• 38 – Gruissan

    38.1 Gruissan

    Vacances loin de Jérém.

     

    Je m’approche de la 206 noire qui a déjà le moteur allumé... il me voit approcher coté porte passager et il baisse la vitre… il me dit de rentrer dans la voiture... il est en train de fumer...

    J’ouvre la porte et je m’installe sur le siège.

    « Salut » je lui lance.

    « T’as envie de quoi ? » il me répond. Il a une bonne petite gueule de mec et en plus il a une voix virile…

    « Je m'adapte... »

    Silence un brin lourd : je suis vraiment maladroit.

    « Tu me suces? » il me lance.

    « Tout ce que tu veux bomec... »

    « On va trouver un endroit tranquille »

    Il enclenche la marche arrière et on sort de Gruissan direction les étangs. Le gars n’est pas très causant mais pendant le trajet, j'arrive quand même à lui faire dire qu'il a 23ans... Il l’air de connaître les lieux… il repère un petit chemin et s’y gare à coup sur.

    Il arrête le moteur, enlève son t-shirt, et miam miam, il dévoile un petit physique pas trop musclé juste comme il faut… une fois la braguette ouverte, il sort une queue plutôt convenable de son boxer... il bande déjà...

    Je me penche sur son entrejambe et je commence à lui polir le gland pendant qu'il continue de fumer... à un moment je sens sa main se poser sur le cou et exercer une pression pour que j'aille plus loin... aaaaaaaah j'ai trouvé ça... terriblement excitant....

     

    Précédemment dans 50 nuances (de mépris) de Jérém : grande baise le lundi après-midi, après l’épreuve de philo du matin ; le lendemain, jour de techno, disette ; mercredi c’est l’histoire-géo le matin, la physique-chimie l’après midi ; Jérém sexy à en pleurer, Nico n’y tient plus, il s’aventure à lui proposer une gâterie et se fait jeter ; ce soir là, sur la pelouse de St Etienne, Stéphane et Gabin croisent son chemin; jeudi c’est les maths le matin, anglais l’après-midi : Nico, trop vener contre Jérém, a un geste à l’encontre du beau brun que ce dernier n’apprécie guère : petite mise au point musclée suivie d’une pipe dans les chiottes du rez-de-chaussée du lycée; vendredi après-midi, bio, Jérém dépose sa copie avant la fin de l’épreuve ; Nico en fait de même pour lui courir après… il le retrouve assis sur les marches de l’escalier; les regards se croisent., Nico craque… un instant plus tard il se retrouve dans une cabine des toilettes du premier étage… Jérém le saisit par les épaules, il plaque sa queue contre son short, il la cale dans sa raie, avec une main il appuie fermement entre ses omoplates pour lui faire plier le buste… il soulève son t-shirt, les abdos du beau brun sont collés contre la peu de son dos, c’est doux et chaud et extrêmement excitant… la bouche de Jérém est à quelque centimètres de sa nuque… Nico sent son souffle sur le cou, dans son oreille :

    « Descends ton froc, je vais te sauter comme une chienne ».

     

    Samedi matin après le bac…

     

    Ça y est, le bac c’est fini. Les révisions aussi. La plupart de mes camarades s’en félicitent. Tous, pour ainsi dire. Du moins ceux normalement constitués. Pas moi. Car moi, si je le pouvais, je rajouterais 100, 1000, 10000 épreuves pour faire durer le bac à l’infini… pour revoir mon beau Jérém que j’aime et que je hais à la fois. Pour réviser, encore et encore. Mais la vie est ainsi faite, elle avance, il faut avancer avec et admettre que l’on ne peut pas faire face à l’inéluctable. A la volonté de l’autre qui ne va pas dans le même sens que la notre. Au temps qui redistribue les cartes sur la table de notre vie. Qui sait offrir des occasions inattendues et imposer des privations insupportables. Faire face à la séparation.

    Il me manque. Terriblement. Même si je suis vraiment en colère contre lui. Oui, je suis en colère, après ce qui s’est passé hier soir dans les chiottes du premier étage du lycée… cette fois-ci il a dépassé les bornes… quel connard ce mec… mais qu’est ce qu’il me manque, déjà, ce connard…

    Dans l’attente des résultats du bac dans 15 jours, rien ne me retient sur Toulouse. Après la difficile semaine des épreuves, là où les épreuves les plus difficiles à affronter ne furent certainement pas celles posées sur une feuille du Ministère mais bien celles infligées par le comportement sans queue (ou plutôt avec queue) ni tête de mon beau brun, on décide avec Elodie de partir tous les deux à la mer. Pour rire ensemble. Pour pleurer dans ses bras si besoin.

    Oui, le vendredi soir Elodie est chez moi. Le samedi à midi on est à Gruissan. Ses parents y ont un apart proche de la plage de la Mateille et depuis plusieurs années déjà elle dispose des clefs. On file direct à la mer. J’ai envie de mer. J’ai envie de contact avec l’eau. J’ai toujours adoré ça. Me baigner à la mer. Ça me fait un bien fou, ça me détend, ça me calme. Et autant dire que cette année là j’avais tout particulièrement besoin de me détendre et de me retrouver. De soigner mes blessures.

    On passe le portique et on roule sur la plage. C’est royal. Dès que les pneus de la voiture touchent le sable, je descend ma vitre. Le vent de mer caresse ma peau. Je veux courir à l’eau. C’est viscéral. J’ai dû être poisson dans une vie antérieure. La voiture roule au pas et je me retiens de justesse d’ouvrir la portière et de me précipiter dans la mer calme. On se gare au plus près de la barrière en bois limitant l’accès des voitures.

    Je descends, je suis déjà déchaussé, la plante des pieds touche enfin le sable. Sensation de bien être et de liberté. Je me débarrasse de mon t-shirt et je garde le short de bain que j’ai enfilé dès mon réveil… je sens le vent caresser ma peau et tout particulièrement la peau de mon torse, si peu habituée à être exposée… je le sens s’infiltrer à travers le tissu fin de mon short pour caresser mon bassin, mes fesses… sensation étrange et agréable que la fraîcheur du vent sur toutes ces parties de mon corps qui, le plus souvent couvertes par des vêtements, n’ont pas l’habitude de ce petit frisson, ce qui rend l’instant encore plus spécial ; un ensemble de sensations si vives et dépaysantes qui me font dire à coup sûr : ça y est, c’est les vacances.

    Oui, les vacances, enfin. A une heure trente de Toulouse, je suis dans un autre monde. Je me sens bien. Il fait beau, je suis à la mer, le vent caresse ma peau, Elodie est là ; je me sens tellement bien que j’ai envie de pleurer… de joie… comme si mon esprit se libérait de tant de tensions, du joug de mes soucis habituels… je suis à fleur de peau… j’ai envie de courir à l’eau, je me dis que ça va sûrement me faire du bien. J’ai envie de me faire du bien après ce qui s’est passé depuis une semaine… et surtout hier soir…

    On attrape les sacs avec les affaires de plage et on avance sur le sable… on s’approche de l’eau, c’est le bonheur… je sens des papillons dans le ventre, mon regard se perd au loin dans la tentative d’embrasser l’immensité à laquelle il est confronté… la plage, la mer, le ciel, les vacances… j’en ai la tête qui tourne tellement ça fait du bien d’être là…

    On trouve un coin pas trop peuplé un peu en retrait, on plante le parasol, on allonge nos serviettes. J’accomplis la corvée de la crème solaire à la va vite. Je suis trop pressé de retrouver l’eau, et tans pis pour les coups de soleil… de plus je n’aime pas me badigeonner partout… ça colle… ma cousine fait ça avec le plus grand sérieux et pendant qu’elle n’en est encore qu’à la moitié supérieure de son corps, je me précipite en direction de l’eau.

    J’y arrive en trois enjambées. Petite déception, à vrai dire un tantinet attendue : l’eau est bien fraîche en ce milieu du mois de juin. Je tente de m’acclimater, les pieds plantés dans cette frontière mobile définie par le flux et le reflux de l’eau. Mes orteils ont du mal à s’habituer à la température trop basse. Je prends sur moi et je tiens en place. Ma cousine me rejoint enfin. Elle trempe un orteil et le retire illico.

    « T’es vraiment un grand malade, toi… comment tu fais pour rester là… l’eau est glacée »

    Les filles trouvent toujours que l’eau est glacée. Mais là je ne peux pas dire le contraire. Cependant, mon envie de mer est telle que j’ai décidé que je me baignerai coûte qui coûte. C’est sous le regard interloqué de ma cousine, et en partie en défi de ce dernier, que soudainement je trouverai le courage d’avancer dans l’eau… j’adore la pente douce de ces plages de sable fin, le fait d’avancer des dizaines de mètres dans l’eau et d’avoir toujours pied… pas après pas, mes jambes trouvent le contact avec l’eau ; petit choc quand mes parties sensibles touchent la mer froide… l’eau arrive désormais en haut de mon bassin, à la limite de mon ventre…

    Oui, l’eau est limite froide… mais ce n’est pas ça qui m’empêchera de me baigner, de laisser mon corps tout entier retrouver l’indescriptible sensation d’être en contact avec les éléments. Son élément. Oui, définitivement j’ai du être poisson de mer dans une autre vie. Ou Labrador.

    J’inspire un bon coup, je mon projette en avant, mes pieds quittent le sable, mon torse, mes épaules, mon dos, ma tête plongent dans l’eau… c’est un choc assez important… je nage deux brassées et j’émerge d’un bond… bonjour la mer… comment vas-tu depuis l’an dernier ? Me revoilà, c’est Nico…

    J’ai un peu froid mais je suis trop bien… je replonge, je fais plusieurs brassées, le mouvement chauffe mes muscles, je trouve un équilibre thermique précaire… je me pose pour retrouver mon souffle, j’ai toujours pied, ce n’est qu’un instant, j’ai froid de suite, je me dis que je peux tenir un peu plus en reprenant à nager… j’essaye, mais l’équilibre thermique est désormais rompu, j’ai vraiment trop froid, je bondis hors de l’eau comme un fou… comme un saumon remontant la rivière… je croise le regard de ma cousine, elle se moque de moi, elle a l’air de me prendre pour un dingue… je la vois poser son index sur sa tempe et faire ce mouvement circulaire alterné qui veut tout dire…

    Je suis frigorifié, et en sortant de l’eau je trouve que le vent est lui aussi plutôt frais. Je tremblote et j’entends Elodie me lancer :

    « T’es reformé P4, toi, non ? »

    Elle rigole tout en gardant son sérieux, ce qui me fait délirer. Je me sèche vite fait et je m’allonge à plat ventre sur la serviette. Ma cousine m’impose une application complémentaire de crème solaire sur le dos. Elle l’étale avec rigueur et méthode.

    « Tu me fais pitié… je ne veux pas passer la soirée aux urgences des grands brûlés »

    J’adore la mer, j’adore la plage. J’adore me baigner, j’adore m’allonger et sentir le vent sur ma peau. J’adore tout ce qui se passe sur la plage. Sous l’effet de l’exposition au soleil, j’arrête petit à petit de grelotter… je regarde ma cousine assise, appuyée sur ses coudes, balayer l’espace à au moins 180° discretos derrière ses lunettes de soleil. Elodie est class. Drôle et class à la fois. Elle déchire.

    « Tu mates quoi ma cousine ? »

    « Les mouettes, mon cousin, les mouettes… » répond-elle sur un ton très sérieux tout en soulevant ses lunettes, le regard rivé sur un beau sapeur pompier tout en muscles t-shirt blanc, short rouge, lunettes noires de bogoss traversant la plage pile à notre hauteur.

    « C’est ça… prends moi pour un con…»

    « Non, mais t’as vu comment il est gaulé ce type ? »

    « Ah, oui, je vois… »

    La plastique parfaite des sapeurs pompiers de l’Aude : une valeur sure. Quand je pense que encore la veille je couchais avec un « truc » qui ressemble à ça… putain qu’est ce que j’ai eu comme chance…

    C’est là que l’on part dans un de ces délires qui rendront ces vacances si inoubliables pour moi. L’année 2001 n’était même pas à sa moitié et elle m’avait déjà apporté tant de choses… si seulement à ce moment là j’avais su que je n’avais encore, pour ainsi dire, rien vu…

    « Mais t’as vu ce petit cul rebondi ? » enchaîne Elodie. Je n’arrive pas encore à croire que l’on a ce genre de conversations avec ma cousine. Je trouve ça très drôle, drôle et libératoire. Je la seconde, ravi. Ça fait du bien de pouvoir être enfin moi-même. M’assumer. N’avoir rien à cacher.

    « Oui, Elodie, mais je t’avouerai que chez un mec, c’est plutôt le torse qui m’impressionne… le cou, la chute d’épaules, ses biceps »

    « Ouais… aussi, mais ce cul, franchement, t’as pas envie de mordre dedans ? »

    « Et puis, tu sais, Elodie, ton pompier il faut le voir sans lunettes de soleil avant de se prononcer… »

    « Moi un mec avec un cul pareil, je prends le risque »

    « Il faut aussi que le visage aille avec le reste »

    « Je te dis que celui là je couche avec même avec un sac sur la tête » enchaîne-t-elle.

    « J’avoue que le t-shirt lui allait comme un gant » j’admets.

    « Et t’as vu le bas de ses cuisses… ses mollets… on dirait un joueur de rugby de ceux qu’ils ont choisi sur ce nouveau calendrier pour nanas… c’est comment déjà… les Dieux du Stade »

    « Ah, j’ai entendu vaguement parler de ça… »

    « Je me demande comment les responsables du club ont réussi à vendre à ces mecs si… mecs… si… jaloux de leur parties, l’idée de se foutre à poil sur un calendrier… » commente Elodie.

    « En tout cas chapeau » je relance..

    « Oui, chapeau… » elle ajoute « j’espère qu’ils vont en faire un tous les ans »

    « J’espère aussi…» j’ajoute.

     « Et puis… qui a dit que c’est un calendrier pour nanas ? » ajoute ma cousine.

    « Oui, en effet, qui a dit ça ? » je plaisante « personne… ces mecs sont des dispensateurs de bonheur, et à ce titre leur beauté doit être considérée comme un bien public, accessible au plus grand nombre… »

    « Mon cousin, tu prends tes rêves pour des réalités »

    « A croire qu’ils sont choisis sur catalogue… » j’enchaîne.

    « Je me demande… »

    « Ton pompier avait un truc super sexy, ceci dit… »

    « Quoi donc ? »

    « T’as fait gaffe à sa chaînette qu’il portait bien en évidence hors de son t-shirt moulant ? »

    « Ah, oui, ça c’est super sexy… et tout particulièrement quand le mec est en train de… oups» - s’interrompt-t-elle, un brin gênée de se lâcher autant dans le feu de la conversation.

    « De mettre des coups de reins ? » - je relance pour la mettre à l’aise et lui montrer qu’il ne doit pas y avoir de tabou entre nous, surtout pas cet été là.

    « Oui, c’est ça… »

    « Quand elle ondule suivant ses mouvements, pendant qu’il prend son pied ? »

    « Je vois que tu es connaisseur, mon cousin… »

    Je souris. J’enchaîne.

    « Moi ce que je trouve super sexy c’est un t-shirt blanc ajusté sur un beau torse… »

    « Porté tout simplement avec un jean bleu » complète-t-elle.

    J’adore cette sensation : je commence les phrases, elle les finit. On est des esprits jumeaux. Le problème avec ma cousine c’est qu’on aime le même type de mecs. Heureusement qu’elle s’intéresse à des mecs qui me sont inaccessibles. Si on était copines, je pense qu’on ne le resterait pas longtemps.

    « Un mec doit rester simple, simple et masculin » - j’enchaîne.

    « Les cheveux courts, ça c’est sexy »

    « Je suis d’accord, ma cousine… et si en plus il a un tatouage… alors là je craque »

    « Chaînette, tatouage… t’aimerais pas le genre bad boy… mon cousin ? »

    « Oh, oui, un bomec un peu bad boy, ça c’est tout ce que j’aime… tu prends un brun avec un tatouage et une chaînette qui donnent une attitude genre petite frappe, un regard ténébreux… un coté racaillou, un peu sauvage… tout ça en contraste avec les cheveux courts et le t-shirt blanc, qui rappelle le look des militaires, des marines… la discipline… tu vois un peu le genre… on les voit partout dans les séries et les films américains… le contraste entre le coté petit merdeux et le look militaire, je trouve ça viril à se damner… vraiment ça me fait craquer…

    « Je vois très bien ce que tu veux dire… »

    « Et si en plus le gars il a la peau mate, alors là miam miam…»

    « En fait, le genre de mec qui te fait bander c’est… Jérémie… »

    Je ne réponds pas tout de suite. Je suis touché. Elodie s’en rends compte.

    « Pardon Nico ».

    « C’est rien… c’est juste que je n’ai pas trop envie de parler de lui… »

    « T’as raison, on est ici pour s’amuser… fuyons les cons ! »

    « Viens on va se baigner »

    « T’es fou toi, même pas en rêve »

    Je retournerai à l’eau, j’y retournerai tout seul. Cette fois-ci je me baignerai plus longtemps, ma peau et mes muscles s’habituant petit à petit à la température de l’eau. Quand je suis dedans, je ressens un réel effet bien être de l’élément liquide sur la peau, et quand je sors j’adore sentir le vent sur mon corps commencer à me sécher.

    Je nage et sans m’en rendre compte je dérive et je m’éloigne un peu de notre campement. Hasard des courants ou aiguillage automatique de mon système de détection des beaux garçons, inconsciemment aimanté par la beauté masculine, je finis par me retrouver à proximité d’une bande de quatre potes jouant dans l’eau avec un ballon.

    C’est un jeu sans règles, car le ballon est tantôt frappé au pied, parfois renvoyé par des abdos tendus, le coup suivant il atterrit sur les pectoraux d’un beau mec bondissant de l’eau… tous les coups sont permis et parfois le ballon tombe loin, un des mecs s’élance pour le rattraper, il n’y arrive pas, il plonge, se redresse aussitôt sous l’effet d’une puissance musculaire vive, joli petit physique plongeant et émergeant de l’eau, indescriptible expression de la beauté et du charme de la jeunesse masculine… il remet la balle en jeu de ses deux mains, et le pote qui la réceptionne la renvoie à son tour avec un coup de tête…

    Oui, tous les coups sont permis, car ce petit jeu c’est juste un passe temps entre potes, il n’y a pas de compétition, c’est juste de la déconnade avec un ballon, un prétexte pour faire les cons, le plaisir d’être en vacances, de l’être ensemble, d’être dans l’eau, de profiter d’un bon moment entre potes…

    Ils ont tous la vingtaine, des physiques de jeunes mecs plutôt agréables à mater. Parmi eux, il y en a un qui sort nettement du lot et qui attire irrésistiblement mon attention : un petit brun pas très grand mais avec un petit physique harmonieux et bronzé, des abdos clairement dessinés sur la peau mate, deux tétons saillants que j’ai eu immédiatement envie de caresser et de lécher… un petit mec souriant, frais d’une jeunesse débordante, l’air sympathique, sans cesse déconnant avec ses potes au gré des évolutions de la balle…

    Je me fais la réflexion que je suis irrésistiblement attiré par des beaux bruns… et celui-ci est particulièrement sexy… petite chaînette de mec qui va bien… ça c’est sacrement sexy, même Elodie est du même avis… je le regarde tout pris à son jeu, il s’élance pour attraper le ballon, il plonge, il se relève, sa peau dégoulinant d’eau salée, les cheveux trempes… il est beau… je le mate tellement que à un instant je finis par croiser son regard… ce n’est qu’une fraction de seconde, je détourne mes yeux, je ne veux pas l’importuner… je ne veux pas… c’est surtout que je n’ose pas… car en vrai j’aurais bien envie d’aller vers lui… et puis, entouré de tous ses potes, il faut admettre que la situation ne se prête pas à tenter quoique ce soit. C’est bien quand la situation se charge de trouver une excuse imparable à mon incapacité de saisir l’instant.

    Je les regarde pendant un petit moment et je me fais la réflexion que s’il est vrai que ces mecs ont des plastiques inégales et des traits de visage plus ou moins à mon goût, ce qui ont quand même en commun c’est un petit torse en V imberbe, la souplesse de leurs corps, un bronzage sympathique, l’insouciance de leur jeunesse… le fait d’être là, bien entre potes… ils ont tous mon âge ou à peine un peu plus et aucun d’entre eux a l’air de souffrir le martyre à cause d’une histoire d’amour impossible…

    Je les case par défaut dans la catégorie des garçons normaux et je me dis que déjà ça doit être plus simple d’aimer les filles… de plus, j’ai l’impression que cette proximité avec les potes, cette amitié, ce partage, cette communauté d’esprit est une expérience qui les aide à avancer en se sentant appuyés, entourés… c’est peut-être cela qui m’a manqué, et qui me manque toujours, une véritable complicité avec des potes, me sentir partie d’un groupe, d’une meute, d’un tout… me sentir « comme les autres » et non pas une bête rare… je n’ai jamais vécu l’expérience de ces amitiés diffuses qui font que on a l’impression (ou l’illusion) de ne pas être seul, ce qui fait que « Pour ne pas vivre seul on se fait des amis/Et on les réunit quand vient les soirs d'ennui »…

    Certes, le fait de se sentir entouré et soutenu par la présence et la proximité des potes ce n’est peut-être qu’une illusion, car devant tous les grands carrefours de la vie, les épreuves, les choix, on est seuls, toujours seuls… mais à cet age là, plus que à d’autres saisons de la vie, on a besoin de cette illusion pour se sentir bien dans ses baskets, pour se construire. On aura le temps plus tard dans la vie d’admettre ou de choisir d’ignorer le fait que : « Pour ne pas vivre seul/On vit comme ceux qui veulent se donner l'illusion/De ne pas vivre seul ».

    Peut-être que si j’avais été un garçon un peu plus sociable dans mes plus jeunes années, si j’avais su jouer au rugby ou fumer des cigarettes, boire de l’alcool, déconner avec les garçons sans m’en sentir trop souvent impressionné ou, pire, attiré, si je n’avais pas constamment éprouvé cette crainte de me faire jeter, cette peur panique qu’on se moque de moi et qui ne me quittera jamais vraiment, peut-être qu’aujourd’hui je serai plus fort, mieux armé pour faire face aux aléas sentimentaux, que mon besoin d’affection ne serait aussi à vif, que je ne chercherai pas dans l’amour, un substitut si important au vide qui est en moi. Peut-être que si j’étais plus fort, je n’en demanderai pas autant à l’amour… et que, même en tombant amoureux, je saurais me préserver un minimum et non pas me faire happer tête la première et m’exposer à autant de souffrance…

    C’est le ballon tombant à coté de moi et m’éclaboussant d’eau qui me tirera de mes réflexion cosmiques… les quatre potes me regardent… je suis intimidé… je croise le regard du petit brun et je me sens fondre sur place… qu’est ce qu’il est mimi… je suis presque tétanisé et il me faut un instant pour réaliser qu’ils attendent que je leur rende le ballon… je finis pas leur balancer avec mes deux mains, gauche et maladroit comme je suis, je ne vais certainement pas me risquer de me ridiculiser en tentant de la balancer avec les pieds ou la tête…

    C’est le petit brun qui la réceptionne… certes, je n’ai pas visé au hasard, mais le vent m’a un peu aidé… il me regarde, il sourit, il me lance un « Merci », couplé d’un petit clin d’œil… putain de petit charmeur de serpents… je craque… les papillons dans le ventre…

    Une partie de moi a furieusement envie de jouer avec eux, de déconner avec eux, de prendre part à ce moment de bonheur… je suis a deux doigts de leur demander de me joindre à eux… pendant un instant je me vois déjà devenir leur pote, sortir le soir en boite, traîner toute la nuit, avoir une vie normale de mec de 18 ans, quoi… car ma fantaisie travaille et je repense alors à ces beaux mecs que je croise en bande sur la plage, ou le soir se promenant dans Gruissan City avec des beaux t-shirt tendus sur leurs épaules, enveloppant leurs torses, caressant leur biceps, dessinant un arrondi ou une échancrure en V si sexy à la base de leur cous, beaux garçons évoluant loin de moi, inaccessibles…

    Je les imagine sortir le soir, s’amuser entre potes, faire des rencontres en boite, avoir des aventures, vivre à fond leur jeunesse, leurs vacances, tout comme le fait mon beau et con Jérém, tout comme moi je suis incapable de le faire… est-ce que Jérém est lui aussi en vacances quelque part en train de s’amuser avec ses potes et baiser tout ce qui lui passe à portée de queue ?

    Oui, je suis incapable de prendre partie à tout cela… je n’oserai jamais proposer à des inconnus, même pas en vacances, de prendre part à leur jeu… je sais que cela arrive, de nouer des amitiés éphémères en vacances… ça arrive mais pas dans mon monde… ça arrive quand on n’a pas deux mains et deux pieds gauches… quand on sait lancer une balle, quand on sait déconner sur leur longueur d’onde, quand on sait faire la fête, s’amuser, lâcher prise, quand on a quelque chose en commun avec eux, avec leur jeunesse… quand son cœur n’est pas alourdi par le manque d’un beau brun…

    Je sais que c’est peine perdue, que jamais je ne ferai partie d’une meute de garçons de mon âge. Je regarde une dernière fois le magnifique petit brun en train de faire rebondir la balle sur ses abdos finement dessinés… je ne sais pas si je suis plus attiré pas sa beauté exceptionnelle ou par la complicité avec ses potes… c’est un tout qui me charme et qui m’émeut… qui me rend triste à la fois, car j’en suis exclu…

    Je décide de partir, de m’éloigner de cette image de jeunesse insouciante qui me rend si envieux et si triste. Je sors de l’eau et je vais retrouver ma cousine.

    « T’as assez dragué mon cousin ? »

    Rien ne lui échappe. Elle m’énerve.

    « J’ai pas dragué… »

    « On aurait dit un requin tournoyant autour de sa proie avant l’attaque finale »

    « Je pourrais tourner autour jusqu’au réveillon, jamais je n’oserai attaquer »

    « Ils sont bogoss ? »

    « Oui, un en particulier… »

    « En bande c’est impossible »

    « Même s’il avait été tout seul, ça l’aurait été »

    « Hétéro ? »

    « Je pense, je ne sais même pas le voir… »

    « Comment ça, t’as pas un gaydar ? »

    « Un quoi ? »

    « Un gaydar, un gay radar… un radar pour détecter les gays, enfin, cousin… la légende court comme quoi vous vous reconnaissez à coup sûr entre vous »

    « Bah, ce n’est vraiment qu’un légende… en tout cas en ce qui me concerne ça en est une… de toute façon, même si ce petit mec avait ce penchant, il est bien trop beau pour s’intéresser à un type comme moi»

    « Dit le mec qui s’est tapé… oups ». Elle est parfois maladroite ma cousine.

    « Il est beau, mais ça ne vaut mon beau Jérém »

    « Tu as dit ‘mon beau Jérém’… »

    « Oui… parce quoi qu’il arrive, ce mec sera à jamais mon beau Jérém à moi » je lui réponds du tac au tac, au même temps que je sens une vague de larmes monter à mes yeux et s’arrêter juste avant de commencer à couler sur mes joues.

    « Tu es touchant mon cousin »

    « Si tu veux dire que je suis con, tu as parfaitement raison, mais je ne peux rien y faire… »

    Elle me sourit. Je me sens déjà mieux. Elle décide de retourner à ses magazines de gonzesse. Je reste sur ma serviette, en position mi allongée, le dos incliné à 45 degrés, appuyé sur mes coudes, une position qui me fait inévitablement penser à certaines attitudes d’un certain beau brun pendant certaines situations plutôt chaudes… initié par cette image insoutenablement érotique, attisé par la caresse du vent sur mon torse et plus particulièrement sur mes tétons, je sens la trique monter dans mon maillot de bain… je tente de me secouer, je laisse mon regard dériver sur la plage… je suis heureux d’être là, j’essaie de penser à autre chose mais ma trique persiste…

    J’annonce à ma cousine que je vais retourner à l’eau. Elle m’annonce qu’elle compte rester avec ses magazines de gonzesse. Ca m’arrange, je ne veux pas qu’elle voit que je bande. Elle serait capable de se moquer de moi pendant des jours. J’y vais franco, mais je me rends vite compte que l’eau est vraiment fraîche. J’y reste un petit moment, ce qui a un effet radical sur mon érection naissante. Lorsque je ressors un instant plus tard, la bête a bien perdu de son panache. Je souffle. J’ai envie de marcher. Et je suis désormais en condition de le faire.

    Marcher, marcher, marcher seul pendant des heures sur la plage entre sable et eau en cherchant répit à ma tristesse et en me consolant en guettant le bogoss, l’anti-dépresseur naturel par excellence.

    Dans ma recherche ciblée, parcourir la plage, me plonger dans un écosystème à part entière. Partout, au bord de l’eau, voilà en vrac l’artillerie lourde en plastique déployée pour bâtir des châteaux de sable conçus avec grande application par des enfants et des parents fatigués et aussitôt emportés par la mer ; au fil de mes explorations, je tombe sur une voiture de police à moitié ensevelie dans le sable…

    Souvenirs d’enfance, souvenir d’avoir moi aussi possédé un petite voiture de police semblable à celle là, souvenir d’avoir moi aussi fait des châteaux de sable et avoir vu la mer les reprendre aussitôt… avoir longuement travaillé et avoir vu la mer effacer mes efforts… c’est ça qui est dingue, on la voit dès le plus jeune age, on la touche du doigt en étant enfant, devant un château de sable effacé par la mer, cette précarité de toute entreprise humaine, la conscience que tout est éphémère, la preuve en images que rien ne dure; et, comme beaucoup de choses, on l’oublie en grandissant…

    Quand on y pense, c’est bien à cette précarité, à cet état définitivement provisoire que tient le plus grand charme des choses et des gens. C’est dur de l’admettre, mais c’est bien une réalité.

    Marcher sur la plage, croiser parfois une cigale échouée entre le flux et le reflux en train de se noyer; laisser des traces sur le sable que l’eau efface un instant après mon passage, relativiser par moments mes soucis, et l’instant d’après me faire rattraper par la souffrance, la tête qui explose de chagrin face à l’inéluctable, sentir tous les sentiments remonter d’un coup, avec une violence extrême… inutile, impossible de l’ignorer… il me manque, c’est horrible, c’est comme si on m’arrachait le cœur, j’en ai mal dans la poitrine.

    Me poser alors sur le sable, terrassé par la souffrance, le souffle coupé, les larmes au bord des yeux : me poser face à la mer, la regarder fixement ; penser au temps qui passe, à hier encore où l’on venait à la mer en famille, à aujourd’hui où l’on est que tous les deux, Elodie et moi : un an de plus, un autre encore, on devient grands ; le vent sur la peau, regarder longtemps la mer immuable et éternelle, qui était là tellement de temps avant moi et qui le sera bien longtemps après, me sentir petit devant ces immensités, celle de la mer, et celle du temps…

    Sur le bord de la mer de Gruissan, je me suis assis et j'ai pleuré. 

    Sentir ma souffrance sans importance, un petit grain de sable de rien du tout à l’échelle de la mer, de l’Univers, réaliser que tout ce que je peux vivre a si peu d’importance à l’échelle du Tout, que de nos joies, de nos souffrances, l’Univers tout entier s’en moque éperdument… penser que dans cinquante ans, dans cent ans, dans dix mille ans on ne sera plus que poussière et que cette souffrance n’aura plus d’importance, personne n’y pensera plus, personne ne se souviendra de notre passage sur terre comme l’empreinte laissé sur le sable que une vague efface sans pitié… c’est dur de se dire cela, alors que ces petits rien dont l’Univers se moque, c’est bien notre Tout, notre Univers à nous.

    Souffrir autant, à quoi bon ?

    Si seulement ça avait pu se terminer autrement, si seulement j’avais su être à la hauteur… peut-être qu’on baiserait encore et qu’il n’aurait pas été si virulent avec moi…

     

    Vendredi soir, juste après le bac bio.

     

    Une des portes des cabines est ouverte, je croise son regard, on se comprend. Je m’y dirige illico. L’eau du lavabo s’arrête, il m’emboîte le pas. Je rentre dans la cabine, je le sens juste derrière moi, ses baskets touchent les miennes, il est pressé, il me bouscule pour rentrer dans le petit espace et refermer la porte derrière lui. Il fait chaud, très chaud.

    Je n’ai pas le temps de me retourner, j’entends le bruit du tissu qui tombe derrière moi, j’ai juste le temps de voir avec le coin de l’œil qu’il a tombé son short et que sa queue ainsi découverte pointe le zénith… de voir qu’il a fait passer l’avant de son débardeur derrière la tête… le rêve de la veille devient réalité, c’est sexy, terriblement sexy… il me saisit par les épaules, il plaque sa queue contre mon short, il la cale dans ma raie, avec une main il appuie fermement entre mes omoplates pour me faire plier le buste… il soulève mon t-shirt, il plie son buste, la peau de ses abdos est collée contre la peau de mon dos, c’est doux et chaud et extrêmement excitant… il se penche sur moi, sa bouche est à quelques centimètres de mon oreille… je sens son souffle sur mon cou, dans mon oreille :

    « Descends ton froc, je vais te sauter comme une chienne ».

    Ça me rend dingue tout ça… il fait très chaud dans ce petit espace confiné, mais je crois qu’il pourrait faire moins dix que j’aurais chaud, très chaud… j’ai trop envie de lui… je me défais très vite de tous les tissus qui couvrent mes fesses et je me retrouve avec sa queue en contact direct avec ma raie. Son gland la parcourt à plusieurs reprises, et un instant plus tard je reçois deux bons crachats juste entre mes fesses… avec son gland il étale sa salive dans ma raie et sur mon ti trou… sa queue ainsi enduite trouvera bien vite l’entrée de mon anus…

    Son gland force à peine sur ma rondelle et voilà que celle-ci cède, docile, sous la pression de son attribut de mâle. Il est en moi, il m’encule. La sensation du passage de son gland en train de penetrer mon intimité est super excitant. Il commence à me limer sans plus attendre. C’est brutal, ses coups profonds et rapides… il veut jouir vite, on n’a pas vraiment le temps, il faut que l’on quitte les chiottes avant que les épreuves se terminent… soudainement je me surprends à me demander pourquoi a-t-il voulu me baiser dans les chiottes alors qu’on aurait pu aller chez lui comme lundi dernier… est-ce qu’il ne veut en réalité que se soulager les couilles une fois encore vite fait, sans avoir à se coltiner ma tronche de chien battu une fois l’affaire fini ?

    Belle façon de se dire adieu… je n’aurais pas du le suivre ici… qu’est ce que je peux être stupide parfois… une fois de plus il claque des doigts et je suis « à ses pieds »… ou plutôt « à sa queue »… à hauteur de sa queue… en plus je me rends compte que je ne prends vraiment pas mon pied… je n’arrive même pas à bander tellement la situation est humiliante, tellement je suis pris dans l’effort de ne pas tomber à l’avant, tellement ses coups sont violents… je sens qu’une fois de plus Jérém ne se preoccupe que de son plaisir, on dirait vraiment qu’il s’en fout de moi, il veut juste jouir ce petit con… à posteriori, je me dis que j’aurais du partir à ce moment là, dès que j’ai commencé à sentir les premières sensations désagréables, me déboîter de lui avant de me laisser faire plus de mal… mais c’est un truc dont je serais bien incapable… comment oser se déboîter d’un mâle approchant de l’orgasme ???

    A un moment j’ai vraiment mal, je ne suis plus du tout excité, je me dis que je vais attendre que ça passe… hélas, je suis si contrarié par la situation et par son attitude que j’ai envie que tout cela s’arrête très vite, de suite même, je n’ai plus du tout envie qu’il jouisse en moi… la douleur augmente, ça devient presque insupportable…

     

    Le bruit d’un avion qui traverse le ciel tractant avec une banderole de pub se charge de me tirer de mon souvenir déplaisant. Je suis toujours assis sur la plage de la Mateille, face à la mer. J’ai du mal à revivre ce moment, notre dernière baise. Je regarde inlassablement le flux et le reflux de l’eau, et je ressens dans mon cœur des sentiments contradictoires onduler avec la même cadence.

    Sentir d’abord monter en moi la vague déchirante de la culpabilité, le regret d’avoir tout gâché avec ma faiblesse… me dire que oui, si seulement j’avais su être fort, ne pas le saouler avec mon besoin de câlins, ça se serait passé autrement entre nous… me flageller en me disant que tout simplement je lui en ai trop demandé, et j’ai tout perdu… sentir monter en moi ce sentiment, le sentir inonder mon cœur, me prendre à la gorge, m’étouffer…

    Et puis, un instant plus tard, changement de polarité de mes émotions… sentir ma culpabilité se retirer, se dérober de mon cœur comme la vague sur le retour sous mes pieds… me dire alors que mon besoin de tendresse est normal, légitime, que c’est impossible d’avoir une entente sexuelle aussi forte avec quelqu’un sans qu’il y ait autre chose que de la baise… me dire que c’est normal, que j’ai vraiment besoin de cela, que la nuit après l’Esmeralda ça aurait dû arriver plus souvent… oui, j’ai envie de plus que le sexe avec ce mec…

    Me flageller et me consoler sans cesse pour arriver à la conclusion que, dans un cas comme dans l’autre, peut être je ne suis tout simplement pas la personne dont il tombera amoureux…

    Et puis retrouver espoir qu’il puisse éprouver quelque chose pour moi, même s’il ne veut pas l’assumer… tenter de décrypter chacun de ses mots et gestes pour y entrevoir un espoir… penser au sandwich qu’il m’a offert le lundi avant de m’amener chez lui et me dire que c’est gentil, presque émouvant… et un instant plus tard repenser à sa froideur, à la méchanceté avec laquelle il m’a envoyé balader le mercredi quand je lui ai proposé une nouvelle révision ; repenser à la douceur de son regard la nuit de l’Esmeralda et un instant plus tard me sentir révolté, meurtri par la baffe qu’il m’a mis dans la gueule, par les mots durs et blessants qu’il a eu lorsqu’il m’a rattrapé dans les chiottes après mon doigt d’honneur…

    Mais malgré tout cela, au delà de tout, il me manque. A en crever, il me manque. Pourquoi est-il si con ? Qu’a-t-il vécu pour être si incapable de se laisser aller ? Pourtant je sais qu’il en a envie aussi, il me l’a montré, il y a en lui un vrai potentiel de tendresse… qu’est ce qui le bloque ? Une fierté masculine mal placée ?

    Sentir enfin la rage m’envahir, un sentiment d’injustice immense et inéluctable, me sentir impuissant et saturé de colère face à ce gâchis épouvantable qu’est la fin de l’histoire avec mon beau brun… oui, mon beau brun… comment est-il possible qu’il soit devenu si important pour moi alors que lui il en a rien à carrer de moi ? Réaliser que je n’ai été que son vide-couilles et me sentir brûler de l’intérieur… avoir envie de crier, de cogner… me lever presque d’un bond, marcher, marcher et marcher encore pour tenter de me calmer, pour évacuer la rancune… marcher et sentir le vent sur ma peau, le vent, ce putain de vent, qu’il s’appelle d’autan ou de la mer, toujours présent lors des grands moments de mon histoire avec Jérém. Fidèle à lui-même, le voilà se manifester alors que le mot « fin » est en train de s’écrire.

    Je l’aime, il ne m’aime pas. Il n’y a pas de solution. Je suis triste, triste à en crever, je sens les larmes couler sur mes joues et sécher dans le vent… je l’aime, je l’ai aimé, et c’est beau, de toute façon je n’avais pas le choix… je ne regrette rien, car tout ce que j’ai fait je l’ai fait par amour, y compris les erreurs… je voulais juste être bien avec lui… je suis un jeune homme bien trop naïf qui demande beaucoup trop à l’amour et aux hommes, surtout au mauvais homme… je me dis que face à la nature définitivement provisoire de toute chose, il n’y a que l’amour qui compte, tout donner pour tenter d’être bien avec l’être que l’on aime… oui, il n’y a que l’amour qui compte, le seul qui ait du sens, même quand il est fini.

    Pris dans mes pensées, j’ai marché si loin que j’en ai perdu la notion du temps : je n’ai pas de montre, je ne sais pas depuis combien de temps je suis parti ; je regarde la plage et je me rends compte que je suis peut-être plus proche de Narbonne Plage que de Gruissan. Je fais demi tour en me disant qu’il faut que je me dépêche, car Elodie doit commencer à se demander où je suis passé. Je commence à sentir la fatigue s’emparer de mes muscles.

    Lorsque j’arrive enfin au parasol, je la trouve toujours le nez fourré dans ses magazines de pisseuse.

    Je n’ai pas le temps de m’allonger sur la serviette qu’elle me branche.

    « Vas-y raconte… »

    « Tu veux que je te raconte quoi ? »

    « Bah, raconte… il était comment ? »

    « Qui, ça ? »

    « Le mec que tu t’es tapé… quoi d’autre ? »

    « Je ne me suis tapé personne… »

    « Tu me fais marcher »

    « Non, ma cousine… tu sais bien quelle cata je suis de ce coté là comme dans beaucoup d’autres… »

    « Tu déconnes… même pas une petite gâterie ? »

    « Même pas… »

    « T’as fait quoi alors, pendant tout ce temps ? T’es parti au moins trois heures… »

    « J’ai marché sur la plage, j’ai réfléchi… »

    « Arrête de te faire du mal et regarde le paysage masculin… t’aura remarqué que par ici, le bogoss ce n’est pas ce qui manque… et j’en ai même vus qui semblaient plutôt pour toi que pour moi… »

    « Je ne sais pas où tu les as vus, mais moi j’ai rien capté… et quand bien même… les beaux mecs ne s’intéressent pas à un type comme moi… »

    « …dit le petit jeune qui a couché pendant des mois avec le mec, certes, le plus con de la ville, mais presque sûrement le plus canon »

    « Arrête de parler de lui, s’il te plait »

    « Mais enfin Nico … arrête de te pleurer dessus… je te l’ai déjà dit un million de fois, tu es un gars super mignon… il faut juste que tu apprennes à croire en toi… que tu trouves un peu d’assurance… les mecs viendront à toi comme des moustiques sur une ampoule allumée dans la nuit… »

    « C’est ça, fous toi de ma gueule »

    Elle ne répond pas, préférant replonger dans les pages patinées de sa revue que continuer la discussion avec une cause perdue dans mon genre.

    Je décide de m’allonger pour me détendre. Je ferme les yeux me coupant ainsi du monde visuel pour de me concentrer sur d’autres mondes sensoriels. Je me laisse bercer par le « Concerto de la Plage », ce chef d’œuvre estival rythmé par le bruit ininterrompu de la mer, par le balancement incessant des accords du flux et du reflux ; cadencé par celui des cigales stationnés dans la broussaille à l’arrière de la plage ; ponctué par les cris parfois joyeux, souvent capricieux des enfants ; saccagé par les discours le plus souvent sans intérêt des voisins de serviette : le tout modulé par la direction artistique du vent de mer qui caresse la peau et qui susurre bien de choses à mon oreille, et à mon esprit.

    Je me laisse transporter par l’odeur de la crème solaire dont ma cousine s’est largement enduite ; contrairement à moi qui, à cause de la flemme de me badigeonner la peau d’une crème gluante, je risque en permanence le coup de soleil. Même si je n’aime pas trop en mettre sur la peau, l’odeur de la crème solaire a pour moi depuis toujours le parfum des vacances. Le sable est désormais partout, sur les serviettes, sur la peau, dans les maillots : inutile de lutter ; le soleil tape, le vent caresse. C’est la plage. Me détendre peu à peu et me sentir partir dans un petit sommeil.

    Lorsque j’émerge une demi-heure plus tard, un couple s’est installé à quelques mètres de nous. Un gars, une fille : petit couple charmant, ils doivent être ensemble depuis peu, car ils n’arrêtent pas de se faire des papouilles. Le mec est plutôt du genre bogoss, une épaisse chevelure châtain foncé coupée assez courte, un torse plutôt dessiné et bien proportionné… il a l’air gentil garçon, attentionné, il a vraiment l’air amoureux… la beauté du gars m’attire, leur intimité m’intrigue et m’excite… je n’arrive quasiment pas à en détacher les yeux mais il est tellement à sa copine que je n’arrive pas à capter son regard ne serait-ce qu’une seule petite fois… ce qui me laisse de loisir de mater à mon gré et de me laisser aller à imaginer ce beau corps musclé dans l’amour la nuit d’avant… l’imaginer faire l’amour à sa copine et par ricochet repenser à la fois où j’avais surpris Jérém en train de baiser Sarah juste avant une de nos révisions… comme mon beau brun, ce garçon est vraiment trop beau pour être hétéro… c’est sur qu’il l’ont fait la nuit d’avant, peut-être même ce matin ou entre midi et deux… la fille aussi a l’air emballée par le garçon, l’air d’avoir en permanence envie de lui… et je me dis que moi à sa place je ferais l’amour à longueur de temps à un mec pareil, si beau, si gentil, si amoureux…

    Je suis perdu dans mes rêveries et soudainement ma cousine approche la bouche de mon oreille pour y chuchoter, le ton faussement réprobateur  :

    « Qu’est ce que tu regardes, mon cousin ? »

    Moi, du tac au tac, sans même détourner le regard de la scène sensuelle à laquelle j’assiste avec bonheur et excitation : « Les mouettes, ma cousine, les mouettes… »

    « Je me disais bien que l’ornithologie était une science qui pourrait retenir ton attention… »

    « Tout comme que la tienne, si je ne m’abuse » je lui réponds.

    « Tout à fait, tout à fait » - conclut-t-elle, associant un ton de voix ironique à une expression de plus sérieuses, dans un contraste qui me fait esclaffer de rire. Heureusement qu’elle est là. Sans elle je serais en train de pleurer dans ma chambre à St Michel. Grâce à elle je suis sur cette plage en train de mater du bogoss et d’en rigoler avec elle. Vraiment, j’ai de la chance de l’avoir.

    Je continue de les regarder… comment je voudrais qu’il soit là avec moi, comme ce bogoss à coté de cette fille chanceuse, en train de me faire des câlins… je sais que je rêve les yeux ouverts et que je me fais du mal, mais j’ai si envie de sentir ma peau contre la sienne…

    Comment je voudrais qu’un sms arrive, qu’il me demande où je suis, qu’il vienne me rejoindre… dans un élan désespéré, je tire mon portable du sac de plage et je le consulte… hélas l’écran reste inexorablement muet… je sais que ce n’est qu’une illusion, que je prends mes rêves pour des réalités, pourtant je ne peux pas m’empêcher de me sentir déçu et humilié… je me dis qu’après ce qui s’est passé vendredi, il me doit bien un sms…

     

    Le 18 août dernier, l’histoire de Jérém et de Nico a fêté son premier anniversaire. De nombreux épisodes ont été publiés et au moins autant sont en chantier avant le dénouement final. Des épisodes très chauds, parfois bouillants, alterneront des épisodes plus sensuels, introspectifs… Nico n’est pas qu’une machine à baiser et l’histoire avec le beau Jérémie ne sera jamais simple.

    A l’occasion de ce premier anniversaire, je trouve qu’il serait sympathique que ceux qui le veulent puissent partager avec les autres lecteurs le souvenir, le moment, la scène, l’image, la situation, la baise les plus marquants, les plus chauds, les plus emblématiques dans les épisodes publiés jusqu’ici.

    Tous ceux qui laisseront des commentaires avec leur mail, recevront l’épisode suivant en avant-première dès son achèvement.

    Merci pour vos commentaires, les positifs comme les négatifs. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais chaque commentaire participe à faire évoluer l’histoire et à gratifier l’auteur pour son travail. Merci pour l’intérêt que vous portez à cette histoire.

     

     


    38.2 – Gruissan 2

     

     

    Il arrête le moteur, il enlève son t-shirt, et miam miam, il dévoile un petit physique pas trop musclé juste comme il faut… une fois la braguette ouverte, il sort une queue plutôt convenable de son boxer... il bande déjà...

    Je me penche sur son entrejambe et je commence à lui polir le gland pendant qu'il continue de fumer... à un moment je sens sa main se poser sur le cou et exercer une pression pour que j'aille plus loin... aaaaaaaah j'ai trouvé ça... terriblement excitant...

    Sans que je lui demande, sa main glisse sous mon t-shirt pour aller caresser les tétons, et là je suis fou, j’accélère mes allers et venues sur sa queue et je sens que je lui faisais de plus en plus plaisir avec ma bouche...

    C’est pas très glamour, mais je m’arrête un instant pour lui dire "Tu me dis quand ça arrive, tu viens pas dans ma bouche"; il me dit que c'est ok.... putain que c'était bon de sucer ce gars!

     

    Jour après jour, je profite de la plage de Gruissan. Et de la distance de Toulouse. De la distance avec Le Garçon.

    Rester de longues heures sous le parasol qui a du mal à tenir en place sous les assauts du vent de mer… et lorsqu’un jour une rafale particulièrement coriace arrive à l’arracher, se taper un fou rire avec Elodie en lui courant après jusqu’à la mer et en le récupérant juste au bord de l’eau ; passer des heures à bouquiner, se découvrir une belle passion pour la trilogie des Fourmis ; et pendant que ma cousine rôtit au soleil et feuillette ses magazines de gonzesse, repartir à l’eau, retrouver à chaque fois l’intense bonheur d’être bercé par la mer, ressentir si nettement la sensation de liberté et de bien être de mon corps en contact avec l’élément liquide.

    Essayer de regarder les filles, devoir admettre une fois pour toutes que définitivement elles ne m’intéressent pas le moindre du monde… me demander pourquoi est-ce que j’aime les mecs… me dire que ma vie serait tellement plus facile si ce n’était pas le cas… et puis voilà le beau torse et le sourire charmeur d’un bogoss qui me rappelle au présent, à moi-même.

    Et alors me voici reparti à mater les garçons sans répit, m’enivrant de leurs beautés, de ces petits aperçus de leurs vies que j’entrevois parfois au travers de petites scènes ou de simples gestes que je capte au hasard du quotidien de plage, comme en caméra cachée…

    Marcher parfois avec ma cousine, quand elle veut bien se décoller de sa putain de serviette, et en marchant refaire le monde. Alterner déconnade déjantée avec des conversations quasi-philosophiques sur la vie, les gens, leurs relations, l’amour. Parler, de tout, de rien, m’ouvrir à elle comme jamais. Me sentir bien. Me sentir à l’aise. Me sentir « normal », avec elle. Sentir dans ses mots et dans sa façon de me comprendre qu’être pd ce n’est pas une tare.

    Quitter la plage en fin d’après-midi, faire deux courses, rentrer à l’apart se faire à manger, tout est prétexte pour rigoler, un paquet de fusilli qui tombe et explose sur le carrelage de la cuisine et que l’on passera une soirée à ramasser… une pizza oubliée au four… rien n’est grave avec Elodie, tout se prête à déconner, on ne compte plus les fous rires pour un oui ou pour non…

    Partager plein de trucs, des confidences, dans les deux sens, organiser avec elle ce voyage à Londres, mon premier voyage à l’étranger pour aller à la rencontre de Madonna lors de sa dernière date à l’Earls Court  le 12 juillet… acheter mon billet d’avion, mon ticket, réserver ma chambre d’hôtel sur Internet… c’est grisant ce que l’on peut désormais faire avec un clavier et une souris…

    Le soir on sort. Souvent on retourne à la plage regarder le jour s’éteindre sur l’eau… on s’assoit sur le sable, en silence. Devant le spectacle de l’immensité éternelle des éléments,  je laisse vaguer mes pensées… par moments je me sens submergé par la tristesse, par l’angoisse, par les larmes… avoir envie de pleurer, encore… Elodie s’en rend compte, elle a toujours le bon mot pour me remonter le moral, elle me serre dans ses bras, je suis son petit cousin et je le serai à jamais…

    Chaque soir nous allons faire un tour sur le port de Gruissan. Tout lui raconter de mon histoire avec Jérém, même ce que j’avais eu honte de lui raconter avant… sentir sur moi encore et toujours sa bienveillance, me sentir bien. Un soir, je finis par lui parler de Stéphane…

    « Je suis contente pour toi, mon cousin… ce mec a vraiment l’air cool…»

    « Mais il va partir loin… »

    « Le plus important à mon sens que grâce à ce mec tu as enfin compris et testé qu’il n’y a pas que Jérémie comme mec sur Terre… »

    « Oui, mais Jérém je n’arrive pas à me le sortir de la tête… »

    « Tu dois juste te dire que tu es charmant comme tout et que tu mérites un gentil garçon comme toi »

    « Je ne sais même pas comment Stéphane a pu s’intéresser à moi… »

    « Parce que tu es un beau garçon et que tu es quelqu’un de touchant, ça se voit au premier coup d’œil »

    J’ai toujours eu des complexes par rapport à mon physique. Cela était sûrement dû au fait que je me comparais inconsciemment au physiques plutôt musclés des garçons sur lesquels je flashais en général… alors je finissais toujours par me dire qu’à coté d’eux, je n’existais tout simplement pas.

    « Et puis il y a eu Jérém… » amène Elodie.

    « Il ne m’a jamais dit comment il me trouvait » je rétorque.

    « Si un canon comme lui accepte de baiser aussi longtemps avec un mec comme toi c’est que quelque part tu ne dois pas être si moche… » insiste-t-elle.

    « Ou alors tout simplement que je suis à porté de sa queue, bien soumis et docile… ».

    « Mais ensuite il y a eu Stéphane » dévie-t-elle « lui il t’a trouvé à son goût, il te l’a clairement fait comprendre… il te l’as carrément dit… ».

    Elle a souvent des arguments imparables. Elle capte tout ce que je lui raconte, même ce qui se cache entre les lignes ou derrière les mots, même ce que je lui dis pas. Elle a le sens de la synthèse. Et une cohérence d’esprit remarquable. Je l’aime. Je la déteste. Oui, elle a raison, Stéphane m’a trouvé à son goût, autant sous l’aspect physique que dans mon être profond.

    Pendant toute la durée de ces vacances, Elodie n’aura cesse de me faire prendre conscience, en m’obligeant à me regarder attentivement, que vraiment je pouvais plaire. Elle, tout comme Stéphane, semble avoir vu des choses en moi dont j’ignorais jusqu’à là l’existence. Quelque chose de gentil, un coté touchant. Elle m’a même raconté que des amies à elles avaient flashé sur moi.

    Un soir qu’on s’apprête à sortir, on tombe l’un sur l’autre alors qu’elle vient enfin de quitter la salle de bain. Elle me regarde avec tant d’insistance qu’elle finit par me mettre mal à l’aise. Je ne sais pas si elle se moque de moi parce que j’ai un truc de travers ou si elle va juste sortir une connerie des siennes…

    « Quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? » je finis pas lui demander, un brin agacé.

    « Tu sais que t’es vraiment bomec ? » elle a l’air sincère.

    « Tu crois ? »

    Sans tenir compte de mes mots, elle enchaîne :

    « Très joli ton t-shirt noir… ça te va super bien, ça souligne bien ton cou dégagé et ta chute d’épaules… n’en doute plus, mon cousin, tu es bomec… il faut juste arranger ça… » fait-elle en passant une main dans mes cheveux trop sagement coiffés et en m’entraînant dans la salle de bain.

    Elle me cale devant le miroir et s’enduit copieusement les mains de gel fixant : ses doigts s’enfoncent dans ma tignasse et commencent à la trifouiller vigoureusement, longuement mais sans but apparent : en quelques secondes, sous mes yeux d’abord sceptiques, mon désastre capillaire prend une toute autre allure ; lorsqu’elle a terminé, exit la coupe bien sage, je ressemble enfin à quelque chose.

    « Waaaa… le bogoss… » fat-t-elle en me regardant dans le miroir « dommage que t’es mon cousin… »

    Là, je trouve qu’elle en fait trop. Je pense que finalement elle se moque de moi. Je l’ai dit, je suis complexé sur mon physique et donc un brin susceptible sur ce terrain.

    « Arrête de te moquer de moi… »

    « Je ne me moque pas du tout… » enchaîne-t-elle en me mettant une bonne tape, inattendue et bruyante, sur les fesses « mate-moi un peu ce petit cul à croquer… met un bon coup de déo, tu vas emballer ce soir, et crois moi, je ne rigole pas… »

    C’est ce soir là que je me suis senti sexy dans les yeux de ma cousine. Personne ne m’avait jamais fait autant de compliments.

    Je la regarde à mon tour. Elle est class, ma cousine. Bien roulée, bien sapée, maquillée simplement, hyper féminine… pas étonnant que pratiquement chaque soir elle ait des touches… au point qu’on en a fait un jeu entre nous… on s’assoit à a table d’un café, dans un pub, au comptoir d’une boite de nuit. Elle repère un gars qui lui plait, elle accroche son regard tout en simulant avec moi une complicité de couple… quand elle est à peu sure de son coup, elle me demande de partir dix minutes chrono en sortant le portable de ma poche, genre coup de fil urgent… le pari c’est qu’en mon absence elle va arriver à harponner le gars malgré le fait qu’on est censé être ensemble… autant dire que je n’ai pas souvent gagné le pari… si ce n’est jamais…

    Elle a le contact facile, elle est avenante, souriante, les gars sont attirés comme des abeilles sur le miel. Et ce sont souvent des gars plutôt pas mal. Je suis un peu jaloux d’elle. De voir tous ces beaux gars qui ont envie de coucher avec elle… putain, je pouvais en avoir la moitié, ou un seul, qui s’intéresse à moi… il suffit que je parte dix minutes que ça y est, lorsque je reviens je la trouve en train de causer avec le gars qui la matait juste avant… la voilà feindre un instant d’embarras, prendre congé du typé, et me rejoindre pour quitter précipitamment les lieux…

    Sacrée Elodie… oui, elle a des touches pratiquement tous les soirs… mais si elle s’amuse à faire du gringue aux gars, elle ne va jamais plus loin… c’est un jeu entre nous pour rigoler mais elle ne veut pas me laisser seul… du moins jusqu’au soir où elle flashera sur le regard de feu de Daniel, un charmant brun avec une barbe bien dessinée, une jolie chemisette largement ouverte sur un torse en V légèrement velu… une peau mate à faire craquer un saint… je suis encore là et déjà elle le mate sans vergogne…

    « Putain qu’il est beau ce type » me balance-t-elle de point en blanc dans la conversation pendant que je lui parle de tout autre chose.

    « Il te plait vraiment ? »

    « Plus que tous les autres gars que j’ai dragué les autres soirs… »

    « Alors fonce, ma cousine… »

    « Arrête, je vais pas te planter là comme un con »

    « Peut être pas toi, mais moi oui… »

    « Comment ça ? »

    « Je me casse, de toute façon je me rends compte que entre nous c’est fini, tu as flashé sur un autre mec » je lui balance, en me levant de ma chaise et simulant une scène de ménage.

    « Arrête de faire le con, Nico… » rigole-t-elle.

    « Amuse toi bien ma cousine, ce soir tu as permission »

    « Nico… »

    « Il n’y a pas de Nico… »

    « Ok, casse toi en vitesse alors… » elle rigole.

    « Envoie juste un sms pour me dire si tout se passe bien » je lui chuchote à l’oreille avant de partir.

    Je quitte le local en passant juste à coté du beau brun qui a assisté à toute la scène. J’évite de le regarder, je suis trop jaloux d’elle ! En fait je ne suis pas tant jaloux du fait d’avoir des touches auprès de gars plutôt à mon goût… là ou je suis jaloux d’elle c’est que, contrairement à moi, elle ose… certes en étant jolie fille, c’est plus facile d’aller vers les garçons qu’en étant pd… disons que la démarche est moins risquée… mais quand même… j’ai l’impression que même si un mec se jetait sur moi, je trouverais le moyen de douter… il pourrait carrément me faire du rentre dedans que j’aurais envie de fuir… il n’y a que Stéphane qui a su s’y prendre… mais Stéphane avait un allié d’envergure… un allié à quatre pattes…

    Je passe à coté du brun et j’évite de le regarder car en plus il a un truc, ce type, un coté ténébreux… un coté Jérémie T qui me trouble… de toute façon je trouve que tous les bruns charmants et ténébreux ont un coté Jérémie T… laisse tomber… vite dehors, vite marcher dans la fraîcheur de la nuit, marcher pour relâcher la pression, marcher pour chasser la mélancolie que ce soir là me happe si fort dès que je m’éloigne de ma cousine… marcher tout seul autour du port de Gruissan à cette heure tardive, marcher seul sans croiser personne, le vent sur la peau, marcher dans la nuit douce de ce début d’été… m’asseoir sur un banc et me poser tant de questions, des questions que je fuis depuis que je suis avec Elodie, des questions que sa présence arrive à anesthésier mais qui sont toujours là en moi, tapies dans l’ombre de mon cœur et prêtes à ressurgir dès que la solitude leur en donne l’occasion…

    Jérém, où es-tu ? Tu dors avec qui ce soir ? Te reverrais-je un jour ? Pourquoi m’as-tu mis dans ton lit si c’est pour que ça se finisse de cette façon ? En me faisant défoncer sans ménagement dans des chiottes puantes ?

    Me rendre compte qu’au fond j’ai toujours envie de lui et rien que de lui, mais que j’ai envie d’autre chose que ça… j’ai envie de Jérémie avec la douceur d’un Stéphane…

    Me rendre compte que si jusqu’à Stéphane je me suis interdit de vivre des aventures, c’est à cause de cette peur insensée de gâcher notre histoire… me rendre compte que tout ça c’est juste dans ma tête… oui, notre histoire… quelle histoire ? Je suis célibataire je l’ai toujours été, jamais Jérém m’a demandé quoi que ce soit… sauf me montrer un comportement étrangement possessif en revenant de l’Esmé la dernière fois… stop Nico, tu ressasses sans cesse les sentiments contradictoires que t’inspire ce mec…

    Et en ce moment précis, assis seul dans la pénombre sur un banc du port de Gruissan, repenser avec déchirement à la nuit où j’ai tenu Jérém dans mes bras, au petit matin où je me suis réveillé dans ses bras… en avoir le vertige tellement cela me semble loin et presque irréel… et dans un sursaut de survie, telle une bouée à laquelle je m’accroche pour ne pas me noyer, sentir une irrépressible envie de revenir dans le quartier de la Halle aux Grains, me retrouver dans le canapé de Stéphane, dans ses bras, tellement cela me semble enfin possible, à porté de main, beau et réconfortant…

    Je me rends compte que depuis notre rencontre, je n’ai pas eu le temps de réaliser combien ce moment a été intense… dès le lendemain, avec le bac, Jérém est revenu envahir ma vie, mon esprit… le samedi on partait à Gruissan avec Elodie… mais là, dans cet instant de solitude nocturne, je me dis que j’ai vraiment envie de le revoir… plus que Jérém… j’ai plus besoin de tendresse que de baise…

    Regretter de ne pas avoir pris avec moi ce bout de papier avec son 06, j’aurais bien envie d’échanger quelques messages avec lui… repenser avec bonheur à la tendresse qu’il a su me montrer en cette première et unique rencontre… repenser au moment où je me suis retrouvé dans ses bras après la galipette, à cette sensation de bien être, à la chaleur de son corps contre le mien, à ses caresses, ça m’a fait trop de bien… retrouver refuge dans sa gentillesse, dans sa bienveillance… avoir envie de cela… de câlins, me dire que je mérite cela et que ça fait un bien fou que de pouvoir penser que à une heure et demie de route de là ou je suis en ce moment, à dix minutes à pieds de chez moi, il existe un charmant garçon prêt à me donner ce bonheur… quel dommage qu’il soit sur le point de partir si loin… ça fait du bien aussi de savoir que je ne suis pas une bête rare, qu’avec un garçon on peut envisager autre chose que des baises bien chaudes suivies de séparations bien glaciales… savoir qu’il y a des garçons pour qui je peux être autre chose qu’un vide couilles… des garçons avec qui je peux partager plus qu’un lit… des garçons avec qui je pourrais être… en couple…

    Ah, ce Stéphane, rencontre inopinée, furtive mais si marquante… rencontre qui aura été une révélation pour moi… la révélation qu’il faut que j’oublie mon beau brun et que je me donne la chance de rencontrer le garçon qui me rendra heureux. Que je peux rencontrer un garçon et tomber amoureux sans que cela ne me soit reproché… tomber amoureux l’un de l’autre.

    Etre à deux doigts d’appeler maman pour lui demander de me donner le numéro de portable d’un pote que j’ai noté sur une feuille restée sur mon bureau… hélas l’heure est bien trop tardive, elle s’inquiéterait et puis elle poserait plein de questions auxquelles je n’ai vraiment pas envie d’entendre, qu’elles soient verbalisées ou juste laissées sous-entendues dans le ton de sa voix…

    Promettre à moi-même que je lui enverrai un sms dès que je serai à Toulouse… et un instant plus tard, l’élan de ma résolution déjà retombé, me surprendre à craindre la réaction de Stéphane… ne pas savoir quoi écrire… me dire qu’une semaine après notre rencontre, il aura déjà rencontré d’autres garçons avec qui il aura fait bien plus que du touche pipi, me dire qu’à l’heure qu’il est il m’a peut-être déjà oublié…

    Et au milieu de tout ça revoir le visage de Jérémie, son regard touchant et presque tendre pendant qu’il jouit en moi…

    Jérém… Stéphane… Jérém… Stéphane… je suis au milieu d'un croisement de ma vie et je ne sais pas quelle direction prendre…

    Il faudra quinze ans plus tard pour que deux charmants garçons chantent un texte qui exprime assez bien mon état d’âme de ce moment précis :

     

    « Quand les souvenirs s'en mêlent, les larmes me viennent,
    Et le chant des sirènes me replonge en hiver
    Oh mélancolie cruelle, harmonie fluette, euphorie solitaire »

     

    Le matin suivant je me réveille seul dans l’appartement et je me souhaite le bonjour comme je me suis souhaité la bonne nuit : avec une bonne branlette. Elle a le double pouvoir de détendre mon esprit et de me faire replonger dans un dernier petit sommeil matinal. C’est le bip du portable qui me réveillera définitivement. Un sms vient d’arriver. C’est Elodie.

    « Tout va bien, je rentre vers midi, je te rejoins à la plage ».

    Sacrée Elodie… à 15 heures elle est à la Mateille. Lunettes noires cachant la moitié de son visage, elle s’allonge lentement sur la serviette qu’elle vient d’étendre sur le sable. Elle me raconte un peu sa nuit. Je suis heureux pour elle car, sans qu’elle me livre les détails, je comprends qu’elle a kiffé grave… son récit ne fera qu’attiser un peu plus mon sentiment de solitude de la veille, me faisant ainsi ressentir violemment l’envie du contact avec un autre corps, avec la chaleur et la douceur d’une autre peau…

    Non, je n’ai pas tous les détails de sa nuit, mais je devine qu’elle a du faire des folies de son corps car son programme de l’après-midi est encore moins « physique » que l’habituel bronzette-magazines… cet après-midi là, c’est carrément carpette sur la plage… après s’être copieusement badigeonnée de crème solaire, elle s’endors sur sa serviette. Je pars alors à l’eau, je nage un peu, je m’amuse… une demi heure plus tard je me balade sur la plage.

    Je me promène longuement vers l’est, je me balade à la recherche de la paix, à la recherche de moi-même. Je marche tellement que j’arrive à proximité des Ayguades. De loin déjà, j’ai repéré un filet tendu à quelques dizaines de mètres de l’eau autour duquel des mecs sont en train de jouer au beach volley. Je décide de m’approcher un peu, d’autant plus qu’un petit public commence à s’amonceler autour de cette animation impromptue…

    J’avance à grands pas, avide de caresser du regard leurs peaux bronzées, leurs corps de jeunes mecs dans la fleur de l’âge et de la beauté… au fur et à mesure que je m’approche et que j’arrive à mieux distinguer leurs silhouettes et leurs visages, je me fais la réflexion qu’à bien regarder, ils ne sont pas tous canons, certes, mais qu’ils ont tous à mes yeux, à minima, l’attrait de la jeunesse insouciante de leurs 20-25 ans… ils sont en bande, en meute, et chacun possède au moins un truc qui m’attire : ça peut-être un simple regard, un beau visage, un joli sourire, une attitude de mec, une jolie chute d’épaules, une nuance de couleur de peau, une irrésistible vibration de voix dans laquelle se mélange une note encore insouciante à une autre déjà bien virile ; deux fesses bien rebondies moulées par un short de bain ; une façon d’élancer son corps pour atteindre la balle ; un filet de transpiration naissant dans le creux du cou et dégoulinant dans la ligne médiane du torse, me rappelant le souvenir encore vif d’un certain lundi après midi où mon beau brun avait été en nage pendant des ébats plutôt épiques… un mot balancé à un pote, relayé par la bande, une moquerie faisant appel à un épisode récent, vérité ou plaisanterie je ne saurais dire, étant étranger à leur bande, un mot balancé en plaisantant à l’un des mecs et semblant faire allusion à une expérience sexuelle avec une nana levée en boite la nuit précédente… un simple mot offrant au garçon curieux que j’étais un petit aperçu de cette vie, de cette amitié, de cette complicité de mecs qui m’intriguait tant…

    Je les regarde avec une vue d’ensemble, je m’imprègne de la beauté de cette scène de jeux, de vacances, cette image m’offrant en plus de leur beauté individuelle, le supplément de charme de leurs interactions, le nombre et la diversité de leurs charmes de jeunes mecs se mélangeant dans mon esprit et créant une sorte d’aura les enveloppant tous autant qu’ils sont et dégageant une sorte d’attirance globale, diffuse et débordante ; c’est comme dans un magasin, dans une vitrine expo de vêtements ou de beaux objets, à bien regarder on est attiré par l’ensemble sans que cet attrait ne se focalise sur un seul… c’est exactement la même chose pour ces garçons, sur qui, à quelques exceptions près, je ne me retournerais pas forcement en les croisant seuls dans la rue… mais là, en nombre, torse nu, pris dans le même coup d’œil, ils me paraissent à peu près tous désirables…

    Pris dans mes rêveries, je ne me rends pas compte que le jeu s’arrête un instant et que l’un des mecs s’éloigne du filet pendant qu’un autre gars arrive pour le remplacer… lorsque je réalise le manège, je me dis illico que jusqu’à là je n’avais encore rien vu…

    Car c'est là qu'IL était...Quand je l'ai vu, je me suis dit : "tiens, voila Top Gun". Ma mémoire a immédiatement fait appel à un souvenir bien précis, au personnage d’"IceMan", joué par Val Kilmer dans Top Gun et à la fameuse scène du Beach volley… c’était le même mec, avec les lunettes de soleil a la Top Gun justement, les cheveux coupés courts, plus courts que ceux de Kilmer dans le film et non pas coiffés en brosse, mais avec une petite barbe bien taillée en plus. Avec un short de bain bleu dont l’élastique tombait juste au dessous d’une chute de reins spectaculaire… un brun avec la mâchoire carrée comme les mecs que l’on voit dans la pub des parfums, avec des pectoraux et des abdos superbement dessinés, des beaux mollets musclés, légèrement poilus dépassant de son short de bain, témoins d'une activité sportive régulière genre foot ou rugby… un physique à la Jérémie T, quoi…

    Dès que j’ai flashé sur lui, plus personne d’autre n’existait autour… mes jambes se sont immobilisées toutes seules et ce n’est qu’au bout d’un petit moment que j’ai réalisé que j’étais là, planté au milieu de la plage, en train de mater un super bogoss avec la langue pendouillant jusqu’au sol genre personnage dans Allie McBeal…

    Je m’avance un peu à l’écart, je m’assois sur le sable, faisant mine de mater la mer, dans une position stratégiquement conçue pour pouvoir observer le petit match de bogoss.

    Putain de putain de putain qu’il est beau… le genre de mec vers qui je me sens attiré d’une façon viscérale… inévitable… violente… je le regarde et j’ai juste envie de l’avoir en bouche, de l’avoir en moi, de le faire jouir…

    J’ai illico eu envie d’en savoir plus sur sa vie, ce qu’il aime, avec qui il couche, et son petit nom avant tout… j’avais vraiment l’impression de regarder mon beau brun, même si le mec en question était plutôt châtain clair, et je me suis dit que ce mec était tout à fait le genre de mec à s’appeler Mathieu, Romain ou Guillaume ou Florian… un prénom de bogoss… cependant, certainement à cause de la ressemblance d’attitudes masculines, bien que à peine plus âgé que mon ancien camarade de révisions, Jérémie est le premier nom qui m'est venu a l'esprit… tout simplement je trouvais que ça lui allait comme un gant... il avait tout a fait cette bonne petite gueule et attitude du mec qui sait très clairement qu'il est bogoss, et avant même qu'il parle, j'étais sur que c'était ce genre de "p’tit con" qui se la pète... le mec qui a le swag, quoi… Et ça c'est vite confirmé.

    Le petit match de beach volley se poursuivait, je n’avais plus d’yeux que pour lui, je le regardais courir pieds nus sur le sable en admirant la perfection de son anatomie en mouvement.

    La balle touche le sol et c’est à son tour de la remettre en jeu. Evidemment, voilà le mec qui a tout pour lui, le gars qui, en plus d’être beau comme pas permis, il est habile de ses jambes et de ses bras : le voilà s’élancer avec assurance et exécuter un lancer de balle précis et puissant dirigé juste au milieu de camp adverse. Au gré des mouvements de bras des joueurs, la balle rebondit plusieurs fois d’un coté et d’autre du filet et finit par toucher le sable du camp adverse à celui du beau gosse à lunettes noires grâce à un smash asséné par… ce même beau gosse !

    Son équipe garde le service et c’est désormais au tour de l’un des gars de son équipe de remettre la balle en jeu. Et c'est la que j’ai vite compris que ce mec était la "star" du coin... Il se tourne vers le mec qui tenait la balle et commence a se moquer de lui en disant qu'ils ne réussirait pas un aussi beau service que le sien juste avant. Clairement, il était dans le rôle du "kéké" qui veut en mettre plein la vue a ceux qui l'entourent. Je le soupçonne évidemment de l'avoir fait exprès pour se faire remarquer par les nanas assises dans le sable en train d’assister au match et accessoirement de mater du beau torse de mec (à moins que ce ne soit le contraire). Ce dont je pense il ne se doutait pas une seule seconde à ce moment là, c'est que celui qu'il impressionnait vraiment c'était plutôt un jeune pd complètement sous le charme et qui s’imaginait bien lui faire tous les trucs les plus torrides qu'il m'aurait demandé, sans problème !!!

    Toujours est-il que, parmi les mecs su camp adverse, il y en a un qui, semblant résumer l’opinion générale, a commenté : "Ahhhhhh, tiens, Jérémie, toujours à frimer celui-la !!!" Bingo, c'était bien Jérémie son prénom (c'était obligé, il avait la bonne gueule pour ça !!!), et c'était bien le "p’tit con" de la bande qui se la pète...

    Ce qui me faisait littéralement craquer c’était son sourire... pas un sourire "parfait" ultrabright, non, mais ce sourire juste assez lubrique, bien sur de lui, genre "je suis un dieu un pieu", le sourire du mec fier de sa queue et qui veut le faire savoir. P’tit con de p’tit con, va...

    Dans une espèce de réalité virtuelle créée de tout pièce en rêvant les yeux ouverts, je m’imagine avec une certaine excitation à quel point ce petit con sexy doit être fier de sa queue, comment sous les douches après les sport (foot ou rugby, il doit jouer à un truc de ce genre), il doit comparer sa bite à celle des potes… je m’imagine comment il doit être frimeur dans un lit avec une nana, jeune mâle se pavanant de ses attributs, de sa puissance sexuelle… je l’imagine tour à tour, fier de sa queue car bien gâté par la nature ou alors si frimeur justement car pas assez gâté par la nature… je me retrouve à imaginer que un si beau mec en a une petite, ou qu’il bande mou, ou qu’il vient trop vite, il doit complexer pour cela et compenser son malaise par cette attitude de kéké… quoi qu’il en soit, je me dis que je prendrais bien le risque de fouiller dans son short de bain…

    Le pote de Jérémie 2 finit par remettre la balle en jeu avec un service honorable mais moins spectaculaire que celui du petit con frimeur ; le match continue alors jusqu’à que ce soit à nouveau le tour de Jérémie 2 de relancer le jeu. Sous les quolibets des potes de l’équipe adverse, le bogoss s’illustrera dans une nouvelle action menée avec précision et assurance : la balle de service touche direct le sable du coté du camp adverse : c’est la balle de match ; son équipe a gagné.

    Les deux équipes se rejoignent et s’échangent des tapes dans les mains, des accolades, se disent au revoir. L’équipe perdante se prépare à partir. Une partie des nanas se lèvent, les deux groupes vont se séparer. Jérémie 2 claque la bise à chaque mec et à chaque nana.

    Ahhhh, cette complicité, à la limite de l’ambiguïté, dont les hétéros bien dans leurs baskets et dans leur caleçon ne se privent pas et que toujours m’a inspiré et m’inspire tellement d’idées déplacées… sentir une agréable sensation de bien être en les regardant, imaginer le parfum et la douceur de leurs torses nus, certains imberbes, d’autres plus ou moins velus… me sentir attiré par leur… masculinité… c’est ça que j’aime, je ne peux rien y faire… ce sont les garçons qui m’offrent du bonheur, les garçons et rien que les garçons… ma fantaisie très vive fait que, derrière une simple bise que jamais je n’oserai faire à un copain et qu’eux s’autorisent sans vergogne, je me retrouve de suite à imaginer ces mêmes garçons dans des situations plutôt tendres, s’échangeant des bisous passionnes, des caresses… et parfois se laissant aller, pourquoi pas, à des trucs plus torrides…

    Leur gestes entre potes me font penser à la complicité de Thibault et Jérém sur le parking de l’Esméralda, lorsqu’on se dirigeait vers la 205 et que j’imaginais que Thibault serait de la partie pour nos révisions nocturnes…

    En s’éloignant, les gars de l’équipe adverse le saluent, telle la star, en lançant presque d’une seule voix "Au revoir, JEREMIE !!!", et lui de saluer à son tour en se la pétant bien... P’tit con de p’tit con, va...

    Je suis toujours assis sur le sable et je n’ai pas envie de partir. Qu’est ce qu’il me plait ce mec… juste un petit bémol qui n’en est pas un, juste une réserve… j’attends depuis le début qu’il veuille bien ôter ses lunettes de soleil noires… certes des lunettes noires ça fait bogoss… mais parfois le regard qu’il cachent peut être décevant… j’en ai parfois fait l’expérience… alors le doute subsiste dans mon esprit et la curiosité de découvrir ce dernier détail de son anatomie (si on fait abstraction de celui, bien gardé, de ses parties de mec), est à son paroxysme…

    Je le regarde s’allonger sur la serviette, juste à coté d’une nana blonde, une très belle nana si on se réfère aux canons des mecs hétéro… une blonde à la plastique parfaite, une belle pintade… une pintade qui sait ce qu’elle cherche… dès que l’Apollon s’est allongé, elle commence à lui caresser le torse avec juste deux doigts, en insistant bien entre la région au dessous de son cou jusqu’au nombril… sans gêne, elle descend encore plus, jusqu’à la lisière de son short de bain… à un moment j’aurais même juré que les bouts de ses doigts se faufilaient par moments sous l’élastique à la recherche de quelque chose de précis… salope ! Touche pas à cette perfection au masculin ! Le pire c’est que pour être si désinvolte, elle doit en être en manque… et si elle en est en manque, c’est qu’elle y a goûté… putain de gâchis ! Un mec aussi beau avec une grognasse pareil ! Rien que de l’imaginer en elle ça me donne envie de gerber…

    Jérémie 2 se laisse faire pendant un petit moment sans réagir. Je me dis qu’il doit aimer… mais à un moment je suis surpris et soulagé et même heureux de voir sa main à la peau bronzée saisir la main blanche de la blonde, la dégager ; je le vois relever le buste, se mettre en position assise et là… et là… et là voilà, ses deux mains se portent de part et d’autre des lunettes de soleil… ça y est, il finit par les ôter…

    Et là c’est carrément le choc… un regard clair d’une beauté à couper le souffle, des paupières du genre tout légèrement bridés, retombant pour ainsi dire lourdement d’une part et d’autre suivant une ligne oblique, ce qui donnait à son expression un coté détaché, considérant le monde avec un brin de mépris et d’arrogance du haut de sa jeunesse insolente, un éclat un rien sexy…

    Il se lève et il part à l’eau en laissant la blondasse en plan, rapidement rejoint par tous les mecs de son équipe. Les beaux corps de jeunes mecs se jettent dans l’eau et disparaissent partiellement dans les vagues avant de refaire surface… je les regarde nager et faire les cons dans l’eau… c’est beau à en pleurer… ils y restent un petit moment pendant lequel je ne peux pas les quitter des yeux, tellement je suis sous le charme…

    Ils reviennent. Le voilà émerger de l’eau, Jérémie 2, beau comme un Dieu, la peau bronzée dégoulinante d’eau, le torse en V, ses épaules bien bâties, sa gueule d’ange viril… j’en ai des frissons dans le ventre… il avance vers sa serviette et accessoirement dans ma direction, puisque je suis légèrement à l’écart… à un moment non regards se croisent… immédiatement je baisse les yeux… je les relève un instant plus tard… il me regarde toujours… je soutiens son regard, mais pas longtemps… je baisse mes yeux à nouveau mais je sens toujours son regard sur moi… est-ce qu’il est vexé ?

    Ca a été très court, pourtant je crois bien qu’il me regardait… cependant je n’ai su déceler aucune sorte d’expression dans son regard… pas la moindre trace d’un beau sourire, ses traits sont restés immobiles… et je sais déjà par instinct que quand un mec me regarde fixement sans amorcer le moindre sourire c’est qu’il est vexé car je l’ai trop maté…

    Je me dégage de cette situation en partant à l’eau à mon tour sans plus chercher à le mater. J’y reste un petit moment en le cherchant discrètement de loin du regard. C’est moins dangereux. Il a remis ses lunettes noires s’est allongé sur la serviette a coté de la blonde qui semble désormais lui foutre la paix. Ce coup-ci je ne resterai pas longtemps dans l’eau, impatient comme je suis de passer à hauteur de sa serviette, tout en restant au bord de l’eau, pour voir la bête d’un peu plus près… sa serviette est à peu près à dix mètres du bord de l’eau… tous ses potes sont allongés en train de faire bronzer leurs beaux corps au soleil… je me dis que je ne cours aucun risque et que je peux mater à ma guise…

    Je suis pile en train de passer devant sa serviette et de le détailler à fond que, comme si je l’avais appelé ou si je lui avais balancé de l’eau à la figure, il relève le buste, il tourne la tête vers moi, il remonte ses lunettes sur la tête, il plisse les yeux comme pour se foutre de moi… il a même un mouvement du cou vers l’avant… sur le coup je me dis que son attitude ressemble à un reproche silencieux, mais bien musclé et menaçant… je me dis que là il est clairement vexé… je ne sais plus où me mettre… je rattrape mon regard à toute vitesse, je baisse mes yeux, je coupe le contact visuel... l’attitude coupable, humilié, l’air vraiment con…

    J’ai vraiment trop insisté… il a du mal le prendre… je ressens un frisson désagréable dans le dos à l’idée qu’il puisse se lever et venir me chercher des noises… en plus il y a tous ses potes… bon, oki, on est sur une plage bondée de monde, je ne crains pas trop la castagne… mais ça peut quand même mal tourner, ne serait-ce qu’à la honte, à l’humiliation cuisante…

    Et puis, comme un éclair, je ressens une autre impression chatouiller mon esprit… soudainement j’ai l’impression que ce que j’ai vu dans son regard pourrait bien vouloir dire autre chose qu’un reproche sur un ton arrogant et agressif… est-ce que ce Jérémie 2, c’est le genre de petit con bien hétéro bien dans ses baskets, modèle kéké frimeur tellement en demande qu’on lui montre de l’intérêt, qu’on lui montre qu’ils est sexy, qu’on lui montre qu’on s’intéresse à sa sexualité que, de quelque part que ça vienne, fille ou garçon, il en est flatté ? Je me demande… la frime n’engage à rien, mais ça fait du bien à l’ego de p’tit mâle…

    Je me dis que son regard pourrait bien vouloir dire un truc du genre « je t’ai vu, petit pd, tu me mates car je suis super bien gaulé comme mec… t’aimerais bien voir ma queue et te faire défoncer… mais tu ne l’auras pas… mates tant que tu veux mes tablettes de chocolat, elles ne sont pas pour toi… »… c’est une impression que je n’ai pas vraiment le temps de creuser… j’ai détourné mon regard trop vite… mais c’est quand même un ressenti… capable d’aiguiser encore, si besoin était, ma curiosité à son égard…

    Je reviens alors m’asseoir sur la plage, à peu près au même endroit où je m’étais posé pour regarder le match de tout à l’heure… j’attends… je ne sais pas trop quoi, mais j’attends… le buste relevé, les bras enroulés autour des genoux repliés, l’air de rien regarder en particulier, j’attends de voir si nos regards vont à nouveau se croiser… et, dans ce cas, de voir ce que je vais lire dans le sien…

     

     

    38.3 Gruissan 3

     

     

    Je fais une pause, trêve de bêtises, j’évite soigneusement de le regarder, je calme le jeux pour voir venir… je sais, je joue avec le feu… car si jusqu’à là il a pu être flatté par mes attentions, une éventuelle insistance de ma part pourrait être perçue comme un « harcèlement » et inverser la polarité de son état d’âme… de flatté il pourrait devenir agacé… comment savoir ce qui se passe dans la tête de ce genre de jeune mâle au sang chaud bouillant…

    Quand enfin je me décide à y revenir… paf… je me prends une claque en pleine gueule… décidemment, ces jeunes étalons sont à surveiller comme le lait sur le feu… je l’ai perdu de vue quelques secondes et le voilà en train d’embrasser sa pouffe… cette image dégoûtante à mes yeux est cependant sauvée par un petit détail… un détail de taille… pendant que leurs visages sont collés, j’ai l’impression qu’il me regarde du coin de l’œil par-dessus l’épaule de la pétasse… et lorsqu’il se dégage enfin de sa bouche, l’air de regarder dans le vide, il regarde encore et toujours vers moi… il plisse tout doucement les yeux, il remonte la tête… il me nargue ce petit merdeux… il ouvre légèrement les lèvres et il en sort un bout de langue, mouvement très rapide, peut-être inconscient, presque imperceptible mais chargé d’un érotisme brûlant…

    Oui, là c’est sur, Jérémie 2 est le p’tit hétéro sur de lui, qui réalise qu’un mec, sûrement gay, le dévore littéralement des yeux, ce qui fait qu’il est désormais passé en mode « se la jouer et se la péter encore plus », jouant à fond son rôle de « p’tit coq », faisant passer un autre message bien macho, du genre : « regarde, petit pd, regarde ce que c’est un vrai mec… c’est des nanas comme ça que je me tape, car moi j’en une bonne paire entre les jambes ».

    Je le vois s’installer à nouveau en position assise, accoudée… décidemment cette attitude a un effet de dingue sur moi… je bande presque à l’instant… mal à l’aise, la solution qui me parait la plus adaptée est toujours la même… je décide de me baigner.

    Je n’ai pas fait dix brassées que je le vois à son tour approcher de l’eau… il est à une vingtaine de mètres de moi… je ne peux pas m’empêcher de le regarder… je capte son regard… et j’y vois… de l’indifférence… rien de plus…

    Il ne me calcule pratiquement pas… il avance avec puissance et assurance et, une fois l’eau à hauteur de sa taille, il s’élance avec élégance et commence à nager vers le large avec des brassées vigoureuses… je le regarde pendant un petit moment jusqu’à le perdre presque de vue… j’ai envie d’attendre qu’il revienne mais ce petit con semble être parti pour un long moment… je commence à resentir des frissons, j’ai froid… c’est vrai que si mater est un sport à part entière, il chauffe moins les muscles que la natation…

    Je sors de l’eau, frigorifié, et je retrouve ma position sur le sable, mon entrejambe délivrée de son érection. Je ne me suis posé que depuis quelques secondes, je grelotte encore, que je vois le beau Jérémie 2 revenir vers la plage… pile en face de moi… oui, lorsqu’il sort de l’eau, il avance vers moi, il regarde vers moi, j’ai l’impression qu’il va venir me voir… pour quoi faire ? Je suis excité et inquiet à la fois… pourquoi viendrait-t-il me parler ? Il n’a pas de raison de le faire… il y a ses potes, sa copine… mais pendant un instant j’y crois… il avance lentement et à un moment je le vois porter une main sur le devant de short trempé, l’air nonchalant… et là…

    Et là, le mec porte la main sur sa braguette, avec ses doigts il saisit sa quéquette pour la trifouiller brièvement, le geste de la remettre en place… attitude incroyablement érotique à mes yeux, lente et précise, j’ai presque l’impression d’en deviner des proportions plutôt convenables… mon regard est aimanté… toute cette scène ne doit pas prendre plus que deux secondes max mais j’ai l’impression qu’elle dure très longtemps… du coup je cesse de grelotter, j’ai chaud, j’ai chaud, j’ai chaud… la trique me guette à nouveau…

    Lorsque je me décide enfin à quitter sa braguette des yeux… je me rends compte qu’il est en train de me scruter avec un regard me prenant de haut, de très très haut même, un regard rempli de mépris… le message est silencieux mais tellement limpide à mes yeux « tu la veux, mais jamais tu ne l’aura, tu peux en rêver la nuit dans ton lit, te branler en imaginant à ce qu’elle ressemble… t’es qu’un pd, une petite merde qui ne peut rêver de mecs comme moi… et jamais tu n’aura un queue comme celle-ci, jamais… tu entends ? jamais ! »

    J’ai presque envie de le rassurer en lui expliquant que depuis des mois je me tape un mec largement aussi canon que lui, son homonyme qui plus est… un mec dont en plus je suis raide dingue… mais ce serait peine perdue, au pire il ne comprendrait pas, au mieux il n’y croirait pas… je me marre intérieurement… et au même temps je me demande si un mec aussi beau a déjà goûté à l’amour physique avec un garçon, comme mon beau Jérém l’à fait avec moi… je me dis que si ce n’est pas le cas, c’est un effroyable gâchis, un gâchis auquel je pourrais volontiers me dévouer et prendre sur moi pour y remédier… c’est mon coté philanthropique…

    Le gars avance toujours lentement dans ma direction, l’allure conquérante, débordante de puissance. Limite impressionnante. Il n’est plus qu’à cinq mètres, je commence vraiment à croire qu’il va venir me parler… il est à trois mètres… je m’affole, me pensées commencent à bégayer… tout va très vite…avec un geste soudain, il bifurque sur sa droite pour rejoindre sa meute… mais juste avant de changer de direction, il me balance un doigt d’honneur, accompagné d’un sourire insolent, dédaigneux, méprisant, mauvais… pendant que ses lèvres pulpeuses s’ouvrent pour me balancer tout bas :

    « Pauvre type… »…

    C’est la douche froide, glaciale… je me retrouve planté là, abasourdi… humilié… je me sens comme cloué au sol… je le regarde partir, beau comme pas permis, me sentant tellement honteux que j’ai du mal à concevoir de pouvoir bouger, que ce soit dans une minute, dans une heure… dans un jour… jamais… j’ai l’impression d’avoir le visage en feu, l’impression que tout le monde me regarde… j’ai juste envie de disparaître sous le sable… je détourne mon regard de lui, je fixe la mer, le regard vide…

    Quel petit con… frimeur à la con, va… il me montre qu’il aime que je le mate et ensuite il me méprise comme de la merde… j’ai du mal à trouver le courage de bouger, mais je me sens étouffer…

    Je prends une profonde inspiration… la brûlure de sa claque verbale est si forte que j’ai du al à m’en remettre… je fais appel à toutes mes forces pour trouver le courage de me lever et de marcher pour aller retrouver ma cousine… j’ai les jambes en coton, le cœur au fond des tripes… j’avance d’abord lentement, ensuite de plus en plus vite, au fur et à mesure que je m’éloigne du lieu de mon humiliation et que j’approche de ma cousine. J’ai hâte de la retrouver. Il n’y a qu’elle que j’ai envie de voir, il n’y a qu’auprès d’elle que je me sentirai apaisé. Elle va savoir me remonter le moral.

    Elodie est enfin réveillée… je m’allonge à coté d’elle et on discute un peu… ça me fait du bien, ça me détend. Je ne lui parlerai pas de Jérémie 2, déjà que je me sens tellement con sans qu’elle se moque de moi… vraiment il faut que j’apprenne à maîtriser mon regard… mais comment faire quand la beauté d’un garçon m’attire avec cette urgence, cette violence, cette inévitabilité… comment me refuser le plaisir de caresser du regard, faute de mieux évidemment, un beau corps masculin…

    Et si mes deux activités préférés, nager et mater les bogoss, m’épuisent physiquement et moralement, voilà que le fait de discuter avec Elodie m’apaise, comme une caresse de l’esprit. Discuter des heures durant, parler de notre enfance, de notre présent, de notre avenir… parler longtemps et regarder la plage se vider petit à petit… sentir les rayons de soleil faiblir et la caresse du vent se rafraîchir, le soir s’annoncer sur la plage que l’on n’a pas envie de quitter… je vais chercher des pizzas et on reste dîner sur la plage, les doigts trempés dans la sauce tomate en train de regarder le jour d’été mourir sur la mer…

    Parfois vers le soir le ciel se couvre et le vent se fait soudainement plus fort, plus froid… on passe un pull qui traîne toujours au fond du sac de plage et on se blottit l’un contre l’autre. Parfois on discute, parfois on reste tout simplement assis en silence. Moi comme elle, on adore aussi bien le soleil à la plage que le temps couvert, orageux… perso, je trouve que la mer surmontée d’un ciel gris menaçant, agité par le vent qui se déchaîne a quelque chose de beau et de puissant, quelque chose de triste et de mélancolique, semblant exprimer une espèce de rage et de colère des éléments qui semble le reflet parfait de ce que je remue au plus profond de moi-même… le ciel, la mer, le vent, j’ai l’impression qu’ils me comprennent, qu’ils expriment ce que je ressens…

    Le vent, toujours ce vent qui est la bande son de ma vie… je regarde les mouettes se croiser dans le ciel, occupées à lutter de toutes leurs forcer contre sa puissance… c’est une lutte acharnée, j’ai l’impression qu’elles vont s’écraser sur la plage tellement leurs efforts semblent épuisants…

    Ce soir là le temps est gris car le vent a rempli le ciel de nuages… je sens la mélancolie m’envahir violemment… heureusement Elodie est là… tout est prétexte pour une franche rigolade, elle a le don de trouver le coté drôle à chaque chose, à chaque circonstance, elle a compris que son humour me fait partir en fou rire et elle se sert de son pouvoir pour soigner mon esprit… elle me fait rire tout le temps… et dès qu’elle me voit pensif, elle sort une connerie, pile au bon moment… à croire qu’elle les prépare à l’avance, qu’elle les stocke et qu’elle les balance au besoin… sacrée cousine… en ce début d’été elle sera la bouée qui me permettra de ne pas me noyer…

    Le lendemain, le temps sera vraiment maussade, ce qui nous empêchera de faire notre journée plage. La météo annonçant un temps affreux pour les jours à venir, on décide de rentrer à Toulouse. Le soir, le vent et la pluie se calment un peu, et on décide de sortir pour marquer le coup de notre dernier soir à Gruissan.

    Vers 22h30 on s’installe dans un bar pour prendre un dernier coup et on renonce à notre petit jeux du couple libre… on lève l’ancre vers minuit et on décide de refaire un dernier tour sur le port… on se balade depuis quelques minutes quand je vois de loin un mec avancer dans notre direction… de loin déjà sa silhouette ma semblé attirante… short de mec, t-shirt blanc col en V… plus il s’approche plus il me semble mignon… je discute de tout et de rien avec ma cousine qui en plus a le nez plongé dans son portable en train de textoter avec ses copines…

    Trop prise à ses potins, Elodie n’a pas encore du le repérer, mais moi j’ai l’impression que le mec me regarde… qu’il me mate… tout va très vite, on avance, il avance, on est plus qu’à une vingtaine de mètres, il est très mignon, nos regards se croisent, le sien s’illumine d’un petit sourire agrémenté d’un clin d’œil plutôt clair à interpréter… soudainement il s’arrête devant un bateau, j’ai l’impression qu’il attend que j’aille le voir… je sens mes jambes se transformer en coton… mon cœur battre à mille à l’heure, ma respiration s’accélérer, mon souffle se couper… je repère un banc juste a coté et j’invite Elodie à s’y asseoir. Je me pose. Je reprends ma respiration. J’entends toujours le son de la voix de ma cousine mais je ne capte plus ses mots…

    Le gars est toujours immobile. Il me lance plusieurs regards discrets. J’ai vraiment l’impression qu’il en veut après moi, que je lui plais… je ressens la même sensation grisante qu’au contact du regard de Stéphane… je sens des papillons s’animer dans le ventre à l’idée de me sentir désiré, devant l’envie que je lis dans le regard d'un mec… je retrouve illico confiance en moi et j'oublie aussi tôt que le reste du temps je me sens nul et limite repoussant…
    Je ne sais pas encore ce que je vais faire, me lever direct et aller le voir, ou bien demander conseil vite fait à Elodie qui à mon sens encore n’a rien vu… tout se bouscule dans ma tête… les secondes passent vite et je me dit que je n’ai pas le temps… je suis tétanisé, je me dis en guise d’excuse que je ne vais pas oser planter ainsi ma cousine, même si elle l’a fait un soir ; ou alors que c’est le dernier soir, que ce serait une autre histoire sans lendemain ; que j’ai peur de suivre un inconnu, même si je l’ai fait avec Stéphane (mais c’est la faute de Gabin) ; que j’ai une peur bleue des mst… (moi qui ai baisé pendant des mois sans aucune protection avec un serial baiseur qui a couché souvent sans capote avec la moitié des nanas de Toulouse) ; que je ne sais pas comment l’aborder, quoi lui dire pour établir le contact…

    Toujours est-il que les secondes passent… et c’est au moment précis où je me sens décidé à me lever du banc et à le rejoindre sans prévenir ma cousine, quand je réalise cela, que je n’avais pas le temps d’en faire un débriefing avec elle et qu’Elodie ne m’en voudrait pas que je me jette à l’eau, le mec se remet à marcher… à ce moment là il aurait suffi que j’hâte un brin le pas pour le rejoindre mais je suis déstabilisé et je perds à nouveau tous mes moyens…

    Je le vois s’approcher d’une 206 noire garée quelques mètres plus loin, ouvrir la porte et s’y engouffrer dedans. Je regarde impuissant et déçu les phares s’allumer, la voiture démarrer, et un instant plus tard le regard du mec balancé à travers le pare-brise en passant à coté de nous…

    Me voyant me lever soudainement et entendant un « fait chier » sortant involontairement de ma bouche et venant du fond du cœur, Elodie lève les yeux de son portable et se retourne, pile au moment où la voiture passe à coté de nous, pile à temps pour capter le regard du mec…

    « Il t’a maté, non, mon cousin ? »

    « Oui… »

    « C’est le gars qui était là, non ? »

    Putain, elle a les yeux partout celle là.

    « Oui, c’est ça… »

    « Il te plaisait ? »

    « Oui… »

    « Alors pourquoi tu n’as pas été le voir ? »

    « Parce que… parce que… »

    J’hésite à lui parler des excuses bidons qui m’ont empêché de quitter le banc et d’aller lui dire un simple « salut », ce qui me semble à cet instant précis la seule chose sensée à faire, si simple à faire, n’engageant à pas grand-chose et pouvant amener à une belle rencontre, maintenant que l’occasion est passé et que, la frustration remplaçant l’excitation, tout semble enfin simple dans ma tête…

    « … parce que je suis trop con… »

    « J’ai vu qu’il te matait… »

    « Mais putain… comment t’as fait… tu étais en train d’écrire des sms »

    « Je suis une nana… »

    « Oui, j’oublie toujours que vous êtes multi-tâches…» je plaisante pour tenter de chasser la frustration qui m’arrache les tripes.

    « Je crois bien qu’il était partant… à voir comme il te regardait… » elle enfonce le couteau dans la plaie. Je trouve que c’est cruel de sa part. Alors qu’elle a tout simplement raison.

    « En plus, il me faisait trop envie ce mec…»

    « Il était beau, c’est vrai… »

    « Comment on peut être aussi con? » j’ai envie de me cogner tout seul. Je me sens maso. Limite Dobbie-méchant-Dobbie-va-encore-devoir-se-coincer-les-doigts-dans-la-porte-du-four…

    « Tu n’es pas con mon cousin… tu es tout simplement tétanisé de peur à l’idée de te lancer, d’oser… »

    « Je ne vais jamais y arriver »

    « Oh, que oui, tu vas y arriver… ce soir tu iras te coucher avec la frustration d’avoir laissé passer une occasion de t’amuser… et crois-moi, je pense que cette occasion manquée te marquera longtemps ».

    Elle ne croyait pas si bien dire. Parfois, encore aujourd’hui, le souvenir de ce raté, comme celle avec le débardeur blanc au KL, ou des nombreux ratés que j’aurai tout au long de la relation avec mon beau brun vient parfois hanter mes nuits.

     

    Je m’approche de la 206 noire qui a déjà le moteur allumé... il me voit approcher coté porte passager et il baisse la vitre… il me dit de rentrer dans la voiture... il est en train de fumer...

    J’ouvre la porte et je m’installe sur le siège.

    « Salut » je lui lance.

    « T’as envie de quoi ? » il me répond. Il a une bonne petite gueule de mec et en plus il a une voix virile…

    « Je m'adapte... »

    Silence un brin lourd : je suis vraiment maladroit.

    « Tu me suces? » il me lance.

    « Tout ce que tu veux bomec... »

    « On va trouver un endroit tranquille »

    Il enclenche la marche arrière et on sort de Gruissan direction les étangs. Le gars n’est pas très causant mais pendant le trajet, j'arrive quand même à lui faire dire qu'il a 23ans... Il l’air de connaître les lieux… il repère un petit chemin et s’y gare à coup sur.

    Il arrête le moteur, enlève son t-shirt, et miam miam, il dévoile un petit physique pas trop musclé juste comme il faut… une fois la braguette ouverte, il sort une queue plutôt convenable de son boxer... il bande déjà...

    Je me penche sur son entrejambes et je commence à lui polir le gland pendant qu'il continue de fumer... à un moment je sens sa main se poser sur le cou et exercer une pression pour que j'aille plus loin... aaaaaaaah j'ai trouvé ça... terriblement excitant....

    Sans que je lui demande, sa main glisse sous mon t-shirt pour aller caresser les tétons, et là je suis fou, j’accélère mes aller-et-venues sur sa queue et je sens que je lui faisais de plus en plus plaisir avec ma bouche...

    C’est pas très glamour, mais je m’arrête un instant pour lui dire "Tu me dis quand ça arrive, tu viens pas dans ma bouche"; il me dit que c'est ok.... putain que c'était bon de sucer ce gars!

    Je suis tellement pris à l'affaire qu’à un moment ma main glisse et j'appuie sur le klaxon... je te dis pas la honte... il rigole... sacré charmant!

    Je descends vers ses couilles, à la recherche de cet endroit magique que j’aime tant.... putain que j'aime sentir cet endroit, j'ai bien léché ses couilles pendant qu'il se branlait, j'ai fini par l'entendre jouir, le bonheur, quoi; quand j'ai levé la tête, son torse était tout trempé...

    J'ai une de ces envies d'y aller avec ma langue et de nettoyer tout ça, surtout que je n'ai pas joui... hélas ou heureusement, je suis un mec trop raisonnable et je sais que cela ça n'est pas envisageable avec un inconnu, si beau soit-t-il...

    Pendant qu'il s'essuie avec un mouchoir qu’il a sorti de sa poche, la porte de son coté s’ouvre à l’improviste… le mec se fait brutalement arracher de son siège… dans la pénombre je reconnais Jérém… putain, mais qu’est ce qu’il fait là…

    La radio se met brutalement en route, annonçant les infos du matin… je ne comprends plus rien, du moins jusqu’à que j’ouvre les yeux et que je me rende compte que mon rêve a été interrompu par le radio-réveil de 10h00… sacré rêve… rêve grâce à qui je vis une expérience ratée avec le beau gosse sur le port, rêve qui me ramène à Jérém, à la façon dont je voudrais qu’il pense à moi… rêve dont mes draps s’en souviennent… 

     

    Le lendemain, sur le coup de 14 heures, la voiture est chargée. On va retrouver Toulouse. On quitte le parking de la résidence et on traverse Gruissan direction l’A9. Il y a un peu de circulation, le mauvais temps a dû provoquer d’autres départs. On s’arrête à un premier feu, puis à un deuxième. C’est là qu’IL était. A nouveau. Jérémie 2. En train de traverser le passage piéton deux voitures devant nous… beau comme un Dieu, avec sa coiffure de bogoss et son t-shirt noir… je n’arrive pas à y croire, je regarde mieux et oui, c’est bien lui, accompagné par ses potes du match de beach volley. Ils ont tous des sacs de plage, comme quoi le temps maussade a de quoi décourager du monde d’aller à la rencontre de la mer, mais pas des bogoss bien vigoureux… l’un d’entre eux tient un ballon de volley sous le bras, voilà à quoi ils vont occuper une partie de leur après-midi… soudainement j’ai envie de rester, de les suivre… d’assister à ce nouveau match… j’ai honte en repensant à son regard noir, à son geste et à ses mots blessant lorsqu’il est passé à coté de moi… j’en ressens encore les frisson, un malaise très désagreable dans le ventre…

    Le dernier pote vient de quitter le passage piéton que le feu passe au vert. Je les regarde s’éloigner direction la plage, Jérémie 2 en tête de file, la fière allure du meneur… waaaaaahhhh qu’il me plait ce petit con… un vrai Jérémie… un autre petit merdeux à gifler par qui je me sens si violemment attiré que je pourrais accepter presque n’importe quoi de lui…

    Hélas, nos destins ne se sont croisés que l’espace d’un match de beach volley, de quelques échanges de regards plutôt ambigus…  sur une déclaration de mépris… dommage… j’aurais tellement voulu en savoir un peu plus sur ta vie, sur ce que tu aimes, te voir prendre ton pied, voir ta jolie petite gueule en train d’afficher un orgasme qui secouerait ton beau physique… j’ai croisé ta beauté que pendant un court moment, mais elle m’a donné une émotion incroyable… je ne te reverrai jamais, alors au revoir Jérémie 2, prends soin de toi…

    Oui, au revoir Jérémie 2, et au revoir aussi le petit brun qui jouait avec une balle dans l’eau avec ses potes… au revoir le mec sur la serviette à coté de sa copine le premier jour… au revoir le mec sur le port croisé hier soir et que, même après trois branlettes entre hier soir et ce matin pour tenter de me libérer l’esprit, je regrette toujours de ne pas avoir su approcher, alors que c’était tout cuit… au revoir le rêve matinal qui me fait bander encore rien que d’y penser… au revoir à tous les mecs m’ont offert une émotions visuelle et sensuelle… qu’y a-t-il de plus extraordinaire à regarder qu’un beau mec… ? J’aime tellement le spectacle de la beauté masculine, ressentir cette émotion esthétique et sensuelle accompagnée d’une frustration terrible qui fait partie du lot… au revoir les beaux mecs de Gruissan, dont je n’ai pas assez profité…

    Lorsque on rentre sur l’autoroute, le temps est carrément à la pluie. Je vois le panneau Toulouse… ça y est on approche de ma ville… ma cousine occupée à la conduite, une chanson de Michael Berger diffusée par Nostalgie… je repense inévitablement à Jérém… au fait que je n’ai pas eu de ses nouvelles pendant une semaine…

    Je sens un étrange sentiment de calme m’envahir, pendant un instant j’ai l’impression que je vais amorcer mon deuil… hélas, au fur et à mesure que l’on s’approche de Toulouse et du moment que je vais m’éloigner d’Elodie, je me sens de plus en plus envahi par le désespoir, la nostalgie, la tristesse, la solitude… je me rends compte que ce sentiment de sécurité n’est qu’une illusion, qu’il ne tient qu’à la présence de ma cousine à mes cotés…

    Il me manque toujours… jamais depuis qu’on a couché ensemble, je ne suis resté aussi longtemps sans le voir… oui, on avait voulu faire des vacances « loin de Jérém »… loin des yeux, jamais du cœur… chaque soir je me serai branlé en pensant à lui… et maintenant qu’on se rapproche dangereusement de Toulouse, je me pose la question… vais-je le croiser ? J’appréhende un max… D’une pensée à l’autre, je remonte au dernier souvenir de Jérém, vieux de dix jours… dur, douloureux, humiliant…

     

    Vendredi, après le bac bio.

     

    A un moment j’ai vraiment mal, je ne suis plus du tout excité, je me dis que je vais attendre que ça passe… hélas, je suis si contrarié par la situation et pas son attitude que j’ai envie que tout cela s’arrête très vite, de suite même, je n’ai plus du tout envie qu’il jouisse en moi… la douleur augmente, ça devient presque insupportable… je sais qu’il est en train de chercher de jouir le plus vite possible, mais moi j’ai vraiment mal, je frissonne, j’ai un gémissement de douleur. Il s’en rends compte et il me balance :

    « Attends, je viens… »

    Il continue de me baiser, sans répit. Je sais qu’il ne me lâchera pas tant qu’il n’aura pas joui. Oui, il n’y a vraiment que son plaisir à lui qui compte. Il a décidé qu’il allait jouir dans mon cul et il jouira dans mon cul. Je serre les dents pour essayer de maîtriser la douleur qui meurtrit mes entrailles et qui se propage dans tout mon corps… tous mes poils sont hérissés, des frissons parcourent ma peau, mais ils ne sont pas du tout agréables…

    Ses coups de bassin se font plus lents et plus amples… je sais que c’est le signal que ça approche… il va encore gagner, faire de moi ce qu’il veut… encore quelques coups et j’entends le râle étouffé de sa jouissance de mec sortir de sa bouche, je sens les derniers coups des reins cadencés au rythme de ses éjaculations… il vient tout juste de me remplir de cul et déjà il se retire de moi… j’en ai les larmes aux yeux tellement c’était douloureux, j’en ai les larmes aux yeux tellement j’ai mal, tellement je me sens humilié, tellement la chute est vertigineuse entre les sensations de samedi dernier et la dégradation de cet instant…

    Jérém a fini son affaire et je l’entends remonter son froc, je capte avec la queue de l’œil le geste avec lequel il remet en place son beau débardeur chocolat. Son corps me bouscule pour que le battant s’ouvre un minimum pour lui permettre de se tirer, je me sens partir vers l’avant et je me rattrape comme je peux à la faïence pour ne pas tomber… petit con… enfin non… sale gros con, oui…

    Il arrive à ouvrir la porte assez pour sortir… voilà il se casse me laissant là, rempli de son jus, sali de son jus, mon ti trou en feu, le ventre tout remue par une douleur qui ne s’éteint pas…

    Dix minutes plus tard, je rentre chez moi en chancelant. Je sens sa semence suinter de mon ti trou et imprégner mon boxer… Je trouverai le trajet très long, à chaque pas ma douleur physique se combinant avec ma douleur morale lui donnant une ampleur insoutenable… je suis obligé de me poser deux fois pour reprendre mon souffle et pour chialer. J’essaie de le cacher mais certains passants me dévisagent, interloqués.

    Je reprends mon chemin et une fois à la maison, j’apprécie le fait que personne ne soit encore rentré… ça me laisse le loisir de chialer autant que je veux, de prendre la plus longue douche brûlante que je n’ai jamais prise et de nettoyer mon boxer de toutes les traces de ce dernier passage en force du gourdin de mon beau brun dans mon intimité…

    Je m’allonge sur le lit, nu et j’essaie de me détendre. La douche chaude a eu le pouvoir de détendre mes muscles, je sens la douleur physique s’apaiser petit à petit. Hélas, il est des douleurs de l’esprit, comme l’humiliation de la part de la personne aimée, qui ont davantage de mal à disparaître que toute douleur physique.

     

    Je passe les deux mains sur le visage et je secoue la tête comme pour me débarrasser de ce souvenir douloureux… le seul truc que je n’ai pas raconté à ma cousine… je regarde la pluie tomber, triste comme je le suis…

    On arrive au péage à Toulouse et la pluie s’arrête de tomber. Des lames de lumière transpercent obliquement les nuages et semblent s’enfoncer dans le sol. Je ressens en moi un soudain regain d’espoir…

    A quoi bon souffrir autant pour un mec pour qui je ne suis rien de plus qu’un jouet pour s’amuser ? A quoi bon rater des occasions pour prendre du bon temps ? La vie est si courte, et à aucun moment on ne peut se permettre de rater quoi que ce soit… je n’aurais pas du me laisser faire… j’espère vraiment ne plus jamais le croiser. Je vais envoyer un sms à Stéphane dès mon retour à la maison.


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