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    Lorsque nous arrivons à la pension pour chevaux, nous retrouvons Charlène à l’écurie. Elle est en train de nettoyer un box.

    « Ah, vous êtes déjà là ? » elle nous lance, en nous voyant arriver, tout en continuant à charger du fumier dans une brouette.

    « Ça c’est de l’accueil, on se sent vraiment bien reçus ! » se marre mon bobrun.

    « Je suis à la bourre ce matin… » elle nous explique, entre deux éclats de ce rire franc et sonore qui est le sien et qui a gardé quelque chose d’enfantin.

    Elle pose sa fourche et vient nous faire la bise.

    « Mais il est quelle heure, au fait ? ».

    « Il est près de 9 heures » fait Jérém.

    « Ah ! Les autres ne vont pas tarder à arriver. Et moi j’ai encore deux box à faire ».

    « Je t’aide ? » propose direct Jérém.

    « Tu serais un ange ».

    « Tu sais bien que j’en suis un ».

    « Il faut le dire vite ».

    « Vieille peau ! ».

    « Petit con ! ».

    Sans attendre, le bogoss attrape une deuxième fourche, il rentre dans le box juste à côté et commence à sortir le fumier dans le couloir.

    « Je peux faire quelque chose moi aussi ? ».

    « Tu peux attraper la brouette de Charlène et aller la vider sur le tas derrière l’écurie. Ça lui évitera des efforts. Mamie doit ménager ses vieux os si elle veut faire la balade » fait Jérém, taquin.

    « Eh, je t’ai entendu, petit morveux ! Mamie est encore capable de te mettre une bonne raclée ! ».

    « Je cours plus vite que toi ».

    « Je t’en foutrais ».

    « Moi aussi je t’aime ».

    « C’est ça… ».

    J’adore leurs taquineries incessantes. Je ressens de la part de Charlène une profonde bienveillance et un amour presque maternel à l’égard de mon bel étalon brun, tout comme j’ai l’impression de percevoir de la part de ce dernier une très forte affection, couplée d’un profond respect à l’égard de celle qu’il vient de traiter de « mamie ». Il y a entre eux un rapport qui est à la fois celui d’une mère et d’un enfant, mais avec la parfaite complicité de deux potes.

    Je ramène plusieurs brouettes de fumier sur le grand tas à l’arrière de l’écurie. Au départ, les relents me piquent les narines. Mais je me fais assez vite aux odeurs de la campagne, de la nature, de la vie. Aussi, tout paraît beau, lorsqu’on est amoureux et que le gars qu’on aime est à quelques mètres de vous.

    Le temps que Charlène termine son box, le bobrun a vidé les deux autres.

    « Ah oui, en effet… » fait Charlène, en nage et avec le souffle coupé « et t’as même pas l’air d’avoir forcé. C’est clair que ça, ça t’autorise à me traiter de vieille, oui… »

    « C’est toi qui m’as tout appris. Et puis je suis fatigué à mort » fait le bogoss en feignant de devoir s’appuyer au mur pour ne pas tomber.

    « J’adore quand tu mens pour me faire plaisir ».

    « Au fait, tu aurais des boots en rabe à prêter à Nico ? ».

    « Je vais voir ce que je peux trouver. Allez, je vais aller faire couler le café ».

    « J’en fume une et j’arrive ».

    « Tu devrais arrêter ta connerie de clope ».

    « J’essaie » fait-il en indiquant le patch sur son biceps.

    « Tu ne dois pas essayer, tu dois réussir, je sais que tu en es capable ».

    « Je te promets que je vais arrêter ».

    Définitivement, Charlène, a beaucoup d’emprise sur mon Jérém. Certes, le bogoss se permet de la taquiner : mais lorsque la discussion devient sérieuse, il ne la ramène pas longtemps. Face à Charlène, l’étalon Jérém redevient poulain tout doux.

    Jérém vient de finir sa cigarette, lorsqu’un quatre-quatre traînant un gros van rentre dans la cour du centre équestre.

    Un homme d’une soixantaine d’année, avec une barbe poivre et sel, ainsi qu’une femme, dans la même tranche d’âge, toute menue et très stylée, viennent à notre rencontre.

    « Bonjour Jérémie, comment tu vas ? » fait le monsieur, tout en serrant mon bobrun très fort contre lui et en lui claquant la bise.

    « Je vais bien. Et vous deux ? ».

    « Ça va, ça va. Ça fait plaisir de te revoir ».

    « Moi aussi, ça me fait plaisir ».

    « Tu nous as manqué ».

    « Vous aussi. J’aurais voulu venir plus souvent ».

    « Mais il y avait le tournoi de rugby » fait le monsieur.

    « Oui, c’est ça ».

    « Que t’as gagné ».

    « Oui ».

    « Il ne devait pas y avoir que le rugby qui le retenait à Toulouse. Il devait y avoir aussi des nanas » se marre la petite dame.

    « Aussi… » fait Jérém.

    « Au fait, félicitations pour ton recrutement parisien » fait le monsieur.

    « Merci ».

    « Tu nous as fait peur avec ton accident » fait la petite dame avec une voix de petite fille.

    « Je suis là » fait le bobrun, sur un ton rassurant.

    « Tu fais gaffe à l’avenir, promis ? » fait le monsieur, en mettant une tape affectueuse dans le dos de mon bobrun.

    « Oui promis. Au fait, voici Nico, un camarade du lycée. Voici Jean-Paul et Carine ».

    « Enchanté, Nico ! » fait le charmant monsieur, en prenant ma main entre les deux siennes.

    « Nico va monter à cheval avec nous aujourd’hui ».

    « Tu montes à cheval ? » fait la petite dame, l’air étonné.

    « C’est la première fois… ».

    « C’est bien, il faut oser se lancer » fait Jean-Paul « allez, nous allons débarquer les chevaux ».

    « Ce sont des gens adorables » me lance discrètement Jérém dès que le couple s’est éloigné de quelques pas « ce mec est un véritable philosophe, il connaît tout. Tu passes une soirée à discuter avec lui, et t’as l’impression que tout est plus clair. Et en plus, il est drôle. Elle aussi peut être très drôle. Elle a son petit caractère Si elle n’est pas d’accord avec toi, elle ne lâche rien, elle te retourne comme une crêpe. Mais elle fait un flan d’enfer. J’espère qu’elle en a prévu pour la soirée… ».

    « Quelle soirée ? ».

    « Ah… je t’ai pas dit… ».

    « Non… ».

    « Ce soir, après la balade, on mange tous ensemble au relais de l’asso ».

    « Ah… ».

    « T’inquiète, tout va bien se passer, il n’y a que des gens sympa ».

    Et ce disant, Jérém m’entraîne dans l’un des box et m’embrasse. Des frissons parcourent mon corps, alors que des hennissements, des voix et des bruits de sabots me rappellent à chaque instant que les nouveaux arrivants ne sont qu’à quelques mètres de nous, en train de sortir leurs montures du van.

    Un nouveau bruit de moteur nous signale que d’autres cavaliers et d’autres chevaux arrivent.

    « Allez, on va chercher les chevaux » fait Jérém, en décollant ses lèvres des miennes.

    Nous sortons de l’écurie, et nous allons dire bonjour aux deux nouveaux cavaliers arrivants.

    « Arielle et Nadine… Nico… ».

    Arielle est une dame d’une cinquantaine d’année, à la voix fine et douce. Nadine, est une petite blonde qui ne doit pas avoir la trentaine, avec des cheveux très courts et un rire tonitruant et contagieux.

    Jérém refait les présentations. Une fois de plus, on me félicite de débuter à cheval.

    Charlène vient de réapparaitre et s’empresse de dire bonjour à tout le monde. Elle me tend une paire de vieux boots que je passe à la place de mes baskets.

    Jérém attrape deux licols et nous nous acheminons vers les prés. Nous longeons les paddocks, lorsque mon bobrun s’arrête soudainement devant un pré au milieu duquel un cheval miniature est en train de paître.

    « Bille ! Bille ! Bille ! » il l’appelle « Viens ma puce… allez, viens… ».

    Le cheval miniature, qui porte bien son petit nom, car ses trois dimensions, hauteur, longueur et largeur sont sensiblement équivalentes, lève enfin la tête des touffes d’herbe qu’il est en train de brouter, il met en route ses courtes jambes et rejoint au (petit) galop l’entrée du paddock.

    Jérém passe entre les fils qui ne sont visiblement pas électrifiés et commence à caresser la crinière de la petite bête. Un sourire enfantin illumine son regard, c’est beau à voir. L’animal semble tout particulièrement apprécier la présence et les attentions de mon bobrun.

    « Et alors, tu ne me reconnaissais plus ? Tu as vraiment grossi. Il faut te mettre au régime ».

    « Apparemment, vous vous connaissez ».

    « Oh, que oui. Elle, c’est Bille ».

    « C’est un cheval miniature ? ».

    « Oui, c’est un shetland. C’est le premier cheval sur lequel je suis monté, quand j’étais gosse ».

    Lorsque j’essaie d’imaginer mon bel étalon, alors qu’il n’était qu’un petit poulain, sur le dos de ce cheval miniature, je ressens un puissant frisson d’émotion.

    C’est bon de lui découvrir, devant ce cheval miniature, ce regard pétillant, comme celui d’un gosse, un regard qui me permet de déceler une sorte de nostalgie de son enfance, comme une petite fragilité, mais qui n’est pas pour autant une faiblesse. Au contraire, le fait qu’il soit prêt à montrer et assumer cette fragilité, c’est précisément ce qui me fait fondre, et qui me fait dire : mon Jérém est vraiment en train de devenir un homme.

    J’ai une envie folle de le serrer très fort contre moi et de le couvrir de bisous : hélas, nous sommes à découvert, et on pourrait nous voir.

    Ce matin, Unico et Tequila sont rassemblés dans le même pré. Ils nous ont vus arriver de loin et ils semblent nous attendre de pied ferme, alignés le long du fil de clôture. Ils ont l’air de trépigner d’impatience, leurs hennissements s’enchaînent sans discontinuer, comme s’ils étaient prêts à se battre pour partir en balade avec leur propriétaire.

    Jérém me tend un licol et nous rentrons dans le paddock. Je le regarde passer le sien à Unico et j’essaie d’en faire de même avec Tequila. Premier contact avec la masse imposante, avec la puissance de l’animal, c’est impressionnant : avec cette masse, avec cette puissance, ils pourraient nous assommer s’ils le voulaient. Cela rend humble.

    Je m’y prends comme un pied, je n’arrive pas à boucler la sangle autour du museau. Jérém vient m’aider ; se sentant protégé des regards par le gabarit des deux animaux, il me claque un bisou sur les lèvres et il me chuchote, en me regardant bien dans les yeux :

    « Ça me fait plaisir de monter avec toi aujourd’hui ».

    « Ça me fait plaisir aussi ».

    Nous remontons vers les installations, les chevaux en longe, alors qu’un ballet incessant de petits camions bétaillère et de vans tractés bat son plein dans la cour du petit centre équestre.

    Nous attachons nos montures à un arbre à proximité des box.

    « Viens avec moi, nous allons chercher les selles ».

    Dès que nous rentrons dans l’écurie, je me fais la réflexion que, vraiment, j’aime l’univers olfactif autour du cheval, l’odeur de la paille, du foin, du bois de la charpente, et des chevaux eux-mêmes. C’est un univers qui a quelque chose d’authentique et de réconfortant.

    Jérém est tellement à l’aise dans ce monde. Et moi, je suis sous le charme de la découverte d’une énième facette insoupçonnée de sa personnalité.

    Les rayons du soleil sont déjà chauds. Ainsi, de retour à nos chevaux, Jérém se débarrasse de son pull à capuche, dévoilant ses bras, ses biceps, ses tatouages, son cou puissant, les pecs bien suggérés par le coton gris de son t-shirt sans manches.

    « Putain, qu’est-ce que t’es sexy avec ce t-shirt ! » je ne peux m’empêcher de lui glisser discrètement, alors que je sens à nouveau monter la trique dans mon pantalon de cheval.

    Pour toute réponse, le petit con soulève le bas du t-shirt pour s’essuyer le front, dévoilant ainsi le bas-relief spectaculaire de ses abdos.

    « Il fait chaud… » il me balance, avec un sourire de malade, un sourire coquin à me faire fondre.

    « Je vais te coincer quelque part dans les bois ».

    « Chiche… » il me nargue.

    Qu’est-ce que j’aime notre complicité, et en particulier notre complicité sensuelle !

    Jérém me montre comment préparer un cheval pour la balade, comment le brosser, comment demander et prendre les pieds pour les nettoyer. Définitivement, j’aime bien les sensations autour du cheval : l’odeur du pelage, du cuir des selles et des harnachements ; mais aussi les bruits, les ébrouements d’impatience de l’animal, le bruit sourd du sabot ferré sur le sol, le froissement de la brosse sur le pelage, les crissements du cuir.

    Jérém est en train de mettre la selle sur le dos d’Unico. Je le regarde passer le mors dans la bouche, poser les rênes sur l’encolure. Ses gestes sont précis, aisés, et ils dégagent un quelque chose d’ancestral et de délicieusement viril.

    J’essaie de répéter ses gestes à l’identique, mais les miens sont aussi gauches que les siens sont assurés. J’essaie de m’appliquer, et pourtant je réussis à mettre le licol des rênes en vrac.

    Jérém me fait remarquer ma connerie, je tente de corriger le tir, j’ouvre une lanière, mais pas la bonne. Du coin de l’œil, je vois mon bobrun se marrer.

    « Te marre pas ! ».

    « Attends, je te montre ».

    Et ce disant, il se positionne dans mon dos, il attrape les rênes et mes mains avec, il guide mes gestes. Je sens son paquet se presser contre mes fesses et, au travers des deux tissus élastiques de nos pantalons d’équitation, je lui découvre un début d’érection qui me ravit.

    « Tu bandes… ».

    « Je ne sais pas comment je vais tenir jusqu’à ce soir… » il admet, alors que son souffle brûlant caresse mon cou.

    « T’as envie de quoi ? ».

    « Tu le sais bien… ».

    « Dis-moi… ».

    « J’ai envie de gicler dans ton petit cul ».

    « Très envie ? ».

    « Tu peux pas savoir… ».

    « Qu’est-ce que je kiffe te l’entendre dire ».

    « Tu vas kiffer encore plus quand je vais te le faire ».

    « Ça c’est clair… ».

    Le licol de Tequila enfin bouclé, nos bassins s’éloignent. Nos pantalons d’équitation ont du mal à dissimuler nos érections. Jérém allume une clope, je tente de faire pipi un peu plus loin. Nous avons tout juste le temps de laisser retomber nos ardeurs que nous sommes débordés par une arrivée massive de chevaux et de cavaliers.

    Partout, ça selle, ça discute, ça rigole. Arielle est là, avec sa jument Canelle, Nadine, avec son hongre Otello, Martine est là aussi, avec sa pouliche Maggie. Carine et Jean-Paul ont terminé d’apprêter Tornade et Mojito. Il y a aussi, Marie Line à la longue chevelure brune et son mari Bernard, avec Champion et Caramel, Daniel aux boucles d’argent et à l’humour décapant, ainsi que sa copine Lola, avec leurs montures Speed et Paso, ainsi que Bimbo, une petite adorable chienne Jack Russel dont la tête dépasse d’un sac à dos que Daniel porte non pas dans le dos mais à l’avant.

    Il y a aussi Satine, avec son entier Gringo. Satine est un petit bout de femme, avec de grands yeux verts très vifs, la cinquantaine rayonnante, une voix puissante et enjouée malgré sa petite carrure, grande gueule, au demeurant. Satine me scie net lorsqu’elle balance à mon mec, de but en blanc : « De plus en plus bogoss, le Jérémie… » ; réflexion reprise par Carla (accompagnée par sa jument Philae) : « Si j’avais 20 ans et 20 kg de moins… ». Puis, Satine ne se gêne pas pour lancer à mon Jérém : « Mais regarde ces biceps… », tout en joignant le geste à la parole, en poussant le vice jusqu’à tâter le muscle rebondi de mon bomâle.

    « Espèce de cougar ! » lui lance Carine.

    « Quand on pense qu’on l’a vu enfant… » fait Ginette, une dame d’une soixantaine d’années, pétrie de gentillesse « on a l’impression que c’était hier. Et aujourd’hui, c’est un homme. Ça passe tellement vite. Tes grands-parents vont bien ? Et Maxime ? ».

    Ginette a l’air vraiment adorable, tout comme son Tulipe, un cheval qui n’est plus tout jeune et qui paraît extrêmement calme et posé. Un cheval est souvent le reflet de son cavalier.

    Au fil des arrivages, Jérém refait sans cesse les présentations. Charlène débarque enfin avec le café et des madeleines.

    « Et voilà, une riche idée » fait Jean-Paul, toujours aussi avenant et de bonne humeur.

    C’est Chantal qui fait les présentations des derniers arrivants :

    « Jérémie, je ne sais plus si tu m’as dit si tu connaissais Loïc et Sylvain… ».

    « On a dû se croiser une fois » fait mon bobrun.

    « Oui, une fois peut-être… » abonde Loïc, en dévorant mon bobrun des yeux.

    La moyenne d’âge des cavaliers est assez élevée, au-delà de la cinquantaine, ou même plus proche de la soixantaine pour certains (quand on a 18 ans, on se sent facilement entouré de viocs). Nadine, et maintenant Loïc et Sylvain (accompagnés respectivement par la jument Tzigane et par un cheval nommé Forain), sont en effet les seuls cavaliers en dessous de la trentaine.

    A la base, ces deux gars m’inspirent une forme de fascination : c’est la première fois que je rencontre un couple gay, et je me pose mille questions sur leur vie à deux, sur le bonheur de s’assumer et sur leur choix de s’afficher au grand jour.

    Cependant, quand je regarde ces deux gars, je ne peux m’empêcher de repenser aux échanges entre Charlène et Martine au sujet d’une rupture difficile qui serait en amont de leur bonheur de couple, et cela m’attriste. Quand je pense à ce Florian, l’ex de Loïc qui, paraît-il, ne vivrait pas bien du tout cette rupture, je ressens un certain malaise. Ça peut paraître con, dans la mesure où ce Florian est pour moi un parfait inconnu, quelqu’un que je n’ai même jamais croisé. Et pourtant, c’est ainsi.

    Mais il y a pour moi un autre source de malaise, plus grande encore : c’est celle qui vient du regard que Loïc a posé sur mon bobrun dès le départ, avant même de lui avoir serré la main, comme s’il venait d’apercevoir un Dieu sur terre. Ce qui est le cas, il faut bien l’admettre, mon Jérém est bel et bien un petit Dieu sur terre. Cependant, le regard de ce mec a le pouvoir de déclencher immédiatement en moi une violente poussée de jalousie et de me mettre illico sur la défensive. Le regard de Sylvain est un peu plus discret, certes, mais lui non plus ne semble pas insensible au charme de mon bel étalon. Bas les pattes, et bas les yeux, les gars, je vous ai à l’œil !

    Est-ce que c’est vrai que certains gays savent reconnaître les gars comme eux ? Est-ce que c’est le cas de Loïc ? De Sylvain ? Est-ce qu’ils ont compris que nous sommes comme eux ? Qu’ont-ils pensé de mon Jérém, à part que c’est une bombasse atomique ? Est-ce qu’ils pourraient « griller notre couverture » ? Et Jérém ? Je crois bien qu’il a capté le regard aimanté de ce gars, notamment celui de Loïc : qu’est-ce que ça lui a fait ?

    Les rires sonores et contagieux de Charlène et de Nadine me secouent de mes pensées.

    « Allez, on est partis ? » fait Daniel, déjà en selle, la petite chienne Bimbo frémissant de la babine dans son sac à dos.

    « Oui, on va y aller » lui répond Charlène en montant en selle de son entier, j’ai nommé Little Black.

    Les autres cavaliers enfourchent à leur tour leurs montures. C’est marrant, les cavaliers ont tous le sourire lorsqu’ils sont à cheval.

    Jérém et moi restons les pieds sur le sol. Le fait qu’il renonce à faire la balade avec ses potes, parce qu’il s’inquiète pour moi, parce qu’il veut être avec moi, ça me touche au plus haut point. C’est adorable.

    « Allez, bonne balade » fait Jérém « on se retrouve sur les bords de l’Adour, comme d’hab… ».

    « Bonne balade à vous, et prends soin de ton pote… » lance Martine, en partant derrière les autres.

    « T’inquiète, je tiens à le ramener entier ».

    « Vous allez arriver pour manger quand on aura fini la sieste » elle se marre.

    « C’est pas grave, on les attendra » assène Jean-Paul, avec son humour tout en finesse « c’est pas comme si on était pressés. Il fait beau, on fait une petite boucle. Et puis, j’ai toujours entendu les anciens dire que le pas est l’allure reine de la balade ».

    J’adore la capacité de ce monsieur de nous faire profiter de son expérience, et de sa sagesse, de la plus efficace des façon, c’est à dire avec l’humour.

    « C’est gentil de faire ça pour moi » je lance discrètement à mon bobrun.

    « Je n’allais quand même pas te laisser tout seul pendant que je montais à cheval » fait-il, tout en s’allumant une clope « et encore moins te lancer au milieu de 15 cavaliers expérimentés. Ce matin, on va faire une mise en selle tranquille. Je vais te faire un petit cours d’équitation en accéléré ».

    « D’abord, il faut savoir que le cheval est un animal très intelligent, et très sensible. Et, surtout, très puissant, bien plus puissant que n’importe quel cavalier. On ne domine pas le cheval, on l’apprivoise, on gagne sa confiance. Pour qu’il nous fasse confiance, il faut avoir confiance en soi. Si tu as peur, il ne sera pas rassuré non plus. Certains chevaux vicieux, testent en permanence leur cavalier. Et dès qu’ils sentent la peur, ils peuvent devenir très dangereux… ».

    « Ah bon ??? »

    « Mais je te rassure, ce n’est pas le cas de Tequila, car elle est adorable. Quoi qu’il en soit, tu dois amener le cheval à te respecter. Et pour cela, il faut commencer par le respecter ».

    Jérém monte sur son Unico et enchaîne avec quelques explications sur les façons de monter en selle, de se tenir sur l’animal, sur la position du dos, de la tête, des jambes, des pieds, des talons, des bras, des mains, des rênes, sur la pression à exercer sur la bouche, sur les flancs, sans surprendre la bête ou lui faire mal ; sur les « commandes », les mouvements à faire et les mots à dire pour faire avancer le cheval, et, surtout, pour l’arrêter, sur la nécessité de guetter les dangers (bruits inattendus, présence de gibier qui pourrait perturber le cheval et provoquer des réactions de peur), et sur la nécessité d’anticiper les réactions du cheval. J’ai l’impression de refaire des cours de conduite, mais avec un véhicule à quatre sabots au lieu de quatre roues, avec des commandes moins réactives, et avec Jérém à la place de Julien en tant que moniteur. Je suis gâté.

    J’essaie d’écouter et de mémoriser chacun de ses mots, tâche rendue difficile par le grand nombre de points à retenir, par des nombreuses variables impossibles à combiner de façon purement cartésienne, par des inconnues et des impondérables, l’animal pouvant se révéler imprévisible et possédant une certaine marge d’action, indépendamment des harnachements et de la volonté de son cavalier.

    Mais si écouter les explications de Jérém n’est pas vraiment une tâche aisée, ce n’est pas seulement à cause du très grand nombre de points à retenir. Le fait est que le bogoss, installé sur son étalon, est sexy à mourir.

    Les jambes légèrement écartées, épousant la forme du cheval, le bassin en avant, le dos droit comme un « I » et légèrement penché en arrière, les mains tenant les rênes avec fermeté et douceur à la fois. En selle sur son Unico, mon bobrun dégage une nouvelle assurance, dans la maîtrise de l’animal, une sorte de virilité brute qui me fait craquer.

    Et puis, il y a ce putain de t-shirt gris sans manches, ce petit bout de coton qui dénude les biceps d’une façon tout simplement scandaleuse. Et comme si cela n’était pas suffisant pour me donner toute sorte d’idées lubriques, le vent s’y met à son tour : sous l’effet des rafales, le coton léger se colle à ses pecs, à ses abdos, fait ressortir des tétons, moule sans pitié le moindre muscle de son torse.

    Mais la malice ne s’arrête pas là : le vent pousse le vice jusqu’à soulever le bas du t-shirt, me laissant entrevoir son nombril et le début de la petite ligne de poils qui court vers son sexe. Détail anatomique bien trop fugacement aperçu, mais en même temps si délicieux, justement parce que fugace. Vision magnifique, magique, je ne sais pas comment je tiens bon, comment j’arrive à ne pas lui sauter dessus, là, tout de suite. Probablement à cause du fait qu’il est en selle sur son étalon, et que ce n’est pas techniquement possible…

    Le fait est qu’au-delà de sa sexytude brûlante, il y a chez ce Jérém « de Campan » autre chose qui le rend à mes yeux insupportablement craquant, quelque chose qui me saute aux yeux comme une évidence lorsque je le regarde sur son Unico. Le Jérém de Campan, est très différent du Jérém de Toulouse. Certes, il y a eu l’accident, et cela a pu contribuer à changer son état d’esprit par rapport à l’époque de nos révisions.

    Et pourtant, ce Jérém « de Campan », existe bien dans les souvenirs des autres cavaliers, donc il existait avant l’accident. C’est comme s’il y avait deux Jérém, celui de la ville, et celui de la montagne. Comme si l’environnement avait le pouvoir de faire ressortir l’une ou l’autre de ses personnalités. Comme si la montagne, en lui rappelant ses origines, avait le pouvoir de le rapprocher des choses importantes dont la ville aurait tendance à le détourner.

    Le Jérém de Campan, ce n’est plus du tout le même (petit con) qu’à Toulouse ; dans cet environnement sain et authentique, idéal pour se ressourcer – dans le sens de pouvoir revenir à ses sources et, de là, prendre un nouveau départ – mon Jérém semble s’apaiser, mûrir, assumer ses sentiments, ses envies, ses faiblesses, sa pilosité.

    Dans ce village loin du bruit de la ville, le « petit con » Jérém devient homme, un homme qui a encore gagné en sensualité. Jérém sur son Unico, on dirait un étalon sur un autre étalon. Qu’est-ce que je suis fou de lui, et qu’est-ce que j’ai envie de lui ! 

    Jérém termine ses recommandations et sa clope au même moment. Il redescend de cheval, il re-sangle son étalon et ma jument, il me fait un bisou, et il me balance : 

    « Maintenant tu vas monter ! ». 

    Soudainement, je stresse.

    « Déjà ? ».

    « Oui, sinon on va arriver au lieu du bivouac à Noël, pas à midi ! ».

    « Ok, ok… ».

    « Prends ça » fait-il, en me tendant une bombe d’équitation.

    « C’est ta bombe ? ».

    « Oui, mais je n’en ai pas besoin ».

    « Tous les cavaliers avaient une bombe » j’insiste.

    « Je préfère que tu la gardes ».

    « C’est rassurant… ».

    « Il ne va rien t’arriver. C’est juste au cas où ».

    « Et toi, tu montes sans ? ».

    « Je ne tombe pas, moi. Allez, dépêche ! ».

    J’installe la bombe sur ma tête, je serre la sangle sous le menton et je suis prêt. Et alors que Jérém tient Tequila par le licol, je passe un pied dans l’étrier, je saisis fermement les rênes et la crinière, je m’élance, je passe la jambe droite de l’autre côté de la selle. Dans un bruit de cuir froissé, je m’installe à mon poste de cavalier, et je passe le deuxième étrier. Je vis cela comme une première petite victoire.

    Sur le dos de Téquila, je me sens bien, la selle est grande et confortable, l’animal calme et apaisant. S’il y a un premier enseignement à tirer du fait de monter à cheval, c’est que le monde n’a pas du tout la même allure lorsqu’on prend ne serait-ce qu’un mètre de hauteur.

    « Comment tu te sens ? » me demande Jérém.

    « J’ai un peu peur, mais je me sens bien ».

    « Tu dois te mettre à l’écoute de ta jument, tu dois arriver à lui faire confiance, à faire un seul avec elle ».

    « Facile à dire ».

    « Je vais te montrer ».

    J’ai un peu peur, certes, mais l’impatience de découvrir le monde du cheval avec mon Jérém est plus forte que la peur. Jérém remonte sur son étalon.

    « Vas-y, fais-la marcher ».

    « Et comment ? ».

    « T’as pas écouté ce que je t’ai dit ? ».

    « Non, j’étais trop occupé à te mater ».

    « Pffffff… allez, met un petit coup de talon dans son ventre et dis-lui : Marcher ! ».

    « Marcher… Marcher… Marcher… ».

    Je répète le geste et la formule, et pourtant rien ne se passe. Ça commence bien.

    « Sois plus ferme avec le ton de ta voix… Marcher ! ».

    « Marcher ! Marcher ! Marcher ! » je tente d’imiter mon beau moniteur. Toujours aucune réaction de la part de ma jument.

    « Parfois elle est un peu difficile à démarrer ».

    « On fait comment, alors ? ».

    « Je vais passer devant. Tu vas voir, avec Unico devant, elle va suivre sans problème ».

    Et en effet, dès qu’Unico commence à s’éloigner, la mère se met à suivre. Nous traversons un pré légèrement en descente, puis nous rentrons dans une sorte de sous-bois traversé par un étroit chemin qui monte de façon assez sévère. Je ne suis pas rassuré, mais je suis.

    Je suis sur un cheval pour la première fois de ma vie, et je pars en balade avec le gars que j’aime plus que tout. Je n’arrive pas encore à y croire. Mes narines sont frappées par une intense et agréable senteur de fraîcheur, de végétation et de pluie, de terre, de cuir, de poil. Et la trainée de déo que mon bobrun laisse derrière lui se mélange dans ce bouquet olfactif de bonheur simple mais intense.

    Le claquement des sabots ferrés sur le sol résonne dans mes oreilles et dans tout mon corps. Ma peau est surprise par la fraîcheur matinale retrouvée dans ce sous-bois. Mon pull n’est pas de trop et j’hallucine en regardant mon bobrun dans son t-shirt sans manches, qui n’a pas du tout l’air d’avoir froid. Et ce dos en V, puissant, musclé. Putain !

    « Tout va bien ? » je l’entends me lancer, sans se retourner.

    « Pour l’instant, oui ».

    Ma jument suit son jeune étalon de fils, et moi je suis mon bel étalon brun à deux pattes. Oui, tout va bien.

    Jérém sur son cheval, de dos, avec cette attitude en équilibre parfait entre le respect et la domination de son étalon, c’est bandant à mourir. Je n’arrive toujours pas à réaliser comment c’est possible que je fasse l’amour avec ce mec.

    Et lorsque quelques minutes plus tard il se retourne, en suspension sur ses étriers, la chaînette s’agitant au gré des pas de sa monture par-dessus le coton gris, le désir de son corps me donne le tournis.

    « Ça va toujours ? ».

    « J’ai envie de toi… ».

    Un petit sourire lubrique illumine alors ses beaux traits masculins.

    « Pense à rester en selle » il me mouche « décrispe toi, tiens-toi droit, baisse tes mains, relâche tes rênes, ne lui tire pas sur la bouche, tu lui fais mal ! ».

    « Ah pardon… je suis un peu stressé… ».

    « On est au pas, respire un bon coup, profite du paysage » fait-il, en se remettant correctement en selle.

    « Je profite du paysage, oui, de ton dos, de tes bras, de ton t-shirt sans manches… » je le taquine.

    « Tu ne penses qu’à ça ! ».

    « Tu es pile devant moi, ce serait compliqué de penser à autre chose… ».

    « C’est pas faux… ».

    Puis, après quelques secondes, il me balance :

    « Moi aussi… ».

    « Toi aussi, quoi ? ».

    « Ce que tu m’as dit… moi aussi. Mais c’est pas le moment ».

    Lui aussi il a envie de moi. Et qu’est-ce que c’est bon de lui entendre dire. Rien que ce petit échange me fait bander comme un âne.

    D’un coup, je me demande pourquoi nous ne sommes pas restés à la maison à faire l’amour comme des lapins au lieu de faire cette balade et de nous priver pendant toute une journée du bonheur des sens.

    La réponse a ma question me frappe au détour d’un chemin, lorsque nous débouchons sur une clairière permettant au regard de balayer un paysage vallonné à couper le souffle.

    Je réalise alors que la balade à cheval donne accès à d’autres chemins, d’autres lieux, presque d’autres univers, des mondes parallèles à ceux de la « civilisation » des villes, des routes goudronnées, des voitures, des circuits ordinaires. En partant à cheval, on est très vite dépaysés, on a l’impression de quitter la civilisation pour atterrir dans une autre dimension, celle de la nature.

    « C’est beau, hein ? » fait mon bobrun, sans quitter le paysage du regard.

    « C’est très beau, merci de me faire découvrir ça ».

    « Allez, on y va, on a encore du chemin à faire ».

    Les nuages cachent le soleil, et mon bobrun vient d’ôter ses lunettes et de les accrocher dans l’arrondi du col de son t-shirt.

    Nous traversons des régions boisées, d’autres plus dégagées ; nous empruntons des chemins qui montent, d’autres qui descendent, nous nous faufilons entre les roches affleurantes, entre les branches qui ont poussé de façon anarchique en travers des chemins et à hauteur « d’homme sur sa monture » et qui nous obligent à nous coucher sur l’encolure des chevaux pour rester en selle et en un seul morceau. Nous traversons des passages étroits, des clairières, des petits gué.

    Dans un pré, un taureau rumine tout seul. Nous voyant approcher, il se lève d’un bond. C’est plutôt impressionnant. Mais Tequila, bon soldat, avance sans faire d’histoires, comme un bonhomme bedonnant et jovial, elle me fait penser au bon Casimir. Pom pom pom pom… Qu’est-ce qu’elle est bien cette jument !

    Pas après pas, j’arrive peu à peu à maîtriser ma peur, à faire confiance à ma monture, et à prendre du plaisir à la balade. Tout se passe à merveille et rien ne semble pouvoir perturber notre petit périple.

    Du moins jusqu’à ce que, sans prévenir, un petit grain de sable vienne enrayer cette machinerie bien huilée.

    Tout se passe très vite. Unico s’arrête net et fait un écart d'anthologie vers la gauche. Quelque chose a dû lui faire peur. Jérém tente de le maîtriser, mais l’étalon ne veut rien savoir, il a l’air paniqué, il se lance au galop.

    Jérém tente de l’arrêter, en vain. Entre mes jambes, je sens Téquila frémir. Je sens qu’elle va démarrer elle aussi. Je suis tenté de déchausser les étriers, et de descendre d’un bond, mais je n’ai pas le temps.

     Téquila accélère avec la poussée d’un avion supersonique, j’ai l’impression qu’elle pète le mur du son en moins d’une seconde.

    Me voilà lancé au galop, allure que je n’avais pas du tout prévu d’adopter lors de mon baptême à cheval. Dans ma tête, tout se bouscule : m’accrocher pour rester en selle, éviter de tomber, essayer d’arrêter le cheval avant d’arriver dans un passage étriqué, où elle pourrait m’arracher une jambe ou un bras ou la tête en passant trop près d’un arbre ou d’un rocher. Penser à rester vivant.

    Mais pourquoi je me suis laissé embarquer là-dedans, pourquoi nous ne sommes pas restés au lit à faire l’amour pendant toute la journée ? C’était si bien, hier, de prendre le temps de se faire du bien.

    Dans la panique, j’arrive quand même à me souvenir de certains enseignements de Jérém.

    « Pour l’arrêter, tu penches le dos vers l’arrière, tu serres tes jambes le plus que tu peux, tu tends les rênes sans tirer sur la bouche. Et si tu as peur de tomber, rappelle-toi que ta selle a un pommeau, si tu as peur de tomber, prends appui dessus ».

    Je tente de les appliquer, mais rien n’arrive à arrêter cette folle chevauchée qui semble durer une éternité. Soudain, je vois au loin Jérém sur Unico, à l’arrêt. Très vite, je réalise que si je n’arrive pas à arrêter ma jument, je vais faire un accident d’équidés. Je risque de me faire mal, je risque de blesser mon Jérém !

    Je tente le tout pour tout, je serre encore les jambes, je tire un peu plus (un peu trop) sur les rênes. Mais Tequila continue son galop, la collision approche. Jérém s’est retourné, il voit le danger arriver. Mais alors que prie pour qu’il ait la bonne idée de se serrer pour laisser passer la furie qui me sert de monture, je le vois au contraire se mettre en travers du chemin. 4, 3, 2, 1… impact imminent…

    J’ai tout juste le temps de crier un « JEREM !!!! » à m’en défoncer les poumons, que Tequila se met à freiner des quatre fers, comme dans les vieux dessins animés. J’ai presque l’impression de sentir le bruitage typique de Tom et Jerry.

    Le brusque changement de vecteur de vitesse me surprend et me déséquilibre violemment, ce qui manque de me faire tomber par-dessus l’encolure. Chance du débutant, j’arrive à me rattraper de justesse en m’appuyant à fond sur le fameux pommeau de la selle.

    Tequila, quant à elle, termine son sprint en encastrant ses naseaux dans l’encolure de son fils, position qui a l’avantage de m’approcher de très près de mon bobrun.

    « Ça va, Nico ? » il me demande, avec un sourire de malade, à la fois charmeur et doux. Jérém a transpiré, son visage a l’air échaudé, il est sexy à mort.

    « Ça va, ça va, il faut juste que je retrouve mes esprits ».

    « Putain, tu l’as fait ! » il me félicite.

    « J’ai fait quoi ? ».

    « Ton premier galop ! ».

    « Ce n’était pas du tout volontaire ».

    « Mais t’as tenu en selle ».

    « Je me serais bien passé de cette poussée d’adrénaline ».

    « Arrête, je suis sûr que t’as kiffé ».

    Jérém a raison : si je mets de côté la peur, ce sprint impromptu a été génial. La sensation de vitesse, les claquements rapides et sonores des sabots, la puissance de l’animal en action, la sensation de léviter au-dessus du sol. Oui, c’était vraiment très bon.

    « Oui, un peu ».

    « Viens là » fait Jérém, en passant sa main derrière ma nuque, en m’attirant à lui et en m’embrassant.

    « Tu m’as bluffé, tu t’es accroché, et t’as rien lâché. Tu ne lâches jamais… j’aime ça, chez toi… ».

    Les mots de Jérém me font chaud au cœur. Je sens dans son regard qu’il est vraiment impressionné par ce qui vient de se passer, qu’il est fier de moi. Je sens également dans ses mots une sorte d’écho aux difficultés de la première partie, houleuse, de notre relation, à ces galops sentimentaux que l’étalon Jérém a piqué à plusieurs reprises, et par lesquels je ne me suis jamais laissé dégoûter.

    Jamais comme en cet instant, je me suis senti aussi bien, dans mon cœur, dans son regard.

    « Ça me fait plaisir que tu me dises ça ».

    « Vraiment, tu m’as rabattu le clapet ».

    « Toi non plus tu t’es pas mal débrouillé, Unico t’a bien secoué ».

    « Il ne m’avait encore jamais fait ça ».

    « Qu’est-ce qui s’est passé ? ».

    « Je crois qu’il s’est fait piquer par quelque chose, et il a dû avoir vraiment mal. D’habitude j’arrive à l’arrêter facilement. Mais là, il m’a fait mouiller le maillot ».

    En effet, son t-shirt sans manches présente désormais des marques de transpiration autour du cou et des aisselles.

    « Mais qu’est-ce qui t’a pris de te mettre en travers ? J’ai eu trop peur de te percuter ».

    « Je savais qu’en voyant l’obstacle, elle s’arrêterait. Elle n’aurait jamais percuté son Unico ».

    « Merci en tout cas ».

    « De rien, de rien » fait-il, tout en passant rapidement sa main dans mes cheveux, avec un geste plein de douceur.

    « Et moi qui commençais à me sentir en confiance ».

    « Tu sais, le risque zéro n’existe pas à cheval ».

    « C’est vrai que la pédale de frein n’est pas aussi réactive que sur une voiture ».

    « En voiture non plus, le risque zéro n’existe pas ».

    « C’est vrai aussi… ».

    « Jean-Paul te dirait qu’il faut faire confiance à son cheval, sans jamais baisser la garde ».

    « J’aime bien ce type, il a l’air sympa ».

    « C’est un mec plein de bon sens et d’humour ».

    Jérém vient de descendre de son étalon, il pose les rênes sur l’encolure, il allume une clope et s’éloigne un peu. Je descends à mon tour de Téquila, sans quitter mon bobrun des yeux. Je le regarde, les jambes écartées, le dos en arrière, en train de défaire sa braguette. Et alors que je l’entends lâcher un jet dru et bruyant dans la végétation, je le vois lever le visage vers le ciel, signe évident de soulagement. Je le mate jusqu'à ce qu'il se secoue sa queue pour faire partir la dernière goutte, avant de refermer sa braguette.

    Jérém revient vers son cheval, il monte en selle avec un élan à la fois puissant, léger et souple.

    « Allez, on continue, on n’est pas encore arrivés ».

    Nous empruntons un nouveau petit chemin dans les bois. Les arbres et la végétation nous enveloppent, la lumière du soleil nous arrive filtrée par les cimes, les sons des sabots sur le sol nous parviennent comme ouatés, alors qu’un silence sépulcral semble régner sur les lieux. L’endroit a quelque chose d’oppressant, presque sinistre, comme un labyrinthe, et je me sens étouffer par la présence dense de ces arbres qui semblent vouloir nous retenir, nous empêcher d’avancer, nous piéger. J’ai l’impression d’être dans une forêt « hantée », d’avoir été transporté à mon insu dans une autre dimension spatio-temporelle, c’est vraiment étonnant comme sensation. Heureusement qu’il y a le chemin pour nous guider et la présence de mon bobrun pour me rassurer.

    Lorsque nous sortons enfin de ce long passage étouffant, je suis heureux et soulagé de retrouver de l’air, de l’espace et du soleil. Je prends une grande inspiration, et je me sens de suite mieux.

    « Ça va ? » il me demande, pour l’énième fois.

    « Oui très bien, je commence à avoir faim ».

    « C’est normal, il va être midi. Et nous avons encore de la route ».

    « Midi, c’est vrai ? Ça fait plus de deux heures qu’on se balade, je n’ai pas vu le temps passer ».

    « Moi si… » fait Jérém du tac au tac.

    « Petit con ! ».

    « C’est pas moi, ça… ».

    « Même Charlène te traite de petit con ».

    Le bogoss sourit sous la moustache.

    « Je rigole, Nico. En vrai, je trouve que t’as bien de courage de monter sans avoir pris un seul cours. Rien qu’une balade au pas, c’est énorme. En plus, t’as même fait un galop. Alors, moi je dis que c’est un sans-faute, Monsieur Sabatier. Et merci aussi de me faire confiance ».

    Entendre Jérém me féliciter, me fait un bien fou, me met du baume au cœur, l’entendre m’appeler par mon nom de famille, c’est une douce mélodie qui me fait vibrer.

    Le chemin débouche sur un nouveau point de vue dégagé, offrant une vue majestueuse sur le relief Pyrénéen, sur la vallée et très loin dans la plaine, un point de vue qui nous fait prendre soudainement et pleinement conscience du dénivelé franchi et de l’effort produit par nos montures.

    Jérém et Unico marquent une pause, Tequila s’arrête à son tour, sans aucun effort de ma part, elle se gare pile à côté de son fils. Jérém semble comme happé par ce superbe paysage, et à mon tour je finis par me perdre dans la tentative d’embrasser cette immensité du regard, de m’en imprégner.

    Jusqu’à ce que la voix de mon bobun me tire de cette contemplation.

    « Toulouse, c’est vers là-bas ».

    « C’est beau ! » je commente.

    « Oui, c’est beau » fait-il, la voix un brin altérée par la clope qu’il vient de glisser au coin de ses lèvres ; puis, il continue : « j’ai toujours aimé cet endroit. Plus jeune, je venais ici quand ça n'allait pas. J’y ai passé des heures, allongé dans l’herbe ».

    « C’est ton refuge, d’une certaine manière ».

    « Le week-end dernier, j’avais besoin d’être seul, et je suis venu ici avec Unico. J’ai regardé vers Toulouse et j’ai décidé de t’appeler ».

    « Merci la montagne… ».

    « Tu sais, j’ai vraiment cru que c’était fini cette nuit-là… » fait Jérém, après une petite pause.

    « La nuit où tu t’es battu ? ».

    « Oui. Pendant que le mec me cognait, j’ai cru qu’il continuerait jusqu’à me tuer. Quand j’ai tapé la tête contre le mur, juste avant de perdre connaissance, j’ai vu ma vie défiler, comme dans un film. Et le film se terminait avec un final de merde… ».

    « Quel final ? ».

    « Le regret de t’avoir fait mal, de t’avoir fait souffrir… parce que… ».

    « Parce que ? ».

    « Parce que tu étais la plus belle chose qui me soit arrivée ».

    « Toi aussi tu es la plus belle chose qui me soit arrivée ».

    Je suis ému. Jérém aussi. Ma main cherche sa main. Nos doigts s’entrelacent.

    « Quand je me suis réveillé à l’hôpital, c’est à toi que j’ai pensé en premier. J’ai réalisé que si j’étais parti pour de bon, les derniers souvenirs que t’aurais gardés de moi auraient été la torgnole que je t’avais mis chez toi et le sketch quand on s’est croisés sur les boulevards… quand tu étais avec « machin »… et ça m’a rendu malade… ».

    « Je savais que t’étais un gars génial, quelqu’un de bien… » je fais, au bord des larmes.

    « Je ne sais pas ».

    « Je te dis que oui ».

    « Allez, on y va, nous y sommes presque ».

    Nous reprenons notre route et, très vite, une jolie ligne droite dégagée se présente devant nous. Unico marche plus vite que Tequila, il prend vite quelques mètres d’avance. Au fur et à mesure que la distance se creuse, je sens Téquila frémir, comme si elle n’aspirait qu’à rejoindre son rejeton.

    Alors, à moment, je me dis : tant pis, vas-y, Nico, laisse-toi porter. Tu as survécu à ton premier galop, tu ne vas pas te casser la gueule au deuxième. Je lâche un brin les rênes et, contre toute attente, la grosse jument ne part pas comme un boulet de canon comme tout à l’heure, mais prend un petit trot plutôt agréable.

    Je suis fier de moi, je commence à dépasser ma peur de la vitesse à cheval. Et justement cette sensation de vitesse, de puissance, de liberté et d’harmonie – avec la nature, le grand air, l’animal, mon chéri et, par-dessus tout, moi-même – est une des sensations les plus enivrantes que je n’aie jamais connues.

    L’adrénaline commence à circuler en moi, elle me donne des frissons. Jamais je n’ai ressenti quelque chose de semblable. Ma crispation disparaît, je respire profondément comme jamais je ne l’ai fait. Je trouve le bon tempo avec Tequila et je me laisse porter. Ce trot, c’est comme une renaissance Je m’entends pousser un cri d’excitation, le même genre de cri que l’on pousse la première fois que l’on fait les montagnes russes. On a beau essayer de se maîtriser, à un moment donné on est obligés de lâcher prise face à une force qui nous dépasse. Et on a alors l’impression de s’envoler tellement haut que ça en donne le tournis.

    Lorsque Jérém me voit le dépasser, il me lance un « Waaaaaahoooooooo ! » qui me fait frémir de bonheur. Puis, au cri de « Iiiiiiiiiiiiiii-aaaaaaaaaaaaaa ! » il lance à son tour son entier au trot, il me rattrape, et il cale son allure sur celle de ma jument. Ce qui fait que nous chevauchons côte à côte, comme deux cavaliers expérimentés. J’ai l’impression d’être sur un nuage.

    Lorsque le trot prend fin (Tequila et ses dizaines de kilos de trop s’épuisent vite), nous revenons au pas. Jérém me regarde, l’air impressionné par mon exploit.

    « Tu prends goût à la vitesse, on dirait ».

    « Je n’aurais pas pu la retenir. Mais oui, j’ai bien aimé ».

    « Ça se voyait, t’avais la banane ».

    « J’étais bien ».

    « Je suis content que tu aimes faire du cheval. En plus, tu as une bonne posture sur Tequila ».

    « Merci, toi aussi t’as une bonne posture sur Unico. T’es sexy comme pas permis à cheval ! ».

    Une petite, adorable moue de fierté s’affiche sur son visage : je sais qu’il aime quand je le flatte.

    « Toi non plus t’es pas mal » il lâche, au bout de quelques secondes.

    Sur ce, nous arrivons au bivouac. Nous avons droit à un accueil triomphal par les autres cavaliers, accueil dans lequel se mélangent soulagement (certains commençaient à penser que notre retard aurait pu être dû à un accident) et railleries (il y a de quoi, nous sommes partis un quart d’heure après les autres et nous arrivons une bonne heure après).

    « Merci d’avoir fait la balade à mon rythme » je lui chuchote.

    « Je n’avais pas le choix » il se marre, en lâchant un clin d’œil qui manque de peu de me faire tomber de ma jument.

    « Merci quand-même ».

    « C’est moi qui dois te féliciter d’avoir accepté de le faire, je suis fier de toi ».

    Je fonds, j’ai envie de pleurer.

    Oui, je l’ai fait, et je suis heureux de l’avoir fait.

    Nous attachons les chevaux à un arbre un peu plus loin, avec assez de mou pour qu’ils puissent brouter de l’herbe et reprendre des forces ; puis, nous les dessellons.

    Lorsque nous revenons du bivouac, Daniel nous tend des gobelets.

    « Vous buvez quoi ? ».

    « Un whisky » fait Jérém, sans hésiter.

    Après avoir servi mon bobrun, Daniel s’adresse à moi :

    « Et toi ? C’est Nico, c’est ça ? Oui, c’est ça… Nico, tu bois quoi ? ».

    « Un jus d’orange » je fais, mort de soif, en voyant une grande brique sur la table de camping installée au milieu des cavaliers assis à même le sol, et dont la plupart est déjà en train de siroter leur café.

    « Il a dit quoi ? » il demande, en regardant de biais, en faignant de s’adresser à l’assemblée, comme s’il était assommé par l’énormité qu’il vient d’entendre.

    « Un jus d’orange » je répète, alors que de nombreuses voix me font écho.

    « Un jus de quoi ? » il interroge, en feignant colère et agacement.

    « D’orange ! » fait Martine, en se saisissant de la brique pour remplir mon gobelet à rebord.

    « Mais ça se vend, ça ? » fait-il, l’air faussement dégoûté.

    « Bien sûr que ça se vend… » rigole Martine.

    « Et vous en êtes content ? Ah ouais, vous êtes pas difficile alors… » s’amuse Daniel.

    Ces répliques font écho dans ma mémoire à un sketch célèbre, celui de « L’autostoppeur ». C’est à cet instant précis que je réalise que ce gars me fait penser à l’immense Coluche.

    « Nous sommes vraiment à la bourre » fait Jérém.

    « Ça fait rien. Chi va sano va piano et va lontano. C’est pas ça que disent tes cousins italiens ? » intervient JP.

    « Oui, c’est ça. De toute façon, Nico avait besoin d’un démarrage en douceur pour se préparer aux aléas de l’équitation. Et à un moment, il a pris un de ces galops ! » se marre mon bobrun.

    « Sur Tequila ? » s’étonne Satine sur un ton sarcastique.

    « Oui, parfaitement, elle est encore capable de prendre le galop, malgré ses rondeurs ».

    Jérém raconte plus en détail ce qui s’est passé, la frayeur d’Unico, son galop soudain et imprévu, Tequila qui s’emballe à son tour, mon « exploit malgré moi ». Il raconte que nous avons frôlé un « accident de canassons » mais que je me suis débrouillé comme un chef.

    Comme j’aime, lorsqu’il parle de mon expérience à cheval, entendre dans sa voix cette petite vibration de fierté et d’admiration qui me fait sentir si bien. Se sentir bien dans le regard du gars qu’on aime, ça n’a vraiment pas de prix.

    JP et Carine me félicitent à leur tour, ainsi que Charlène, Martine, Arielle, et d’autres encore.

    J’avais peur de ne pas arriver à m’intégrer dans le groupe : il n’en est rien. Les cavaliers sont des gens accueillants et drôles, francs et directs. Leurs compliments me vont droit au cœur, j’ai l’impression d’être entouré par la bienveillance d’une nouvelle « famille ».

    Nous ne nous connaissons que depuis quelques heures, et on me complimente et on me charrie comme si on se connaissait depuis toujours. Le pote de Jérém, le pote de l’un des leurs, et le pote de tout un chacun. Une attitude qui me fait sentir bien, qui me fait très vite sentir comme chez moi.

    Dès que Jérém et moi sortons nos sandwiches, nous sommes submergés par des propositions alimentaires tout azimut : nous profitons ainsi d’une pizza, d’une quiche, d’une salade de pâtes, d’un taboulé. C’est la bonne franquette, et c’est génial. Je n’ai jamais vécu ce genre de partage et de bonne humeur permanents.

    « Il me reste des pâtes » fait Arielle, nous tendant un tupperware dans lequel gît un amas informe à l’aspect très pâle.

    « N’en mangez pas, c’est un piège ! » fait Charlène.

    « Un piège ? » je m’étonne, tout en goûtant ce plat gentiment offert.

    L’aspect aurait dû me mettre en garde : c’est pas cuit, c’est pas bon, ça n’a pas de goût. C’est de la maltraitance gustative. Je fais la grimace.

    « Je ne sais pas comment c’est possible de rater des pâtes à ce point » fait Jérém, l’air dépité.

    « Je te l’avais dit. Personne n’en a voulu de ses nouilles, même elle n’en a pas mangé. T’as pas vu que le tupperware est plein ? Alors, elle a voulu la fourguer à quelqu’un qui ne connaît pas encore ses exploits en cuisine ».

     « Mais enfin, elles sont trop cuites et pas assez cuites à la fois. C’est pas possible ».

    « Tout est possible avec la bouffe d’Arielle » conclut Martine.

    « J’ai mes secrets » réagit enfin l’intéressée, l’air plutôt amusée d’en prendre plein la gueule.

    « Le problème c’est que ta passion pour la cuisine est du même ordre que celle de Loïc pour les femmes » fait Charlène.

    « C’est ça… ou comme celle de Charlène pour la propreté de la maison… » fait Loïc, du tac au tac.

    « Petit merdeux… ».

    Les piques fusent dans tous les sens, mais toujours dans une ambiance bon enfant. A un moment, Nadine part dans fou rire retentissant, interminable. Je n’ai jamais entendu un fou rire comme le sien. Au départ, je croyais qu’elle en rajoutait, mais j’ai vite compris que son fou rire est incontrôlable, inarrêtable. Preuve en est le fait qu’elle devient toute rouge, qu’elle en pleure même.

    Satine nous passe une part de tarte salée, délicieuse (« C’est pour réparer vos papilles »). Le délicieux flan de Carine (Jérém n’a pas menti) vient clôturer un repas bien plus copieux que nous l’avions imaginé.

    « T’as bien mangé ? » me demande Jérém.

    « Comme un petit cochon ».

    « C’est toujours comme ça en balade, beaucoup de bonnes choses à manger, sauf du côté d’Arielle ».

    Le fait de redécouvrir mon bobrun dans ce nouveau décor, le voir rigoler, se moquer, s’amuser, interagir avec tous ces gens qui ont l’air de le connaître si bien, me donne de nouveaux frissons. Le fait qu’il ait envie de partager cela avec moi, m’émeut au plus haut point. Je crois que n’ai jamais été aussi amoureux de lui qu’à cet instant précis.

    « Alors, Nico, tu vas être une nouvelle recrue de l’asso ? » me questionne la charmante Ginette. C’est marrant comme elle me rappelle ma grand-mère.

    « J’aimerais bien. Mais je vais partir à Bordeaux pour mes études, alors ça va être compliqué » je lui réponds, alors que Daniel, le joyeux luron de la bande, chante à s’en casser les cordes vocales « Il est des noooooootreeeeeeeees ».

    « Moi je dis bravo à Nico » fait JP, le bienveillant « car c’est pas facile de se lancer comme ça, sans jamais avoir pris un cours. Le cheval, c’est pas un vélo… ».

    « C’est vrai » je confirme « c’est pas évident à démarrer, parfois les vitesses ne veulent pas passer, parfois elles passent toutes seules, sans prévenir… et pour ce qui est du freinage, il faut se lever de bonne heure ».

    « Churchill a dit » fait JP, le sage « le cheval est dangereux devant, dangereux derrière et inconfortable au milieu ».

    Ce repas pris au bord de l’eau devient un moment de convivialité et d’agréable conversation entre amis. Il y a une très bonne ambiance dans ce groupe, je me sens bien. Tous ces gens m’inspirent une profonde sympathie, sauf deux d’entre eux, Loïc et Sylvain. La raison est simple : c’est à cause des regards qu’ils posent sur mon bobrun.

    Oui, les regards de ces deux gars m’inquiètent. Pas tant pour le fait d’exister (car c’est normal de mater un gars comme Jérém, à moins d’être aveugle), mais pour le fait que Jérém ait pu les remarquer. Car je suis certain que Jérém les a remarqués.

    Je me doutais bien que le pendant d’être avec une bombasse comme Jérém, c’est de devoir accepter qu’il se fasse mater à chaque coin de rue : ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’un Jérém qui assume enfin son attirance pour les mecs, est un Jérém potentiellement accessible par les autres gays ; un Jérém qui, notamment à Paris, pourrait être exposé à des sollicitations et des tentations autres qu’à Toulouse ou Campan. Déjà qu’il ne s’est pas privé d’avoir des expériences alors qu’il n’assumait même pas son attirance pour les mecs, alors, maintenant qu’il s’assume…

    Le repas tout juste terminé, je ressens une douce fatigue m’envahir et j’adhère volontiers à l’idée, lancée collectivement, d’une demi-heure de sieste avant de repartir. L’un après l’autre, les cavaliers s’allongent sur l’herbe et se mettent en veilleuse. Je m’allonge sur l’herbe à mon tour, alors que Jérém s’éloigne pour griller une clope.

    Le ciel est d’un bleu profond, le soleil chauffe ma peau, le clapotis de l’eau dans le ruisseau me berce. Les chevaux broutent autour de nous. C’est reposant de regarder ou même simplement écouter les chevaux pâtre. Je me sens peu à peu glisser dans les bras du Morphée de la sieste.

    Mon repos est de courte durée, une caresse légère sur le dos de ma main m’oblige à rouvrir les yeux. La première image qui se présente à moi, c’est le visage de Jérém, illuminé d’un petit sourire coquin.

    « Viens voir… » il lâche discrètement.

    « Qu’est-ce qui se passe ? ».

    « Viens voir, je te dis… ».

     

    Le prochain épisode, JN0211 « Viens voir, je te dis… », à paraître vers le 5 juin 2019.

     

    0210 Balade à cheval

     

    La véritable Téquila, 13 mai 2019.


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  • Lorsque je me réveille, Jérém dort encore. Allongé sur le dos, le visage tourné vers le bord du lit, de son côté, les épaules et le haut des pecs qui dépassent des draps, mon bobrun est vraiment très beau dans son sommeil. Mon regard est happé par ses cheveux bruns en bataille, sa barbe de quelques jours, sa peau mate. Mon cœur est vrillé par ce diabolique mélange de violente sexytude et de profonde douceur qui se dégage de sa présence à cet instant précis.

    J’ai tellement envie de lui, j’ai envie de le réveiller avec une gâterie, j’ai envie de lui faire débuter cette nouvelle journée par un bel orgasme. Et pourtant, lorsque je le regarde, si profondément endormi, beau comme un ange, je n’ai pas le cœur de le réveiller, même pas pour une pipe.

    C’est dimanche matin, c’est mon deuxième réveil à côté de Jérém, et c’est toujours aussi merveilleux. C’est dimanche matin, et c’est aussi le jour d’après, après que Jérém se soit mis à nu devant moi, sur tant de sujets complètement tabous jusque-là. Le matin d’après, comme un écho d’une très belle chanson :

     

    https://www.youtube.com/watch?v=_KClpLzFftU

     

    Je voudrais que ce week-end dure pour toujours. Je crois bien que je voudrais me réveiller chaque jour de ma vie à côté de mon Jérém.

    C’est tout juste 7h00, mais j’ai envie de bouger. J’ai bien dormi, je suis bien réveillé, j’ai envie de gambader. Je me lève, je m’habille, je remets les deux derniers morceaux de bois dans les braises encore fumantes de la cheminée. Il y a quelque chose d’ancestral et de rassurant dans ce geste ; le contact avec le bois est agréable, la flamme et la chaleur qu’on obtient avec ce simple procédé est douce et apaisante.

    C’est dimanche matin, il fait beau, et Jérém dort toujours comme un bébé. Je le laisse se reposer, je commence ma journée avant lui. Je sors de la petite maison pour aller chercher du bois. L’air matinal est frisquet, et l’ambiance de la montagne possède une saveur particulière.

    La lumière, les couleurs, les odeurs, la pureté des éléments, leur beauté simple et immuable, leur solitude et leur solidité face à une nature souvent inclémente, forcent le respect et la fascination. La montagne et ses grands espaces, des paysages captivant le regard et remuant l’esprit, la montagne et ses points de vue perchés, tout est comme une invitation à regarder loin, à prendre de la hauteur, à relativiser l’existence toute entière.

    La montagne, c’est souvent loin de tout et loin de tous et pourtant, on ne se sent pas seuls à la montagne, car elle nous montre la voie et elle nous offre le silence nécessaire, pour nous retrouver nous-mêmes.

    C’est la première fois que je fais le tour complet de la petite maison en pierre. Par endroits, ses murs en pierre sont tachés par l’humidité, les ardoises du toit attaquées par les moisissures : le temps n’a pas fait de cadeaux à cette petite bâtisse, à ce foyer qui a dû connaître tant de vies, d’histoires, de bonheurs et, certainement, d’adversités. Mais la petite maison, comme une vieille dame à la peau ridée, semble se dresser fièrement contre la tyrannie du temps : les années passent, chaque jour dépose un stigmate supplémentaire ; et pourtant, ses murs sont toujours debout, ses ardoises ne laissent pas passer la pluie, sa cheminée fume toujours ; et son cœur, son foyer, est assez solide pour abriter une fois encore, le bonheur. Oui, cette petite maison est vraiment mignonne ; modeste, mais mignonne, un véritable refuge pour le bonheur. L’écrin de mon bonheur avec Jérém.

    Je repense aux petits mots échangés la nuit dernière, sur l’oreiller, avant de nous endormir ; je repense à cette complicité qui est en train de s’installer entre nous, à cette envie de tout nous dire, comme pour partir sur de nouvelles bonnes bases ; je suis heureux de savoir enfin comment mon bobrun a vécu notre relation jusque-là, de connaître ses doutes, ses peurs, ses envies, des ressentis longtemps fantasmés. Je suis content qu’on se dise les choses, je crois que c’est la meilleure chose à faire pour qu’il n’y ait plus de malentendu entre nous.

    Un lit, le sexe, l’amour, la tendresse, les petits mots sur l’oreiller et aussi les simples gestes du « quotidien », un repas, une douche, des courses : ce week-end, mon Jérém et moi nous partageons tout, vraiment tout, comme jamais je n’aurais cru pouvoir le faire un jour avec lui.

    Depuis deux jours, Jérém m’a beaucoup parlé de lui : je pense que le moment est venu de lui parler de moi. Je pense que Jérém lui aussi a des questions à me poser. Je n’ai rien à lui cacher, je répondrai à toutes ses questions.

    Soudain, je réalise que c’est le jour J, et qu’une balade à cheval avec mon Jérém et ses potes – autant d’inconnus pour moi – se profile. Pour la première fois, je vais partager l’une de ses passions, l’équitation, et cela m’enchante ; pour la première fois, je vais avoir la chance de passer une journée, de discuter, de partager des expériences avec des personnes qui comptent pour mon bobrun ; et cela me ravit.

    Mais ce qui me ravit le plus, c’est qu’au fil des échanges et des conversations, je vais peut-être en apprendre un peu plus sur mon bobrun ; comme au temps du lycée, lorsque je tendais en permanence mon oreille pour capter la moindre bribe d’info sur lui.

    Je suis heureux qu’il ait envie de partager cela avec moi, qu’il ait envie de se montrer avec moi ; mais je suis aussi stressé, de peur de ne pas arriver à m’intégrer dans ce petit monde où chacun se connaît et partage une passion commune.

    Je me pose aussi beaucoup de questions. Comment vais-je me comporter avec ces inconnus ? Est-ce que les gens vont se douter de quelque chose concernant la relation entre Jérém et moi ? Comment vais-je réagir s’ils commencent à poser des questions ? Jusqu’où Jérém est-il prêt à assumer ma présence à ses côtés ?

    Au fond, la proposition de cette balade vient de lui, et il doit savoir ce qu’il fait. Serait-il prêt à assumer le fait que nous sommes ensemble ? Ça me paraît un peu prématuré.

    Certes, nous venons de vivre deux jours de magie pure : tout ce que j’ai toujours désiré de mon Jérém m’a été servi sur un plat d’argent. Mais nous avons vécu ces deux jours presque complètement isolés du monde extérieur, loin des regards qui jugent ; les seuls contacts que nous avons eus en dehors de la petite maison en pierre ont été fugaces, et personne n’a eu l’occasion ou l’idée de me questionner, ou simplement de parler avec moi.

    Lorsque je repense à son malaise lorsque ses copines Charlène et Martine avaient parlé de ce couple de gars de l’asso, je me dis que Jérém n’est pas vraiment prêt à tout assumer. Le fait que nous soyons potes, oui ; mais le fait que nous soyons également amants, peut-être pas. Je m’en veux de ne pas avoir creusé le sujet davantage dans la voiture, lorsque j’avais essayé de savoir s’il était au courant pour ce couple de gars de l’asso. J’aurais du lui demander quel regard il portait sur ce couple, sur le fait qu’ils osent s’afficher.

    Un cri de rapace retentit entre les pentes, la beauté du paysage évolue sans cesse avec la lumière changeante du matin, une petite rafale de vent froid traverse mes vêtements et me fait frémir : la montagne se charge d’arracher mon esprit de mes pensées et de le canaliser vers la contemplation de la nature indomptée.

    Je me sens tellement bien ici. Je pourrais passer des heures à contempler la vue, les sommets déjà enneigés, les pentes recouvertes de végétation, la pierre, le ciel, la petite maison, cette cheminée d’où s’échappe un filet de fumée.

    Et pourtant, deux choses m’empêchent de m’y attarder plus longtemps : le froid matinal, qui me fait grelotter, ainsi que l’envie de retrouver mon bobrun. Non, on ne se sent jamais seuls à la montagne : surtout lorsqu’on est en compagnie du gars qu’on aime. Et qu’est-ce que j’aime, ce Jérém ; qu’est-ce que j’aime le gars que mon Jérém devient, au contact de la montagne.

    J’attrape la brouette sous l’appentis et je me dirige vers le tas de bois dans un coin du jardin. Je dégage la bâche qui recouvre un tas de bûches rangé de façon plutôt méthodique. C’est la première fois que le citadin que je suis va chercher du bois pour faire du feu. Pendant que je remplis la brouette de bois, je me sens utile. Je trouve le moyen de me planter une écharde dans un doigt, ça fait un peu mal mais c’est supportable. Je gare la brouette à côté de la porte d’entrée, j’attrape quelques bûches dans mes bras et je rentre.

    Il fait tellement bon dedans. Le bogoss dort toujours, sa respiration apaisée diffuse dans la petite pièce une douce note de bonheur. Son torse, le galbe de ses épaules, les pecs saillants avec du beau poil brun, les abdos en tablettes de chocolat, dépassent désormais des draps jusqu’au nombril ; ses bras sont repliés, les mains coincées entre la tête et l’oreiller : et cette position qui met en tension tout un tas de muscles, rend encore plus impressionnant le V de son torse, ses biceps et ses tatouages, tout en exposant à ma vue ses aisselles finement poilues. Les yeux fermés, les traits détendus, l’air apaisé ; et la beauté virile de son visage se double d’une expression d’ange adorable. Un ange viril, c’est beau à se damner.

    En posant les bûches à côté de la cheminée, je fais un peu de bruit. Le bogoss remue dans les draps.

    « T’es déjà levé ? » il me lance, la voix pâteuse, en frottant le visage de ses deux mains à plusieurs reprises.

    « Bonjour Jérém… » je lui réponds, tout en m’approchant du lit et en posant un bisou sur ses lèvres.

    « Bonjour… » fait-il, la voix monocorde, sans pour autant ouvrir les yeux.

    « Je suis allé chercher du bois… ».

    « Ah… C’est bien… Il est quelle heure ? » fait-il, les yeux tout juste entrouverts.

    « Un peu plus de 7h30… ».

    « C’est tôt… » il s’exclame, tout en refermant les yeux et en laissant tomber lourdement ses bras le long de son torse.

    « C’est pas si tôt… ».

    « C’est une heure qui ne devrait même pas exister… ».

    Une seconde plus tard, mon bobrun est reparti dans les bras de Morphée. Mon regard est happé par ses abdos qui ondulent lentement sous l’effet de sa respiration calme. 

    Ce corps de petit Dieu offert à ma vue, ainsi que ce drap qui s’arrête juste à la lisière du bonheur, de sa jeune virilité, voilà de quoi réveiller violemment ma gourmandise matinale.

    Une envie violente s’empare de moi, je bande à vitesse grand V. J’ai envie de voir sa queue, de la toucher, de la prendre dans la bouche, de la faire jouir. C’est le matin, et j’ai besoin d’avaler une boisson chaude pour bien me réveiller.

    Je fixe le drap juste en dessous de son nombril et je me demande ce que je kifferais davantage : qu’elle soit déjà raide, qu’elle tende le drap de façon insolente, et qu'elle me nargue d'aller m'occuper de cette trique du matin qu'un p’tit mec comme Jérém ne doit pas manquer d'avoir ; ou bien, au contraire, qu'elle soit comme elle est là, ce matin, encore au repos.

    Car cela m’offre la possibilité d’aller passer délicatement le nez sur le drap, d’apprécier les formes et la chaleur de sa virilité à travers le tissu, de chercher à capter ses odeurs de p’tit mec, tout en réveillant la bête en douceur ; puis, la sentir frémir peu à peu, voir ses abdos se soulever plus rapidement, le drap bouger sous la force de sa virilité qui se tend.

    « Tu fais quoi ? ».

     

    [Suite de l'épisode juste après cette petite annonce].

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    « Tu fais quoi ? ».

    « J’ai envie de te sucer… ».

    « Ah… ça c’est une bonne idée… ».

    Sa queue tendue, son invitation, tout ça est on ne peut plus tentant. Je me glisse sous les draps et j’approche cette queue qui a giclé en moi, qui m’a rempli et fait jouir je ne sais combien de fois depuis deux jours. Je ne peux m’empêcher de promener de nouveau le bout de mon nez tout près de ce bâton radioactif, de descendre jusqu'à sa base, de m’attarder dans le creux de ses bourses.

    Ce n’est que lorsque sa main se pose sur ma nuque, lorsque ses doigts se glissent doucement dans mes cheveux, à la fois caresse et invitation à la pipe, que je craque : je laisse trainer furtivement ma langue sur ses couilles, arrachant ainsi un premier frisson au bobrun.

    Mais très vite, poussé par l’urgence d’un désir que je peux plus contrôler, j’enserre son manche entre mes lèvres et je l’avale lentement, je le laisse glisser jusqu'à la garde, lui arrachant un long soupir de plaisir, celui du mâle prenant possession de son territoire, ma bouche.

    Mais déjà un instant plus tard, j’envoie le bout de ma langue titiller son gland frémissant ; et là, je constate avec bonheur qu’un liquide clair et un peu salé perle de son frein, délicieuse liqueur témoignant du début de son excitation. Le petit mâle cherche à forcer mes lèvres à avaler à nouveau sa queue impatiente. J’ai terriblement envie de lui faire plaisir ; et pourtant, je choisis de faire durer la privation.

    Du moins jusqu’à ce que le bobrun ne se décide – puisque je l’y ai sciemment poussé – à prendre les choses en main, au sens figuré, comme au sens propre.

    Le geste est ferme et sans appel : ses deux mains se saisissent de ma tête, tandis que sa queue force la barrière de mes lèvres et s’enfonce jusqu'au fond de ma gorge. Je l’entends alors lâcher un nouveau, profond soupir marquant son bonheur sensuel.

    « Vas-y, suce… suce bien… » il lâche dans la foulée, dans un murmure autoritaire, alors que ses mains et son bassin imposent le rythme de son plaisir de mec.

    Pendant un bon petit moment, je me laisse emplir la bouche par son manche puissant, mes lèvres acceptent les va-et-vient qui font le bonheur de cette colonne insolente. C’est tellement bon de me laisser faire, de me laisser guider, de me laisser porter ; et pourtant, j’ai envie de le surprendre.

    Alors, je repousse doucement ses mains, et c’est moi qui imprime désormais le mouvement de va-et-vient ; je le pompe avec une vigueur décuplée, jusqu’à le convaincre par la démonstration que l’effort ne lui apportera pas plus de plaisir que mon dévouement, jusqu’à ce qu’il cesse ses mouvements. Le bogoss accepte de se laisser faire, et son corps tout entier semble témoigner du plaisir qui est en train de l’envahir : ses jambes gigotent de façon incontrôlée, ses mains passent et repassent sur son visage, ses abdos se tendent, ses pecs, tout comme ses biceps, se gonflent, ses respirations profondes et ses soupirs deviennent des gémissements de plaisir.

    Je connais mon bobrun, je sais qu’il ne va pas tarder à jouir. Je ne m’y trompe pas. Quelques instants encore, et tout son corps se raidit dans un dernier spasme, ses abdos se contractent ; je l’entends gémir de plus en plus fort, je l’entends répéter des « putain, vas-y, c'est bon ! » ; ses doigts s’enfoncent à nouveau dans mes cheveux, alors que l'onde du plaisir ultime approche.

    « Je vais jouir et tu vas tout avaler… ».

    Non, ce matin, alors qu'il me remplit la bouche de longs jets brûlants, synchronisés avec des « oh putain, oh putaaain ! » incontrôlés, à aucun moment Jérém ne prononce sa désormais célébré phrase de petit con : et pourtant, alors que je lève les yeux pour assister au sublime spectacle de sa petite gueule déformée par le plaisir, elle résonne dans ma tête et décuple mon excitation et mon envie de faire ce que je sais mon bobrun apprécie tout particulièrement : avaler. Et qu’est-ce qu’il est délicieux, ce bon petit jus du matin !

    Ses giclées viennent tout juste de cesser, mes lèvres et ma langue n’ont pas encore pu se résoudre à quitter son gland, lorsque je l’entends lâcher :

    « Ça c’est du réveil ! ».

    Qu’est-ce que j’ai aimé réveiller mon Jérém en lui offrant un bel orgasme ! Et qu’est-ce que j’aime l’entendre exprimer à quel point il a aimé !

    Lorsque je me relève, je me rends compte d’une chose à laquelle je n’avais pas vraiment prêté attention dans ma précipitation et mon impatience à lui apporter son orgasme, c’est que mon bobrun se trouve désormais en position assise, le dos calé contre l’oreiller, la nuque appuyée contre le mur.

    Ses bras sont pliés, ses mains derrière les dos, son torse est légèrement penché vers la droite, tout comme la tête, les abdos ondulant sous l’effet d’une respiration qui se calme peu à peu, la queue toujours raide et luisante de ma salive. Ses cheveux bruns sont en bataille, il ne semble pas complétement réveillé, ou bien assommé par l’orgasme, et il a un petit sourire bien canaille en coin : ah, putain, si ça ce n’est pas de l'attitude de p’tit con fier de lui, fier de sa queue, fier de sa virilité, je ne m'y connais pas ! J’adore lui voir cette attitude, celle du mâle qui a bien joui, l’attitude du mâle fier de m’avoir giclé dans la bouche.

    Et pourtant, le mâle fier de lui, n’est pas pour autant sans attentions à mon égard.

    « Viens… » il me lance, tout en m’attirant vers lui.

    Je me retrouve ainsi enlacé par ses bras puissants, par ses cuisses musclées, par son torse de fou. Jérém est mon fauteuil de chair et de muscles, le plus douillet et sensuel que l’on puisse imaginer. Et alors que ses lèvres se baladent inlassablement dans mon cou et sur mes épaules, sa main gauche saisit ma queue et commence à la branler ; quant à sa main droite, elle agace inlassablement mes tétons.

    Son corps m’enveloppe, le parfum de sa peau et de son orgasme m’enivre, la chaleur de sa peau m’excite, sa présence, son attitude, ses gestes me projettent dans un monde de sensualité et de plaisir inouïs. Très vite, l’orgasme me guette.

    Mon Jérém mordille mes oreilles, ses va-et-vient sur ma queue se font de plus en plus rapides. L’orgasme vient, et c’est géant, juste indescriptible. Je me cale dans les bras de mon bobrun pour récupérer.

    « C’était trop bon… mais vraiment, vraiment un truc de dingue… » j’ai envie de lui annoncer.

    « Avec toi, c’est toujours un truc de dingue… ».

    Je me lève avant lui, et je fais du café. Jérém se glisse à nouveau sous les draps, qu’il remonte jusqu’à la taille, laissant dépasser son torse spectaculaire. Pendant que je m’affaire à préparer le petit déj, je surprends son regard sur moi : le petit con me regarde faire, un petit sourire au coin des lèvres.

    « Je te prépare le petit déj… ».

    « C’est adorable… » fait-il, tout en dégainant un sourire de malade « merci d’être allé chercher du bois… ».

    « C’est normal… pourquoi tu rigoles ? ».

    « Parce que je suis heureux… que tu sois là… ».

    Son regard sincère et ému me remue les tripes, je sens les larmes me monter aux yeux.

    « Moi aussi je suis heureux d’être là… aie… ».

    En serrant les deux parties de la cafetière italienne, je viens d’appuyer pile sur le doigt où l’écharde s’est enfoncée tout à l’heure.

    « Qu’est-ce qu’il y a ? ».

    « Je me suis planté une écharde… ».

    « Fais voir, viens… ».

    Je pose la cafetière sur la plaque en fonte de la cheminée et je m’approche du lit, je m’approche du bomâle assis, toujours torse nu, le drap remonté jusqu’à la taille, sexy comme pas permis. Jérém me fait asseoir à côté de lui ; il attrape son pantalon et il en sort un couteau pliant ; il saisit mon doigt, enfonce la pointe très aiguisée du couteau dans ma chair blessée, ce qui me fait frémir, et déclenche mon instinct de retirer ma main.

    « Allez, ne fais pas ta chochotte… » fait-il, en retenant fermement ma main « laisse-moi bosser… ».

    « Mais ça fait mal ! ».

    « Tais-toi… » fait-il, tout en enfonçant à nouveau la pointe acérée du couteau dans les couches superficielles de mon épiderme.

    « Aie… ».

    « Ta gueule… ».

    « Mais j’ai mal ! ».

    « Une petite seconde et c’est fini… ».

    « Aie… aie… aie… ».

    « Tu vas prendre une baffe, ça va te calmer… sale gosse ! » il rigole.

    « Tu vas arriver à l’enlever ? » je m’inquiète, alors que ses manœuvres m’envoient de violentes impulsions de douleur qui résonnent dans tout mon corps jusqu’à ma colonne vertébrale.

    « Voilà ! » fait-il, le ton triomphant, me tendant la lame du couteau, sur laquelle une toute petite écharde est déposée.

    « Merci… » je lâche, en reprenant enfin mon souffle, tout aussi content qu’il ait enlevé l’écharde que du fait qu’il ait arrêté de me « brutaliser ».

    Pour toute réponse, le bogoss attire délicatement mon doigt vers sa bouche, et il aspire la petite goutte de sang qui vient de perler.

    Je ne peux résister à l’irrépressible tentation de le serrer dans mes bras, de le couvrir de bisous, de l’embrasser sur la bouche. Ses mains, ses doigts qui tout à l’heure s’enfonçaient dans mes cheveux avec la virulence et l’urgence de la quête du plaisir, me caressent à présent avec une douceur rassurante et émouvante. Ses bras m’enserrent très fort contre lui, et je voudrais ne jamais être ailleurs que dans cette étreinte.

    Je crois que ce contraste entre le Jérém bête de sexe au lit et le Jérém petit mec adorable et câlin va finir par me rendre vraiment dingue, et ajouter encore de la puissance à cette connexion des corps et des esprits qui me rend fou amoureux de lui. Définitivement, ce mec je l’ai dans la peau, pour toujours.

    La cafetière vient de commencer à gargouiller, et cela m’oblige à quitter cette étreinte magique. Je me lève pour surveiller la montée de la boisson chaude qui réveille ; j’en profite pour aller chercher le pain et la confiture.

    Jérém se lève à son tour, il passe un boxer, un t-shirt et vient s’asseoir à table.

    « Le petit déj est servi… » il commente.

    « C’était mon tour… » je lui réponds, tout en lui servant une tasse de café fumant et en posant un bisou dans son cou.

    « Merci Nico… ».

    « De rien, ça me fait plaisir… ».

    Les petits déjeuners ce sont définitivement l’un des moments que je préfère : quoi de meilleur que de se laisser réveiller par l’arôme corsé du café, de se laisser câliner par le goût fruité de la confiture, par la volupté du beurre, de se laisser revigorer par la consistance du pain, de me laisser envahir par le bonheur d’être avec lui. Prendre le temps de se réveiller, alors que rien ne presse, c’est le bonheur. Un bon petit déj est le préalable d’une bonne journée. Et ce qui rend le tout parfait, c’est assurément la présence du gars que j’aime.

    « Alors, t’es prêt pour ton baptême à cheval ? ».

    « A vrai dire… je suis un peu angoissé… ».

    « T’as peur de quoi ? ».

    « D’être ridicule… de tomber… ».

    « Avec Tequila, tu ne risques rien, je t’assure… ».

    « Si tu le dis… ».

    « Ecoute, on va faire un truc… on laisse partir les autres et nous deux on part un quart d’heure après… rien que tous les deux… comme ça j’aurais le temps de te montrer deux ou trois trucs… ».

    « Mais tu voulais faire la balade avec tes potes… ».

    « On les rejoindra à midi… mais on fera le début de la balade rien que tous les deux, au pas… ».

    « Au pas » : voilà deux mots, comme une formule magique qui a le pouvoir de m’apaiser sur le champ.

    Car le cavalier débutant que je suis a grand besoin d’être rassuré, et il n’aspire pas à mieux que « le pas » pour le moment ! 

    « On mange où à midi ? ».

    « Au bord de la rivière… ».

    « Et on mange quoi ? ».

    « Un déjeuner tiré de nos sacoches… enfin, des sacoches des chevaux… on va faire quelques courses avant d’aller chez Charlène… ».

    Quelques minutes plus tard, nous prenons une douche ensemble, nous nous savonnons, nous nous massons l’un l’autre ; nous nous sourions, nous nous embrassons, nous nous caressons, nous nous enserrons l’un contre l’autre, sous l’eau ; puis, nous nous brossons les dents, en même temps, devant le miroir. Depuis que nous les accomplissons ensemble, ces petits gestes du quotidien prennent une dimension presque magique.

    Jérém passe un pantalon d’équitation beige qui moule divinement son paquet de jeune mâle.

    « Tiens… essaie ça… » fait-il en me tendant un deuxième pantalon d’équitation noir.

    Je m’exécute, en savourant l’enivrante sensation de me glisser dans un vêtement de mon chéri. Le simple fait de passer l’un de ses vêtements, un vêtement qui me serre au plus près du corps, qui frôle ma peau comme une caresse, me donne d’intenses frissons. Je ne peux m’empêcher de repenser à sa chemise (qu’il m’a donnée un jour parce que mon t-shirt était taché de son sperme), à son t-shirt et à son boxer (que j’ai piqués un jour dans sa corbeille à linge) et qui sont toujours chez moi.

    « Il te va ? » il me demande.

    « Très bien… merci… ».

    « De toute façon, je n’en ai pas d’autres… par contre, je n’ai pas de boots… » fait-il, tout en chaussant les siens « mais je pense que Charlène va pouvoir t’en prêter… ».

    Sacré pantalon d’équitation : le tissu élastique épouse diaboliquement ses fesses rebondies et ses cuisses musclées, alors que la taille, bien basse, laisse dépasser un bout de pli de l’aine, et dévoile tout le développement du chemin de petits poils en dessous de son nombril, jusqu’à la lisière des poils pubiens. Et puis, il y a ce torse nu, sculpté, tatoué, fraichement douché, qui s’affiche de façon à la fois tellement naturelle et terriblement insolente au-dessus de ce pantalon : voilà une tenue à me rendre dingue.

    Et lorsque le bogoss, désormais positionné de dos par rapport à moi, se laisse aller à ce geste, le plus naturel du monde, de s’étirer – il lève et plie les bras, il met en tension les muscles de son dos, ce qui a pour conséquence immédiate de faire gonfler le haut de son torse et ses biceps de façon très spectaculaire – je ne peux m’empêcher de m’approcher de lui, de passer mes bras autour de sa taille, de le serrer très fort contre moi, de couvrir son cou et ses épaules de bisous à la fois doux et sensuels.

    Je suis moi aussi torse nu, et le contact avec sa peau tiède, fraîchement douchée et parfumée, me fait bander sur le champ. J’ai encore envie de lui. Comme dans un état second, je laisse mes mains glisser lentement sur ses abdos, les bouts de mes doigts se faufiler à l’intérieur de son pantalon d’équitation. Mon index effleure le bout de son gland.

    « Euh… tu fais quoi, là ? » il lâche, la voix marquée par un frisson d’excitation.

    « J’ai encore envie de toi… ».

    « On n’a pas le temps… on doit y aller… ».

    « Je sais… mais tu me fais trop envie… ».

    Le bogoss se retourne, il pose ses mains de part et d’autre de mon visage, il m’embrasse fougueusement et il me chuchote :

    « Moi aussi j’ai envie de toi… on se rattrapera plus tard, ok ? Tu ne perds rien pour attendre… ».

    « Hummmm… ça promet… ».

    Un petit sourire lubrique, accompagné d’un clin d’œil plein de malice est son dernier « mot ».

    Jérém complète sa tenue par un t-shirt sans manches gris du meilleur effet. Certes, le fait de cacher une telle perfection masculine sous un bout de tissu pourrait être considéré comme un délit ; un délit qui peut cependant se prévaloir des circonstances atténuantes, comme par exemple la façon dont il laisse dépasser le rebondi de l’épaule et du biceps, ou la façon dont il met en valeur la plastique qu’il est censé dissimuler, en aimantant le regard, en enflammant les désirs. Ah, putain qu’est-ce qu’il est sexy dans cette tenue, mon bobrun !

    Le pull à capuche gris de nos retrouvailles vient couvrir ses bras et ses épaules, mais en aucun cas sa sexytude. J’espère qu’il va faire assez chaud, et assez rapidement, pour lui donner envie de quitter au moins cette deuxième couche.

    Jérém passe à la salle de bain pour s’arranger un peu les cheveux au gel ; lorsqu’il revient, il passe de grandes lunettes de soleil.

    Avant de partir, le bobrun coupe un certain nombre de tranches de jambon, et une bonne portion de fromage de son pote.

    « Tout ça pour nous ? » je m’étonne.

    « Non, tout ça pour partager avec les autres… chacun amène un truc et on fait goûter… ».

    « L’idée me plaît… ».

    Une minute plus tard, nous sommes dans la 205 rouge et nous roulons en direction du village. Sur la route vers la pension pour chevaux de Charlène, nous faisons escale à la superette de Campan.

    Le village est presque désert ; une voiture passe dans la rue principale, à allure réduite, c’est un papi au volant ; deux passants se croisent sur la place devant la halle où Jérém m’a embrassé pour la première fois ; ils se disent bonjour, ils prennent le temps de discuter.

    Ce qui me frappe le plus, dans ce petit village, par rapport à la ville, c’est la presque absence de voitures, le silence, la sensation d’apaisement ; cette lenteur, cette absence de stress, un rythme de vie qui est particulièrement reposant.

    Dès que nous passons la porte de la superette, Martine, toujours d’humeur égale, toujours joyeuse, nous accueille avec un grand sourire, et avec des bises bien claquantes.

    « Ça va les garçons ? Prêts pour la balade ? » fait elle, avec sa voix un peu grave, et très sonore.

    « Moi je suis prêt… c’est Nico qui a la trouille… ».

    « J’ai pas la trouille… enfin… si… ».

    « Mais c’est normal que tu aies la trouille… t’inquiète, ça va vite passer… tu vas voir comment c’est génial de se balader à cheval… » elle tente de me rassurer. Puis, en s’adressant à Jérém : « Mais t’es sûr que c’est une bonne idée de le faire monter direct avec tout le monde ? ».

    « Ce matin on va vous laisser partir et on se fait la balade rien que tous les deux, je vais lui donner des cours particuliers… ».

    « Ça c’est une bonne idée… ».

    « Au fait, tu viens à la balade, hein ? ».

    « Oui, c’est bon, j’ai trouvé quelqu’un pour me remplacer… je serai chez Charlène dans une demi-heure… ».

    « Allez, on va y aller… on prend deux trucs et on file… ».

    « Ça marche, les gars… ».

    Du pain, des fruits, des boissons, pour compléter nos repas « tirés de nos sacoches ».

    Nous passons en caisse et Martine nous offre deux croissants. Cette nana a l’air vraiment adorable. Nous quittons la superette alors que la radio diffuse « La dame de Haute-Savoie » :

    « Y’a des étoiles qui courent dans la neige autour de son chalet de bois/Y’a des guirlandes qui pendent du toit, et la nuit descend sur les sapins blanc, juste quand elle frappe des doigts, juste quand elle frappe des doigts… ».

    Pendant le court trajet vers le centre équestre, je trouve le moyen de questionner Jérém au sujet de l’attitude à tenir vis-à-vis de tous ces inconnus que je vais rencontrer incessamment sous peu.

    « Je voulais te demander un truc… ».

    « C’est quoi ? ».

    « Comment je dois me comporter avec tes potes ? ».

    « Surtout, ne prends rien au premier degré, ce sont de gros déconneurs… ».

    « Je veux dire… vis-à-vis de nous… j’imagine que personne n’est au courant… pour nous, je veux dire… ».

    « Non, personne… ».

    « Tu crois pas qu’ils vont se douter de quelque chose ? ».

    « Je ne crois pas… ».

    « Et si jamais ils posent des questions ? ».

    « Des questions, ils vont t’en poser… surtout qu’il y a un max de nanas à l’asso… et pas du genre gênées pour un sou… t’as qu’à dire la vérité, qu’on était camarades de lycée, que tu m’as aidé pour le bac, et voilà pourquoi tu es là… ».

    « Ça me va… ».

    Oui, ça me va, faute de mieux. C’est un alibi plausible, et c’est la « vérité », du moins une partie de la « vérité ». Je sais que Jérém a fait des progrès énormes en très peu de temps, et que notre relation a changé du tout au tout, et ce ne serait pas correct de lui demander plus que ce qu’il est prêt à m’offrir.

    Et pourtant, je ne peux m’empêcher de ressentir une sorte de pincement, de frustration, une pointe de tristesse, car je réalise que si mon bobrun est enfin prêt à assumer notre histoire en tête à tête, il n’est toujours pas prêt à l’assumer au grand jour.

    Tant pis, ce sera notre secret, et ce sera un secret du genre plutôt excitant.

     

    Merci à tous les tipeurs, aux mécènes hors Tipeee, à tous les lecteurs, à ceux qui ne ratent pas un épisode de Jérém&Nico, à ceux qui me réclament la suite, à ceux qui laissent des commentaires, à ceux qui prennent le temps de regarder des vidéos pour me faire gagner quelques euros sans débourser un centime.

    Prochain épisode, 0210 Balade à cheval, vers le 20 mai.

    Épisode suivant, 0211 « Viens voir, je te dis… », vers le 5 juin.


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