaire face à l’envie de retrouver cette terrasse ou j’ai vu Jérém voltiger entre les tables, sexy au possible, avec son plateau dans la main…
    J’ai envie d’un café, et j’ai envie de le prendre à cette terrasse, j’ai envie de me remémorer le bon souvenir de son premier jour taf, lorsque j’ai rejoint Thibault pour un verre… j’ai envie de repenser à son sourire, triomphant et touchant à la fois, un sourire qui semblait témoigner son plaisir de nous voir tous les deux…
    J’y vais d’autant plus à l’aise que je sais pertinemment qu’il ne va pas être là… j’ai juste envie de me poser à une table et de m’imprégner du lieu…
    La terrasse est bondée en ce début de samedi après-midi ; j’arrive quand même à commander un café, qui m’est servi peu après…
    Pendant que je le bois, je retrouve le souvenir de Jérém dans son t-shirt noir qui déconne avec Thibault… j’adore leur complicité… Jérém qui nous offre une tournée, un petit regard charmeur qu’il laisse trainer dans ma direction…
    Je bois mon café et je me dis que, sans la présence de Jérém, cette terrasse perd pas mal d’intérêt à mes yeux…
    La terrasse ne désemplit pas… les serveurs sont tellement débordés que je n’ose pas les déranger pour régler mon pauvre café… j’attrape mon ticket et je décide d’aller payer directement en caisse, à l’intérieur.
    Et là, c’est le choc… posté derrière le comptoir, le torse enveloppé par une chemisette blanche qui moule sa plastique de façon scandaleuse, le col bien remonté derrière son cou puissant, les deux boutons du haut ouverts, laissant entrevoir un V de peau mate d’où se détache une chainette de mec… le voilà mon bobrun… sexy à en donner des frissons…
    Le bogoss s’active en mode speed entre la machine à café et les fontaines à bière… il est tellement pris par ses multiples occupations, qu’il ne m’a même pas vu rentrer… je suis pourtant à moins de deux mètres de lui…
    Je suis surpris de le trouver ici… je croyais qu’il devait se reposer…
    Sur ce, son patron rentre de la terrasse, un plateau vide à la main, et s’adresse à mon bobrun :
    « Merci d’être venu nous filer un coup de main, Jérém… t’as vu ce monde… on aurait été mal sinon… ».
    Et il repart en prenant un nouveau plateau plein, sans attendre la réponse de Jérém, réponse qui ne viendra pas d’ailleurs, le bogoss étant déjà en train de préparer une nouvelle commande…
    J’approche du comptoir… c’est un choc multi sensoriel… son parfum percute mes narines, son image brule mes rétines… sa simple présence rapprochée impacte mes neurones…
    Le rythme soutenu de ses mouvements dans le petit espace derrière le comptoir semble avoir chauffé ses muscles et activé sa transpiration… le bogoss a l’air d’avoir chaud… son visage, son cou, jusqu’au triangle de peau mate entre les pans ouverts de sa chemisette, tout son épiderme semblent briller d’une fine couche de transpiration…
    Je n’ai qu’une envie, ouvrir un à un les boutons encore scellés de cette chemisette, plonger mon nez entre les deux pans que j’ouvrirai tout doucement pour en capturer le plus longtemps possible les effluves tièdes… poser ma langue, descendre jusqu’à son pantalon… ouvrir sa braguette… écarter un peu l’élastique de son boxer, plonger le nez dedans, me laisser enivrer… humer l’odeur qui se dégage et…
    « Tu fais quoi là ? » je l’entends balancer lorsqu’enfin il lève la tête du guidon et s’aperçoit de ma présence.
    Son regard est dur, agacé… il est beau comme un dieu… son visage porte encore des traces de coups, souvenir typiques d’un match de rugby difficile… petit détail qui, mélangé à cet air coléreux, le rend beau et sexy à pleurer…
    Qu’est-ce qu’il m’a manqué ce petit voyou… son visage, ses muscles, l’harmonie de son corps… son parfum, son odeur, sa façon de bouger, sa proximité… sa voix… et je m’en rends compte d’une façon encore plus nette alors que sa présence vient à moi de façon si inattendue…
    « Bah… rien… » je lui réponds, déstabilisé, pendant qu’il court toujours dans le petit espace autour de son plateau « je… je… je passais par là et j’avais envie d’un café… je ne pensais pas te trouver ici… mais ça me fait plaisir de te voir… ça va l’épaule ? ».
    « Vite fait… » il répond plutôt sèchement, faisant face à la machine expresso, me tournant le dos, me laissant admirer par la même occasion l’angle et le relief incroyable de ses épaules, la perfection avec laquelle les manchettes épousent ses biceps, la précision avec laquelle le tissu, pourtant non extensible, épouse le V vertigineux de son dos…
    Sa réponse est du genre à couper court à toute envie de causette. Ce mec n’a pas son pareil pour me mettre mal à l’aise lorsqu’il est en pétard. Car il a vraiment l’air en pétard… évidemment, je pense de suite que c’est ma présence qui le met dans cet état.
    Le silence qui s’en suit devient vite gênant… j’ai beau chercher un truc marrant pour essayer de le faire rire, je ne trouve pas mieux à dire que :
    « Je viens régler mon café… ».
    « On s’en branle de ton café… » il me rétorque, sur un ton encore plus cassant.
    Et là, après avoir jeté un regard vers la porte qui donne en terrasse, je l’entends me lancer un :
    « Viens par là… », accompagné d’un signe de la tête.
    J’approche un peu plus, Jérém se penche au-dessus du comptoir et, en baissant le ton de plusieurs crans, il me sort :
    « Nico… tu… ».
    Il n’aura pas le loisir d’aller plus loin… l’arrivée de l’un des serveurs, venant chercher le plateau avec la commande que mon bobrun viens de terminer, se chargera d’interrompre net son élan.
    « Trois café, un Orangina et une menthe à l'eau pour la 9… » il lui balancera en repartant.
    Le va et vient de clients et de serveurs ne faiblit pas… je sens que Jérém veut me parler de quelque chose qui l’énerve, mais qu’il en est empêché par le contexte… on dirait un lion en cage qu’on empêche de bondir… il est bridé, il mord son frein, mais ses regards noirs en disent long…
    Profitant d’un moment de calme, il réussit à me lancer, le regard fixe et dur, les sourcils en mode colérique faisant comme un double accent à chapeau :
    « Je suis en pause vers cinq heures… viens à l’appart, j’ai à te causer… ».
    « D’accord » je lui réponds, après un premier instant de surprise et d’inquiétude intense, les mains déjà tremblantes.
    Je quitte la salle de la brasserie en essayant de garder une certaine contenance… difficile quand on se retrouver soudainement avec des jambes en coton…
    Putain… mais qu’est ce qui se passe ?
    « Viens à l’appart, j’ai à te causer »… ça a l’air d’une convocation pour faute grave…
    Mais quelle mouche l’a-t-il piqué ? J’ai déjà des sueurs froides… ça sent le gros reproche, ça sent la dispute imminente, inévitable, je la sens gronder dans l’air comme l’orage qui semble s’annoncer dans les nuages qui ont fait leur apparition au loin dans le ciel de printemps…
    Il est 15 heures… deux heures à poiroter et à sentir la pression monter… je n’ai pas envie de me disputer avec lui… mais si je ne vais pas le voir tout à l’heure, je sens que je peux l’oublier…
    Et puis, s’il y a un abcès à crever, il faut le crever… il faut que je sache ce qu’il a à me reprocher…
    Je tente de déchiffrer ses mots…
    « Nico, tu… »… c’est mince comme indice…
    « Nico, tu… »… quoi donc ? « Nico, tu n’as pas autre chose à foutre que de venir me faire chier à mon taf ? » ou bien « Nico, tu dois arrêter de m’emmerder » ou encore « Nico, tu m’as fait rater mon match de dimanche et pour ta faute je ne pourrai même pas jouer demain »… ou même… « Nico, c’est ta faute si la glace fond si vite au Pole Nord »…
    Un petit tour à la Fnac Wilson, un tour consciencieux, rayon par rayon, étage par étage, en guettant le bogoss, autant qu’un achat improbable, pour tenter de me distraire… hélas, je réalise très vite que dans l’état d’inquiétude qui est le mien, je n’ai même pas l’esprit à me laisser transporter par le bonheur de mater les beaux mecs… j’en vois, j’en croise, bien sûr… mais ils ne me touchent pas comme d’habitude… pourtant, un samedi après-midi, dieu sait qu’il y en a à chaque rayon…
    Seul le petit caissier Mathieu, un petit brun plutôt sympa au sourire joyeux et touchant arrivera à insuffler un petit frisson à mon cœur…
    17h03 je suis à nouveau devant l’interphone « Tommasi », le cœur qui bat à tout rompre…
    Le vent a un peu faibli, et le ciel est désormais couvert de nuages sombres… j’entends gronder au loin, l’orage approche… la météo fait écho à mon ressenti vis-à-vis de cette rencontre… je sens qu’il y a de l’électricité dans l’air…
    Dans ma tête, un mixte d’excitation, d’inquiétude, de stress, de crainte… je respire profondément, j’expire lentement… une, deux, trois fois… ça a l’effet inverse, maintenant j’ai la tête qui tourne… et je me sens encore plus à côté de mes baskets…
    Mon doigt tremblant finit par appuyer sur la sonnette. Je n’ai pas le temps de relâcher le bouton que le bruit de moustique obèse de la serrure électrique retentit dans la rue.
    Je grimpe les marches d’escalier quatre à quatre, idéal pour se calmer et se préparer sereinement à une discussion qui s’annonce houleuse.
    Lorsque j’arrive devant la porte de l’appart, elle s’ouvre illico. Jérém se tient dans l’embrasement de la porte… ah, putain, nouveau choc... une fois de plus, qu’est-ce qu’il est beau et sexy avec ces coups sur le visage… sans parler de cette expression de colère qui ne l’a pas quitté… de cette chemisette blanche de ouf… et de cette cigarette encore éteinte posée au coin de ses lèvres… j’ai envie de hurler…
    Il recule et, d’un petit geste de la tête, il me fait signe d’entrer… je le vois avancer vers la porte vitrée en terrasse et s’arrêter juste au seuil, le dos appuyé au mur… il allume sa cigarette et tire dessus une première fois… la fumée chaude traverse ses poumons en provoquant sur son visage une grimace typique…
    Je referme la porte derrière moi… je le regarde fumer en silence… et instantanément mes narines sont touchées et coulées par l’odeur de cet appart, si racé, si caractéristique, si unique, par ce mélange d’odeur de gel douche, de cigarette, de deo, de lessive, de tanière de mec… cette tanière qui vibre de sa présence masculine…
    Le silence devient gênant… j’ai besoin d’entendre le son de sa voix… j’ai besoin de l’entendre sur un ton joyeux, j’ai besoin de sentir que ça lui fait plaisir de me revoir… hélas, je sais que ça ne va pas être le cas… j’ai toujours l’impression que si je suis là, c’est pour me faire passer un savon… j’ai besoin de savoir pourquoi il est énervé après moi…
    Je me sens comme une petite mouche prise dans une toile d’araignée, en attendant que la grosse bébête vienne la dévorer…
    Vite, casser le silence.
    « Je ne m’attendais pas à te trouver à la brasserie, je pensais que tu étais au repos ou à l’entrainement… » je tente de me justifier.
    Dehors, ça gronde de plus en plus fort… un double éclair de foudre réverbère dans l’appart… l’orage est désormais tout proche… il ne va pas tarder à éclater…
    J’ai l’impression que dans sa petite tête aussi ça gronde de plus en plus fort… un double éclat de colère fulmine de ses yeux bruns… oui, l’orage va éclater… je tente de prévoir sa puissance…
    « Alors, tu vas pouvoir jouer demain ? ».
    « C’est pas tes oignons… » il me balance sur un ton agressif.
    Il est vraiment énervé… je sens qu’il a besoin de décharger sa colère, de la laisser éclater…
    Un dernier coup de tonnerre, un dernier éclair, des grandes gouttes commencent à tomber sur la petite terrasse et sur la ville…
    Une dernière taffe, le mégot écrasé, sa colère commence à tomber sur le petit Nico…
    « Nico… tu as été raconter quoi à Thibault ? » je l’entends me balancer à brule pourpoint sur un ton très accusatoire.
    Ah… c’est là que je prends la mesure d’à quel point je m’étais gouré au sujet de la suite après « Nico, tu… ».
    « Qu-quoi ? » je tente de m’accrocher, alors que ça question me percute avec la puissance d’un coup de poing assené en pleine figure.
    « Qu’est-ce que t’as raconté à Thibault ? » il insiste, sa colère de plus en plus incandescente.
    Putain… Thibault n’a pas fait ça… il n’a pas parlé à Jérém de nos confidences… je ne peux pas le croire…
    « Mais rien » je mens à nouveau en tentant de me défendre comme je peux.
    « Putain ! Thibault sait des trucs ! » il me balance, en se retenant tout juste de gueuler.
    Ses yeux fulminent, le ton de sa voix est de plus en plus virulent.
    « Qu’est-ce t’as été lui raconter ? » répète-t-il, furax.
    « Comment ça… il sait des trucs ? » je tente d’esquiver.
    « L’autre soir il a fait des réflexions… » lâche-t-il.
    « Quel genre de… réflexions ? » je tente de temporiser.
    « Peu importe, merde ! Il sait des trucs... et ça ne peut être que toi qui lui a parlé... tu lui as dit quoi ? ».
    « Mais rien… » je m’enfonce.
    « Tu fais chier, Nico ! » il me balance, le ton et l’attitude de plus en plus agressifs, tout en s’approchant de moi avec un air très menaçant.
    Instinctivement je recule… il est tellement hors de lui que j’ai peur qu’il me cogne… ça ne peut pas se finir de cette façon entre nous… pas en baston… je suis en panique, je cherche désespérément quelque chose pour tenter de calmer le feu de sa colère… je choisis le bon moyen… de l’essence…
    « Tu sais... Thibault n'est pas con, il voit tout ce qui se passe, il réfléchit… il n’y a pas besoin de lui dire les choses pour qu’il les comprenne tout seul… c’est ton pote, tu devrais le connaître mieux que moi… ».
    « Oui, c’est mon pote… et pas le tien… alors je t’interdis de le faire chier avec tes conneries !!! » me crie-t-il au visage à distance tellement rapprochée que mes narines sont frappées par son haleine chargée de nicotine, ce qui ajoute du bandant au sexy…
    Son attitude est arrogante, menaçante, limite violente… mais putain, une fois de plus… qu'est-ce qu'il est beau quand il est en colère… le regard noir, accusateur, la bouche entrouverte, la mâchoire crispée, la langue appuyant fort sur sa joue jusqu’à créer comme une bosse… les bras croisés juste au-dessus de ses abdos, attitude qui donne encore plus d’envergure à ses épaules puissantes, le torse légèrement en arrière faisant ressortir le relief hallucinant de ses pecs… la puissance et l’attitude agressives de son corps faisant un contraste d’enfer avec son petit air de gosse qui fait son caprice, un petit air de « c’est pas juste ! » avec une coquille d’œuf sur la tête, qui le rend touchant tout plein…
    « T'entends ce que je te dis ??? » il me crie dessus en pénétrant violemment dans mon espace vital...
    Son visage n’est plus qu’à quelques centimètres du mien... son parfum s’insinue dans mes narines, jusqu’à vriller mon cerveau… je le regarde dans les yeux et soudainement je sens pousser en moi une vocation de kamikaze…
    L’orage gronde et la pluie continue de tomber, drue, bruyante… peu à peu, une nouvelle fraicheur remplace la chaleur de l’après-midi… une petite brise, fille du vent d’Autan qui semble être parti en RTT, caresse ma peau et souffle encore un peu plus sur la flamme déjà bien vive de mon désir…
    Tout se passe très vite… le bogoss est pris par surprise… j’avance mon buste très rapidement et j’arrive à poser mes lèvres sur les siennes… enfin… à effleurer les siennes… car, le temps d’un demi battement de cil, ses bras et ses mains entrent en action et me repoussent violemment…
    Je le regarde droit dans les yeux… je ne sais pas ce qui m’arrive… j’ai trop envie de lui… je n’en ai pas eu assez… je reviens à la charge, tout en étant conscient que ce coup-ci, c’est perdu d’avance… il me repousse à nouveau, encore plus violemment...
    Et alors que je me prépare à y revenir une troisième fois, je l’entends balancer, tout en pliant ses coudes et en fermant ses poings comme pour se préparer à jouer de ses gros bras :
    « Ne refais pas ça ou tu vas t’en prendre une… je ne rigole pas… ».
    Je sais que dans l’état d’énervement qui est le sien, il serait capable de le faire… ce qui rend tout à fait incompréhensible mon geste… le geste de m’élancer une fois de plus vers lui, avec toute la puissance dont je suis capable… je le vois lever ses bras, se préparer à cogner…
    Mais j’ai prévu mon coup… mes bras sont mobilisés… ils se lèvent, mes mains captent ses poignets… c’est peut-être l’effet de surprise ou la puissance déraisonnable de mon élan… j’arrive à le maitriser…
    On se fait face… nos forces semblent s’équilibrer… chose qui me parait surréaliste vu la différence de diamètre de nos biceps respectifs… pourtant j’arrive à le maitriser… ou alors il se laisse maitriser… ou alors, tout simplement, j’ai oublié que Jérém n’est pas au mieux de sa forme…
    Je le regarde droit dans ses yeux noir pleins de rage et d’emportement… puis soudainement, ses bras cessent de forcer et se dégagent brutalement de ma prise.
    Me sentant soudainement en sécurité, je trouve le cran de lui balancer, avec un petit sourire taquin :
    « Tu n’es qu’un petit con Jérém… quand je pense que je crève d’envie de sucer un type comme… ».
    Mes mots s’éteignent dans ma bouche lorsque je le vois porter la main sur l’épaule opposée, certainement celle qui est blessée, une grimace parcourant son visage…
    Eh, merde… il a forcé dessus… te battre avec Jérém alors qu’il doit se requinquer pour le match de demain… de pire en pire, Nico…
    « T’as mal ? » Je m’inquiète…
    Et là, à ma grande surprise, j’assiste au retour du Grand Jérém. Pour toute réponse, je l’entends me lancer :
    « Ta gueule et suce ! » pendant que ses deux mains s’affairent désormais sur la braguette pour défaire en vitesse les quelques boutons…
    J'adore son assurance et ses besoins de mec qui prennent le dessus même sur l'énervement et la douleur à l’épaule…
    En une fraction de seconde, il ouvre tout en vitesse les petits boutons de sa chemisette, ces mêmes boutons que je rêvais de défaire moi-même, tout en douceur, pour que mes narines puissent humer les bonnes odeurs de son torse de mec…
    Les deux pans de de tissu ouverts sur son torse spectaculaire, j’aperçois un bout du bandage de l’épaule… ce qui rajoute du craquant au bandant…
    Le petit grain de beauté dans le cou… le tatouage qui se dégage juste au-dessous de la manchette… mon Jérém, quoi…
    Putain… mais comment ça se fait que tous ses hauts « « manches courtes » tombent toujours pile pour laisser ce brassard bien en vue ? Et pour tomber comme une deuxième peau sur sa plastique de mec ?
    Les deux pans de la chemise ouverts, un paysage magnifique se dresse devant ms yeux… un paysage rendu encore plus merveilleux par un pelage brun qui a l’air d’avoir été un peu négligé et qui commence à repousser, laissant deviner l’existence d’une épaisse ligne médiane, ainsi que d’une pilosité assez intense en partie haute du torse… image de bonheur…
    A cet instant précis, je me dis que je donnerais cher pour que mon bobrun arrête de se raser le torse et qu’il laisse s’exprimer sa pilosité naturelle… un ti con qui se rase est grave sexy… mais un mec qui assume sa pilosité… il n’y a pas de mots pour décrire ce genre de bonheur…
    Je n’ai pas le temps de m’attarder sur son torse car mon regard est happé par ses mains en train de défaire sa ceinture d’abord et sa braguette de suite après… un instant plus tard, sa main masse de façon appuyée la jolie bosse qui déforme son boxer blanc…
    Je suis tellement pris de court que je n’arrive pas à réaliser… un instant plus tôt on allait se taper sur la gueule… et là… changement de scénario… sans transition… ça surprend…
    Je suis comme hébété, paralysé par mon désir débordant, mon cœur qui bat à mille, prêt à bondir de ma poitrine… dans ma tête un petit écho de première révision…
    « Si tu ne la veux pas maintenant, pas la peine de revenir la chercher… » je l’entends me lancer.
    Ah, non, pas ça… vite le faire jouir pour lui offrir les magiques endorphines qui calmeront à la fois sa douleur à l’épaule, son énervement, son malaise profond… petit con, va…
    « Et comment, que je la veux… ».
    Ces simples mots s’affichent dans ma tête comme une évidence, elles résonnent en moi avec le même naturel que le bruit de cette pluie qui tombe sur la ville…
    Les mouvements ciblés de sa main font glisser la queue de plus en plus à l’horizontale, jusqu’à ce qu’un bout de son gland gonflé de sang déborde de l’élastique du boxer…
    Mon sang ne fait qu’un tour… je ne suis plus que désir, envie, de lui…
    « Et comment, que je la veux… ».
    Ces simples mots sortent de ma bouche comme une évidence, elles résonnent dans le petit séjour avec le même naturel que le bruit de cette pluie qui tombe sur la ville…
    Jérém se tient debout, les épaules appuyées au mur… je suis à genoux devant lui, je contemple avec une furieuse envie cette queue qu’il garde sciemment enveloppée dans sa main, se caressant avec des va et vient lents et amples… voilà comment se caresse un bogoss…
    Je suis comme un gosse qui regarderait un copain manger une friandise sans la partager… je salive… j’ai terriblement envie de sa queue… j’en languis… et il s’amuse à me faire languir… je regarde son gland apparaître et disparaître au gré des mouvements de sa main, en attendant de plus en plus impatiemment que ces derniers cessent pour que je puisse prendre le relais…
    Je décide de prendre les devants… je plie mon buste, j’approche ma bouche… les mouvements de sa main ne cessent pas pour autant…
    Ce n’est pas le contact doux de son gland mais le frôlement dur de ses doigts auquel mes lèvres sont brutalement confrontées avant que je ne me décide à reculer à nouveau…
    L’odeur tiède, à la fois douce et masculine, qui se dégage de sa queue provoque des décharges électriques dans ma tête et dans mon corps… seconde après seconde, je m’embrase… mon désir entraine l’audace…
    Ma main se porte sur la sienne pour lui signifier que j’ai très envie de prendre le relais… sa main ne quitte pas pour autant sa queue, elle continue son mouvement…
    J’insiste… son bras finit par repousser ma main avec un mouvement brusque…
    Je lève mon regard… j’ai envie de comprendre à quel jeu il veut jouer… j’ai envie de lui montrer à quel point je frémis à la simple et unique idée de lui faire plaisir…
    A l’instant même où nos regards se captent, je décèle dans le sien une étincelle lubrique de mec fier de sa queue, du pouvoir qu’il a sur moi, un pouvoir dont il envie de profiter pour me faire languir… un pouvoir dont il a envie d’abuser pour me rendre fou, accroc au-delà du supportable, dingue de lui à m’en faire perdre raison…
    Vue de l’extérieur, la situation pourrait sembler frustrante, limite humiliante… pourtant, elle est extrêmement excitante.
    Non seulement j’adore son attitude de petit mec macho et arrogant, sûr de l’effet de sa queue… non seulement je suis fou de voir son égo de mâle se nourrir de mon regard rempli d’envie, de ma soumission…
    Mais j’ai même envie d’aller au-delà de son intention, de le supplier carrément de me laisser le sucer… de quémander la faveur de poser mes lèvres sur sa queue…
    « S’il te plait, Jérém… laisse-moi te sucer, j’en ai trop envie… » je finis par lâcher, fou de frustration.
    « Tu la veux, hein ? » me balance-t-il.
    « Oui, j’en crève d’envie… ça fait une semaine… je ne pense qu’à ça… » je lui notifie.
    « Tu t’es pas fait baiser à Londres ? » me balance-t-il sèchement.
    « Non, pas du tout… » je suis fier de lui annoncer, avant d’avoir l’idée de lui avouer « je n’ai pas arrêté de me branler en pensant à ce que tu m’as fait le week-end dernier… ».
    « Tu n’es vraiment qu’un cul en chaleur… » sera sa prompte réponse.
    « Je veux être à toi… je veux sentir ta puissance de mec… » je lance, comme la seule réplique possible d’un dialogue écrit d’avance.
    « Tu veux ma queue, hein ? Elle te fait jouir, hein… ? » fait-il, arrogant.
    Aucun mot n’est assez puissant dans ma tête pour lui signifier à quel point je suis sous l’emprise de sa puissance sexuelle, de son pouvoir masculin…
    « Grave Jérém… comme personne d’autre… ».
    Et là, comme si j’avais tapé le mot de passe magique, sa main arrête de branler sa queue… deux doigts la saisissent à la base pour la guider, pendant que son autre main se pose direct derrière ma nuque… son bassin avance… son gland rencontre mes lèvres, qui s’ouvrent avec bonheur…
    Je l’ai en bouche… sa queue est raide, brulante, elle me remplit la bouche… elle s’enfonce jusqu’à la garde, jusqu’à ce que ses couilles caressent mon menton, jusqu’à ce que mon nez s’enfonce dans ses poils pubiens, jusqu’à ce que son gland se cale à l’entrée de ma gorge…
    La poussée de son bassin est de plus en plus forte… je me sens envahi, je me sens presque étouffer… pourtant… qu’est-ce j’adore cette sensation de domination…
    Et putain, qu’est-ce que ça sent bon dans son entrejambe… sa queue m’a manqué, grave elle m’a manqué… elle a le goût et l’odeur des choses familières qui font du bien… sa queue dans la bouche, je suis à la maison, je suis heureux, apaisé…
    « T’arrives pas à l’avaler en entier, n’est pas ? T’as une bonne gorge de pute, mais tu n’y arrives pas… » fait-il, petit mec fier de son manche.
    Ca fait un moment qu’il ne m’en a pas balancé autant de mots crus… je trouve cette attitude tellement dissonante avec celle qui était la sienne, câline et tendre, de la semaine dernière, dans le noir… ce qui laisse présager qu’aujourd’hui, après la baise, les câlins ne seront pas au rendez-vous… mais qu’importe… qu’est-ce qu’ils m’excitent ses mots crus, son attitude de petit con… j’ai trop envie de lui…
    Il commence alors à me limer la bouche avec de bons coups de reins, les deux mains désormais derrière ma tête, son bassin prenant de plus en plus d’élan… parfois il ralentit, laissant le gland juste à l’intérieur de mes lèvres… je sais ce dont il a envie… je sais à quel point il est sensible du gland… alors ma langue se déchaine, le bout bien humide s’envole titiller le frein tantôt par petites touches, tantôt plus franchement… il adore ça… preuve en est que son gland s’attarde de plus en plus au bord de mes lèvres…
    Je recule ma tête brusquement… son gland sort de ma bouche… ma langue revient rapidement à la charge, en solo… elle s’attaque à nouveau son frein, elle s’y consacre entièrement, très inspirée… elle varie les caresses, les cadences, les pressions…
    J’ai envie de concentrer tout le plaisir à cet endroit hypersensible, de lui montrer à quel point rien que le bout de ma langue peut l’amener au septième ciel…
    Pari réussi, le bogoss est en extase… j’adore ça, le voir fermer les yeux, arrêter tout mouvement, comme suspendu, perdant tout notion du temps et de l’espace, complétement à l’écoute du plaisir de son corps… le voir attendre (im)patiemment et assurément la suite, me laisser les clefs de son plaisir… non pas par confiance aveugle, mais parce que, face à un plaisir si intense, sa volonté n’est plus…
    Je titille longtemps le creux de son gland, et son enchantement n’a pas l’air de faiblir… bien au contraire… son corps est animé de petites vibrations qu’il ne peut plus contrôler…
    Ma main se porte alors sur son manche, elle le saisit très délicatement… sa respiration s’accélère, ses pulsations aussi… j’ai l’impression de sentir les battements de son cœur dans les veines de sa queue… le bogoss ne bouge pas une oreille…
    Ça calme grave, n’est pas, mon Jérém… une bonne pipe et toute colère se dissipe…
    Oui, le bobrun est comme en état d’hypnose, un état second obtenu par l’extase des sens… et c’est moi qui ai fait ça…
    Pour le « réveiller », pour lui faire revenir à la « conscience », je choisis la technique du choc… mes lèvres glissent le long de sa queue de façon soudaine et rapide, ma bouche l’avale en entier… je le sens sursauter et lâcher un gémissement profond, puissant…
    Je le pompe comme un malade… je le pompe… jusqu’à ce qu’il me repousse…
    Je perds le contact avec sa queue… et je me sens vide… instantanément vide…
    Je lève à nouveau mes yeux pour essayer de comprendre ce qu’il veut… et là je le vois tomber complétement la chemisette, dévoilant intégralement son bandage… le pantalon s’envole aussi, suivi par le boxer, les baskets, les chaussettes… c’est beau de voir un bogoss se dessaper, se mettre à l’aise pour prendre son pied… je brule d’impatience de savoir ce qu’il prévoit pour la suite…
    Jérém s’installe sur le lit, le bassin presque au bord du matelas, les genoux pliés, les pieds au sol, les jambes écartées, le buste maintenu par la position accoudée de ses bras… perspective qui m’offre une vue panoramique sur sa queue tendue, ses abdos saillants, ses pecs bombés, sa chainette négligemment abandonné entre ses tétons épais…
    Dans ses yeux, un regard magnétique, intense, chargé d’érotisme, un regard plus explicite que mille mots… dans ce regard il y a tout, un tout qui se résume à un message très simple mais inéluctable…
    « Suce ! »…
    Un bogoss montre sa nudité et j’accours… réflexe pavlovien… j’accours, esclave d’un amour complétement fou, prisonnier d’un désir violent… ce mec est dans ma tête, dans mon cœur, dans ma chair, dans mon ventre… ce mec est mon petit dieu vivant…
    Je suis à genoux, position qui me permet d’apprécier dans les moindres détails les ondulations de ses abdos sous l’effet de sa respiration… mon regard est happé par son chemin du bonheur et par les petites odeurs qui s’en dégagent…
    Je le pompe goulûment pendant que l’orage gronde dehors, pendant que la pluie se déchaine sur la ville… je crois que de toutes les fois que je l’ai sucé jusqu’à ce jour, j’ai rarement pris autant mon pied… je voudrais le sucer sans jamais arrêter, le faire vibrer de plaisir à le rendre fou… à le rendre complètement accroc à mon tour…
    Je le suce à fond, je le suce comme un fou pour lui montrer combien j’ai envie de lui, combien il m’a manqué…
    « Tu m’as manqué Jérém » je ne peux m’empêcher de lui lancer pendant une phase de respiration.
    « Oui, je sais, elle t’a manqué, alors suce ! » sera sa seule réponse.
    On ne parle pas de la même chose mais qu’importe. Le voir prendre son pied à ce point est le plus beau cadeau qui soit… être accroupi entre ses jambes et m’occuper de sa queue… comme une vocation… pour les grandes discussions, on verra plus tard…
    Je recommence à le sucer avec encore plus d’entrain. Il recommence à frémir. J’ai envie de le sucer sans jamais arrêter…
    Mais j’ai aussi très envie de l’avoir en moi… plus je le suce, plus mon ti trou vibre d’impatience et de frustration… dans ma tête, ma bouche et mon ti cul se livrent un combat sans merci…
    Ma bouche étant presque toujours servie en premier, mon autre entrée sollicite mon attention pour obtenir un traitement d’équité… difficile de trancher… il faut dire que c’est tellement bon de l’avoir en bouche… quitte à faire un impair de taille, je pense que pour ce premier orgasme après retrouvailles, je vais le faire jouir dans ma bouche et l’avaler… trop envie de retrouver son goût de mec…
    J’accélère le mouvement… je me donne à fond pour lui offrir un orgasme intense… je pense qu’il ne va pas tarder à lâcher son petit jus brûlant… je me prépare à l’arrivée de ses jets puissants… et même si je n’ai pas besoin de son ordre pour cela… j’aimerais vraiment qu’il m’intime de l’avaler… j’ai envie de sentir son envie de jouir en moi… j’ai envie de sentir son gout de mec se répandre dans ma bouche…
    Mais c’est sans compter avec ses envies à lui… car le bobrun a prévu autre chose avant de se lâcher… ses mains se portent sur mes épaules, éloignant mon visage de son bassin, ma bouche de sa queue… il se lève… il m’attrape par un bras… docile, je suis le mouvement… je me retrouve ainsi face à la table dans le coin cuisine…
    « Dessape-toi… » je l’entends me lancer, la voix grave.
    Je sens sa présence derrière moi, son souffle dans le cou… je sais ce qu’il veut… c’est mon cul qu’il veut… c’est au plus profond de moi qu’il veut lâcher sa semence…
    Je vais m’offrir à lui… et je frémis à l’idée de me sentir comme fécondé par son jus épais…
    Je me déshabille maladroitement, les mouvements perturbés par un désir qui me ravage… je suis tellement pressé de l’avoir en moi…
    J’ôte le t-shirt et sa queue presse contre mon short, visant l’espace entre mes fesses… j’arrête alors tout mouvement, je goute au frisson de sentir ce sexe tendu assiéger le dernier rempart de tissu qui freine sa conquête inéluctable…
    Et lorsque son bassin recule, lorsque le contact cesse, mon pantalon et mon boxer tombent très vite… au sens propre, comme au sens figuré, je m’incline devant son pouvoir de mec…
    Le bogoss ne chôme pas… son gland cherche très vite à se faufiler entre mes globes, à s’insinuer dans cette fente qui lui fait envie…
    Son bassin avance inexorable, sa queue se cale dans ma raie, tandis que ses mains forcent désormais sur mes épaules pour imposer à mon buste un mouvement vers l’avant…
    Un instant plus tard, mon ventre se retrouve en contact avec la surface lisse et un peu froide de la table… les jambes écartées… les fesses cambrées… à la complète disposition de son plaisir de mec…
    Je l’entends cracher dans sa main… mélodie du bonheur… je sais que ses doigts humides sont en train de lubrifier sa queue… il recrache une nouvelle fois… c’est au tour de mon ti trou de recevoir sa salive… mais pas que… son doigt trouve mon entrée, il la titille brièvement, il s’y insinue, jusqu’à la phalange… je ne sais pas s’il est en train de me préparer à l’assaut de sa queue ou s’il cherche à me faire languir encore… putain… j’ai envie de sa queue !
    Sa bite s’insinue dans ma fente, désormais humide de sa salive… son doigt quitte mon ti trou… son gland se presse désormais à l’entrée de mon bonheur… il appuie fortement avec le bassin… un instant plus tard, sa queue passe l’entrée de mon intimité… il s’enfonce en moi… il s’enfonce jusqu’à ce que nos bassins se collent l’un à l’autre…
    Et là, son torse se plie à son tour et vient épouser mon dos… sensation de chaleur, de douceur, de chainette qui chatouille un peu à la base de mon cou… sensation d’être complétement à lui, de lui appartenir, sensation de bonheur absolu…
    Ses cuisses claquent puissamment et bruyamment contre mes fesses…
    « T’es vraiment qu’une salope, un trou à bite ! » je l’entends se lâcher, la voix raillée par la montée de son plaisir.
    « Je suis à toi… tu prends ton pied, là ? » j’ai envie de savoir.
    « Ouaisss… je prends mon pied… » je l’entends balancer, ma voix de plus en plus méconnaissable.
    « Moi aussi je prends mon pied, tu peux pas savoir… » je me dois de lui rapporter.
    « Chacun prend son pied comme il peut… » c’est sa réplique, cinglante.
    « C’est toi qui me fais jouir… » j’insiste. C’est par les mots, c’est le seul moyen que je trouve pour me donner un peu plus à lui.
    « Bah oui… » fait-il sur un ton méprisant « il y en a qui ont des couilles… et il y en a qui ont juste un cul… », ultime réplique de petit con macho.
    « Et j’assume… je prends trop mon pied… tu me défonces, et c’est un pur bonheur… vas-y, fais toi plaisir, mec… ».
    Une idée me traverse l’esprit… une idée passe mes lèvres…
    « Ta queue est faite pour mon cul, mon cul est fait pour ta queue… ».
    « T’inquiète… tu vas t'en prendre plein le cul… ».
    « Oui, c’est ça que je veux… ».
    Dehors, l’orage redouble d’intensité… en moi, ses coups de reins redoublent de puissance…
    « C’est ça que tu veux, hein… ma bite bien chaude, te faire remplir de mon jus… ».
    « Ouiiii, Jérém, c’est tout ce que j’aime… ».
    Sa baise est puissante, animale, précipitée, presque violente… pendant la pipe, j’avais pris la main, je conduisais le jeu… à l’heure de la sodo, c’est lui qui reprend les manettes… dans ses coups de reins, dans ses invectives, je sens son animosité, son énervement qui ne s’est toujours pas dissipé, sa rage qui refait surface… un emportement perceptible au-delà de son excitation…
    Sa colère le rend très dominant, petit con pour qui il n’y a que son pied qui compte…
    « Tu la sens bien, là, hein… » assène-t-il avec une conviction qui n’admet pas de contradiction.
    « Ouiiii… là je la sens bien… très bien… trop bien… » je le conforte dans son égo.
    « Elle te fait jouir du cul… » insiste-t-il.
    Il veut jouir à ce jeu… très bien… je vais jouer…
    « Ouiiiiii… mec… je prends davantage mon pied par-là que par ma queue… tu me rends dingue… personne ne me fait ce que tu me fais Jérém… tu peux me baiser autant que tu veux… ».
    Je m’offre à lui… et lui, insatiable, il enfonce le clou… aussi…
    « T’es une sale petite pute, un trou à jus… ».
    Le sentir coulisser en moi sans retenue fait monter mon plaisir… j’écarte davantage les jambes, j’en veux plus… ses couilles frappent lourdement mon périnée et mes propres couilles… c’est puissant, je me sens bien soumis, j’ai envie de pleurer tellement c’est bon, tellement je me sens à lui…
    « Putain, Jérém… vas-y encore, vas-y plus fort, déchire moi… ».
    « Je vais te défoncer, oui, je vais te péter le cul… ».
    Et en effet le bogoss n’y va pas de main morte… ses mains attrapent mon bassin d’une part et d’autre pour se donner encore plus d’élan… ses coups sont si puissants que la table se déplace… je me dis que s’il y va si franco il ne va pas tarder à se vider les couilles… je prends de plus en plus mon pied… j’attends que ça vienne… j’attends ses râles puissants, sa délivrance…
    Mais le bobrun n’a pas fini de faire varier ses plaisirs…
    A un moment il m’attrape par les épaules, son bassin recule, il sort de moi, il me pousse vers le lit, il me retourne à nouveau, il me pousse jusqu’à que je me laisse glisser sur le lit, allongé sur le dos… je le regarde, debout, en train de me jauger avec un véritable regard de chasseur qui va donner le coup final à une proie qui est désormais totalement en son pouvoir…
    Je le regarde en train de me dominer de toute sa taille, de toute la puissance de son torse… et ce bandage à l’épaule… ces traces de coups sur le visage… putaaaaaiiiiin… et c’est moi qui me tape ça…
    Son regard, à la fois noir et plein d’excitation, me fixe intensément… c’est tellement aveuglant que je finis par plier, c’est moi qui coupe le contact…
    Il grimpe sur le lit en se tenant sur ses genoux… il avance lentement dans l’espace entre mes jambes… son bassin approche de mes fesses… sa queue glisse en moi comme si c’était écrit… elle s’arrête bien au fond, bien au chaud, je la sens frémir en moi…
    Le bogoss est penché sur moi, le torse tenu en équilibre pas ses bras tendus et ses mains qui enserrent mes bras juste en dessous de mes épaules… la queue calée bien au fond de moi, les yeux fermés, le visage parcouru par des frissons de plaisir… la chainette ondulant en dessous de son cou juste après la vibration de ses frémissements… la respiration très profonde…
    Qu’est-ce qu’il est beau ce corps luisant, suintant une transpiration obtenue sous l’effort de la recherche de son plaisir… une transpiration qui se mélange à la fragrance entêtante du parfum qui se dégage de sa peau… c’est juste une expérience délirante…
    Nous restons ainsi pendant un bon petit moment… nos corps parfaitement emboités, mon trou envahi, écarté par son manche, brulant d’envie de se faire secouer encore…
    « J’ai envie d’avoir ton jus en moi… » je laisse échapper, fou d’excitation…
    « Je sais… » c’est sa simple réponse de petit con premium, les yeux toujours fermés, toujours sans bouger…
    Lorsque, quelques instants plus tard, ses yeux se rouvrent en dévoilant un regard froid et fuyant, je sens sa queue repartir lentement en sens inverse… son gland s’arrête juste au bord de ma rondelle… il s’y attarde, il la titille, il joue avec, il la délaisse, il sort, il revient, il s’y frotte dessus, il s’y appuie légèrement... il la provoque, il lui inflige le manque, l’abstinence, le frémissement…
    J'en tremble… je n’en peux plus… le feu me ravage de l’intérieur…
    Il revient en moi, mais juste avec le gland… et alors qu’il amorce une fois de plus le geste de délaisser mon intimité, mes mains ont un mouvement de pur instinct… elles saisissent ses avant-bras, dans une tentative désespérée de lui en empêcher…
    « Dis-le que tu as envie de te faire péter le cul ! » m’intime-t-il.
    « Oh oui Jérém… baise-moi… défonce-moi… fais-moi jouir ! ».
    Il m’a mis dans un tel état qu’il pourrait me demander n’importe quoi, je serais incapable de le lui refuser…
    Et là il s’enfonce d’une traite et commence à me limer… sa nouvelle saillie ne dure pas longtemps… quelques instants plus tard, je l’entends balancer, la voix noyée par le plaisir qui secoue son cerveau comme une décharge électrique :
    « Prends ça salope… ».
    Je vois à la contraction de son visage que le premier jet vient d’atterrir au fond de moi… et là, contre toute attente, ses mains quittent mes bras… elles se posent sur mes tétons en prenant appui dessus… son bassin recule, il sort de moi… ses autres giclées, abondantes, chaudes, denses, sont pour ma queue, pour mes couilles, pour mon torse, le tout dernier étant pour ma joue…
    Dehors, il pleut toujours… et mon Jérém a juté comme rarement je l’ai vu juter…

    Il gicle sur ma peau
    Comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette ardeur
    Qui efface ma pudeur ?

    Il a joui et j’ai joui aussi… oui, juste après la fin de l’orage « Jérém », mon jus s’est mélangé au sien, sur mon torse…
    Je suis démonté, épuisé... c’était bon, puissant, bestial… baiser comme des animaux, c’est génial… mais là… là j’ai besoin d’un câlin… même un tout petit rien du tout… un petit truc pour amortir ma chute et ma tristesse après l’orgasme…
    Je le vois très vite amorcer le mouvement pour quitter le lit… c’est presque instinctivement que ma main ose une caresse sur son avant-bras pour essayer de le retenir…
    Geste inutile… le bogoss se dégage comme s’il avait été piqué par un moustique… quel con, quel insupportable petit con…
    Si tu lâchais un peu prise, mon Jérém, ce serait tellement plus facile, pour toi autant que pour moi…
    Je sais que quelque part au plus profond de ton être se cache une vraie sensibilité, un besoin de tendresse, je le sais parce que je les ai entrevus un jour, ou plutôt une nuit… depuis, j’ai l’impression d’entrevoir tes fêlures en filigrane de ton arrogance… c’est comme si un mur de verre se dressait entre nous, épais, incassable, infranchissable… j’arrive à lire dans tes besoins profonds, mais je ne peux pas les atteindre pour essayer de les satisfaire…
    C’est fou la distance que tu mets entre nous… il faut vraiment vouloir t'aimer toi… mais moi je t’aime… et ces traces de coups sur ton visage m’attendrissent à un point… tu ne peux même pas savoir…
    Je le regarde se lever, attraper le rouleau de sopalin, me le balancer, avant de partir à la salle de bain… j’entends l’eau couler dans l’évier… ma bite et mes couilles sont trempées de son jus… l’eau tombe toujours dans l’évier… ça me laisse le temps de me donner le moyen de me rappeler à quel point j’aime ça… ce gout salé et chaud de bogoss…
    Le bogoss réapparait avec sa démarche assurée, conquérante, à l’aise avec son corps de ouf même après avoir joui… impressionnant…
    « Vas-y, t’as eu ce que tu voulais… » me lance-t-il pendant qu’il commence à se rhabiller en me tournant le dos.
    Qu’est-ce que c’est beau de regarder un mec s’habiller après une baise aussi torride, après qu’il ait joui… tellement beau que j’en oublie de répondre à sa provoc… tellement beau que j’en oublie de me rhabiller à mon tour…
    Le bogoss s’assied sur le bord du lit pour se chausser… lorsqu’il se relève, me voyant toujours à poil, il me balance, le ton agacé :
    « Allez bouge, j'ai un taf, moi… ».
    Il lâche ces mots sans même me regarder, tout en sortant une nouvelle cigarette qu’il allume en partant vers la terrasse.
    L’orage semble passé… la pluie a cessé… un rayon de soleil illumine la terrasse et pénètre dans l’appart ; le bogoss fume en terrasse, accoudé à cette rambarde à nouveau si belle, comme fleurie de sa jeunesse, de sa beauté…
    J’ai du mal à me rhabiller… c’est dur de repartir de cet appart sans le moindre câlin… je me fais violence pour passer mes fringues…
    Je suis presque prêt… je passe mes chaussures… et c’est là que je remarque un détail qui m’avait échappé jusque-là…
    Sur la petite table de chevet, un objet qui m’est familier mais qui n’appartient pas à Jérém… le bracelet métallique, un boitier massif mais aux lignes harmonieuses, à l’image de son propriétaire… je connais très bien cette belle montre… je l’ai eue sous les yeux lors d’un premier verre pris près de la gare Matabiau, lorsque ses mains chaudes et puissantes enserraient les miennes pour me réconforter… je l’ai bien fixée pas plus tard que lundi dernier, tout particulièrement pendant un coup de fil opérant sous mes yeux l’alchimie capable de transformer instantanément un beau mécano en beau pompier…
    Mais qu’est-ce que cette montre fait sur la table de chevet de Jérém ? Est-ce que Thibaut a dormi là ? Que s’est-il passé ?
    Je n’ai pas le temps de réfléchir davantage à ces questions… le bobrun rentre de la terrasse, ferme la porte fenêtre… il passe devant moi, il ouvre la porte.
    « Avance ! » me lance-t-il, toujours aussi sèchement…
    Je passe la porte, je traverse le petit couloir, je commence à descendre les marches lentement… je l’entends refermer la porte derrière lui… et commencer la descente d’un pas speedé…
    Il me rattrape, il me double, son épaule heurte la mienne, il me bouscule… il ne s’arrête pas…
    « Jérém » je lance comme un cri du cœur désespéré…
    « Quoi ? » je l’entends riposter, agacé. Pourtant, le bogoss a arrêté ses pas.
    « Tu vas jouer demain ? » j’arrive à enchaîner.
    « Qu’est-ce que t’en as à foutre ? » je l’entends répliquer.
    « Je viendrai voir le match… » je déclare.
    « Ouais… c’est ça… » il fait sur un ton méprisant.
    « Si, je viendrais vous voir… ».
    Est-ce que Jérém a cru voir dans la tournure de ma phrase un sens que je n’ai pas voulu lui donner, du moins de façon consciente… toujours en est-il que j’entends ses pas reprendre, mais en sens inverse… un instant plus tard je le vois apparaitre au détour de la rampe d’escalier… et il s’approche tellement de moi que je peux sentir nettement son parfum…
    Et là, en me regardant droit dans les yeux avec un regard menaçant, il me balance :
    « Je te conseille de foutre la paix à Thibault… ».
    Je ne sais pas ce qui m’a pris à cet instant précis… peut-être que j’ai dû simplement me dire que l’occasion est trop belle, que c’est maintenant ou jamais, que parfois il faut avoir le cran… toujours en est-il que je m’entends lui balancer :
    « Tu sais, je pense que Thibault ne serait pas moins ton pote s'il savait que toi et moi on est un peu plus que potes… ».
    Une lueur méchante s’allume alors dans son regard… il s’approche encore un peu plus de moi et, toujours en me fixant tout droit dans les yeux, il assène froidement :
    « Toi et moi… on n'est rien du tout… ».
    Ses mots résonnent dans ma tête comme un coup de massue.
    « Mais ce qui se passe dans ton appart ce n’est pas rien… ».
    J’ai mal, très mal… mes mots sont sortis presque mécaniquement de ma bouche, dans une tentative désespérée de me rassurer, de me défendre, de le convaincre, de me convaincre, d’éviter les larmes que je sens monter à mes yeux…
    Pourtant, elles n’ont d’autre effet que de lui offrir l’opportunité de frapper encore plus fort…
    « Dans mon appart je te baise… je te baise parce que tu as une bonne bouche et un bon cul… mais ça s'arrête là, fiche toi bien ça dans la tête… » je l’entends lâcher, toujours aussi froidement, avec un regard tellement dur et fermé qui ne lâche rien, hormis du mépris…
    Sur ce, il fait demi-tour, dévale quatre à quatre les escaliers… j’entends la porte d’entrée s’ouvrir, laisser passer brièvement les bruits de la rue et claquer juste derrière son passage…
    Ses mots sont durs, cruels… ça fait mal d'entendre ça… ça fait mal tant de méchanceté… je ressens en moi une profonde tristesse, une immense désolation, une solitude cruelle…
    Un désarroi qui se mélange aux questionnements amenés pas la vision de cette montre… Jérém, Thibault… Thibault… Jérém… et si… Elodie se trompait sur ses spéculations au sujet de la nature de leur amitié ? Qu’est-ce que Thibault a dit à Jérém, au juste ?
    J’ai besoin d’être seul, de me poser une minute pour retrouver mes forces, mes esprits… pour tenter de remonter du trouble profond dans lequel ses mots m’ont plongé…

    Words, they cut like a knife/Les mots, ils coupent comme un couteau
    Cut into my life/Coupe dans ma vie
    I don't want to hear your words/Je ne veux pas entendre tes mots

    Je m’assieds sur les marches… une légère trainée de parfum flotte dans la cage d’escalier après son passage… ses mots ont été si durs, si blessants, si injustes… je devrais le détester de toutes mes forces… pourtant… il vient de partir et il me manque déjà…
    J’entends la pluie qui recommence à tomber dans la rue… je sens les larmes qui commencent à couler sur mes joues…

    Il pleure dans mon cœur
    Comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette langueur
    Qui pénètre mon cœur ?
     
     


  • Commentaires

    1
    Lundi 5 Décembre 2016 à 16:11

    J'ai adoré cet épisode. C'est très bien écrit, la scène de baise entre Jerem et Nico est vraiment très chaude, j'ai même joui en la lisant.
    Mais cet épisode est aussi très triste, elle donne les larmes aux yeux. Jérémie se comporte avec cruauté mais dans un certain sens je le comprends un peu (même si ça n'excuse rien). Il a peur de perdre un ami, peur que Thibault ne le voit plus pareil, pense que Jerem n'est plus un "vrai mec",etc. Même si c'est faux évidement.
    Pauvre Nico, je me demande bien qu'est-ce qu'il peut faire? Jerem a peur de perdre sa virilité et le fait d'avoir été blessé lors d'un match y rajoute une couche. S'il perd le prochain, je me demande bien dans quel état il sera.

    Il y a un point positif c'est que Jerem s'est demandé si Nico a baisé avec d'autres mecs, il est jaloux donc non Nico n'est pas qu'un "vide couilles".


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    2
    Yann
    Lundi 5 Décembre 2016 à 17:30

     

    Depuis le début de l'histoire, la situation n'a jamais été aussi tendue entre Jerem et Nico et, de ce point de vue,  cet épisode est d'une rare intensité, il en est poignant à pleurer pour ce qu'endure Nico. Il y a d'abord la colère de Jerem. A son vieux démon, son mal être d'avoir découvert qu'il aime les garçons, s'ajoute la menace suprême que cela se sache parmi ses potes du lycée ou du rugby par le fait que Nico, qui vit mal cette relation avec Jerem qui ne l'aime pas comme lui l'aime, s'est confié à Thibault. Jerem a déjà du mal à assumer lui-même sa sexualité alors il n'est pas prêt à l'assumer aux yeux des autres.

     

    Nico à bien fait d'affronter Jerem car même si on peut lui trouver l'excuse qu'il vit mal sa situation, cela n'excuse en rien sa façon de se comporter avec Nico et Nico ne doit plus accepter de se laisser humilier comme cela. En quoi Nico, parce qu'il est homo passif, serait "un petit PD" moins respectable que Jerem actif qui lui aussi aime les garçons et prend tout autant de plaisir à baiser avec lui ? Le fait qu'il soit actif et Nico passif n'y change rien : ils prennent ensembles leur plaisir à leur façon.

     

    De toute évidence, Jerem, au-delà de sa colère, était content de retrouver Nico. Il éprouve quelque chose pour Nico mais ça lui coute de le reconnaitre et il tente de l'enfouir sous de la colère.  Ce n'est peut être pas un amour aussi passionnel que celui de Nico mais il faudra qu'ils se parlent. C'est à Nico de mettre les pieds dans le plat et de demander à Jerem comment il voit leur relation.

     

    J'espère que les lecteurs seront nombreux à participer à ta soirée Facebook et je te souhaite bonne chance Fabien.

     

    Yann

    3
    Yann
    Jeudi 8 Décembre 2016 à 15:58

     

    Fabien ce texte est, de mon point de vue, un des plus beaux que tu nous ais donné à lire. Avec tes mots tu parviens à nous faire partager l'émotion intense de cet épisode, la colère de Jerem et surtout la tristesse de Nico qui, de l'avis de lecteurs que je partage, est si poignante.

     

    Tu es un arrangeur de mots,
    Ces mots qui soignent les maux,
    Des mots mis bout à bout,
    Tous ces mots pour nous.
     

    Des mots couchés sur le papier,
    Des mots pour raconter la vie,
    Qui comme un ruisseau de pluie,
    De leur sens inondent nos esprits.
     
    Tu es un jongleur de mots,
    Des mots tendres,
    Des mots parfois crus,
    Des mots de cul ou ambigus.
     
    Des mots ordinaires,
    Des mots pour surprendre,
    Des mots pour plaire,
    Des mots parfois vulgaires.
     
    Des mots juste murmurés,
    Des mots pour apaiser,
    Des mots pour jouir,
    Des mots pour le plaisir.

    Pour tous ces mots si bien choisis,

    Qui font l'histoire Nico-Jérémy, 
    Fabien, mille mercis.

    Yann

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